‹ Les Parlers des Vosges MéridionalesChapitre 29 sur 67 · SAT · texte numérisé non relu

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On a vu À 17 que l’amuïssement de 7 est régulier devant les consonnes dentales; au contraire devant les chuintantes é, j, €, 7 correspondant aux phonèmes français €, j, il se produit assez fréquemment, mais sans régularité, et semble n’être dû qu’à une propagation analogique. C’est ainsi qu’à côté de perche Z. qui, partout où je l’ai recueilli, a perdu sonr, un dérivé en à qui désigne une espèce de grenier, c. 399, le conserve dans l'aire 1-8, 21, cf. encore bergeronnette c.97, charger c.159, orge c.535. La persistance du r est particulièrement fréquente au Val-d’Ajol, cf. muèreé battre en grange c. 87, ère et äréé herse -er c. 408, fore fourche L., fwbrjé forger id. etc.; et notez aussi wdre orge, tandis que l’AL. a recueilli wôe.

D'autre part, dèyé derrière c.244, qui est la forme usitée dans toute l'aire 11,13-22, n'est explicable que si on y voit une réduc-

tion particulière du groupe ry à y; on la trouve également dans éyé 19 c,arrière L., aiyé Hingre.

$ 76. k se mouille ou devient + devant une voyelle antérieure.

Le mouillement de k devant une voyelle antérieure, qui est si répandu dans les parlers gallo-romans, n’est attesté dans notre domaine que par quelques formes isolées, à savoir #y#pé = à. fr. escopir cracher c. 224 au point 15, et le dérivé 1*y®@pôt au sens de salive c. 680 aux points 13, 14et 15. Le parler d’'Uriménil prononce ce verbe de la même manière, cf. tieuppé Haïllant, mais le mouillement y est également sporadique, tandis qu’il est très fréquent dans les parlers de la Meurthe-et-Moselle, v. Adam, p. 22. D'une façon analogue k est devenu # au point 18 qui dit f@pé et -ät, cracher et salive; et il est remarquable que ce traitement soit là aussi limité à ces deux mots.

$ 77. j analogique à la fin des mots.

L’alternance syntactique de j et 7, qui a été notée à la fin du mot 42, a amené par analogie le développement de j dans certains mots qui ne le possédaient pas étymologiquement. C’est ainsi que chemise c.173 présente la finale j dans l’aire 19-22 et que le mot qui signifie mèche de fouet c.48s, cf. Ç 56, se dit mij dans les localités 1-4, 6-8, 21. Le caractère accidentel de ce développement explique qu’il n’existe par d’exemple de # dans les mêmes conditions.

$ 78. Traitement des consonnes finales de « moiste ».

A côté des formes de ce mot étudiées À 29, 7°, j'ai relevé m&ë chezles témoins 2 c, 4 a et -€ chez 8° a, 12 a, 13 a, 14 a, dont on peut rapprocher meuche d’Uriménil et rémuché, imprégné d'humidité, Allain (canton de Toul, M.-et-M.), Adam, p. 281. Dans ces différentes localités le traitement n’est pas conforme à celui du groupe 5 tel qu'on l’a vu $ 43. Cette particularité provient vraisemblablement de ce que, le y de « moiste » ayant transformé sen +<, ces parlers se sont trouvés en présence d’un

groupe exceptionnel #t qu’ils ont modifiéen #, conservé ou réduit ensuite normalement dans les différentes localités ; cf. pour une autre explication Horning, Die Behandlung d. latein. Prôparoxytona, pp. 13, 14. Quant à fidche, flasque, Hingre, dont M. H. rattache d’autres formes à flaccidus, cf. aussi M. L., EW. 3342, pourquoi ne pas le tirer de flaccus, comme le D. G. le fait pour le français flache, malgréla note 7, p. 12, de M. H.?

$ 79. Traitement du groupe initial d’'écornée c. 274.

