AVENUE TRUDAINE
L'avenue Trudaine est par excellence le boulevard de Monlinarlre, un boulevard élégant d'ailleurs et qui n'a rien de l'aspect louche et terne, un peu sauvage parfois desboulevards extérieurs sillonnés de tramvv^ays et de sentinelles féminines, et où s'ouvrent à chaque tournant des perspectives de paysage de banlieue.
L'avenue Tru laine est bornée au sud par deux cafés se faisant vis-à-vis, et célèbres à des titres divers : la Grande Pinte, rendez-vous des rapins à poigne ; — le café Trudaine, rendez-vous de quelques artistes et de quelques lettrés que les douceurs du whist réunissent là tous les soirs, enlevant les uns à leur famille, comme le puintre Stevens, d'autres à leur établi de romancier, comme Léopold SLaploaux, d'autres à leur atelier, comme le peintre A. de Knyff.
Les trois noms que j'ai nommés attestent que la Belgique domine dans ce milieu parisien, et ce n'est peut-être pas là une des moindres séductions qui