‹ Les parcs et les jardinsChapitre 44 sur 61 · STOWE · texte numérisé non relu

STOWE

nés, à coupole, qui servent d'abri à des groupes d'enfants, Whately blâme justement cet étrange amalgame, et surtout ces rotondes, en un lieu qui veut être sauvage. 11 faut louer cependant les arbrisseaux, les lierres qui enveloppent à demi la grotte et la délicieuse alternance des pelouses et des bocages. Ici encore, des cascades, une île avec bains froids décorés de médaillons d'empereurs romains, et les gracieux méandres de la rivière des aulnes. Plus loin, dans un endroit nommé Champs-Elysées, l'amphithéâtre de gazon où seize bustes d'illustres Bretons^ tels que Pope, iMilton, Shakespeare, Locke, Newton, Bacon, le roi Alfred, Drake, etc., s'élève au milieu des lauriers-roses. Par une étrange anomalie, dans ces bocages païens et classiques se cache une église paroissiale avec un faux cimetière rempli de fausses épitaphes. Nommons encore la colonne rostrale du capitaine Grenville; unpéristylede seize colonnes ioniques, consacré à l'antique Vertu, sous les traits colossaux d'Homère, Lycurgue et Épaminondas; le temple de la moderne Vertu, amas informe de ruines entrelacées de lierre et de ronces ; l'arcade d'Amélie- Sophie, tante du roi (1760), entourée d'Apollon et des muses en hémicycle ; deux gladiateurs combattant près d'une cabane rustique; un singe assis qui se regarde dans un miroir, sur une colonne tronquée, dédiée à Congrève; et dans une grotte en forme de coquille, les armes des Cobham

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avec la devise : Templa quam dilecta ! Tout cela disséminé dans les bois, au bord des eaux, sans ordre et non sans grâce, constitue une sorte de musée incohérent, bien inférieur à la grandiose conception logique de Versailles.

Jardins des bonzeries chinoises.

Le Palais d'été des empereurs chinois. — Yédo.

Stowe n'est rien à côté de la complication des jardins chinois. Iles pyramidales, portiques, kiosques, bassins, tours, hameaux, ponts de toute forme, chemins de toute courbure, les Chinois accumulent d'innombrables fabriques ; ils excellent à les isoler, à les éloigner les unes des autres par des monticules et des allées tortueuses ; ils simulent des lointains par des plantations graduées d'arbres décroissants. Aimant peu la marche, ils disposent à chaque endroit des lieux de repos, chacun pourvu de son point de vue, de' son lac ou de sa bibliothèque. Tel parterre est consacré au printemps, tel ruisseau à Tété, tels autres objets à telle heure de la journée.

Dans les bosquets du printemps, on ménage des

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serres, des volières et des ménageries, de grands espaces découverts destinés au manège, à l'escrime, au tir et à la course. Los scènes d'été admettent des lacs, des rivières, avec des flottilles de plaisance, de joute, de pèche et de combat. Salles de l)ain, de repas, de lectures, de concerts, de méditation, labyrinthes cachant dans des massifs d'arbres rares de discrets pavillons, salons ouverts sur de petites cours embaumées par des pots de fleurs, volières, fontaines, poissons dorés, lacis de vignes et de bambous, rien n'y manque de ce qui rendait cher aux Romains les Thermes de Caracalla. Aux scènes d'automne appartiennent les ermitages où vivent les vieux serviteurs, les tombeaux des ancêtres, les grands chênes, les hêtres ou les pins, les souches mortes couvertes de mousse et de lierre.

Les Chinois imposent aux sites des aspects riants, mélancoliques ou terribles, afin de choisir à coup sûr une promenade appropriée à l'humeur du moment.

Leurs artistes excellent à combiner des sites romantiques, à multiplier les échos, à faire mugir le vent entre des rochers, à dissimuler sous la terre le cours rapide d'un torrent dont le fracas inexplicable étonne une oreille inexpérimentée. Us imaginent des scènes d'horreur, des roches pendantes, des cavernes obscures, des cataractes impétueuses, des arbres diflbrmes, et qui parais-

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