‹ Les Parisiens de ParisChapitre 19 sur 28 · FRÉDÉRIC RÉGAMEY · texte numérisé non relu

FRÉDÉRIC RÉGAMEY

« Mon clier Régamey,

s Je viens de passer vingt minutes devant votre aquarelle avec Wolff. Vous Tavez absolument empoigné ; il a manifesté plusieurs fois son admiration et sa satisfaction.

« Compliments et amitiés. »

A dater de ce jour, Tattention du public était fixée sur Régamey.

Appelé en Belgique par le président du Cercle de Tescrime de Bruxelles, il exécuta pour cette société une aquarelle de très grande dimension, dans laquelle ne se trouvaient pas moins de deux cents portraits. Une mention au Salon de 1892 fut la récompense de cet effort considérable.

Vinrent ensuite les Maîtres titulaires de l'Académie d'armes de Paris et de nombreux portraits d'escrimeurs, les uns au pastel, les autres à Thuile. Beaucoup de ces derniers ont figuré à l'exposition que Régamey organisa au Cercle artistique et littéraire de Bruxelles, et, plus récemment, à la Bodinière. Ajouterai-je que c'est lui qui a illustré, et de la plus jolie façon, les programmes des deux séances d'escrime données à l'Elysée par le Président de la République?

Notre peintre est un bomme d'une quarantaine d'années, grand, élancé, d'allures distinguées ; il

est d'une extrême affabilité. Sa vie entière s'est passée sur la rive gauche de la capitale, et s'il a quitté tout récemment la rue Rousselet pour la rue Washington, c'est qu'il est là en plein quartier de sport, au milieu des cavaliers et des amateurs d'armes qui forment sa clientèle ; c'est aussi parce qu'il est près du bois de Boulogne, ce qui, pour un enragé bicycliste, a bien son prix. Régamey a été l'un des fondateurs des Incohérents, et il est membre de la Société des miniaturistes. Cet enfant de la capitale, au talent si parisien, n'a pas de toile au Luxembourg. Il y a là un oubli qu'il suffit de signaler à l'administration des Beaux-Arts pour qu'il y soit remédié. Toutefois, l'État a acheté à cet artiste le Défilé des cuirassiers devant le cercueil de Gamhetta, qui figure au musée de Versailles.

Régamey n'est pas seulement un peintre connu et estimé; c'est aussi un littérateur de mérite. Il publie, en ce moment, dans un journal parisien, une série de souvenirs sous ce titre -, Il y a vingtcinq ans et il a fait paraître chez Firmin-Didot un Yolume très intéressant intitulé : TJne excur^ sion au Grand Saint-Bernard, Une simple citation permettra d'apprécier le talent de l'écrivain :

« La chapelle des morts est un bâtiment isolé de neuf à dix mètres sur six environ, bâti à une petite distance de l'hospice, et divisé en deux dans sa longueur. Le premier caveau, le plus grand, est à peu près carré. Pas de porte. On entre dans chacun des deux compartiments par

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