Étant donné l’amuïssement de l’ancien s devant consonne, cf. $ 43, il est remarquable que toute la vallée de la Haute-Moselle conserve dans ce mot des formes avec sk ou <k. Il est difficile d'y voir des emprunts aux parlers voisins; tout au plus pourrait-on attribuer €k des points 1 et 2 à une imitation des parlers de la Moselotte. Mais la cause du maintien de la spirante me paraît autre. Nos parlers possèdent en effet un mot correspondant au français encorné, cf. corne L. Or le développement phonétique devait amener une identité formelle des deux types « encorné » et « écorné »; elle existe même aux points 1 et 2 qui disent hkünä, -àäy avec les deux sens. Mais elle était trop gênante pour que les parlers n’essayent pas de l’éliminer. Les parlers de la région de Remiremont se sont contentés du maintien de l’initiale ëé dans « écorné »; mais dans l'aire 1-10 on est allé jusqu’à la conservation exceptionnelle du s.

$ 80. 7 7 dans hüly0 caneton c. 133.

Je ne puis que signaler cette forme usitée dans les localités 1, 2, $, qui est issue de la forme encore concurrente büryô, ellemême dérivée du simple bwÿr, car la cause de cette anomalie m'est inconnue.

$ 81. Assimilation.

A — Assimilation par contact direct.

1° Une sourde devient sonore ou une sonore devient sourde par assimilation à la consonne suivante.

Le premier cas est attesté par souvent c.727, bé < pisellu pois c.592, bdé,-“jeperds c.568, perdu c.570,bzà 1-7, 17-22

pesant L., le deuxième parjeter c.419, le dérivé de ce verbe qui signifie essaim c. 308, dessus L., défti 1-19 déshabiller id.,médecin c.486, etc. Si dans « dessous » sous c.726 c’est au contraire la consonne intérieure qui a été assimilée, c’est que d a été conservé par l'influence analogique des nombreux composés avec « de », puis « sous » a été refait sur « dessous ». Il en est de même de dzür des témoins $ b-d, f, 6 d dessus L., composé d’une forme qui correspond à l’a. fr. soure, représentant régulier du latin supra.

2° rl devient //.

Cette assimilation est attestée dans l’aire 19-22 par 16 pél léet tôt pel léy seul c.707 et L., qui sont formés de « tout + par » —- les pronoms personnels équivalant au fr. lui, elle ; dans les autres localités « par » présente sa forme ordinaire sans consonne finale.

3° lr devient /}, rarement sr.

Les parlers présentent fréquemment l'assimilation de / en /l dans les futurs et les conditionnels des verbes dont le radical est terminé par / et dans les substantifs dérivés en «ie » dont le simple se terminait également par cette consonne, cf. p. ex. PHIMa nsc octo sir 18, 19 C0 21/4, 22.4 ,fututs.detsaler L., püelli(y) 1 a, b, 8/ a,-5-18 cochonnerie ïd., etc. Les formes avec /r sont au reste abondamment représentées, et Hingre ne paraît même pas avoir connu le traitement //, cf. kbélrà, futur de khéla, écosser, Monogr., p.79, et bwadelrie, bavardage, poukhelrie, etc., Lex. Il n’est cependant pas propre à notre domaine, ainsi que le montrent bédellie, pouhhellie d'Uriménil.

L’assimilation en rr est attestée par rrd Laurent L. de La Bresse, les formes de Basse-sur-le Ruptid., etelle s'accorde avec celle de 77 en // 2° et celle de #r en rr exposée plus loin. Le développement de /r en /] me paraît être dû à l’influence analogique des formes à radical terminé par /, qui aura entravé l'assimilation de /r en rr; mais comme les patoisants articulent difficilement le groupe / + r alvéolaire, il en est résulté que /r a été assimilé en /7. Ce fait est assez ancien, car le simple de piüeelli(y) a perdu son / dendis une date relativement reculée, et

d’autre part l'existence de la terminaison ellie à Uriménil, assez éloigné des localités, qui ont actuellement le traitement /} non seulement dans cette terminaison mais dans les verbes à radical terminé par /, invite à penser que /] a été à son. tour refoulé par des formes refaites en /r.

