ty, dy << kl, gl
Ce développement qui s’est fait par l'intermédiaire du stade ky, gy existe dans toutes les localités, ainsi que le montrent les exemples 16, dyés clou, glace L., etc.; k et g ont cependant subsisté, non seulement quand y s’est amuï ou que / dont il est issu a subi une métathèse, cf. (6 29, 2° et 83, 1°, mais dans quelques autres mots, à savoir sanglier c. 681 dont je n’ai relevé qu'une forme avec d au point 12, et sarcler c.683 qui conserve k dans les localités 10, 13, 14 et 17-22.
Ÿ 42. €, j et ë,j — €, j du français.
Tandis que l'aire 8-18 présente sans exception les deux phonèmes €, j dans les mêmes conditions que le français, l'aire 1-8, 19-22 conserve l’état ancien €, j dans un nombre considérable de mots dont il suffira de citer comme exemples typiques cheveu c. 181, manger c.472. Toutefois cette division de notre domaine en deux aires n’est rigoureuse que devant voyelle; et encore faut-il ajouter que le point 19 présente quelque flottement : le témoin b dit à la fois éët et éët chat L., et je n’y ai recueilli que sé cher id., jér gendre c. 38r, j&di jeudi c. 420; mais parfois la présence de £, j ou même des phonèmes qui en sont issus, £, h, cf. $ 47, vient de ce que nous avons affaire à des mots français adaptés, p. ex. « charpi » charpie c.163. Ailleurs, c’est-à-dire quand #, j sé sont trouvés en contact avec une consonne, la réduction de é, j à €, j existe également dans toute l'aire 1-8, 19-22 ; mais bien qu’elle soit assez ancienne pour que que, j participent dans les localités 19-22 au développement &, j > €, hétudié S 47, «elle se produit sans régularité et comprend parfois tous les points, parfois une partie seulement de l’aire.
Les parlers des Vosges méridionales. S
PAR ATOS
Après une consonne, elle est aujourd’hui fort rarement attestée ; mais elle. s’est sans aucun doute produite anciennement dans échelle c.264 et dans « mouche », v. les formes p. 18 et le dérivé signifiant abeille c.4; les formes franc-comtoises prouvent que le traitement actuel de nos parlers a pour base un ancien #, malgré ce qu’en ont dit Horning p. 81 sq. et Meyer- Lübke, Gr.d. R. Spr., I, $ 953, cf. encore infra 47. Actuellement elle ne semble pas se produire dans ces conditions, sauf peutêtre au point 19, où l’on pourrait ainsi expliquer par un développement de phonétique syntactique les formes citées plus haut et j, je, du groupe syntactique 4 j ? que j y c.418; quant au. point 21, j de ce même groupe n’y a été employé qu’une seule fois par le témoin a et sans doute accidentellement. |
Devant consonne, à l’initiale ou à l’intérieur du mot, les exemples de la réduction sont, au contraire, très nombreux, cf. entre autres jé 1-19, hmé 20-22 jumeau L., genièvre c.382, genou c.384, les représentants de l’a.fr. geline poule c. 602, acheter c.8, le dérivé du mot qui signifie noix pour désigner le noyer c. 527, etc. La consonne réduite gagne même par analogie les formes où la voyelle protonique est maintenue, p. ex. dans chenille c.175, chemise c.173, etc. Cependant dans je mangerais c. 475 j est souvent conservé dans l’aire 1-7 sous l'influence des autres formes verbales.
Devant les demi-consonnes w et y les faits sont plus compli-' qués. Devant w € couvre l'aire 8-22, tandis que 1-7 conservent é, cf. cheval c. 179, chouette c. 190, et pour j on peut citer le mot régional désignant les deux poutres horizontales qui maintiennent les montants auxquels les bêtes sont attachées jway 2 c, sd, mais way 19 a, b, éhwôy 21 a, 22 a et les formes des autres localités s. v° étable L., mot vraisemblablement dérivé du type jugu. Devant y, que ce ÿ subsiste ou qu’il ait été absorbé par la palatale, la réduction est beaucoup plus restreinte et n’atteint, en dehors de l'aire 8'-18, que les localités 8 et 19 et encore d’une façon partielle, cf. chèvre c. 182, chien c.186, chier c.188, jeune c. 422, jouer c. 424. La comparaison de éë, chier, 36,
Jouer, et des formes £iy de 19 a-c, jäy de 8 b montre bien que la réduction a été causée par la présence du y.
En position finale, devant un mot À initiale consonantique, 4, } perdent régulièrement partout leur élément dental, cf. 1ëe dans [« tache de graisse »] tache L., sèe dans [« sac de blé »]sacid., mèche de lampe c. 484; cependant « mange » dans[« mange puisque tu as faim »] c. 474 a conservé j dans l'aire 1-8, sans pour les mêmes raisons que « je mangerais », p. 66, et aussi parce que le groupe syntactique n’est pas étroitement uni et que les témoins ont dû faire une pause entre « mange » et « puisque».
