‹ Les parcs et les jardinsChapitre 2 sur 61 · JARDINS D'ANTIOCHE · texte numérisé non relu

JARDINS D'ANTIOCHE

[ animée de troupeaux et de bergers, ou se reposait [ agréablement sur la mer aux côtes dentelées, suii vant sans peine les barques de pêche et celles qui 1 regagnaient le port. (Daphnis et Chloé.) ■^ C'est en Syrie que le mélange du goût oriental f et du goût hellénique, favorisé par des sites aussi ' fertilesque pittoresques, environna de jardins mal gnifiqueslesrichescitésdesSéleucides.Ceux d'An- ; tioche étaient renommésentretous. La nature avait \ fait pour eux ce que l'art veut essayer à Paris [ niôrae, aux buttes Chaumont.

I « L'enceinte, gravissant des rochers à pic par im 1 vrai tour de force d'architecture militaire, embrasi sait le sommet des monts, et formait avec les ro- [ chers, à une hauteur énorme, une couronne den- [teléed'un mei"veilleux effet.... Il en résultait de

surprenantes perspectives. An tioche avait, au de- I dans de ses murs, des montagnes de sept cents I pieds de haut, des rochers à pic, des torrents, des f précipices, des ravins profonds, des cascades, des [ grottes inaccessibles; au milieu de tout cela, des < jardins délicieux. Un épais fourré de myrtes, de

buis fleuri, de lauriers, de plantes toujours vertes \ et du vert le plus tendre, des rochers tapissés ' d'œillets, de jacinthes, de cyclamens, donnent à [ ces hauteurs sauvages l'aspect de parterres susi - pendus. Là variété des fleurs, la fraîcheur du gazon,

composé d'une multitude inouïe de petites grami- \ nées, la beauté des platanes qui bordent l'Oronte,

! PAnCS ET JAItDICJS.

pireiit la gaielë, quelque chose du parfum suave tt s'enivrèrent les beaux génies de Jean Chrylome, de Lifaanius, de Julien, m (Ernest Renan ) infin, on peut se faire une idée de la végétation uriante et de la décoration des jardins grecs aux ips de la domination romaine, par les peintures

romanciers. Ils avaient peu changé depuis le ger d'Alcinoûs. Tel Homère nous décrit ce doine, telàpeu près l'auteur de Leucippe^f CtUo- D nous représente son bosquet délicieux.

l l'entour régnait un mur de moyenne hauteur

le fermaitdesqualrecftlés; à chacune des faces ppuyait un toit soutenu par tout un chœur de onnes. A l'intérieur de cette enceinte de cônes, les branches verdoyantes des plantes les s variées, retombant l'une sur l'autre, enlaent leurs rameaux, enroulaient leurs feuillages^ nariaient leurs fruits. Suspendueaux platanes,

balançait l'épaisse et légère chevelure des lîai. Le lierre, autour des pins, semblait ne faire un avecle fût qu'il embrassait. Les vignes, souues par des liges de roseaux, déployaient leur liant feuillage. Des grappes en fleur pendaient l'avers te treillis. L'ombre des feuilles, balans en l'air, se mêlant aux reflets du soleil, seil la terre de taches ondoyantes. Au milieu de irs sans nombre, une fontaine, leur servant de roir, emplissait un bassin carré. On eût cru r deux bosquets, l'un réel, l'autre réfléchi par

LECCIPPE ET CLITOPBON. 1j

les eaux. Des oiseaux habitaient le bocage, les uns apprivoisés par les soins nourriciers de l'Iionime, les autres libres dans leur vol et se jouant au sommet desarbres. Ceux-ci charmaient l'oreille, ceux-là réjouissaient la vue. La cigale et l'hirondelle chantaient, l'une le lit de l'Aurore, l'autre la table de Térée. Le cygne paissait à la source de la fontaine ; une cage suspendue à un arbre renfermait le perroquet; le paon étalait en cercle ses plumes au milieu des fleurs : l'éclat des fleurs rivalisait avec le coloris du plumage, et les pluines étaient autant de fleurs.

La Perse et l'Assyrie ne manquèrent jam ! beaux jardins; on citait entre tous, comme u ■ .sept ou huitmerveilles du monde, les jardin i .pendus de Babylone. Les uns les attribuaien I miramis ; d'autres à un roi de Syrie qui ava [ à la fantaisie d'une de ses femmes, d'origine ' et désireuse de revoir les riantes prairies < montagnes natales. Rien de moins certainqt [ emplacementetleurgrandeur; quantàleura ' on peut s'en rendre compte aisément par U • criptions assez vraisemblables de Strabon I dore et Philon de Byzance.

Ce paradis de forme carrée avait sur chaqu 1 quatre plèthres {i20 mètres) de long et s'i

[6 PARCS ET JARDISS.

en smphithéâlre par une suite de terrasses qui se dominaient alternativement l'une l'autre. Au-dessous de chaque terrasse on avait pratiqué des galeries qui supportaient tout le poids des planta- . tions. La plus élevée de toutes, sur laquelle reposait le plan de la dernière terrasse qui était de niveau avec la batusirade.avaitcinquante coudées d'élévation. Les murs, dont on assura la solidité par lestravaux les plus dispendieux, avaient vingtdeuï pieds d'épaisseur, et l'assise qui les terminait, dix pieds de large. Le plafond des galeries était formé par des pierres taillées en manière de poutres, dont la longueur, en y comprenant la saillie, était de seize pieds sur quatre de largeur. Les couvertures, qui reposaient sur les plaf""-''^ de pierre, consistaient d'abord en un lit de ros mêlé d'une grande quantité d'asphalte, ensui une double couche de briques cuites cimei avec du plâtre; eniinj en troisième lieu, en toiture de lames de plomb, pour empêcher midité de pénétrer dans les fondations. Sur couverture on avait répandu la quantité de végétale suffisante pour nourrir des arbres d( quante pieds de haut, et ce sol artiliciel, p: tement dressé, était rempli d'un nombre intii plantes recueillies dans tous les pays et re quables soit par leur élévation, soit par leursfi leurs fleurs et leurs feuillages divers. C*étai sorte de forêt à vingt étages, dont les racine

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