‹ Les Parlers des Vosges MéridionalesChapitre 10 sur 67 · TRAITEMENTS COMMUNS RÉGULIERS · texte numérisé non relu

TRAITEMENTS COMMUNS RÉGULIERS

Le nombre des cas où tous nos parlers présentent le même traitement de la voyelle ou de la consonne est relativement réduit. Il le serait bien davantage, s’il fallait tenir compte, dans le vocalisme, des différences de la quantité et de la qualité. L'interprétation de ces différences m'est apparue si délicate et si fragile que j'ai finalement renoncé à en faire un exposé systématique. Aussi bien pour la quantité que pour la qualité, il est le plus souvent impossible d'établir quels sont les parlers qui conservent l’état ancien et quels sont ceux qui ont innové, comme on pourra s’en rendre compte dans plusieurs des paragraphes suivants. [Il convient aussi d'ajouter que l'observation seule est déjà fort difficile, et qu'une enquête orale ne donne pas la confiance que donnerait une enquête instrumentale et impose une certaine réserve. Cette insuffisance a sa contre-partie : elle permet de réunir un nombre plus grand des traitements qui constituent l'unité fondamentale de nos parlers. Pour ce même motif on en trouvera ici quelques-uns qui ne présentent que de menues variations : celles-ci pourront au reste être reprises dans la suite. Enfin j'ai cru intéressant, en raison de leur nombre très restreint, de ne pas supprimer, contrairement à ce que j'ai fait pour le consonantisme, les cas où le vocalisme de nos parlers concorde avec celui du français. Par contre, je réserve pour d’autres chapitres les mots dont le traitement, tout en étant identique dans tout notre domaine, est en désaccord avec celui d’autres mots se trouvant dans les mêmes conditions, ou a un caractère accidentel.

Grâce à ces éliminations, les faits qui sont considérés ici appartiennent pour la plupart à la catégorie de ceux qui caractérisent les parlers orientaux et représentent ordinairement un état fort ancien. On est même parfois amené, par exemple à propos

— S — du traitement de la consonne finale des mots tels que «dimanche »

etc., cf. ( 13, à partir de l’état latin, tant la divergence dialectale remonte à une époque reculée.

Ne Vocalisme.

Er s

a est le traitement unique :

1° d’un certain nombre de mots où à était anciennement entravé en syllabe tonique devant 7; parfois l’entrave existe encore aujourd’hui : rn4, tä renard, tard L., arbre c. 39; sur l’extension de ce fait, cf. Meyer-Lübke, Gr. d. Rom. Spr., ETS

2° de mots où il représente une ancienne diphtongue ay, issue du latin 4 suivi d’un phonème palatal en syllabe tonique : a ma fa, Jrancjars il fait; mais, frêne L..;"s1 la forme régionale de malade c. 466 procède bien des formes anciennes *malayvo <Z° *malavyo << *malavito << malehabitu, comme la proposé M. Horning p. 11 du travail cité 13, cf. en outrep. 15, l’a de notre domaine y est régulier. Cependant « graisse » n’est normal qu’au point 12, ailleurs il est refait sur engraisser c. 295, soit que l’a ait été abrégé dans l'aire 17-22, soit qu'il ait été remplacé dans les autres localités par la voyelle protonique ë d’« engraisser ».

Vere

A. — é est le traitement unique :

ide atmenprilitère mére mpéere L'ufevelc:343 etc., où 6 représente un ancien e ouvert, issu du latin 4 tonique libre ;

2° de bét, fét, tét bête, fête, tête L., etc., où un ancien e, ouvert était suivi d’un s qui s’est amuï ;

3° de la terminaison £, anciennement el — fr. eau : bé, vé Dédu, veau L.,-ete

B.— à est le traitement unique de nombreux mots où à est issu d’un ancien a entravé devant consonnes sourdes en syllabe

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