RÈGLES DES JARDINS ANGLAIS
du poète Ma son, de Walpole, de sir Henri Wolton, de sir Thomas Whately, et des Français Morel, Thoin et Girardin.
Un jardin étant un tableau, un sol nu est un canevas. L'eau et le feuillage sont les deux coloristes. La perspective est la beauté la plus essentielle d'un jardin. Les situations sont partout si variées qu'il ne peut jamais y avoir de monotonie, tant qu'on étudiera, qu'on suivra la disposition des terrains et qu'on saura tirer parti de chaque accident dans les points de vue.
L'art de former des jardins est aussi supérieur à l'art de peindre un paysage que la réalité est audessus de la représentation (grosse hérésie !). Les anciens jardins sont 4ux nouveaux ce qu'est une momie d'Egypte auprès d'une belle statue antique.
Cinq éléments d(>ivent entrer dans la cornposition des jardins : les terrains, les bois, les eaux, les rochers et les bâtiments ; les quatre premiers empruntés à la nature, le cinquième, création de l'homme. Telle est, par conséquent, la proportion qui s'impose au dessinateur d'un jardin dans l'emploi de sa personnalité en face de la nature.
Les beautés d'un terrain résultent du mélange des trois formes, plane, convexe et concave. La première, qui règne dans les anciens jardins, est dénuée d'intérêt et ne peut que se subordonner aux deux autres dans les conceptions nouvelles. 11 faut avant tout éviter les figures parfaitement
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régulières; avec cette restriction, la forme concave, présentant plus de surface et de perspectives prochaines que la forme convexe, est évidemment la plus favorable. Heureux si vous pouvez choisir un vallon dominé par un château féodal ou, à mi-côte, par une humble et gothique abbaye ! Là vous n'avez rien à faire que de dégager l'effet martial ou religieux du site, et le comble de l'art est de s'y dérober.
Dans un terrain que l'artiste a disposé, l'harmonie des parties entre elles est l'objet perpétuel et principal. Dans la nature, les inégalités sont si considérables par elles-mêmes, que leurs rapports réels deviennent indifférents. Mais sur la moindre échelle d'un jardin, si l'ensemble est manqué, la composition paraît artificielle. Par exemple, une interruption marquée choque Tœil ; il faut donc voiler les fossés, de manière que la campagne fasse partie du domaine et le continue à l'horizon. Rien de plus simple, si, du côté du jardin, on surélève le bord du fossé. Deux lignes d'arbres compléteront Tillusion.
Quand le terrain change de direction, il y a un point où commence le changement, et ce point ne doit jamais s'apercevoir. Mais il ne doit jamais y avoir d'uniformité, même dans les liaisons. Ainsi, la manière même de cacher la séparation doit être déguisée.
Dans une pente générale, quelques pentes par-