‹ Les parcs et les jardinsChapitre 53 sur 61 · U HAYE, HARLEM · texte numérisé non relu

U HAYE, HARLEM

des banians aux ombrages touffus. A l'entour se plaisent des troupeaux de cerfs et de biches. Un jardin botanique a dmirablenjent entendu, « l'un des plus beaux du monde et qui devrait servir de modèle à nos jardins des plantes, » rassemble et classe une foule d'espèces et d'essences d'arbres et de fleurs. Chaque groupe a son parterre, son bosquet, sa prairie; et partout, au travers de la verdure, sur les bords des ruisseaux et des étangs, se croisent de jolis sentiers et de belles routes .

Comme nous avons passé d'Angleterre au Bengale, nous sauterons sans scrupule de Java dans sa métropole , de Batavia en Hollande , à la Haye et à Harlem.

Tous les voyageurs sont d'accord sur les beautés du bois de la Haye.

« Figurez-vous des arbres énormes , hêtres et frênes pour la plupart, dont le pied baigne presque toujours dans l'eau, et qui étalent leurs masses de feuillage d'un vert vigoureux sur des étangs, des lacs, des rivières dont* la surface tranquille berce leurs sombres reflets ; les lentilles d'eau, les conferves, les nénufars, toute la froide famille des plantes marécageuses, remplissent les rigoles pratiquées le long des chemins ; une fraîche humidité imprègne Tair, même au temps des plus vives chaleurs , et donne à la végétation une activité extraordinaire. » (Théophile Gautier.) Partout «de

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larges allées de sable dont on ne voit pas la fin et que traversent çà et là des cerfs et des dainis en liberté, des ponts rustiques, des cygnes dans l'eau, des fauvettes et des rossignols sur les branches; tout cela conservé, entretenu avec un soin qui laisse à la nature tous ses avantages et cache partout la main de Thomme : figurez-vous cette délicieuse oasis au bord delà mer, au milieu de prairies et d'eau, dans un pays où les arbres sont une rareté, » et vous direz avec M. Maxime du Camp : « C'est le plus beau parc qui se puisse voir en Europe et je ne lui connais rien de comparable ; notre bois de Boulogne, tapageur et parvenu, ne saurait un seul instant supporter la comparaison. »

Le bois de Harlem est une agréable réduction de celui de la Haye ; mais il le cède en beauté à la banlieue même de la ville, qui, sur une étendue de huit milles, n'est qu'un assemblage de jardins admirablement cultivés. (Des tulipes s'y sont négociées jusqu'à vingt-six mille francs et plus.)

Rien ne saurait exprimer le soin que les Hollandais apportent à l'entretien de leur habitation. Leurs jardins, plus curieux par leur bizarrerie que par leur étendue, ont conservé leur allure moyen âge, en y adjoignant les mièvreries du genre anglais: ce sont tous de petits Btien-retiros.

« Sur de pelils canaux, de petits ponts rustiques

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