KEW
rieur. La cella commande une charmante perspective sur Richmond et le Middlesex.
Ne nous éloignons pas du lac avant d'avoir visité le temple d'Aréthuse (1758), une île où mène un pont imité de Palladio, un temple de la Paix qui affecte la forme d'une croix latine, et surtout la galerie des Antiques, charmant péristyle, la perle de Kew (1757), tous ouvrages de Chambers.
Des ruines d'arc de triomphe ont été figurées (1760) sur les pentes qui dominent le temple de la Victoire. La partie supérieure du parc se compose en site sauvage, sur la lisière duquel paraît un bAtiment moresque, communément nommé Alhambra. Le milieu du désert est marqué par une tour, dite Grande-Pagode (1761-62), imitée de la Taa chinoise. Tout auprès et plus haut, s'élève la mosquée (1761) coiffée de trois dômes inégaux, dont le plus grand porte une élégante lanterne à jour de vingt-huit arceaux et flanquée de minarets. Sur les trois portes qui introduisent dans les trois divisions de l'édifice, on lit des inscriptions tirées du Coran : « Point de contrainte en fait de religion; il n'y a d'autre dieu que Dieu ; ne donnez point une figure h la divinité. » J'ai essayé, dit Chambers, de rassembler là les principaux caractères de l'architecture turque.
Enfin, sur le chemin qui ramène de la mosquée au palais, on trouve un édifice gothique dont la façade rappelle le portail d'une cathédrale.
Ni pagode, ni mosquée, ni cathédrale, on en conviendra, n'ont fait autant pour la gloire de Kew que ses superbes fleurs et ses plantes exotiques, parmi lesquelles figurent des palmiers de plus de vingt-cinq mètres de haut. Une des serres, flanquée de deux ailes , a sa partie centrale surmontée d'une coupole et haute de trente mètres au moins. « En haut de ce palais de cristal circule une galerie d'où l'on peut se faire en petit l'idée des forêts vierges du Brésil. »
Les squares et les parcs qui sont un des grands charmes de Londres doivent être préférés à Stowe et à Kew ; ils donnent moins aux ornements artificiels et laissent plus à la nature : c'est avec raison; autant le goût anglais est pauvre ou surchargé, autant la végétation de cette terre humide est plantureuse et charmante.
Finsbury, Victoria, Greenwich, Battersea, réductions du bois de Boulogne, et qui renferment de cinquante à cent hectares, réjouissent les yeux par leurs pelouses et leurs eaux. Les jardins de Kensington couvrent aujourd'hui cent hectares ; bien que la main de Kent en ait assoupli les lignes, la plupart des allées sont droites et rappellent Versailles. On admire, devant le palais de cristal, une vaste pelouse qui rassemble dans une grande pièce d'eau circulaire des oiseaux de toutes les parties du monde. Des arbres magnifiques ombragent la grande avenue transversale. Au bord de la Ser-