‹ Les parcs et les jardinsChapitre 28 sur 61 · ARANJUEZ · texte numérisé non relu

ARANJUEZ

moresque ; le Champ Flamand est un verger régulier ; sur les pentes de Reajal s'étend le Jardin des fleurs ; aux Délices, on voit des parcs d'acclimatation, et dans le Real Cortijo des bosquets d'oliviers et de vignes entremêlés qui rappellent YAxarafe de Séville.

Les jardins proprement dits portent le cachet des différents règnes, depuis Charles-Quint jusqu'à Isabelle IL On remarque surtout, vers l'est, le petit Jardin des statues, au milieu duquel s'élève un Philippe V entouré d'empereurs romains ; puis le Parterre, divisé en carrés de fleurs et d'arbustes, décoré de quatre bassins qui accompagnent la fontaine d'Hercule. C'est au nord de ce parterre que le Tage, de toute sa largeur, se précipite en cascade et s'échappe en deux bras autour d'une île charmante distribuée en jardins et en bosquets, toute parsemée de statues, de bassins et de fontaines. « Tous ces ornements, dit M. Quadrado, portent l'empreinte de la sévérité et du bon goût des premières années du dix-septième siècle, et le jardin entier, malgré les réformes qu'il a subies, a conservé l'empreinte de ses premiers maîtres. Il est sombre comme les pensées de Philippe II, mystérieux et galant comme les pensées de Philippe IV. »

A l'orient du palais, entre une longue avenue d'ormes noirs et le cours du Tage, sur l'espace, d'une lieue, se succèdent des sites délicieux, le

m PARCS ET JABDIKS.

Sotillo^ la Primavera^ et le jardin del Principe^ création plus moderne du règne de Charles IV.

« Moins loin du palais, on conduit le visiteur à la casa del Labrador (la maison du laboureur), petite construction de modeste apparence égayée par des statues placées dans des niches à la hauteur des balcons de l'étage supérieur, et dont l'intérieur recèle toutes les surprises de l'opulence royale : un escalier en beaux marbres rehaussés de bronzes dorés, le pavage en mosaïque et en jaspe; une succession de salons plus riches les uns que les autres, dont les plafonds sont couvers de fresques et les murs garnis de tentures en soie et de paysages brodés ; une galerie italienne peuplée de bustes et de riches curiosités. » (G. de la Vigne.)

Enfin une montagne suisse, un la'byrinthe, un pavillon chinois, un temple grec et autres brimborions de jardins anglais, affectionnés par Isabellell, sont disséminés en avant d'une haute futaie, épaisse et touffue, qui s'enfonce au loin vers le nord et Toccident. Le domaine royal occupe autour d'Aranjuez un territoire dont la circonférence est de cent dix kilomètres. Chaque roi, depuis Charles V, s'est complu à l'agrandir, à l'embellir des constructions et des cultures les plus variées. On y voit des bois d'oliviers, des forêts de mûriers, des vignobles des crus les plus fameux et des prairies entretenues par les dérivations du Tage.

Le parc immense de la Granjû ou Saint- lldefonse,

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