‹ Les parcs et les jardinsChapitre 19 sur 61 · JARDINS REGULIER · texte numérisé non relu

JARDINS REGULIER

roideur . 11 esl d'ailleurs possible d'agencer les deux genres contraires ; el Le Nôtre lui-même Ta tenté souvent, à Versailles par exemple, à Saint-Cloud et à Meudon, avec non moins de bonheur que les dessinateurs paysagistes à Ermenonville ou à Morfonlaine.

La tristesse et la froideur qui régnent aujourd'hui dans la plupart de ces beaux jardins sont naturelles aux lieux abandonnés ; et il semble vraiment que les œuvres de l'homme, lorsqu'elles survivent à leur raison d'être, gardent un mortel regret de ce qui leur communiquait l'apparence de la vie. Il y a là une incurable mélancolie que ne dissipent ni les beaux jours, ni la foule accourue aux grandes eaux comme à une exhumation; mais c'est dans la semaine surtout, lorsque la solitude complète étend sa morne tranquillité sur les grandes allées veuves, qu'il faut venir admirer ces pompes vides et cette majesté déchue.

Sous nos yeux s'étendait, gloire antique abattue. Un de CCS parcs dont l'herbe inonde le chemin, Où dans un coin, de lierre à demi revêtue, Sur un piédestal gris, l'Hiver, morne statue, Se chauffe avec un feu de marbre sous sa main.

deuil ! le grand bassin dormait, lac solitaire/ Un Neptune verdâtre y moisissait dans l'eau; Les roseaux cachaient l'onde et l'eau cachait la terre. Et les arbres mêlaient leu-r vieux branchage austère, l)*où tombaient autrefois des rimes pour Boileau.

Les manteaux relevés par la lonf^ue rapière, Hélas ! ne passaient plus dans ce jardin sans voix ; Les tritons avaient l'air de fermer la paupière ; Et, dans l'ombre, entr'ouvrant ses mâchoires de pierre» Un vieux antre ennuyé bâillait au fond du bois.

Peut-être dans la brume au loin pouvait-on voir Quelque longue terrasse aux verdâtres assises, Ou, près d'un grand bassin des nymphes indécises. Honteuses à bon droit dans ce parc aboli.

Autrefois des regards, maintenant de l'oubli.

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