STOWE
teau et des édifices que nous ne connaissons pas encore, le temple des grands hommes , la colonne de Cobham e( la grande porte Buckingham.
Nous ne sommes pas au bout des monuments et des points de vue. Le temple de l'Amitié ne nous arrêtera pas; nous le retrouverons partout. Nous descendons dans un vallon garni ou farci de fabriques; ici une colonne, cannelée, octogone, couronnée de huit petites colonnes, coiffée d'une rotonde, porte la statue de lord Cobham ; là un temple gothique agrémenté de six divinités saxonnes, semble un voisin bien rébarbatif pour un château antique et pour un pont dans le goût de Palladio. Hais la grâce de la rivière, la richesse de la végétation, la beauté des vues sauvent ou compensent les disparates.
Le pont, en lui-même, est magnifique. Il élève, au premier tiers du vallon, une décoration aussi élégante que majestueuse, formée de portiques reliés par des balustrades. C'est Tune des fabriques les mieux motivées du jardin ; et sans le temple gothique en grès rouge, ce paysage à la Claude Lorrain serait irréprochable.
Comment arrivons-nous à une terrasse du nord bordée d'ifs toujours noirs? Je ne sais, mais nous y voilà. Jouissons simplement de l'admirable horizon du grand parc, qui se développe en pelouses immenses couvertes de troupeaux, en forêts gi-
boyeuscs et en campagnes semées de moissons et de villages : c'est la nature elle-même, et combien plus belle dans sa variété spontanée que dans les complications factices des jardins paysagers ! Toutefois on Ta affublée encore d'une ferme moyen âge, à créneaux (horreur I), et d'une exécrable statue équestre de Georges III; seul, un grand obélisque de trente mètres y figure avec noblesse:
c'est un monument dédié à Wolfe, le vainqueur de Québec, un des plus grands généraux de l'Angleterre.
Entre la terrasse du nord, qui marque une des limites du jardin, et la façade seplentrionale du château, il y a encore à voir une foule de curiosités : une exacte réduction du Parlhénon (sauf les frises), dédiée à la concorde, à la victoire et à la liberté publique, décorée, en bas- relief, des victoires remportées sur les Français ; deux vallons, V\m avec vue sur la colonne Cobham, l'autre couvert de bois, où Hercule et Antéc font pendant 5 Gain et Abel, tous quatre en plomb blanchi; le temple des Dames, aux trois rangs d'arcades croisées, pavé de cailloux plats en mosaïque, peint à l'avenant, soulenu de colonnes de marbres rouge et blanc, ouvert sur de riches perspectives ; une grotte de porcelaine et de pierre à fusil, genre rocaille, réfléchissant aux mille facettes de ses glaces les beautés d'une jolie statue de marbre blanc, et précédée de deux rotondes, à six colon-