4° nr devient r (par rr), rarement nn.

L’assimilation d’nr en rr, réduit ensuite à r, paraît être à la base des futurs detenir, venir L., cf. les formes plus loin & 143 ad fin. ; et l’on sait que l’a. fr. présente la même assimilation dans dorrai, donnerai, etc.

L’assimilation contraire en nn n’est attestée que par eënmi des témoins 4 a, 6 b, 8 c, 8/ a, d, f, qui désigne la baguette du coudrier, cf. coudrier L., et qui est dérivé, au moyen d’un suffixe « aril », d’un simple ein écharde L., qui vient soit de l’ancien b. all. skina, comme le fr. échine, soit plus récemment de Pall. schiene, éclisse. La forme non assimilée existe également, cf. <énri 1 c, 6 d, khèneri, Hingre; cf. en outre plus loin © 83, 4°. Le développement d’#r en nn paraît avoir comme cause indirecte une influence analogique du simple, de même qu’on l’a vu pour /J.

s° dr devient dd.

Cette assimilation s’est produite dans les deux mots perdrix c. 571 et Ferdrupt L., dont le premier élément correspond au fr. Frédéric. Tandis que le groupe rdr de perdrix a été simplement réduit à dr dans les localités 13-16, 20-22, cf. p. 130, les points 3-9, 17-19 présentent une forme péddi qui s'explique par une assimilation de drendd; on la retrouve également dans fédda, seule forme employée par tous les témoins interrogés.

6° Diverses consonnes, notamment /, précédées d’une nasale deviennent # où m.

Cette assimilation est attestée par plusieurs mots, dans lesquels l'est implosif ou explosif.

a) l'est implosif dans ë#mèê n l@y, usité au Val-d’Ajol avec le sens de par terre, cf. terre L., et qui équivaut au fr. «emmi le lieu », et dans bwdngé s c, d, -nhé 19 c\ subst. du adj. qui signifie bon loisir ou désœuvré et qui équivaut au fr. « bon loisir » (le suffixe ë — fr. er est dû à une substitution), cf. encore

bwônehé Hingre et bouon’hé donné par Haillant pour Ventrons. v° boé-lohi. Pour les formes qui ont conservé /, cf. loisir L.

b) Les cas dans lesquels / est explosif sont plus compliqués. Pour désigner le chéneau Z., toutes les localités, où jai demandé ce mot, présentent des formes avec #, seuls 21 et 22 disent éälèt. Dans un article de la Romania, XLI, p.173, j'ai considéré les formes avec 7 comme représentant un mot ancien channette, issu de channe, et j'ai dû admettre que plusieurs de ces formes étaient à demi francisées. Il est beaucoup plus probable, comme M. Thomas me l'avait fait observer, qu’elles sont toutes issues de « chanlatte », et que / est devenu # par assimilation à la voyelle nasale précédente. Ce développement est ancien, car » a une grande extension à la fois dans les parlers lorrains et dans ceux de la Franche-Comté. « Chanlatte » survit cependant en quelques points, notamment les localités 21'et 22 de mon enquête : cf. aussi chaleite, chenal, Landremont (c" Pont-à-Mousson, M.-et-M.), Adam, p. 238, chonlotte, chenal, Dongermain (a! Toul, id.), id., p. 240.

Une assimilation semblable s’est produite dans une forme nouvelle signifiant ainsi c. 14. Sur le modèle de disi, encore usité dans toute la vallée de la Moselotte et dansquelques autrespoints, on a formé un nouvel adverbe avec « là », dont le / est ensuite devenu # par assimilation à la nasale précédente. La forme ancienne subsiste encore dans quelques parlers franc-comtois, cf. dinlai Châtenois, dains lai Plancher-les-Mines, etc.

