‹ Les parcs et jardins au commencement du xxe siècleChapitre 31 sur 97 · ENTRÉES · texte numérisé non relu

ENTRÉES

a) Exposé et théorie générale. — Les entrées appelées à desservir une propriété se divisent en trois catégories :

1° L'entrée principale ;

2° Les entrées secondaires ;

3° Les entrées de services.

L'entrée principale devient « entrée d'honneur » si l'importance de la propriété comporte une entrée composée d'une grille flanquée de deux pavillons ou toute autre décoration architecturale importante. Elle peut être agrémentée de saut de loup avec murs décoratifs et talus gazonnés.

L'entrée principale, dans le style français, se place généralement sur Taxe de l'habitation dont elle doit rappeler l'architecture. Cette disposition peut être conservée dans le style paysager, mais rien ne force alors à donner à cette entrée cette situation particulière.

On doit la mettre dans l'endroit le plus commode, le plus fréquenté, et surtout à l'endroit le plus favorable, déterminé par la disposition

d'ensemble. Son architecture doit s'harmoniser avec les bâtiments environnants et avec le caractère du site. Si elle est monumentale, elle doit

Cl. Neunlein.

• Fig. 280. — Une entrée principale (exemple simple mais d'un bel effet décoratif).

être toujours visible de l'habitation et le visileur qui pénètre par celle porte ne doit pas concevoir le moindre doute sur la situation exacte de la maison.

L'entrée, lorsqu'elle est de moindre importance, peut être masquée de l'habitation ; dans ce cas, le visiteur doit être fixé par l'allée d'arrivée sur

l'orientation à prendre ; mais il doit toujours apercevoir non loin de Tentrée, dans une ligne de vue, la position exacte de l'habitation.

Quelquefois la nature des lieux peut, pour le domaine comme pour le grand parc, entraîner la création de deux entrées principales : elles peu-

Fig. 281. — Une entrée secondaire.

vent être traitées toutes deux dans le même caractère ou, si le site varie pour chacune d'elles, être traitées séparément et varier elles-mêmes de forme et d'importance.

La ferme et la maison des champs se contentent d'une entrée simple. La barrière en bois est ici tout indiquée.

La maison de campagne doit avoir une entrée composée d'une grille supportée par des piliers isolés ou adossés au logement du concierge.

Si la propriété a une certaine importance, une entrée secondaire

devient nécessaire. L'entrée principale, placée sur le chemin le plus important, est alors réservée aux maîtres et aux visiteurs et l'entrée secondaire, placée sur le chemin de moindre importance, donne accès pour le service et les fournisseurs.

L'entrée secondaire peut comporter ou non un pavillon. Dans le premier cas, celui de l'entrée principale abritera un garde-portier ou un régisseur et celui de l'entrée secondaire servira le plus généralement au logement du jardinier.

Elle doit autant que possible, tout en desservant l'habilalion, être placée à proximité des communs et du potager pour lesquels son utilisation est surtout nécessaire.

Dans toute propriété qui ne comporte pas déjà ces deux entrées, on doit ménager une entrée de service. C'est, dans bien des cas, une simple porte dissimulée non loin de l'entrée principale ou adjointe à celle-ci et placée sous la surveillance de la même personne. Elle ne livre passage qu'aux fournisseurs à pied. Quelquefois aussi, elle peut être placée à proximité de l'habitation et servir pour les allées et venues des domestiques.

Ces entrées de service ne comportent pas généralement de passages pour les voitures.

b) Emplacements et positions des entrées. — La position des entrées peut varier à l'infini, mais quel que soit le parti adopté, elles

grille ,.

Fig. 282. Fig. 283.

doivent toujours être perpendiculaires à Taxe de la route qu'elles barrent (fig. 282 et 283).

Les entrées principales se placent en bordure des chemins ou routes les plus fréquentés du pays ou les plus importants. En cas d'éloignement

d'une route principale, elles doivent, si possible, se raccorder avec celleci par une large avenue plantée d'arbres (ce qui doit toujours se produire dans le style régulier) ou par un chemin bien tracé.

Entrée Coûte

Fig. 28 i.

Les entrées se placent normalement aux routes qui les desservent (fig. 284) ; cependant si la propriété en comprend deux sur une même

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Sens de la route

Fig. 285.

roule, elles peuvent être orientées suivant la direction d'arrivée, c'est-àdire être inclinées par rapport à la route, Tune dans un sens et l'autre dans le sens opposé (fig. 285).

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On doit éviter, pour une entrée à découvert non attenante à une cour d'honneur ou à l'habitation, l'usage de deux pavillons et même préférer, lorsqu'il s'agit d'une grille double constituant deux accès d'une certaine ampleur, un seul pavillon placé dans Taxe de l'ensemble de la grille et

surveillant les deux entrées. La figure 286 nous semble donner une heureuse application de ce principe.

