‹ Les parcs et les jardinsChapitre 57 sur 61 · ENUMERATION · texte numérisé non relu

ENUMERATION

émules des Kent et des Whately, se mirent à transformer nos parcs, ou à en composer de nouveaux ; d'illustres amateurs, MM. de Morfontaine et de Girardin, marchèrent sur leurs traces, et nous n'eûmes rien à envier à nos voisins.

Dampierre, sur sa haute colline, avec ses vastes pelouses et ses perspectives sévères; Monceaux, dont les restes nous charment encore; Betz, Prulay, Bel-Œil ; Grillon, qui allonge deux îles parallèles sur sa délicieuse rivière; Maupertuis, fameux par le tombeau de Goligny et des imitations de Glaude Lorrain ; Grosbois, les délices de l'empire (1700 arpents); « l'aimable Tivoli ; » leRaincy, 4e premier en date des parcs anglais en France, à qui Ton ne peut reprocher qu'un hameau d'opéracomique « pour les réceptions » et un mauvais colombier gothique; Tracy, au château insulaire; Brunehaut, érudito-sentimental; l'ermitage du Mont-il'or, une de ces fantaisies cénobi tiques plus haut condamnées, aussi charmant par sa situation que ridicule par ses fabriques; Méréville, où le tombeau de Cook, par Pajou, et des colonnes rostrales en l'honneur des naufragés s'étonnent de voir tourner un joli moulin près d'une laiterie de marbre, entre les jardins d'Armide et d'Alcinoùs ; et ce riche désert de Monville (près Saint- Germain), verdoyante curiosité, où tout n'est que ruine apparente, où un tronçon de colonne dorique d'énorme proportion (22 brasses de tour) re-

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cèle tout un château éclairé par des lézardes qui s'ouvrenl dans ses cannelures : tous ces parcs anglo-français mériteraient sans doute une description. Mais quatre ou cinq nous suffiront, par exemple Morfontaine, Guiscard, Ermenonville et Trianon.

Le domaine de Morfontaine (1770) est divisé en grand et petit parcs. L'ensemble en est compliqué et magnifique. Pour jouir de Tun des plus beaux points de vue intérieurs, il faut s'élever, vers la gauche, sur les pentes d'un coteau gazonné d'où l'on embrasse un vert horizon de prairies semées de pièces d'eau et de massifs élégants. Au centre de la perspeclive est silué le pittoresque pavillon Vallière; et tout au fond, dans le lointain, la Butte aux Gendarmés, plateau sablonneux, domine et fait valoir les frais et vigoureux ombrages.

Le lac Colbert, le lac de Vallière communiquent avec la rivière et le grand lac de l'Épine; des pavillons de chasse et de pêche avoisinent ces eaux poissonneuses. Un îlot du grand lac recèle, sous les beaux arbres dont il est couvert, une jolie petite anse abritée qu'on nomme les Bains de Diane. Souvent sur un rocher à fleur d'eau, en avant de l'île, on aperçoit un héron immobile, guettant le poisson. Plus prés du rivage du lac, se dresse une autre île escarpée, dont les rochers de grès sont mêlés à une futaie de pins : c'est l'île Molton ou Morton ; de là, la vue s*étend au loin sur les en-

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