ACTE DEUXIÈME
part. Eh bien ! on me doit une compensation comme aux autres. Or^ puisque je n'ai pas pu être député, on me fera Pair de France... Et alors, comme je vous le disais : ^are à la Haute- Vienne!... Je ne lui accorderai rien, si je fais partie de la . commission des projets d'intérêts locaux... non, rien, pas le plus petit pont, pas le moindre chemin vicinal, pas même une
école primaire !... (U remet tes pincettes et se met le dof an feu.) Àh ! ah!
c'est que moi je suis rancunier comme...
DESGENAIS^ passant.
Gomme un académicien.
DE PRÉVAL, avec entboasiasme*
Pair de France!... Pair de France!... on n'oserait me repousser... vous comprenez!... car le gouvernement sait trop bien ce que nous pouvons nous autres capitalistes!... Oh! nous sommes forts!... car tout le monde s'en mêle aujourd'hui... les plus grands noms...
Qui, à cette heure, peuvent montrer des portefeuilles pleins d'actions, je le sais... Mais voyez-vous, monsieur, je dirai a chacun de ces nobles agioteurs, ce que l'on disait au petit-fils du grand Gondé : Toutes ces actions-là n'en valent pas deux de votre aïeul!...
DE PRÉVAL, riant.'
Bon!... bon!... Je vous donne huit joui*s pour vous défaire de ces grands sentiments-là, et à bon compte.
DES6ENAIS.
A bon compte, dites-vous?... Mais on n'en voudrait pas pour
rien, (n descend à droite.)
DE PRÉVAL, riant, le suivant.
C'est ce qui vous condamne.
DESGENAIS
Mais enfin, monsieur, en supposant que vos rêves bmdés a?i collet ne se réalisent pas.
DE PRÉVAL
C'est impossible, vous dis-je! je suis trop bien en cour. D'ail* leurS; je dois tout au roi, le passé l'oblige.
DESGENAIS
Et vous?...
DE PRÉVAL
Moi?... Oh! Ton connaît mes opinions !... Au fond, je suis tout dévoué au gouvernement, et le gouvernement le sait bien... Aussi est-il impossible que...
ANI*iA, qai s'est aTancëe.^
Messieurs, avez-vous fini de parler politique? (Des^enats remonta
50 LBS PARISIENS
^« d*Ann«0 ^'^^ ^^^^ ennuyeux, cela!... Ne nous en feres-vous pas grâce, même aujourd'hui?... Que ne parlez-vous ausd du cours de la rente ?•••
DB PRÉYAL, à Pt'igenais.
A propos? Les bons de rÉchiquier ont baissé à Londres.
ANNA, frappant da pied.
Vous allez recommencer?
DE PRÉVAL
Non, non; c'est fini, chère enfant, et nous allons parler chiffons tant que tu voudras.
De Préval s'asseoit à droite avec sa fiUe dans les bras. r> Jules rentre
donnant le bras à sa mère. — Clotikle est habillée pour la bal).
JULES, entfant*
Oui, madame, i'ài compté sur votre indulgence, et j'espèi-e que vous me pardomierez si vous ne me voyez pas dans le bal avant une lieure ou deux... Une affaire très-importante...
CLOTILDE
Tu ne vas pas jouer, Jules?...
JULBS.
Non, ma mère ; je vous le jure.
CLOTILDE
Et t(i ne passeras pas toute la nuit dehors?...
Non, ma mère ; je vous le promets, (ii s'incline d.vant ciotiide qui ta
à la glace pour donner un dernier coup d'osil à ta toilette. A part.) Je SUls libre,
et je puis obéir aux ordres de mon cher petit billet!... Phrasie
m'attend. Allons!... (ll sort par la gauche.)
CLOTILDE, à port.
Une affaire?... Jules ne m'a-t-il i)as dit que c'était pour une affaire?... Mais à cette heure, c'est impossible!... quei(^e folle
Slutôt, et... (elle regarde autour d'elle si Jules est encore là) j'auraiS dû lui emander... rinterroger... Ah! mon Dieu!... je ne sais plus
jouer mon rôle de mère!... (Slle s'appsU la tète dans ses mai os sur la cheminée.}
ANNà^ qui causait avec son père.
Je vous préviens encore, monsieur, que Ton donne demain la Cenerentola, et que je veux une loge.
DE PREVAL, riant.
Vous entendez^ mon cher Desgenais? (n remoBtt vers le fond.)