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propriété

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. propriété

Route ( bon)

Lorsque le dessin d'une entrée correspond à deux arcs de cercle ou à une demi-circonférence ou s'inscrit dans ces figures, les centres de ces

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propriété __

Route

Fig. 288.

courbes doivent toujours se trouver à l'extérieur de la propriété et de préférence sur sa limite même en bordure de la route (fig. 287), mais jamais à l'intérieur (fig. 288).

Une entrée qui n'est pas située dans l'alignement d'un mur de clôture

(bon) (mauvais)

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Fig. 289.

doit toujours se décrocher sur la propriété et non sur la route (fig. 289). Les entrées d'angle sont les plus commodes et s'emploient surtout aux carrefours formés par le croisement de deux routes (fig. 290) .

Elles ont l'avantage d'être alors desservies par les deux voies et, toujours constituées par un pan coupé d'une certaine ampleur, elles sont très accessibles à la circulation. 11 ne faut pas que ce pan coupé se limite

ntfpTièté

Fig. 290.

Fig. 291.

aux pilastres mêmes de la grille (fig. 291) , mais qu'entre ces derniers et les angles du pan coupé, il soit ménagé une partie dormante qui ait comme minimum de largeur la moitié de la partie ouvrante (fig. 292).

Entrée

C«ntr*.

Fig. 292.

Fig. 293.

Lorsque les terrains situés des deux côtés d'une route appartiennent au même propriétaire, on ne doit jamais omettre de dégager l'entrée par un rond-point suffisant dont le centre est situé sur l'axe de la route et sur celui de l'entrée.

Le dessin de ce rond-point doit, quand il n'est pas un simple cercle, pouvoir être inscrit dans cette figure.

La limite 0, opposée à la grille d'entrée, peut être plantée d'arbres d'alignement masquant ou dégageant la vue et être agrémentée de bancs r, c (fig. 293).

§ III. — CLOTURES

a) Clôtures extérieures. — Les murs, les palissades, les barrières, les haies, les canaux, les fossés, sont les clôtures courantes des domaines, des parcs et des jardins, mais les murs élevés excluent presque toujours les vues sur l'extérieur et isolent la maison et le parc des propriétés et du paysage environnants. C'est encore aujourd'hui la clôture la plus recherchée, après avoir été presque la seule admise pour les anciens jardins symétriques et les anciens domaines. Au commencement du siècle dernier, on n'eftt certes pas donné le nom de parc à une enceinte non entourée de murs et aujourd'hui, l'orgueil d'un propriétaire est encore de pouvoir dire : « Mon domaine est entièrement clos de murs. »

Cette manière de s'enclore est si bien celle de la plupart des propriétaires qu'on retrouve des murs de clôture jusqu'au milieu des bois et que le moindre village a ses jardins entourés qui forment une agglomération de murailles dont les lignes, des plus bizarrement contournées, sont autant d'obstacles à la vue. Pour ces jardins, on a du moins l'excuse de la culture des arbres fruitiers en espaliers, mais tel n'est pas le cas pour un vaste domaine.

Certes, un mur impose davantage le respect de la propriété, mais c'est là un reste de féodalité que le paysagiste doit s'attacher à faire disparaître, tout au moins partiellement, autour des pars et des jardins pour réserver l'emploi des murs à la clôture exclusive du potager où ils ont alors raison d'être. Pourquoi enfermer totalement comme une prison un parc ou un jardin destinés à l'agrément; pourquoi l'entourer de quatre murs qui arrêtent uniformément et brutalement la vue ? Ce qui pouvait être nécessaire autrefois pour se défendre contre les maraudeurs et les bêtes féroces ne l'est plus, presque jamais, aujourd'hui. C'est pourquoi nous soutenons qu'il est nécessaire de mettre l'intérieur d'un parc en rapport avec la campagne voisine par des échappées de vues, aux endroits propices, et qu'il ne faut pas hésiter, dans ce but, à démolir, sans pitié, les murs existants aux points de passage des lignes de vues, pour les remplacer par des fossés, des sauts de loup ou par un simple grillage métallique permettant à la vue de s'étendre sans obstruction.

Le fait de combattre l'abus du mur n'implique pas évidemment l'idée

de supprimer toute clôture et il est certain qu'il convient de limiter la propriété par une indication quelconque.

Lorsqu'il s'agit d'une propriété à créer de toutes pièces, on ne doit pas hésiter à adapter au genre du terrain qu'on a à traiter la clôture appropriée, jugée la plus convenable et gênant le moins possible la vue.

Les haies vives, un fossé sont les plus naturelles. L'eau, lorsqu'on en a à sa disposition, est aussi d'un emploi à recommander.

Une clôture peut être mixte : mur plein aux endroits où il est nécessaire de se garer d'un fâcheux voisinage ou de se séparer très nettement des environs ; grillages, haies ou palissades très ajourées quand la nécessité du mur ne se fait pas aussi impérieusement sentir. .

