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ANCIENS PARCS ANGLAIS

véritables mélanges de jardins et de forêls d'une sauvagerie bien plus charmante que la correction et l'élégance des jardins anglais... Nos jardiniers, au lieu de faire produire à la nature son effet, semblent prendre à tâche de l'annihiler. »

Walpole a pu voir encore à Piddleton, dans la résidence de lady Orfort, une double enceinte de treize jardins d'assez médiocre étendue, communiquant par une enfilade de portes correspondantes. Vous passiez, pour y arriver, par un couloir étroit entre deux terrasses de pierre, élevées audessus de votre tête et couronnées par une rangée d'ifs. Un boulingrin était le seul terrain uni qu'on admit alors ; une pièce d'eau circulaire, le comble de la magnificence.

Ces extravagances mesquines, venues de Hollande vers 1450, faisaient encore les délices de Henri VIII, et son parc Non Such (sans pareil) était un vrai échiquier de charmilles, treilles ouvragées et sculptures de feuillage. Le manoir des Percy (Wresehill Castle) êXdiii décoré dans le même goût. London et Wise, dit Walpole, ont meublé nos anciens jardins (1600-1700) de géants, d'animaux, de monstres, d'armures, et de devises en if, en buis, en houx. Pope s'est agréablement moqué de ce genre suranné. « Dans ces jardins, on voit l'arche de Noé en houx, dont les côtés sont en assez mauvais état, faute d'eau ; un saint Georges ^n buis, dont le bras n'est pas tout à fait assez

long, mais qui pourra tuer le dragon au mois d'avril prochain ; une reine Elisabeth en tilleul, tirant un peu sur les pâles couleurs, mais, à cela près, croissant à merveille ; une vieille lille d'honneur en bois vermoulu; plusieurs grands poètes modernes un peu gâtés, un cochon de haie vive, devenu porc-épic, pour avoir été laissé à la pluie durant une semaine ; un verrat de lavande, avec de la sauge qui pousse dans son ventre; deux vierges en sapin prodigieusement avancées, etc., etc. »

Charles II, qui avait été élevé en France, invita Le Nôtre à tracer le plan de Greenwich et à dessiner la grande pièce d'eau de Saint-James. Aussitôt tous les parcs anglais prirent l'allure classique, qu'ils devaient garder au moins jusqu'à 1 750. On a trop oublié que Le Nôtre fut l'initiateur véritable de nos voisins dans l'art des jardins, qu'il en élargit pour eux le cadre, les perspectives, et délivra les feuillages des formes animales. La nature même a fait le reste et rompu par endroits les lignes encore trop rigides ; puis l'art a dépassé la nature et tordu ce qu'elle avait simplement ondulé. Mais nous n'en sommes point encore aux jardins anglais. Blenheim, ce don national offert à Marlbôrough, et Chatsworth, dans le Derbyshire, sipittoresquement arrosé par le torrent du Derwent, furent d'abord des parcs français et classiques.

Moor-Park, antérieur à Chatsworth, nous est décrit par W. Temple.

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