Une assimilation analogue de g précédé d’une voyelle nasale a dû se produire dans étrangler c.321, après le changement de DenlÿNicip: 217.

Nous avons vu p. 59 l'assimilation d’une dentale à une nasale précédente. Il faut en outre en rapprocher la réduction de mb à m dans Plombières L., la forme eëm hô, chambre du haut, de 14a, c.151 N. E., et pôm ë tyér pomme de terre c.595 de l'aire 1-7, qui présente une assimilation du groupe #1 d à m par mm, encore attesté chez les témoins 2 c, 6 b, 7 b, cf. N.E. Enfin c’est sans doute par une assimilation de % à m que « comment » est souvent réduit à une forme "0, -à, -ä, cf. comme, comment L.

Pour eëm du point 8 chanvre c.155, cf. plus loin & 88.

7° s explosif est assimilé à une fricative précédente.

Cette assimilation a eu lieu dans dix-sept c.255 ; en effet dans déceët, -£f- qui occupent la plus grande partie de notre domaine, s de sept a été assimilé à la fricative de dix. Le nom de lieu Rochesson L. paraît présenter un traitement analogue. Postérieurement à cette assimilation, €, £ se sont réduits à €, £ aux points Il, 14-17, 19, 21. Ce phénomène est assez rare, car AL. ne donne une forme analogue que pour le point 219 de la Belgique, où l’on dit dicét. Au point 12, dessét est le résultat d’une assimilation inverse, si cette forme n’est pas due à un croisement avec le français.

B. — Assimilation à distance.

1° s initiale devient € £ par assimilation à une fricative suivante.

s-j est devenu «-7 dans eôjé, songer, des témoins 11 c et 14 a, cf. penser L., développement qu’on retrouve ailleurs, cf. chongé Uriménil, Horning $ 152, AL. c. 995, -6 et eôj* Pierrecourt, Haute-Saône, d’après le lexique de Juret, p. 140, Niemeyer, Halle, 1913. C'est ainsi qu’il faut expliquer éëreé — fr. cerceau 2 c, 5 d, qui désigne des raquettes pour marcher sur la neige, à côté de sôr£é de 15 a, 19 c,21 a, sorhhés Adam, Saint-Amé, p. 286, bien que ce mot présente des difficultés, et que l’origine de la fricative intérieure soit en particulier obscure.

2° l'initial devient »# par assimilation à # intervocalique précédant la voyelle tonique dans #inä 20-22, issu de linä, cf. arc-encielc. 40 et 151.

3° Une sourde, qui se trouvait à l’initiale du mot, est devenue sonore par assimilation à une sonore, qui se trouve à l’initiale de la syllabe suivante dans les représentants du fr. carder et de l’a. fr. targier << *tardicare : gédà $ c, d, 8'f, 16 a, gà- 19 c, gédé lire, ES agé a McardetENe/é mor cam CNE 18 tarder id. Peut-être est-ce ainsi qu'il faut expliquer le g de gey, quille Z.

4° v et # sont devenus #» par assimilation à une labiale précédente dans pyôm pivoine L. de 13 a, 14 a, attesté également à Uriménil, d’après Haillant qui donne piôme, pôm panne L. de

2 b, 5 d, 13 a, 22 a, un t. de Basse-sur-le-Rupt, épérmégé Apprivoirs ere 6: des llale net Jéyim. fatnelL.r der:sia, ces deux dernières formes étant peut-être individuelles et du moins exceptionnelles.

$° On a vu plus haut, { 24, que dans la plupart de nos parlers, la syllabe initiale de dimanche c.252 correspond à celle de l’a. fr. diemanche; or le groupe dy est devenu ; aux points 2, 3, 4et 22, vraisemblablement par assimilation au j final.

