‹ Les Parisiens de ParisChapitre 21 sur 28 · MANGEANT · texte numérisé non relu

MANGEANT

IL naquit, à Paris, rue d'Assas, à Tangle de la rue Barra. 0 vous, qui, plus tard, g-ratifierez d'une plaque la maison où il vit le jour, retenez ce détail.

Eien, dans son enfance, n'indiquait un grand homme; la nature a de ces regrettables oublis. Comme tous ses contemporains, il criait, tétait et dormait à poings fermés.

Il grandit comme tous et moi, et soudain sa vocation se dessina. Il avait sept ou huit ans, lorsqu'un jour, entrant dans Tatelier où travaillait son grand-père, Étex, le célèbre sculpteur, il vit une femme qui posait, nue. D'horreur l'enfant se sentit saisi. Il ne voulut rien entendre, ni rien voir; scandalisé, il tourna le dos à la nymphe, honteux et furieux tout à la fois de ce spectacle et des rires des assistants. « Sa voie est toute tracée, dit alors g-ravement Étex, il adorera ce qu'il brûlerait volontiers maintenant ; ce sera un peintre, et un peintre de nu. »

Mais le père, architecte de talent et artiste consommé, estima, non sans raison, qu'une forte édu-

cation ne nuit jamais dans la vie, et le jeune Emile entra au lycée de Versailles. Ses études terminées, il passa aux Beaux- Arts et fut admis dans l'atelier de Gérome. En 1880, après la mort de son père, il dut abandonner Técole et commencer la lutte pour la yie.

Il envoya d'abord au Salon une Pandore qui eut un certain succès. En 1882, il obtenait une mention avec le Retour de Venfant 'prodigue. Une médaille avait même été accordée à cette toile; mais comme elle avait été attribuée en plus du nombre fixé à l'avance, Mang*eant dut se contenter de la mention. L'œuvre fut, du reste, acquise par l'État. En 1883, ce fut la Création d'Eve; en 1884, Angélique exposée sur un rocher; en 1885, le portrait de son g*rand-père, qui devait lui valoir une mention à l'Exposition universelle de 1889; en 1886, VAutoinne^ g-rand panneau décoratif, aujourd'hui chez M« Albert Liouville. Vint ensuite un Job sur son fumier s'entretenant avec ses amis.

Dès la création de la Société nationale, en 1890, il envoyait au Salon du Champ-de-Mars un Intérieur d'église; en 1891, c'était le Tub, une curieuse étude de nu; en 1892, Ève; en 1893, Vision de printemps; en 1894, la Vérité; en 1895, VIdole.

Dans mon compte rendu du Salon, je m'exprimais ainsi sur cette toile intéressante :

« M. Mangeant, très en prog'rès, nous donne, cette année, VIdole. Sous un dais, une femme nue se tient assise. Sur sa figure, qu'elle voudrait rendre

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