MASSE
forme dissimilée de *vyéy << *veta par une étape *vieda. Il semble que ce soit l’opinion actuelle de M. Meyer-Lübke, cf. Hist. Gr., $6 56, 57; mais il ne le dit pas formellement, et peut-être n’estce là qu’une apparence dueà la forme succincte de l'exposé. Quoi qu'il en soit, si nos parlers ont un e commun, la quantité et la qualité sont très variées : cf., à côté de Jér lire L., dméy 1-10, 16- 22 et dmëy 11-15 demieL., dix c. 254, lit c. 458, six c. 712. Ici, comme dans le suffixe « ier », les parlers de Paire 11-15 paraissent conserver la qualité la plus ancienne de la voyelle.
6° Dieu L. apparaît de même sous des formes variées, mais avec un e, dans quelques formules archaïques et aussi dans le composé « pour Dieu », qui a été dégagé de phrases telles que « demander son pain pour dieu », au sens de mendiant €. 489. Ici également M. Horning admet, loco cit., qu’e ne s’est pas diphtongué devant le y que nos parlers et d’autres parlers lorrains ont développé après la voyelle ; mais ce qui a été proposé plus haut $° s'applique aussi bien au traitement de « dieu ».
7° Enfin l’e fermé du latin sebu suif c. 730 est régulièrement représenté par e dans l'aire 8-22, «®y, - de Remiremont étant dû à un développement local postérieur, cf. Ç 20, 2°, et ét de 1-7 étant la reformation d’une forme disparue «ë d’après l’ancien fr. su,
d est le traitement commun:
1° de dô, gro dos, gros L., où un s final s’est amuï ;
2° de bo bois L., mot difficile à expliquer dans les dialectes comme en français ;
3° d’ôv partout sauf ôf 11, 12 a, 13-15 eau L. ;
4° de f6, h6, m6 faux (subst.), haut, mal L., cheval c. 179, etc., où un ancien groupe a/ est devenu 5, suivant un développement bien connu ;
s° de d6, 56, ol, pol dé << ditale, sel, aile, pelle L., échelle c. 264, où a latin libre a été conservé puis est devenu 6 sous l'influence de / vélaire, cf. Meyer-Lübke, Gr. d. R. Spr., I, 350;
6° d’une série de mots où 6 continue une très ancienne diphtongue au : tr, pôr, pô clore, pauvre, peu L., #5 clou L.,
cf. Meyer-Lübke, Hist. Gr., $ 81 ; de même le franc blao, bleu, est représenté par by0 bluet L. dans plusieurs localités.
Nas
À. — & est le traitement unique de m# mieux L.;e latin ouvert n'a pas été diphtongué devant / mouillé, ou la diphtongue ie a été réduite par dissimilation, cf. plus haut 2 C 5°; plus tard 1 mouillé a perdu son élément palatal devant s et, après s’être vocalisé, s’est combiné avec e pour aboutir à &.
B. — Des variations de la quantité et de la qualité se rencontrent dans le cas où æ est le traitement du latin o ouvert ou fermé devant y, suivant un développement bien connu et répandu dans les parlers orientaux. Mais æ << 0 ouvert +- y représentet-il la même triphtongue *wos que le fr. wi, ou à s'est-il maintenu sans subir la diphtongaison ? Une question analogue s’est déjà posée à propos d’éy $2 C 5°, et la solution qu’on adopte pour ce groupe entraine évidemment l'explication d’oy. C’est pourquoi je suis disposé à considérer que les parlerslorrains ontconnu, comme le français, le stade *uoi, tandis que M. Meyer-Lübke, Gr. d. R. Spr., I, 191, et M. Horning, $ 84, admettent quela voyelle o n’a pas été diphtonguée. Quoi qu’il en soit, æse présente actuellement dans nos parlers avec de multiples variations de la quantité et de la qualité. C’est ainsi que tous disent avec & k®r, @t cuire, huit L., le suffixe féminin &r — fr. oire dans écumoire c.279, planche à laver c.584 etc. (sur le suffixe ur qui le bat en brèche, cf. $ 148) et avec & kde 1-8/, 11 a, c, € 9, 10, 11 b, 13-22, -€ 12 cuisse L., et que d'autre part on trouve & au Vald’Ajol dans n®@y kr&y à côté de n®@ 1-11, 14-22, n@y IT a, 13 a, kr® partout sauf -y 11 a, 13 nuit, croix L. Ici, comme dans éy < ariu et à + y, cf. plus haut p. 7 sq., la voyelle ouverte du Val-d’Ajol paraît être l’état le plus ancien.
