GEORGES GAIN
EN dépit de la chanson de Mac-Nab, nous n'avons plus de rois, et le palais des Tuileries, « monument odieux qui blessait les reg-ards des patriotes », a disparu avec les merveilles qu'il contenait. Le jardin, qu'on n'avait pu détruire, est resté; on n'emporte pas le sol, et dans notre beau pays de France, il porte toujours de blonds épis ou des plantes vig-oureuses, à moins que, frappé du pied, il ne produise des bommes. Les Romains Tout appris autrefois; les Allemands en savent aussi quelque chose, et peut-être un jour viendrat-il où, trahis à leur tour par la fortune inconstante, ils pourront de nouveau en faire la dure expérience.
Quoi qu'il en soit, depuis le départ des souverains, le jardin des Tuileries est ouvert tous les jours an public. Sous les dômes de verdure habilement agencés, dans les allées bordées de fleurs disposées avec goût, les femmes, pendant l'été, apportent la note gaie de leurs fraîches et élégantes toilettes, les nounous promènent leurs majestueux