‹ Les parcs et les jardinsChapitre 46 sur 61 · YOUEN-MING-YOUEN · texte numérisé non relu

YOUEN-MING-YOUEN

Khanghi, son père, au dix-septième siècle. L'exécution appartient à Khien-Loung, mort en 1796, après soixante ans de règne. Un albura chinois, dessiné et peint en 1 744, nous a conservé toutes les dispositions et toutes les splendeurs de cet immense domaine, plus grand que Pékin. La biblio- : thèque impériale possède cet album.

I A un peu plus de trois lieues de la porte occi- I dentale de Pékin s'étend la double enceinte qui j renferme quarante palais chinois et une vingtaine d'autres, construits à l'européenne. En avant, dans le village d'Haï-lien, se logeaient tous les fonctionnaires et les courtisans. C'était un véritable Versailles chinois.

I Outre le palais de la Mer sereine, quelques au- ! ires sites méritent une description particulière. L'habitation ordinaire de Khien-Loung, annoncée par trois singulières portes triomphales, était située à l'entrée du parc. Assemblage prodigieux de bâtiments, de cours, de jardins, on eût dit une ville d'un quart de lieue en tout sens. Elle avait ses quatre portes aux quatre points cardinaux, ses tours, ses murailles, ses parapets, ses créneaux, ses rues, ses places, ses temples, ses halles, ses marchés, ses boutiques, ses tribunaux, ses palais, son port. C'était une miniature de Pékin. On va jusqu'à raconter qu'en certaines circonstances, des eunuques et des valets, prenant les rôles et les costumes des Pékinois, imitaient au naturel

le mouvement de la grande ville, y compris les rixes, les émeutes, les condamnations et les exécutions, quelquefois sanglantes. Le Fils du ciel daignait s'amuser de cette parodie de son empire.

Le palais de la Méditation occupait le sommet d'un rocher en surplomb sur un lac. Au-dessous, au milieu d'un détroit, s'élevait sur un soubassement carré un pavillon à jour, relié aux côtes par deux escaliers symétriques.

La Cour des boissons fermentées au milieu des fleurs de nélumbium agitées par le vent occupait la rive d'un lac couvert de fleurs de lotus ou nélumbium, et semé de pavillons. L'une de ces constructions renfermait une bibliothèque de dix mille cinq cents ouvrages volumineux. Sur le lac se déployait un riche pont à arcades étroites, régulièrement croissantes et décroissantes, à parapets ornés de petits édicules pyramidaux.

Trois îles reliées par des ponts en zigzag, bordées de rochers symétriquement sauvages, ombragées d'arbres pleureurs et d'essences diverses, riches en kiosques et galeries à jour peintes des plus magnifiques vernis, formaient le palais des Génies et des pierres précieuses. « On doit supposer, dit la légende de l'album, qu'elles ont été établies exprès pour y passer des journées à étudier, à peindre. En les voyant, on se croit transporté parla pensée dans la monlagne des Immortels. On

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