Il semble aussi qu’un ancien groupe e-i a dû aboutir régulièrement à æ, mais des réactions analogiques n’ont laissé subsister ce traitement qu'aux points 12, 16-22, cf. les (6 28 et 142.
GS
# correspond au français en << latin o tonique fermé et libre ;
il est bref quand il est final : chaleur c. 150, etc., ilest bref ou long, suivant les localités, quand il est devant une consonne : #r I-10, 16 a, #r 11-15, 16 b-22 heure L. ; on notera aussi käy 1- 10, 16-22, kÿ 11-15 queue L. Nous traiterons 60 de quelques cas isolés où # est devenu 0. J
Sté ete:
1° jet correspondent, comme en français, aux voyelles latines 3 et ä toniques et libres, hors de toute condition spéciale. Tantôt ils sont brefs partout : dr&mi dormir L., tosi ici id., mur c. S16; tantôt la quantité varie, suivant les localités, particulièrement devant 7 : dir 1-10, 14a, 16 a, dir 11-13,15-22 dire L., eür 1-8/, € 9-11 b,êür 16-22, € 12 sûr L., etc.*.
2° w, bref ou long, est issu, conformément à un développement répandu dans les parlers orientaux, d’un ancien #i < latin u + y: fruit c. 370, trou, trouer c.769 pour les représentants du fr. pertuis et de l’a. fr. pertuisier.
3° à correspond, comme le fr. 3, au latin e fermé tonique libre et précédé d’une palatale : (@)rsiné partout sauf -ä 12 réveillonmer L. <recenareM I, EN 577108 ete"
Serge.
yé représente, comme en français, mais avec un e partout fermé, le latin e ouvert tonique et libre. En position finale la voyelle est brève : myé, pyé miel, pied L.; devant consonne, particulièrement devant 7, la quantité varie : pyér 1-10, 16-22, pyér 11-15 PICrTENL- |
Ç 8. we.
wé est le traitement du latin e fermé tonique et libre après labiales. En position finale la voyelle est brève : pwé poil, poix L.; devant 7 on trouve, comme dans les cas précédents, des variations de la quantité : boire, foire, poire J.
1. Siabri c. 6 est exprimé par les formes EUrE 1-9 et êvr® 10-22, c'est que nous sommes en présence d’un substantif issu d’un verbe que je n’ai pas recueilli, mais qu’on peut aisèment inférer d’après la forme donnée par Hingre pour La Bresse aivreuyé < apricare M. L., EW. 560.
1° y& et æ << o latin tonique ouvert et libre.
y& est le traitement régulier en syllabe finale, par exemple dans by, y& bœuf, œuf L. y s’est combiné avec n précédent et a donné y dans y& neuf L.,adjectifetnom de nombre, et, avecune voyelle longue, dans g@v 1-10, 16-22,-f11,12a,14a,1$a neuve L. ; il a été absorbé par la chuintante dans jeudi c. 420, mot où la voyelle présente des variations de la quantité et de la qualité.
Deux mots « feu » et « lieu » n’ont actuellement aucune trace de y devant la voyelle : on dit f& partout sauf f&y 11 a, c, fæy 12 feu L., J& partout sauf /&y 12 lieu L. L’anomalie vient certainement de la forme des types étymologiques, mais il est diffcile de saisir le procès de ces mots. Il est en tout cas certain que la forme la(y) est ancienne, car leu est très fréquent dans les textes médiévaux NAL. 2531, 47, 2542, 37 (j'ai en outre noté une forme curieuse /uy 2542, 33, dont la graphie s’explique probablement par la prononciation æ des mots transcrits fréquemment avec #, tels que huit etc.). L’explication que M. Mevyer- Lübke donne pour le fr. feu, Hist. Gr.; (75, peut convenir à nos parlers : # de la triphtongue “vou ou *ueu a été absorbé par la labiale f. Mais pour leu il faut supposer qu’au stade postérieur *lüoù *lüeü une dissimilation a fait disparaître le premier élément de la triphtongue. Le y final qu’on trouve au Val-d’Ajol et à Remiremont dans ces deux mots peut être assez récent, cf. 629, 5°, et n’a pas dû jouer de rôle dans le développement de la voyelle. Un troisième mot jeu L. n’apporte aucune lumière ce peut même être un mot français récemment adapté, sans que son traitement phonétique permette de laffirmer.
2° ye devant nasale.
