JARDIN DE SSE-MA-KOUANG
[d'éléphant, soutient en l'air un cabinet ouvert pour prendre le frais et voir les rubis dont Tau • [ rore couronne le soleil à son lever.
[ La seconde branche se divise à quelques pas en 1 ^eux canaux, qui vont serpentant autour d'une ! galerie bordée d'une double terrasse en feston, dont les palissades de rosiers et de grenadiers forment le balcon. La branche de l'ouest se replie en [ arc vers le nord d'un portique isolé, où elle forme i. une petite île. Les rives de cette île sont couvertes [ de sable, de coquillages et de cailloux de diverses I couleurs ; une partie est plantée d'arbres toujours verts. L'autre est ornée d'une cabane de chaume et j de roseaux comme celles des pêcheurs.
l Les deux autres branches semblent tour à tour [ se chercher et se fuir, en suivant la pente d'une prairie émaillée de fleurs dont elles entretiennent la fraîcheur ; quelquefois elles sortent de leur lit pour former de petites nappes d'eau encadrées dans un tendre gazon ; puis elles quittent le niveau ; delà prairie et descendent dans des canaux étroits , où elles s'engouffrent et se brisent dans un labyrinthe de rochers qui, leur disputant le passage, ^ les font mugir et s'enfuir en écume et en ondes [ argentines dans les tortueux détours où ils les forcent d'entrer.
Partout des pavillons sont disséminés dans les , bosquets de bambous touffus, sur les pentes de la colline et dans la gorge de la vallée. Ici des par-
s défend
18 pleureurs, ues gm-mm
is fl rendeni aux poissons des étangs les ter-
5 qui les agitent, » des îles de roseaux, des
î de toute forme et de toute matière, des lotus
es eaux, de brillantsVolatiles sur les branches,
in des montagnes d'azur, des plaines couver-
e laboureurs, et les barques sans nombre qui
lent Je Kiang. Sse-ma-Kouang sent déjà la na-
comme Housseau. « Le murmure des eaux, uit des feuilles qu'agite le vent, la beauté des £, le plongent dans une douce rêverie ; toute ture parle à son âme. » ' s parcs des Aztèques et des Toltèques ne sont t indignes d'être mentionnés, même après
des Chinois. A la variété des perspectives, ils issent la grandeur, qui a presque toujours que aux conceptions chinoises. Dans les nomses villas de Netzahualcoyotl (le Renard sau- ), empereur de Tezcuco, poète et législateur, n 1402, mort en 1462, dont le règne fut l'âge
delà civilisation aztèque, on retrouve comme ague souvenir des tours et des jardins suspende Babylone. Si bien qu'à défaut de leur lan-
non encore classée, les arts des Mexicains raient à révéler leur affinité avec les races :iques.
nq cent vingt escaliers aux marches de por- :'e, polies comme des miroirs, décoraient le
[ JARDINS DU U&XIQUE.
1 cône de la colline de Tezcotzinco, à deus encore de Tezcuco, et en reliaient les nomi j terrasses. Un long aqueduc venait, à tri 1 vallée, remplir un ample réservoir qui cou 1 , la montagne ; au milieu du bassin, un vast( ' racontait en sculptures hiéroglyphiques l'I deNetzahualcoyotl. D'autres étangs, ornés t tues symboliques de villes, alimentaient i
naux et des cascades ; l'un était dominé f lion ailé, taillé dans le roc et dont la face i [ portrait de l'empereur. Des portiques et de ' Ions de marbre entouraient des piscines c en plein porphyre, et que les indigènes ig I montrent encore sous le nom de Bains c ' tézuma.
\ Au pied de la colline, au milieu d'un I f cèdres embaumé par les partei'res voisins vaientles toits aériens elles fmes arcade ! villa royale.
Au seizième siècle, ces splendeurs loi
frappaient l'imagination des Européens;
f gne en esquisse un tableau digne des cti
f fées (lîv. m, chap. vi) : « L'espouvantable
! ficence des villes de Cusco et de Mexico, i
plusieurs choses pareilles, le jardin de ce
Mexico), ou tous les arbres, les fruicls, e
les herbes, selon l'ordre et grandeur qu'ils <
un jardin, estoicnt excellemment formée:
comme en son cabinet, tous les animaux ^
S2 PARCS ET JARDlf
saientenson estât et en ses m leurs ouvrages, en pierreries, en plume, en colon, en la peinture, montrent qu'ils ne nous cédoient non plus en industrie. »
Ces merveilles ont disparu; quelques cèdres ont seuls survécu aux ravages des, conquérants ; ils faisaient encore l'admiration de Padilla et de Pic Martyr,
Mexico avait aussi ses délicieux labyrinthes, des fontaines lançaient leurs jets en rosée sur fleurs. Dix étangs immenses, pleins de poisso rassemblaient sur leurs bords et sur leurs om des peuplades de hérons et de poules d'eau, l sorte de mosaïque en marbre enchâssait les b sins où se miraient de légers et fantastiques pa' Ions, pleins de brises parfumées qui assuraient l'empereur et ses femmes contre les ardeurs de l'été.
Mais la plus luxueuse résidence de Montézuma était le royal coteau de Chapoltèpec, consacré par le séjour de ses ancêtres. Autour de la base de la colline, sur les bords du lac de Tezcuco, les jardins embrassaient quatre milles. C'est à cette douce résidence, à ces eaux enchanteresses, que se reportait sans doute par la pensée le malheureux Guatimozin, quand les plaintes d'un de ses compagnons d'infortune lui arrachaient ces mots célèbres : « Et moi, suis-je donc au bain? » ou,
le pan s étai !nt, on