Le j final de chemise, qu’on pourrait être tenté de considérer comme dû à une assimilation au # initial, me paraît avoir une autre origine, cf. Ç 77.

6° l implosif devient 7 par assimilation à # final dans les représentants de l'ail. melker mavérkär 1-11, 13-15, mwä- 16-22, märkér 12 a, fabricant de fromages, fromager L.

6° Une assimilation de / initial à un r implosif a probablement eu lieu dans herbe c. 406 aux points 8' et 16; en effetles formes ryéb, ryäb paraissent être issues des formes disparues *ryerb, *-a-, dont r initial représente l’article agglutiné qui subsiste encore dans de nombreuses localités, cf. plus loin Ç 84.

7° Enfin il faut signaler le mot lézard c.452, dont les formes de l'aire 1-11 sont d’une complexité embarrassante. Si le point de départ est bien ljrad avec un r intercalé, forme attestée au point 8' et, avec changement de 7 en h, aux points 10 et 11, lébläd du point 9 est dû à une assimilation du 7 intérieur au initial, cf. encore plus loin Ç 82, 3° et 83, 6°.

Quant au traitement de la consonne initiale de six c.712,que M. M.-L., Gr. d. R. Spr., I, $ 160, considère comme assimilée à la consonne finale aujourd’hui amuïe, l'explication n’en est pas certaine, car on a vu plus haut, p. 7, que la voyelle a peut-être passée par le stade si, et le premier z a pu palatiser le s initial.

$ 82. Dissimilation.

Il m’a paru intéressant de classerles différents cas de dissimilation de notre domaine d’après les lois que M. Grammont à établies.

1° lotsit celui-ci, celle-ci c. r4r s’est réduit à /65ÿt aux points 1, 2, 8, 8', suivant la loi I.

2° Le y final de faible, cf. s’Évanouir c.329, est tombé partout par suite de la dissimilation exercée par le y du groupe initial, conformément à la loi II.

3° Lézard c.452 présente dans l’aire 1-8 une forme réjlad, qui me paraît être issue de la forme *léjlad, étudiée plus haut, par une dissimilation conforme à la loi IV.

4° Gencive c. 380 suit dans l'aire 11-22 la loi VIII. Mais tandis que les localités 17-22 ont dissimulé la fricative intervocalique en d, 11-16 l'ont dissimilée en x; cette différence de traitement provient de ce que la première dissimilation s’est faite au stade j-j et la deuxième au stade j-. On sait que gencive a subi également en français une dissimilation, sur laquelle cf. M. L., Einfübrung in das Studium d. Rom. Spr., 2° éd. Heidelberg, 1909, Ç 147. C’est également suivant cette loi que s’est développé / des formes désignant l'hirondelle c.410, dont final a ensuite disparu dans la plupart des points.

s°pär prendre L.a perdu partout 7 du groupe initial pr conformément à la loi IX. C’est probablement d’après cette loi qu'il faut expliquer fyom fable L. des témoins 19 b, 20 a, 22 a, forme qu’on retrouve ailleurs.

6° La loi XI est attestée par les faits suivants: le dérivé en ré de l’a. fr.bef, au sens de premier lait de la vache quia vêlé c. 438, dont le f est devenu k partout, sauf au point 12, kmôt pomme de terre c. 595 des localités 20 et 21, cf. À 89, et très répandu dans les parlers lorrains, d’après Adam, p. 360, tm du point r4, issu de pm&@ millet L., forme issue d’un croisement, comme on le verra À 151. Si dans pnà de 12 a et pn® de 22 a, issus de *pmà, *pm&, de même origine, la dissimilation est contraire, c’est par suitede l’action conservatrice exercée par plà, plé, cf. id.

