‹ Les parcs et les jardinsChapitre 48 sur 61 · YOUEN-MING-YOUEN · texte numérisé non relu

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de la nature n'est sans doute point ignoré des Japonais. Il y a entre les deux peuples des similitudes qui permettent de le supposer. M. le marquis de Moges a vu à Yédo, autour du palais de l'empereur, sur les bords d'un large fossé plein d'eau courante, des talus admirablement soignés, couverts de cèdres qui viennent appuyer leurs branches sur de frais gazons. On dirait un parc anglais.

Kew. - ■ Parcs de Londres et squares ; Kensington ; Saint-James ; Hyde- Park; Regent's-Park. — Botanic-Garden de Calcutta; Barrackpour, domaine du gouverneur général de l'Inde. — Pagodes à Siam. — Parc des i*ois de Ceylan. — Buitenzorg, à Java. — Bois de U Haye ; bois et jardins de Harlem.

Les merveilles de Stowe étaient en Angleterre de véritables raretés, lorsque Chambers, qui visita la Chine et y connut l'habile dessinateur de jardins Lepqua, rapporta d'Orient le goût d'une fantaisie encore plus bizarre et plus confuse.

« La plupart des jardins anglais, écrit Chambers, diffèrent très-peu des champs ordinaires, tant la nature vulgaire y est servilement copiée. On y trouve en général si peu de •variété dans les objets, une si grande sécheresse d'imagination dans l'invention, un art si borné dans l'ordonnance, que ces compositions paraissent plutôt l'œuvre du hasard que la production d'un dessein

réfléchi. Un étranger n'y voit rien qui l'amuse, rien qui excite sa curiosité; il n'aperçoit aucun objet qui puisse soutenir son attention. A peine est-il entré, qu'on le régale delà vue d'une grande pièce verte, sur laquelle quelques arbres éparpillés semblent se fuir les uns les autres, et dont le pourtour est une bordure confusément chargée de fleurs et de petits arbrisseaux... Prêt à périr d'ennui, il prend le parti de n'en pas voir davantage; vaine résolution ! Il n'y a qu'un seul et unique sentier; il sera obligé de s'y traîner jusqu'à la fin, ou de retourner sur ses pas par l'ennuyeux chemin qu'il a parcouru. »

Chambers proposa donc à notre imitation l'art chinois ; il en transporta les procédés et les surprises dans le parc de Kew, commencé par Kent dans le goût de Stowe. A demi jardin des plantes, ménagerie, ensemble de collections, Kew ne brillait point par ses beautés naturelles. Un art vraiment consommé et une munificence princière ont pu seuls transformer en éden la sécheresse et la platitude d un sol ingrat, sans eau et sans bois.

Les jardins proprement dits, célèbres par leurs belles fleurs et leurs arbres exotiques, sont bien conçus. Chambers y dessina une orangerie ou maison verte, un temple du Soleil (1761), un petit arc de triomphe gracieux entre deux parterres , une magnifique volière, un bassin peuplé de poissons dorés. La ménagerie qui fait suite au par-

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