‹ Les Parisiens de ParisChapitre 5 sur 28 · JEAN DESBROSSES I · texte numérisé non relu

JEAN DESBROSSES I

c'est le Midi dans ce qu'il a de plus chaud; quant à ce coucher de soleil sur ces coteaux g^ris dans des fonds, c'est la campag-ne des environs de Paris.

Cinq ou six g-randes toiles sont installées sur des chevalets. C'est d'abord un bûcheron au travail, car Desbrosses a fait de la fig'ure avant de s'adonner au paysag*e; puis son dernier Salon, un lever de lune dans la plaine et un superbe coucher de soleil dans une forêt de sapins.

Enfin, çà et là, des études de toiles achetées par l'État — Tune d'elles figure au Luxembourg* — et des cartons bondés de dessins et d'aquarelles.

Desbrosses a dans son atelier une collection des plus remarquables d'études de Chintreuil, qui doit prendre place au musée du Louvre, auquel il Ta généreusement offerte, de concert avec un de ses amis. C'est dire avec quel soin, avec quel désintéressement, car ces toiles représentent une fortune, il honore et veut faire honorer la mémoire de celui qui est, à ses yeux, le peintre idéal et incomparable.

De son affabilité, je ne parlerai pas, elle est écrite sur sa fig-ure ; mais une autre qualité s'y montre, elle aussi, dans tout son épanouissement, c'est la ténacité.

L'histoire de sa vie est là, d'ailleurs, pour prouver qu'il n'en manque pas. Mais où il en a eu surtout besoin, c'est lorsqu'il a voulu org-aniser à l'école des Beaux-Arts l'exposition de Chintreuil,

alors encore méconnu et considéré comme un visionnaire.

Là, comme partout, il a réussi. Grâce à lui; Chintreuil est maintenant au Louvre. Desbrosses, son inséparable, Vj rejoindra... le plus tard possible; c'est le souhait de ses nombreux amis.

22 juUlet 1893.

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