7° Arbre c. 39 est, dans toutes les localités, traité d’après la loi XIT ; il en est de même de mercredi c.491, sauf en quelques points qui ont repris la forme française, et des formes pèdri, pe-, d'où péddi (cf. p. 126) perdrix c.$71; pour pëji de 12, cf. piles ‘

8° sèf échasse L. des témoins 9 et 19 a, et qu'Adam donne pour Saint-Amé saihhe, p. 284, est dissimilé d'après la loi XIV. Si

le féminin de l'adjectif 4, fa, sec, cf. plus loin p. 137, quiest régulièrement fé au point 14, khäkhe à La Bresse, d’après Hingre, est eûs chez les témoins 2 a, 7a, 8" d, cf. aussi hhdsse que Haillant donne pour Cornimont s. v. hha, cette exception s'explique par linfluence analogique du masculin. Cf. pour sac, sec, plus loin, $ 83, 7°.

9° Plier c. 588 subit dans toute l'aire 1-9 une dissimilation qui a dû se produire dans les formes à désinence, où py est dans la syllabe atone, conformément à la loi XVI. C’est également cette loi qui explique ôgrépin aubépine c.56 de l’aire 10-22, mais l’origine du 7 est obscure.

Il est cependant au moins un traitement qui paraît échapper à une loi de M. Grammont, c’est celui de ryéb et ryäb de 8’et 16, qui sont issus de formes anciennes *ryerb, -a-, cf. Ç 81 B 6°, et qui, pour une cause que j'ignore, sont en contradiction avec la loi VIT. En outre il me semble que éëvir®, e- chevreuil c. 184 de l’aire 1-8! ont perdu le y d’une ancienne terminaison J#, encore attestée dans la vallée de la Moselotte, par suite d'une dissimilation exercée par l’ de la syllabe précédente. Quant à lot6t, dt, -ët, -ät celui-là, celle-là c. 142 des localités 1-11, 14-16, issus de formes antérieures /6#lô!, etc., la dissimilation de Z appuyé tonique, contraire à la loi I, s'explique par la résistance particulière qu’a dû offrir l’article initial. Enfin je ne puis que signaler élor de l'aire 1-8’, alène c. 17, dont le développement est obscur : c’est au reste un mot sujet à de nombreux accidents, cf. 83 ad finem.

$ 83. Métathèse.

1° fable L., boucle c.106 et le mot tyôp, employé pour désigner les deux chevilles qui fixent le joug au timon par les témoins 2 c, $ a, 6 b, 8'f, 19 c, et au sens de nœud par 12 a, 15 a, cf. voiture, nœud L. et qui correspond au fr. couple, comme Adam l’a bien vu p. 23 (M. M. L., EW. 2209, propose un type latin *cloppa, mais pour des parlers italiens), présentent tous une métathèse d’après laquelle un y passe de la syllabe finale dans la syllabe tonique. Ce développement, qui dépasse de beaucoup notre domaine, cf. fieuppe, Adam, p. 23, qui le

donne pour Allain (ar. de Toul, M.-et-M.), et fiaufe, id., p. 323, Haïillant s. v°s’est probablement produit avant le changement de/ en y; le fait est du moins assuré pour fable, qui est déjà flaves dans le Lothringisches Psalter, CXVIIT, 85.

2° ! du groupe f} a passé à la fin de la syllabe protonique dans les représentants de flammèche au sens d’étincelle c. 317 dans toute l’aire 1-9, dont les formes commencent par fér ou fwër. On remarquera que les autres parlers qui emploient flammèche ne connaissent pas cette métathèse, cf., outre ma carte 317, AL. c. étincelle, et Adam, p. 252, fiamouche ; et il est donc peu probable que le premier type de nos parlers soit l’a. fr. falevesche <T germ. falawiska.