Devant n tous nos parlers s'accordent pour présenter un e dont le y est parfois absorbé par une chuintante précédente : jeune c. 422 et les formes toniques de sonner, tonner L., en partie modifiées par des réactions analogiques, cf. $ 143, A. On peut noter aussi tonnerre L. qui, sauf au point 12, est refait sur « il tonne ». y, plus ou moins nasalisé, est le traitement le plus répandu ; seul le Val-d’Ajol dit jyé# avec un e long et fermé, sui-
PA
vant un développement fréquent dans cette localité. Il est probable que ye est issu du stade yæ ; jën du point 11, jën des points 3 et 4 sont en effet des formes récemment reprises au français plutôt que des traces d’un état ancien. De toute façon l’influence de n sur la voyelle précédente est ancienne : on en trouve la preuve dans une forme précieuse que le témoin 2 b a donnée en réponse à fils c. 347 N. E. jwën, dont je reparlerai plus loin ( 88, 3°.
$ ro. oet # issus d’o latin devant /.
Il convient d'examiner ensemble et dans un paragraphe spécial les mots où o latin ouvert ou fermé était suivi de /; il faut en outre distinguer le cas où / était implosif et s’est amuï et celui où il était intervocalique. Dans ce dernier cas, o persiste devant l : c’est ainsi qu’on dit partout »0/ << medulla moëlle L., cf. aussi le représentant de cuculla au sens de citrouille c. 193. Quand l'est implosif, # représente régulièrement le latin o fermé : pür 1-10, 16 a, 17 a, pür 12-15, 18-22 poudre L., etc. Au contraire o ouvert dans les mêmes conditions donne 6 : #10, môr mou, moudre L. Faut-il expliquer o << à] + cons. par unstade intermédiaire au, comme on l’admet pour des régions voisines, cf. Schwan-Behrens, Ç 217, Rem. 2 : c’est assez probable, bien que je n’aie pas relevé dans les textes du Moyen Age des graphies en au, comme on en retrouve ailleurs, cf. id., ITS partie, p. 97. Ici de plus il existe une importante exception : on dit en effet partout 5 soûl L., dont le type étymologique contient un o fermé. Nous avons affaire soit à un masculin refait sur un féminin *s50/ que je n'ai pas recueilli mais qu’il est facile de restituer, soit à un mot français récemment assimilé sur le modèle de 56 sou L., qui
existe encore en quelques points, et de mots analogues. Pour « fou » cf. Ç 62.
$ 11. Les voyelles nasales.
Si l’on réserve momentanément quelques développements secondaires, nos parlers présentent les nasales à, ê, 6,1, 4 dans des conditions partout identiques.
à correspond à la nasale du français issue non seulement d’a
latin suivi de # appuyé, p. ex. dans chanter L., mais encore d'e latin dans la même position, quand la voyelle nasale est actuellement en contact avec un r : pär, tär (adj.) prendre, tendre -L
ë correspond à la nasale du français de main, pain L., de plein L. abrégé dans l'aire 1-10 et aussi du représentant de inteolu drap de lit c.260. On peut expliquer & de chanvre c. 155 par un étymon “cénäpe dont l’à serait devenu régulièrement ye puis le y aurait été absorbé par la palatale ; au reste le mot paraît avoir circulé, cf. $ 88, 3°.
On a déjà vu dans les pages antérieures de nombreux exemples d’6.
Quant à ïet %, ils conservent plus fidèlement que le français l’état ancien des voyelles nasales d’i et u : v5 vin L., jeun c. 421, brun c. 125, etc.
Enfin l’ancienne nasale en (2) issue d’e latin devant # ou "m entravés donne lieu à des traitements compliqués et d’une interprétation délicate. En syllabe tonique, si l’on réserve les différents procès de dénasalisation et le cas déjà étudié où la nasale est suivie d’un r, tous nos parlers attestent un état ancien qu’on retrouve, quoique assez rarement, dans les textes médiévaux : cf. vondui (vendu), on (— en adverbe pronominal) NAL. 2542, 42, londemain id. 2531, 81, on saic, en sac, on sep, en prison, Déclaration des droits du ban de Vagney par Jehan de Planoy 1345, Documents rares, II, p. 224, 225, et pour les faits actuels descendre c. 245, ësôn 1-11 b, c, 14-22, -0n II a, b, 13, àson 12 ensemble L., fôm femme id., ressemble c. 653, etc. Cependant le Val-d’Ajol se sépare souvent du reste du domaine et présente à : entre c. 302, rentrer c. 647, 1à, và temps, vent L., etc. Il est difficile de décider si nous avons affaire à un mélange de parlers ou à un développement phonétique particulier : il est possible qu’6 abrégé en syllabe finale soit redevenu à (en tout cas on ne peut pas se baser sur les formes avons c. 68, aurons c.7$ dont à a une autre origine, cf, (131) ou qu’à représente un stade antérieur à 5; cette dernière hypothèse est appuyée par le traitement de bon c. 104, cf. la. fr. buen, point c. 590.
