LA L\.N(,IL
Où >ii juslite faut, n'en laisse agir aucune.
Donc, mon brave, en dé}>it de feu Quen dira-t-on ?
Fréquente insolemment et Pompée et Caton ;
Brûle la modestie, et si quelque collège
Cherche un représentant, un député, que sais- je?
(L'étiquette du sac change si fréquemment,
Hue la langue peut bien fourcher en le nommant),
l 'résent e-toi. — Pompée, au nez de ses ancêtres,
pour les gros électeurs te donnera des lettres;
(Jalon t'embrassera s'il le faut au balcon.
Et tous deux t'offriront la main au Rubicou,
Une fois introduit dans ce labor^oire
Où tout ce qu'on distille, hélas ! est de l'histoire,
Hausse ton éloquence à ton nouvel euiploi,
Gonfle-la de mots creux, et la France est à toi.
Oui, la France, entends-tu? Cette antique patrie
De la moelle des ours «t des lions nourrie,
Dont hi san«f toujours jeune, engrais de l'avenir.
En coulant sur le monde a su le rajeunir ;
Qui de taijt de hauts faits a renqjli son histoire.
Que dans mille ans d'iô4 Ton n'y voudra plus croire;
Elle qui tour à tour dompta le genre humain
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Ft l'éclaira, le livre ou Tépée à la main.
Plus brillante qu'Athène et plus grande que Ruine ;
Qui pour maitre devrait exiger plus qu'un honune,
Elle est à toi, chétif, et tu vas Fempocher
Si tu peux discouiir deux heures sans cracher !
Car voici revenir les jours du Bas-Empiie. Le règne des rhéteurs est conclu : c'est le piie ! Depuis un siècle, hélas ! nous avons tant douté, Tant tiré dans tous sens la pauvre vérité, Tant adoré d'erreurs, essayé de systèmes, Soulevé, résolu d'insolubles problèmes, Nous avons tant troublé, tant bouleverse tout, Hue rien dans notre esprit n'est demeuré debout, Et que les mots y vont hurlant après des oml)res, Comme des chiens sans maître au milieu des déc.(j>mbres, Place donc aux rhéteurs I place aux fougueux tribun; Qu'on ne sui prend jiunais à bout de heux communs. Dont la grande science est en toute lencontre De détendre le pour aussi bien que le contie. Et dont l'esprit retors, en ses jeux malfaisants, (jlisse comme un lézard aux fentes du bon sens. Au point où te voilà, tu hausserais Fépaule Si je voulais encoi' te prescrire ton rôle ;
LA LA.NGir. IJ
Tu î>yi;> depuis louglciups que rU|Jpu>itioii
Est le meilleur [jaiti poui' ton ambition :
Les médiocrités qui savent leur manœuvre
Évitent avant tout de se montrei' à l'œuvre ;
iJar dans ce bon pays indocile au devoii-,
Oii tout le monde est libre, excepté le pouvoir,
(Juiconque y met la main irrite la censure ;
Il faut être bien grand pour donner sa mesure ;
Et, fùt-on de statm^e au-dessus du dédain,
A moins d'être un géant on passe pour un nain.
Mais le rôle brillant, facile et populaire
De blâmer ce que font les autres, sans rien faire I
Tranquille champion d "s progrès dafhgercux,
On tranche à peu de irais de l'esprit généreux ;
Et dans un pays plein d'envie et de soufhances,
On met de son côté toutes les espérances.
En avant, mon garçon, et d'un geste indigné Objurgue le pouvoir à tes cris résigné : « Tyran, pourquoi pleut-il? l'our nourrir tes luzernes <( Pourquoi ne pleut-il pas? l'our sécber nos citernes '< — Trois vieillards ont été mordus hier par des cliien> < (Juand aura-t-on souci des jours des citoyens? (( La lune nous insulte ! elle nous fait les cornes ;