‹ Les parisiens: pièce en trois actesChapitre 29 sur 71 · ATINA · texte numérisé non relu

ATINA

Ma mère et moi, nous voulons aussi voir la pièce de mousieur de Tremble. . N'est-ce pas, maman ?. . .*

CLOTILDE, se remettant.

Sans doute. Elle a obtenu un grand succès. N'esi-ce pas, mon< aieur Desgenais?

ACTB DBUXiéMB 51

Oui^ madame.

ANNA

J'en suis bien heui*euse. (a Desgenaîs.) Nous emmènerons lilarie! Oh! d'abord^ nous sommes des inséparables^ maintenant!... Je

vous en préviens. (EUe lai tend la main, Marie Tient à elle.) NoUS irons

donc ensemble au Théâtre-Français^ et nous applaudirons de toutes nos forces^ puis(]ue nous ne pouvons complimenter de vive voix monsieur Maxime.

DESGENAIS^ obsenrani Cloiilde.

Mais^ pardonnez-moi^ mademoiselle^ vous le pouvez y et ce suir même...

CLOTILDE^ avec un mouvement, à part.

Lui^ ici!...

ANNA^ viveinent.

Il viendra au bal?..» (Deigenals s'incUne.)

> DE PRÉVAL^ redeieendant.*

Comment^ Desgenais!... vous avez envoyé une invitation à monsieur de Tremble ?...

DESGENAIS

Oui^ monsieur.

CLOTUDE^ à part, vnc effrei.

Le revour encore!...

DESGENAIS, ftdflPrtfral.

Ai-je eu tort?...

DB PRÉVAL

Sans doute; puisque Vai cru devoir remercier monsieur Maxime de ses services^ il était peu convenable... Âh l vous me voyez fort contrarié !...

ANNA

Eh bien j moi^ j^en suis fort contente ! (sur nn regarà de CloUlde;

changeant de ton.) Il valsc si bien !... D'alUeuTS^ n^est-ce pas sader* nière fête^ puisqu'il part?...

CLOTILDE, émue.

11 part?.*, (fille laisse tomber son bouquet.)

DESGENAIS^ se mettant vivement devant elle, et ramassant le bouqnet qu*il lu

rend.

Oui, madame, il va chercher fortune en Amérique... (Bat, i ciotiide.) De la prudence !

(Gotilde le regarde avec une sorte d'effroi et s'affaisse sur le canapé.)

DE PRÉVAL

Ah ! il part !... Ah ça ! mais^ ce succès qu'il vient d'obtenir...

DESGENAIS

Eh ! mon Dieu !... ce succès lui a enlevé ses derniers protecteurs... 11 y a, voye»-vous, des bonheurs fatals ! (ii regarde ciotiide.)

CLOTlLDEj à part.

Ce regard!... Ob! mes craintes!...

DE PRÉYAL^ légèrement.

Pauvre garçon!... Enfin!... nos vœux le suivront.

DESGENAlSj à loi-même.

A vide, comme des voitures de la cour.

DE PBÉVAL.

Ce soir nous lui ferons nos adieux; et puis^ ma foi^ bon voyage !

DBSGEIfAlS.

Ouij un homme à la mer ! ce dernier mot de TindifTérence humaine !... Un être aimant et dévoué a cheminé près de vous^ vivant par vous et pour vous; il a fait ses chagrins de vosdouleurs; ses gaietés de vos joies !... Puis, un beau jour^ cet être meurt !... Un homme à la mer !... Unautre^ un grand artiste disparait tout à ooup de ce monde^ que la veille encore il remplissait de son géme !... Une gloire à la mer !... Un roi vient qui vous donna une place dans son palais... un coin sous son manteau... Puis ce roi tombe!... Un trône à la mer!... Ah ! sapristi ! ça n^est pas pour dire, mais nous sommes de bien grands phuosophes... ou de fiers égoïstes !

DE PRÉVAL, riant bas.

Bravo! bravo!... mon cher Desgenais!... Entretenez-moi cette verve-là... nous en aurons peut-être besoin.

DESGENAIS

Plaît-il?

DE PRÉVAL

Bientôt vous me comprendrez, (ll va au coin de la cliemmde mir le« ^piel est son chapean.)

JOSEPH, annonçant.

Monsieur Maxime de Tremble !

CLOTILDE, à part.

Le voilà !... (Blle se lève et saine ; Desgenais va à Maxime.)'

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