‹ Les parcs et les jardinsChapitre 26 sur 61 · MOOR-PARK · texte numérisé non relu

MOOR-PARK

Devant la maison, située sur un coteau peu escarpé, s'étendait une assez large terrasse sablée, longue d'environ trois cents pas, et bordée de lauriers en pleine terre très-espaces. Du milieu et de chaque bout de celte esplanade, trois escaliers de pierre descendaient dans un vaste pari erre dont les compartiments, circonscrits entre des allées de sable, étaient décorés de fontaines et de statues. A chaque bout de la terrasse, il y avait un pavillon. Le long des parterres deux grands portiques s'ouvraient sur le jardin ; leurs arcades, leurs galeries pavées aboutissant à des pavillons de repos, rappellent tout le passé classique, le jardin de Leucippe et Clitophon, le Laurentin de Pline le Jeune.

Les portiques sont couronnés de terrasses couvertes en plomb et garnies de balustrades. La façade de celui qui regarde le midi est tapissée par de la vigne ; il serait très-bon pour une orangerie; l'autre servirait bien de serre pour des myrtes ou d'autres arbusftes communs ; et l'écrivain ne doute pas qu'ils n'eussent été employés, si cet ornement avait été d'usage alors comme il l'est devenu depuis.

Du milieu de ce parterre, un escalier de plusieurs marches descend par deux côtés à une grotte à toit plat et de plomb, qui est entre les deux rampes. On se trouve alors dans un jardin plus bas, rempli d'arbres à fruits qui borden l différents compartiments d'une clairière bien ombragée. Là,

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toutes les allées sont d'arbres veris, la grotte est ornée de figures en rocaille, de fontaines et de jets d'eau. De l'autre côté de la maison est un autre enclos d'arbres verts, vraiment agresie, décoré de nouvelles fontaines et d'ouvrages rustiques ^en rocaille.

\lamédas espagnoles; Cadix., Séville, Grenade. — L'Escurial, Aranjuez, Saint-lldefonse, Buert'Betiro. — Pasteios de Lisbonne; jardins de la Penha et de Santa-Cruz. — Plantation à Cuba.

Une rapide excursion dans les jardins arabes noujs a déjà menés en Espagne. Telles nous y avons vu les charmantes et simples compositions moresques, telles nous y retrouverons les promenades publiques moins Tingéniosité des jets d'eaux, le pavage en briques et les mosaïques de marbres précieux. L'origine ou la physionomie des Alamédas est tout arabe. De l'eau, des fleurs, des arbres, quelques bancs, voilà tout ce que comporte le goût oriental et ce que nous admirons à Tolède, dans les Htiertas del rey, sur les deux rives du Tage ; à Vittoria, à Gibraltar, dont TAlaméda est pour les Anglais ^ un paradis. » Barcelone a son labyrinthe et le tour intérieur de ses remparts ; Bilbao, sa charmante fontaine de la Renaissance (1560) ; Elche,

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sa forêt de palmiers ; Valence se promène aux bords du Guadalaviar, entre des files d'ormes, de cyprès, de platanes, des massifs de lauriers-roses, de citronniers, d'orangers, de grenadiers, auxquels se mêlent divers arbres,transplantés de TAmérique méridionale et beaux comme sur leur terre natale. A Cadix, « pour arriver à la place des Taureaux, on traverse des jardins remplis de palmiers gigantesques et d'espèces variées. Rien n'est plus noble, plus royal qu'un palmier. Ce grand soleil de feuilles au bout de celle colonne cannelée rayonne si splendidement dans le lapis-lazuli d'un ciel oriental! » (Th. Gautieh.)

Mais Sôville et Grenade l'emportent sur toutes leurs rivales,et Grenade sur Séville,bien qu'à celleci appartiennent les jardins de l'Alcazar, véritable forêt d'orangers enlremêlée de parterres, laChristina, beau salon de marbre et de feuillage sur les bords du Guadalquivir, et encore cette jolie Alaméda plantée sous Philippe II , par l'intendant D. Fr. Zapata, comte de Barahas y, etc. Mais, comme dil si bien le poêle :

Soit lointaine, soit voisine, Espagnole ou Sarrasine, Il n'est pas une cité Qui dispute sans folie A Grenade la jolie La pomme de la beauté.

Et qui, gracieuse, étale Plus de pompe orientale Sous un ciel plus enchanté.

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