Pour les haies vives, la meilleure disposition à adopter est de les

Propriété

Fig. 293. Fig. 29G.

placer en haut d'un simple fossé qui longe un tertre ou un talus allongé (Kg. 295).

Le fossé doit, du reste, être conservé quelle que soit la clôture choisie, car c'est une démarcation formant défense, en même temps que c'est un moyen précieux d'irrigation.

Lorsqu'on se trouve avoir à pratiquer une ouverture dans un mur — plus spécialement pour le passage d'un point de vue, — la défense de cette ouverture est généralement assurée à l'aide d'un saut de loup à sec ou, ce qui est préférable, rempli d'eau.

Si l'alimentation du saut de loup est praticable, il n'est besoin d'aucune autre précaution que de lé creuser et de le rendre aussi étanche que possible ; l'eau fait le reste.

11 faut tenir le sol de la propriété à un niveau sinon plus élevé que celui du côté opposé (fig. 296), — ce qui serait la vraie solution, — du moins toujours presque à la même hauteur (fig. 297 coupe).

Les talus peuvent être inclinés suffisamment pour supporter un gazonnement.

Le raccordement avec le mur de clôture se fait comme l'indique le

LE STYLE PAYSAGER (CLOTURES) 233

dessin de la figure 297 (plan), les extrémités du saut de loup devant être assez éloignées des pilastres formés par l'interruption du mur pour rendre impraticable par cette voie l'accès de la propriété.

Si le sol à l'extérieur est obligatoirement plus haut qu'à l'intérieur, on doit faire tous ses efforts pour en allonger la pente en lui donnant une

Fig. 298.

Propriété

Fig. £99.

forme convexe, de façon à ce que la vue ne soit pas barrée par l'arête du talus, mais, au contraire, se repose sur une surface gazonnée (ligne poinlillée, fig. 298).

Le saut de loup alimenté d'eau peut avoir ses deux côtés en talus et Ton peut y supprimer le mur de soutènement des terres (fig. 299).

Le saut de loup sec doit toujours être bordé d'un mur de soutènement qui limite la propriété ; ce mur doit être assez haut pour empêcher l'escalade.

On peut à l'endroit ouvert, si les dispositions du parc le permettent, ménager une terrasse qui longe le saut de loup. Dans ce cas, le mur de soutènement est à couronner d'une balustrade architecturale dont l'effet décoratif n'est pas à dédaigner, la vue pouvant passer par-dessus et à travers les balustres (fig. 800) .

Si le saut de loup est rempli d'eau, on ne doit pas hésiter à lui donner une certaine ampleur.

La palissade en bois ou le grillage se dissimulent facilement. Quel que soit le mode de clôture extérieure employé, celle-ci doit du reste toujours être, autant que possible, cachée et masquée aux regards par des plantations ou tout autre moyen approprié.

b) Clôtures intérieures. — Les clôtures intérieures sont celles qui servent, dans les grands domaines, à séparer le parc réservé du parc à gibier ou du domaine de chasse. Si une propriété comprend un parc agreste qui renferme un parc soigné, il faut les séparer l'un de l'autre.

Les clôtures intérieures doivent être le moins apparentes possible et être appropriées à l'endroit où on les place. Elles peuvent être constituées par un treillage losange peint en vert et, de préférence, par un grillage métallique n'interceptant pas la vue. Les parties ouvrantes ou barrières doivent être très légères.

On peut avoir d'autres clôtures intérieures servant à délimiter un paddock, un pacage de moutons, ou une partie de gazon spécialement affectée à une vacherie. Elles sont alors faites en charpentes de bois d'un aspect solide, d'un assemblage simple et d'un entretien facile et elles ne doivent être employées que lorsque leur nécessité est évidente. 11 faut les peindre d'une couleur uniforme se fondant avec le gazon, ce qui est préférable, ou tranchant nettement sur lui, ce qui est généralement du goût des propriétaires-éleveurs. Dans ce dernier cas, le blanc est la meilleure couleur à employer et celle qui est la mieux vue par les animaux.

c) Barrières protectrices. — Les barrières protectrices sont motivées par un précipice ou un escarpement dangereux, par la rive d'une eau profonde et de niveau avec le sol, par des tournants difficiles, par le besoin de protéger des massifs d'arbustes ou de fleurs contre les roues de voitures, etc., etc.

La charpente de ces barrières se fait généralement, suivant les cas et la situation, soit en bois ouvré, soit en bois rustique; quelquefois on les construit en ciment armé, imitant le rustique ou le bois.

La barrière en bois ouvré est celle qui est le plus souvent employée : elle doit être construite simplement et solidement ; on doit éviter les formes tourmentées ou d'un dessin ouvragé.

LE STYLE PAYSAGER (CLOTURES)

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Dans un site pittoresque et accidenté, on doit employer de préférence le bois brut ou rustique.

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