SUR UN ENVOI DE FLEURS
Si Ton veut savoir qui m'envoie
Ces belles fleurs, Elles me viennent d'où la joie
Et les douleurs.
Elles me viennent d'où ma vij
Pend désormais, De celle-là pour qui j'oublie
Ceux que j'aimais.
Si l'on cherche pourquoi je l'aime A cet excès,
3e LES PARIÉTAIRES
Hélas ! je n'en sais rien moi-même :
Ce que je sais,
C'est que dans ses yeux on voit luire
Tout son esprit, Et qu'au coin de son fin sourire
Mon cœur se prit.
(^onime un oiseau qui s'effarouche
Et fuit dans Tnir, Plus je le chercha sur sa bouche,
Plus il se perd.
C'est pourquoi celle qui m'envoie
Cos belles fleurs Est celle d'où me vient la joie
Et les douleurs.
LE RENOUVEAU
LE RENOUVEAU
Non, Pillusioii nVst pas morte, Non, je n'ai pas fînid*aimer!
Non ! Ma jeunesse est la plus forle, Et les maux entrés par sa porte En sont sortis sans la fermer.
Mon cœur, un temps las de tourmente.
Est maintenant las de repos ; J'y sens la sève qui fermente Comme après la saison dormante Dans les bourgeons tout frais éclos.
40 LES PARIETAIKES
Oui, tout ronaît, tout recommence î J'ai retrouvé mes cbers vingt ans ; J'ai retrouvé cette démence Qui peuple rhorizon immense D'un fantôme aux yeux inconstants.
Seulement mon cœur sans alarme Se précipitait autrefois :
Mais ia vie a rompu ie cliarme :
Je sais qu'il est plus d'une larmo Au fond de la coupe où je bois ;
Je sais que toute joie est brève ; Je sais qu'avec un sort pareil Rien ne commence et ne s'achève, Et que plus divin est le rêve Plus sombre en sera le réveil.
Mais je sais surtout une chose :
Je sais que, dussé-je en mourir, - Tout mon bonheur en toi repose.
Et que sur ta lèvre mi-close, Je veux tout entier le tarir.