LT A Te
Pour la syllabe protonique, cf. ( 27.
pes Consonantisme.
6 12. Tous nos parlers présentent plusieurs traitements fort anciens, à savoir :
1° la conservation du h germanique : hache cité p. 6, etc. ;
2° le traitement du gu latin intervocalique dans aqua, représenté par v ou dans l’aire 11-15 par f qui en est un développement secondaire, cf. les formes p. 8;
3° la réduction du k palatal latin à y dans les représentants de (re +) medicare, cf. M. L., EW. 5457, ausens de guérir c.404 et de radicare, cf. id. 6992, arracher c. 45, et l’amuïssement de cette palatale dans fälér 17-22 << *filicaria fougère c. 356 (il ressort de cette forme que toutes celles qui sont usitées dans les autres localités sont reprises au français).
4° w germanique est représenté dans une série importante de mots par w, cf. p. ex. garder c. 374 <C franç *wardôn, guère C. 403 << anc. h. all. weigaro, regarder c. 640 pour les formes du composé de « guetter », dérivé du franc *wahta, etc. Il n’est cependant pas certain que le & actuel continue directement le w germanique ; il se pourrait que les deux w soient séparés par un stade intermédiaire v; en effet gazon c. 377 << franc *waso et les représentants de l’a. fr. gaïm, regaïm, cf. ( 28, ont un v dans un nombre important de localités; le nouveau développement de v en w serait comparable à celui qui est exposé © 17, 3° et fin du Ç 40. M. P. Passy a relevé des faits analogues dans la région du Val-d'Ajol et dans les parlers franc-comtois voisins, cf. Kevue de philologie française, 1891, p. 144, et 1896, p. 195 ; et dans l’aire 23-26 on peut également noter v dans guérir c. 404, etc. Le traitement de « voici, voilà » des points 19-22, cf. & 72, ne peut cependant pas être invoqué comme une preuve que le v de « gazon » etc. est récent, car c’est vraisemblablement ‘un développement accidentel. ù
$ 13. Les consonnes des proparoxytons latins. On sait que les parlers orientaux présentent fréquemment des
traitements différents de ceux du français; et il va de soi que ces différences qui remontent à une époque très reculée se retrouvent également dans notre domaine. On sait aussi qu’elles constituent un des problèmes les plus délicats de la phonétique historique des parlers français. Mais ce n’est pas ici Le lieu de le traiter, et je me contenterai d'exposer les faits les plus caractéristiques, en renvoyant au travail de M. Horning, Die Behandlung der lateinischen Proparoxytona in den Mundarten der Vogesen und in Wallonischen (Programme), Strasbourg, Heitz et Mündel, 1902.
Dans coude Z. qui se dit partout kütré, dérivé d’une forme ancienne hôt attestée ailleurs, particulièrement aux points 23-25, le groupe b + voy. H 1 a été réduit à #; si, à côté de ce traitement, les représentants de malade c. 466 ont v (ou un f postérieurement développé), c’est que ce motse rattache peut-être à un étymon “malabidu issu de malehabitu M. L., EW. $264 par substitution de suffixe ‘ ou que, suivant l’opinion de H., p. 14, c’est un mot de la langue des médecins, réduit plus récemment. D'autre part, on ne doit pas faire état des formes pyéd, pyad perte L., recueillies dans quelques localités des deux vallées, car elles sont sans doute refaites sur le v. « perdre » ou même représentent un postverbal très ancien comme les mots du provençal perda, renda, enda, venda, cf. Schultz-Gora, Altprovenzalisches Elementarbuch, Winter, Heidelberg, 1906, p. 106.
Quand la labiale érait précédée d’une nasale, elle était plus résistante, et c’est la consonne de la syllabe finale qui s’est amuïe, cf. les représentants d’*empultare M. L., EW. 2862 au sens de greffer c.397et les dérivés ené d’une forme ancienne issue de cambita id. id. 1542 au sens de jante c.413.
Dimanche c. 252 et manche c. 468 ont partout une consonne sonore, sauf dans la région de Remiremont où la sourde est récente; cf. de même « huche » << *hutica À 20, 1°. Enfin la palatale s’est amuïe dans les représentants de nux *oallica noix c. 527. Suie L., s@ë 1-8, 19-22, -€ 8-18, est en désaccord avec
1. M. Thomas a eu l’obligeance de me suggérer cette explication, et de me signaler l'existence de formes provençales telles que le dérivé walaveiar cité par M. L. qui exigent un étymon pourvu d’un b.