M. Grammont, qui a observé dans le parler de Damprichard des faits analogues à ceux qui viennent d’être exposés, les explique par une dissimilation qui se serait produite devant une dentale, cf. La dissimilation consonantique, p. $1 ; dans notre domaine du moins, la réduction a également lieu devant une labiale, comme le montrent les exemples cités de « jumeau, cheval, chouette », et par conséquent elle y provient non pas d’une dissimilation, mais de la simplification d’un groupe de phonèmes trop compliqué, comme cela s’est passé plus anciennement dans « mouche, échelle ».
43. Amuïssement de s (ou de ses représentants f, b) devant consonne.
La disparition de s dans cette position est attestée pour tout notre domaine par les formes du v. être L., les représentants de genesta, cf. Meyer-Lübke, EW. 3733, fnêt 1-19, hnét 20-22genèêt id., ceux de mustela môtél partout sauf -6] 11 a,d, 1$ a belette id., dans lesquels l'influence du français est exclue. Mais si Paire 1-15 a perdu toute trace de ce s, sauf quelques faits d'emprunt exposés $ 89, la vallée de la Moselotte conserve ce phonème, avec une prononciation 6 devant une consonne sourde, h devant une sonore, dans une série considérable de mots : co peau de hache. c. 207; dont le représentant correspond au fr. atkelle, dérivé de l'a. fr. aste hasta, éclair c. 268 dont les formes représentent soit le substantif féminin dérivé d’un verbe d’origine obscure, cf. *exlucidare Meyer-Lübke, EW. 2021, et Gôhri, Revue de dialec-
tologie romane, IV, p. 60 sq., soit un dérivé en à de ce substantif, éclore c.270,; épais 303, étable x. 313; éternuertesrs faire lalitière c. 459 dont les représentants << *sternire, paille c. 549 dont les représentants correspondent au fr. archaïque et dialectal étrain, sevrer c.709 dont les représentants correspondent à l’a. fr. espanir <Z germ. spanjan Thomas, Mélanges, p. 71. Or à côté de ces mots il en existe un grand nombre qui ne conservent £&, h que dans une partie de l'aire 16-22, et dans ce cas ce sont toujours les villages les plus proches de Remiremont qui les perdent. Ce trait est la preuve certaine que c’est la prononciation de la région de Remiremont qui fait reculer celle de la vallée de la Moselotte. C’est naturellement au point 16 que f’attaque s’exerce le plus vigoureusement. Pour plusieurs mots, les témoins hésitent entre les deux, prononciations, cf. épaule c. 305,épouvantail c. 307, étrangler c. 321, épi L. : voici exactement les réponses obtenues : a dit &pül, éfpiy (indiqué aussi par c), éfpwèvèt mais trayé et éêt-, b épol épiy mais épôvot et éGp-. Parfois 16 ne connaît plus que des formes sans £ : cf. coquille c. 209 (pour l’origine de kaf, ékaf, cf. $ 151), croûte c. 236, écorce c.272, écume, écumoire c.279, écureuil c. 280, étoile c.319, étoupe c. 320, écouter L. 17 se joint à 16 et se sépare du reste de la vallée pour le traitement de crête c. 229. Le recul de £ est encore plus fort danscouture c.220, rêté 1-19 mais ré£lé 20-22 râteau L., véfi 1-10, 12-19, vé- II mais 6/21 a, V®- 20 a, 22 a vêtir id., où les formes avec f n'existent plusque dans les trois villages 20-22 ; dans l’impératif de « dévêtir » donné en réponse à Ôte tes habits c.538, seul le témoin 22 a a employé une forme avec £ (pour la chute du # final, cf. p. 42). La comparaison de râteau avec le dérivé qui sert à désigner la partie portant les dents du râteau est particulièrement instructive : en effet, tandis que rêfté n’occupe plus que l'aire 20-22, ce dérivé a des formes avec £ dans toute la vallée de la Moselotte, sauf au point 16 : 16b dit réfli, 16 c Æ, mais 18, 21 a, 22 a, un témoin de Basse-sur-le-Rupt disent rägfélé, 17 a et 19 c-1. La plus grande résistance de ce dérivé itient évidemment au sens plus restreint et au caractère plus local de ce mot.
éptyégyes éclaircie c. 269 du seul témoin 19 a et héfté hêtre L. du témoin 18 qui conserve £ comme hé de 22, à côté de hét de tous les autres témoins, constituent des exceptions peu importantes. Quantà taoût c. 34 de 18, ce n’est une forme ancienne qu’en apparence, cf. Ç 89.