3° Une métathèse remarquable s’est produite dans certaines formes d’oseille c. 537. Ce mot d’origine difficile, et que M. M. L., EW. 104, rattache à un type *acidula, est représenté dans presque tout notre domaine par un dérivé en -effe; mais tandis que les localités 2-8! ont un groupe intérieur 7/ et 9, 18- 20 un groupe hl, toute l’aire 10-17 a des formes avec Jh, 12 possédant. les deux traitements. Ce phénomène n’est pas propre à notre domaine ; on le retrouve dans de nombreux parlers lorrains, cf. AL. c. 954, Adam, p. 354, Haillant o/hotte. Il est même peut-être antérieur à la chute de la voyelle intermédiaire, cf. du moins /ijotte, cité par Adam pour Vittel (arr. de Mirecourt, Vosges).

4° rest passé de la syllabe tonique dans la protonique dans eërni des témoins $ a, b, f, cf. sur ce mot ( 8r À 4°. C’est également ainsi qu'il faut expliquer péji, perdrix, du Val d’Ajol ; en effet, cette forme suppose un stade antérieur “*pérdi, qui était lui-même issu par métathèse de pédri, cf. 6 81 A 5°. __s° rest passé de la syllabe finale atone dans la tonique dans élërb, ombre c. 531, de la vallée de la Moselotte.

6° A côté de réjläd, lézard, traité 6 82, 3°, les localités 1-3,6 emploient moins usuellement une forme r/élad, dont le j s’est déplacé évidemment après les mots terminés par une voyelle.

7° Les formes en «6-5, quesac L., sec c. 697-9, sécher c. 700, sécheresse L. présentent dans l’aire 11, 13-15, me paraissent dues à une métathèse de s-£ en e-s. Ce traitement, assez répandu

en dehors de notre domaine, cf. chaisse, chaissot, sachet, chosse, chossé, chosseresse, chossiron, pré vert, Uriménil, Horning, $ 135, AL. c.1178 et 1209, a été expliqué autrement. M. Horning, les rapprochant deformesavece-e également fréquentes, cf. Adam, p. 369, This, op. cit., Ç 59, etc., admet qu’il s’est d’abord produit une assimilation de s-€ en e-€, puis une dissimilation de e-e en e-s. Bien que cette explication soit satisfaisante en apparence, je crois qu'il faut l’écarter, parcé que la dissimilation admise par M. Horning est en contradiction avec les lois XIV et XVII de M. Grammont, sans qu’on voie la raison de cette exception.

Je signalerai enfin la forme de développement obscur énl, alène, des points 1 et 2, cf. supra $ 82, ad finem.

$ 84. Agglutination et apocope d’une consonne initiale.

À. L'agglutination d’une consonne initiale s’est produite assez fréquemment, et des consonnes diverses participent à ce traitement. On peut citer:

1° l’agglutination de la consonne de l’article dans herbe c. 406 etombre c.531, cf. encore S 68 ;

2° celle du # de l’adverbe en dans aller c.18 ;

3° celle du d de la préposition « de » dans ainsi c. 14, dévô 2006 10.28, 017, 22, dE 22, AVEC Le EE NEL IT à pDr'intemps cOr6e NE"; È

4° celle de 7 dans x6, 201 eux, elles c. 328, 281, qui provient de prépositions telles que « dans, chez », cf. Behrens, Beiträge, p. 287, et dans #5, y, cf. plus haut, p. 47;

s° ou c. 542 présente en quelques points une forme v#, dont le v paraît s’être développé entre voyelles. Quant au v de wira, futur d’aller L., l’origine en est obscure; peut-être est-il dû à l'influence analogique de venir L. De même le” initial d’oser L. et d’oseille c. 537, qui se rencontre en quelques localités, est embarrassant, cf. pour oseille Ç 151.

Enfin je rappellerai lézard, dont on pourrait être tenté d’expliquer les formes de l’aire 1-11 par une agglutination de l’article, mais que j'ai cru devoir expliquer autrement (Ç 82, 83.

B. L’apocope d’une consonne initialeest au contraire fort rare; je nel’airelevée,saufoubli,quedans#jlénover c.s27despointséet7.

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