‹ Les pariétairesChapitre 10 sur 24 · BOIRE A L'OMBRE · texte numérisé non relu

BOIRE A L'OMBRE

Je n'ai pas soif, vieillard, merci.

Mon cœur a bien autre souci

Que la bouteille !

Toi, cependant, paisible et gai, Tu bois à l'ombre, à petit gué,

Sous une treille.

Tu ris au gobelet d'étain, Et nul d'un jugement certain

Ne pourrait dire, — A voir tes regards complaisants,

^'i LES PARIETAIRES

Qui creusa tes rides, des uns Ou du sourire.

Tu n"as pas connu même un jour l^a plaie ardente d'un amour

Mis en risée, On si tu Tas eue à vingt ans, Du moins Tas-tu depuis longtemps

Cicatrisée.

0 vieillanl, que je donnerais

Mes cheveux noirs et mon sang irais

Et ma jeunesse, Pour m'être acquitté de souffrir, Et comme toi, près de mourir,

Boire en liesse!

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