— hé
ce mot, mais l’origine en est obscure et l’étymon *sudica certainement à rejeter.
6 14. L’épenthèse.
L'absence régulière de la consonne épenthétique est un fait commun aux parlers lorrains et à tout notre domaine. Il sufhra de citer pour les différents groupes étymologiques #7, lr, ml, sr, skr tàr tendre L., mor moudre id., ressemble c. 653, coudre L., cf. Ÿ 18, knÿe 1-8, 1ra, c, 9-11 b, 13-22, ÉI12 Connaitre LCroltre cas etc
M. Meyer-Lübke, Gr. d. R. Spr., I, p. 532, admet cependant que le d des formes lorraines de jungere, exstinguere, cf: pour notre domaine atteler c. 54, td 2 a, 8 a, ëftéd 19c éteindre L. kbtèn’ de Hingre (c.-à-d. ffènde), s’est régulièrement développé dans le groupe ng°r, et il reprend cette théorie Hist. Gr., 6 182. Cette opinion est soutenable, et jé? du point 87 de l’AL. peut à la rigueur être considéré comme une forme refaite. Mais il est bien certain que la plupart des mots où nous rencontrons une consonne épenthétique sont des emprunts plus ou moins anciens au français. C’est le cas de cendre c. 143 et très probablement de tordre c.757, etc. « Joindre » lui-même, malgré son sens local d’atteler, peut bien être également un emprunt, qui aurait fait disparaître un mot plus ancien issu d’applicare, cf. M. L., EW. 548. La carte $4 nous montre que ces deux mots sont actuellement en lutte dans l'aire voisine 23-26. |
Ÿ 15. # << ancien groupe #1.
Par suite de l'absence de la consonne épenthétique, #1, après s'être conservé, s’est changé en #»°# qui a abouti à » attesté dans les deux mots « ensemble », cf. p. 13, ressemble c.
On ne peut cependant pas s'appuyer sur ce traitement pour affirmer que « femme », cf. p. 13, a possédé autrefois un comme d’autres parlers orientaux, cf. Meyer-Lübke, Hist. Gr., $$ 10 et 172. Les deux groupes #1 et mn peuvent s'être développés l’un en mn, l’autre en mm à des dates différentes ; et en tout cas mn n’est actuellement représenté dans nos parlers que
ARLES Te ir ES
par m», v: semer L. Il faut en outre remarquer que m est également le traitement des textes anciens, cf. fume NAL. 2531, 68, fe[ mme id., 83P, etc.
Les deux traitements suivants sont de date plus récente :
1° le changement de ] combiné en y, quand l était précédé des consonnes b, p, f,k, g, et que le groupe étaitinitial ou appuyé : byà, pyô, fy&ri, 130, dyës blanc, plomb, fleurir, clou, glace LARetCSs |
2° le développement de y, quand # se trouvait devant un y d’origine diverse : y®@ neuf L., éternuer c.315, étrangler Cor (cor A6) nertL.
6 17. Amuïssement de consonnes.
Il faut en outre signaler une série importante de phénomènes d’amuïssement qui ont atteint r implosif, y après consonne et devant voyelle et v devant w.
1° s’amuit régulièrement devant les consonnes dont l’articution se fait avec la pointe de la langue : cf. devant / parler c. 553, devant d, t garder c. 374, porter L. (pour le traitement particulier du Val-d’Ajol v. Ç 87, 3°), devant s qui a donné naissance aux phonèmes €, €, 6 morceau L., porc.c. 598 pour les représentants de « pourceau », devant # journée c. 425, éternuer c. 315. La conservation de r dans (8étérni << *sternire, faire la litière c. 459 aux points 16-22 provient de ce que r y a subi une série de métathèses, cf. ( 32, qui l'ont préservé de l’'amuïssement.
Au contraire, devant les labiales, r se maintient régulièrement partout : germer c. 387, etc. Pour le traitement de » devant les chuintantes #, €, j,7, cf. $ 75, 6°.
2° y issu de / s’amuiït devant une voyelle antérieure dans remplir c. 642-4, enclume c. 290, Ok 1-11, 13-19 a oncle PoutELr9, 20 <a. 0fr. fladter-siffler c:1710; pour cercle idiionolerc:s33ce 6-20 29
3° v disparaît par assimilation devant w: avoine c. 63, veine c. 780, etc. Pour vhi, voisin, de 20-22, cf. & 72.