JARDINS DU MOYEN AGE
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sur leur tête. Ici, Ton prenait les insignes de l'empire ; là, on baisait la terre ; là, on se faisait baiser les pieds; plus loin, on montait à cheval ; mais il fallait attendre que les ostiaires, les spathaires, les sénateurs, les préfets, toute une cohue empanachée, se fussent rangés en procession devant, derrière et sur les côtés. C'était un chaos de colonnades, de coupoles, de terrasses, agglomérées, accumulées par le caprice des Justin^ et des Léons, Porphyrogénètes et Copronymes.
Constantin d'abord avait établi, en face et sur le prolongement des murs orientaux de Sainte-Sophie, les appartements de Chalcé, de Daphné, de la Magnaure, et les tribunes qui dominaient l'hippodrome ; Justinien, Justin II accrurent et embellirent ces demeures avec un luxe tout oriental. Dans la vaste enceinte, autour du Chrysotriclinium, vaste salle du trône dont la coupole s'appuyait sur huit absides, des bains, des gardesmeubles, des pavillons de plaisance, pavés de marbres précieux, de mosaïques, constellés de pierres, occupaient, au milieu d'immenses jardins, un espace qui pouvait égaler en étendue l'emplacement du Louvre et des Tuileries. On comptait, au dixième siècle, sept péristyles, huit cours plantées, quatre grandes églises, dix-sept salles à riianger, cinq salles du trône, dix galeries et neuf palais. Constatin VII, Porphyrogénète, artiste habile et souverain fainéant, nous a laissé de
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sa demeure une description quia permis à M.Jules Labarte d'en reconstituer avec vraisemblance Tensemble et les détails. Et de ces magnificences, il ne reste rien : Topinion commune place l'ancien palais dans les jardins du Sérail ; mais il n'en occupait probablement qu'une très-faible partie ; son enceinte descendait bien au delà, vers le sud, en bordant la mer à l'orient. Comment étaient conçus et plantés les jardins? Sans doute comme ils pouvaient l'être dans la villa Adriana, comme ils le sont dans les résidences de la Perse ou de la Turquie ; on y voyait des citernes entourées d'innombrables colonnes, des bassins, des fontaines, de grandes avenues et des parterres. Quel que fût leur plan, leur aspect ne pouvait manquer de grandeur et de beauté. La nature avait tant fait pour eux I 11 suffisait que l'art s'abstint d'y masquer les riantes perspectives du Bosphore et de la côte d'Asie.
Le moyen âge occidental n'innova guère en fait de jardins. A Constantinople, à Rome, à Paris même, il suivit la tradition plus ou moins effacée de l'art gréco-romain. Les chefs mérovingiens euxmêmes ne s'affublaient-ils pas des insignes des patrices ? ne bégayaient-ils pas le latin ? Héritiers de ceux qu'ils avaient dépossédés, ils accomodèrent à leur usage les titres, les palais et les jardins des empereurs. Tout en préférant ce qui ressemblait à leur forêt natale, ils quittaient souvent
téd.
s de Julien et te jardin de Constance Chlore, espace compris entre Saint-Germain des trefois Saint-Vincent) et un beau' canal ! par la Seine, qui ne fut comblé qu'au ae siècle. C'était encore sous Childebert :r bien fourni de fleurs et de fruits, comnic pprend une assez plate rapsodie de For-
le printemps vermeil tait naître des gadoyants et sème des roses dignes du par leur odeur. Là, un jeune pampre défend contre les ardeurs de l'été et offre des feuillages à la vigne coilTée de raisins.
"S variées émaillent le sol ; la blancheur rpre ont revêtu les fruits. L'été s'adoucit, le mollement, avec un tendre murmure, légère ne cesse de balancer les pommes lies. Ces pommes, c'est le roi Childebert greffées amoureusement; elles lui sont plus chères que la reine les lui a données lains. Peut-être est-ce du noble jardinier stée aux plantes cette saveur miellée (oh !
' de Childebert !j ; on dirait qu'il y 'a mêlé les rayons de miel. L'honneur que le roi it assure aux fruits nouveaux une double iuave odeur au nez, saveur douce à la Comment s'étonner qu'il ait tant fait pour ies hommes, celui dont le toucher même