TANT
v se présente à la fois dans les participes eu c.73,su c. 688 et dans le substantif taon c. 740; dans les formes participiales il s’explique aisément par l'influence des autres formes verbales ; mais si fêvè, -èn de 17-22, taon, issues régulièrement de tabanu, montrent que les formes en 6 des autres localités résultent d’une substitution de suffixe ou peut-être d’un croisement du patois et du français, de toute façon v n’est pas dû à un développement récent et se rattache directement au latin b.
LEP dE
y a une extension beaucoup plus grande. Outre le participe cru c.234,où il peut être considéré comme analogique d’après les autres formes du v. « croire », on le trouve dans mûr c. $17, les représentants de l’a. fr. seï << sabucu sureau c. 734, féyin 1- D, PL Den9-22 7113, 414 -U2I10, IIC,e, LSid; MAIS jé# 12, faine L., les formes correspondant à la. fr. gaïm, regaïm << * vuadimen automne c.59 et regain c.639 (cf. sur la terminaison de ces formes (( 148 et 151 s. v°); quelques formes n’ont été recueillies ou ne subsistent qu’en quelques points : fréyi 2 c, 5 d, 914 biSanrétartrain Le, réyi —2.fr. roiz <'radice seulement dans l’aire 1-3 radis c. 634, Cy@r 14, éeéy@r 2 c chaise L., cf. aussi khayére Hingre, qui correspondent à l’a. fr. chaïere < cathedra avec des modifications expliquées À 151 s. v°; enfin on notera aussi la forme curieuse Rayine, n. propre fém., Reine, donnée par Hingre.
De cet exposé, il résulte que le Val-d’Ajol se sépare de toutes les autres localités et ne connaît que des formes syncopées. Mais l'accord de ces autres localités est loin d’être complet : elles ne traitent semblablement que « faine » et les représentants de *vuadimen, pour ne parler que des formes obtenues partout, c’està-dire les mots où la voyelle tonique a ou avait anciennement le timbre z ; par contre « mûr » et les représentants de l’a. fr. se sont syncopés dans l'aire 17-22 comme au Val-d’Ajol. On peut donc conclure que, dans tout notre domaine, à l'exclusion du Val-d’Ajol, un y s’est développé régulièrement (dans « faîne » il serait sans doute plus exact de dire qu’il s’est maintenu) entre un ë protonique et une voyelle tonique de timbre 5, et que c’est par une propagation en quelque sorte analogique que ce même traitement a pénétré entre # protonique et # tonique, ce qui explique que l'aire en soit plus restreinte. Cf. encore pour les formes participiales Ç 142.
Nos parlers ont, au reste, une tendance très marquée à développer un y éntre voyelles en hiatus. On peut citer le traitement des verbes «ouïr » et « jouir» entendu c. 298, réussir c.6$5, et aussi celui du mot français adapté fruand au sens de pares-
eux c. 552. Le fait se produit même entre deux mots : on dit en effet partout & y 7, à un, cf. à L., et y se dégage d’une façon analogue après À adverbe dans les groupes [« que j'y aille, que j'y envoie »] c. 418. Mais on ne peut pas faire état des formes du pronom de la 1'° personne y, en raison des difficultés qu’en présente l'explication, cf. 105, 2°.