LE NOTRE
André LeNOtre, qui mérita de donner son nom à loute une classe de jardins, moins par son génie inventif que par son habileté à mettre en œuvre les onseignements successifs des âges, à combiner en ses plans toutes les données de ces prédécesseurs, naquit en 1615. 11 avait étudié la peintureets'élait lié avec Lebrun ; mais, fils d'un surintendant de*'
1^24 PAUCS ET JAHDINS.
Tuileries, et Irouvant sa voie toute tracée, il appliqua à rembellissement des jardins ce qu'il avait appris dans Tatelier de Vouet. Je ne sais si, comme on le dit, il emprunta directement son système aux villasdllalie ou aux jardins français tels que Gaillon et Rueil ; il n'y a guère de différence entre ces manières et la sienne ; le parc régulier convenait si bien aux mœurs des ecclésiastiques opulents et des rois absolus qu'il s'imposait de lui-même à tout dessinateur de jardins.
Le Nôtre eut plus de goût que les Italiens de son temps et plus de grandeur que les artistes français antérieurs à Poussin. Sa grande supériorité fut dans l'unité de ses plans ; il conçut le jardin comm.e un prolongement du palais et voulut que, d!un lieu donné, d'un seul coup d'œil, on pût embrasser tout l'ensemble. Au point de vue de Tart, celte conception l'emporte évidemment sur le jardin irrégulier dit chinois ou anglais, qu'on peut détacher sans lui nuire des bâtiments qu'il accompagne, puisqu'il n'en est pas solidaire ; le but suprême de l'art n'est point d'imiter la nature, mais d'en accommoder les charmes à la pensée de l'homme et à son service. Si notre œil aujourd'hui est mieux satisfait par des harmonies moins rectilignes, si nous donnons à qos parcs l'apparence de bois et de prairies, nos créations n'en sont pas moins artificielles, et elles aboutissent plus souvent encore à la confusion que les alignements des classiques n'atteignaient la