‹ Les pariétairesChapitre 12 sur 24 · FLAVIE · texte numérisé non relu

FLAVIE

— Otc-moi mon amour, on satisfais mes vœux : Il faut être moins belle, ù Flavicl ou moins sage; Et si tu ne peux pas empêcher tes cheveux

De ruisseler en onde autour de ton visage,

Ni ton front d'être blanc, ni d'être noirs tes yeux.

Empêche au moins ton cœur de m'ètre aussi sauvaire.

— Crois-tu donc rpie Ton peut commander à soncœm On aime malgré soi, car l'amour est un hôte

Qui vient à son caprice et toujours en vainqueur. C'est à toi de m'ôter le repos que je t'ôte;

•>i l.F.S I' AHlETAir.ES

Et si je ne sens pas ton troulile et ta langueur, Ne m'en accuse pln:^, berger, car c'est ta faute.

— Que puis-je faire pins, dis-moi, pour être aimé? Puisque rien ne t'émeut, ni ma longue prière,

Ni le deuil qui m'a pris mon chant accoutumé, Ni mon front qui pâlit et fait peur à ma mère; Par quel charme ton cœur peut-il être charmé ? Je t'aime et ne sais pas d'autre ruse pour plaire.

— L'industrieux amant et l'esprit délié, Qui pour une défaite a perdu l'espérance ! Tu te crois sans ressource, et tu n'as essayé, Pauvre garçon, qu'un piég<} à mon indifférence? Puisque tu ne m'as pu toucher par la pitié, Tente-moi, si tu peux, par la reconnaissance.

— J'ai chez moi certaine urne à rafraichir le vin, Dont chaque anse, sculptée en forme de bacchante, Semble inviter les gens par un geste divin

A plonger dans le flot une coupe fréquente :

Je te la donnerais, pourvu qu'il te sounnt

De la venir cbercher sous le berceau d'acanthe.

— Si ton urno ost si bolle, avant la fin du jour Apportt'-la, berger, et je viendrai la prendre,

— Fille avare ! c'est moi qui refuse à mon tour ! Tu ne méritais pa^ un serviteur si tendre.

.le conserve mon urne et suis guéri. L'amour

Ne vaut pas qu'on l'achète alors qu'il est à vendre.

Page 1