‹ Les pariétairesChapitre 11 sur 24 · IVRESSE · texte numérisé non relu

IVRESSE

Quatre Vénitiens, jeunes, beaux, liarnadjés De damas mêlé d'or, avee eux quatre femmes Attrayantes, liéias 1 eonuni' les sept péchés, Trop belles |»o;ir avoir à perdre encor leurs âmes,

Ban([uetaient parmi llierbe, au ereux d'un irais vallon, Sous un ombrage bumide, épais et presque sombre, Sans souei du sénat, couehé- de tout leur long, Kt ne songeant à rien qu'à boire et prendre l'ombre.

Une large éeb-.ipiiée, en face, laissait voir.

Sfi LES 1' \UIKi AlUE^

Pour coinhle ào aaîté. de fraîcheur ri de rue, Sous un ciel (le midi, resplendissant miroir. La plaine ]>nudroyer et les feuilles reluire.

Aussi tous le> buveurs d'avoir l'esprit eimtent; Chacun de festoyer sa voi-ine folâtre, De prévoir la vieillesse et de boire d'autant. Et d'essuyer sa lèvre aux épaules (ralbàtre.

Un convive soudain, blond et svelte buveur, Qui vidait les flacons de vin grec par rasades, Et qui depuis un temps gardait un air rêveur, Se leva sur le coude et dit aux camarades :

« Le serpent se moquait quand il a prétendu Que Tarhre de science est celui do la pomme ; Et notre brave aïeul à crédit s'est perdu. Car c'est le rai>in seul qui fait un dieu de riiomme.

« Le secret du prand œnwc est dans ce gobelet. Salut, vin créateur qui doubles toutes choses! Le monde que fit Dieu serait beaucoup trop laid S'il ne s'embellissait de tes métamorpboses !

IVRESSi: I

«( Anime de ton l'eu ces arbres idiots Dont le soleil ne peut chauffer la tête vert»^ ; Donne le mouvement à leur morne repos.

Fais-moi grouiller un peu cette nature inerte.

« La bonne mère, il faut tourner autour de moi ; Je le veux 1 et tant pis si cela vous dérange. Allons, donne Texemple aux autres comme un roi, Vieux cliène ! 11 ( st bien temps que le pied te démang

« En route 1 Suivez-le, dansez en rond, dansez, Platanes et tilleuls, détachez vos racines; Nouez et dénouez vos cœurs entrelacés ; Voici descendre à vous les frênes des collines.

'( Par Bacchus ! la gaité gagne jusqu'aux cyprès ! Le branle universel s'élablit sur le monde : Les coteaux, les rochers, le ciel, les eaux, les prés, Tout s'agite et bondil et se met de la ronde.

<( Et dire que je suis le centre et le soleil De ce vertige immense où plus rien ne repose ! Versez, amis, versez encordu vin vermeil: Donnez le dernier coup à mon apothéose. »

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Et tout en sVndormant, ce dieu des tourhill. ns Vovait, Ips \e\]\ fermés, tournoyer les ti^nèbres. Et passer devant lui d'étranges pa])illons. Verts, jaunes, l'ouges, noirs, rayés comme des zèbri

Or, pendant qu'il cuvait Textase du riiisiji.

Sa maîtresse aux yeux clairs, belle comme Uranie,

Se penchant, dit tout bas à son jeime voisin :

a Mon bien-aimé n\^st pas de bonno com[iapnit\ f

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