‹ Les Parlers des Vosges MéridionalesChapitre 3 sur 67 · RAI · texte numérisé non relu

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pauvre et le climat rude, devait être modeste. La « Vosge » était encore la partie la plus pauvre du duché de Lorraine au xvin® siècle ‘, et Montaigne, qui la traversa, appelle Bussang « petit meschant village, le dernier du langage françois ? ». Mais la pauvreté du pays n’était pas pour lui une garantie de sécurité ; car c'était une-région de passage. Il souffrit de l’invasion des Hongrois à la fin du 1x° siècle et au début du x°5. La guerre de Trente Ans surtout, si funeste à la Lorraine, causa de grands ravages même dans les hautes vallées; la dépopulation y prit des proportions considérables 4, et des déplacements de populations en furent la conséquence : c’est ainsi que beaucoup d'habitants quittèrent Gérardmer «afin d’aller chercher à Vagney leur pauvre vie $ ». D'autre part, à partir du xvif siècle au moins, des mines de cuivre et d’argent furent exploitées dans la région de Bussang, Saint-Maurice, Fresse et le Thillot, et le duc Charles III y attira des ouvriers d'Allemagne et de Suède €. L’industrie forestière employa également des ouvriers étrangers 7, et les scieries qui se développèrent au début du xvir* siècle 5 utilisèrent certainement des ouvriers venant d'Alsace, car nous verrons à la fin de cette ouvrage, À 153, que le scieur de profession est, dans tous nos parlers, désigné par des représentants de l’allemand Säger. Enfin il est possible que les mesures bienveillantes que prit le duc Léopold, et qui firent presque doubler la population de Lorraine au début du xvur* siècle, aient agi également dans notre région ?.

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