FORMES PRONOMINALES ET VERBALES
NOTE. — Les formes citées.dans les paragraphes suivants se trouvent dans le Lexique français-patois, toutes les fois qu'aucune
référence n’est donnée.
$ 90. Article.
Les formes de l’article sont :
1° Au singulier.
lé entre consonnes, / après voyelle partout sauf 8 en toute position sauf devant voyelle 11,13, 14, le;
le, L, la, ?, în, un, ên, une, 6, au, partout ;
jpartout sauf0 Ta, € 13; dau;
di partout sauf dô 11,15, du;
2° Au pluriel.
Be dé, ë devant consonne, -7 devant voyelle 1-7, 11 a, c, la,
dà, à, -x ailleurs, les, des, aux ; rarement 0.
6 or. Pronoms personnels.
1° Pronoms sujets atones.
RATS 2 ex
1'e pers. sing. : entre consonnes jé II, fé9, 10, T3-17, 1 eo 12, 18-22 ; devant voyelleÿ 9-11, 13-18, äy ou y 1-8’, 12, j ou ij 19-22, cf. p. ex. j'ai c. 64.
2° pers. sing. : entre consonnes fé partout sauf /é 11 a-c, devant voyelle { partout. En outre, quand le pronom est postposé dans des phrases interrogatives, { est la forme de beaucoup la plus usuelle des localités 1-10, 12, 18-22 après voyelle ; après consonne, fé est seul usité dans l’aire 19-22, 18 emploie à la fin et lé, pour la vallée de la Haute-Moselle et le Val-d’Ajol je dispose de peu de faits, mais la seule forme que j'aie obtenue est fé, dans l'aire 11, 13-17 la forme prépondérante est 1ä que8ca employée au moins une fois dans pôs fi, penses-tu ? cf. l’astu lu ? c.6$, qui veux-tu? c.632, dors-tu? crois-tu? finiras-tu? c. 772-4.
1'e pers. plur. : nô 1-8", 12, 16-22, j(e) 11, f(é) 9-11, 13-17; 11 b emploie aussi, mais accidentellement, #0.
2° pers. plur. : vô partout. En outre 5, vous, est assez fréquent dans les phrases interrogatives après « qu’est-ce-que ».
3° pers. sing. et plur.: devant consonne # masc., #/ fém., devant voyelle #/ masc., &ll fém. partout.
2° Pronoms employés en fonction de sujets toniques ou après les prépositions :
1e et 2° pers. sing. : mi, là partout.
2° pers. plur.: nù partout sauf nô 12.
2° pers. plur. : vü partout.
3° pers. sing. : masc. /#% 1-8, 11-15, lé $ g, 8-10, 16-22 ; fém. léy 1-10, 16-22, léy 11-15.
4*Spers:plur Homasc 417, J0N8-10; 16-0207 12 o8re 13-16,eux c. 328 ; fém. semblable au masculin sauf 36/ 11, 13- 16, elles c. 281.
3° Pronoms compléments proclitiques.
1 et 2° pers. sing. et plur. : devant voyelle m, { partout, entre consonnes mé, {6 partout sauf mé, fè II a-c ; nô, vo partout. 3° pers. sing. : 1°° en fonction de complément direct, masculin
et féminin, mêmes formes que l’article, sauf que 11 b au masculin n’emploie que L, /; 2° en fonction de complément indirect li partout.
3° pers. plur.: 1'° en fonction de complément direct /6, -z 1-7, TAC ETS ISTS, 010, 9% ro, 16-22, Jesic.hggs ae en fonction de complément indirect, mêmes formes suivies dr.
Au point de vue de l'emploi’ des formes, tous nos parlers suppriment « le » du groupe « le lui » et disent par ex. « je lui ai dit, dis-lui », etc. ; quand le pronom complément indirect est au pluriel, ils emploient tous le tour «les + 7».
4° Enfin, après l'impératif, tous nos parlers emploient les formes proclitiques, mais avec de nombreuses particularités. Seuls nd, vo, li, les différentes formes de « les » ne comportent pas d'observations ; quant à « la », il a déjà étudié Ç 50.
Je n'ai recueilli que très peu de faits concernant les formes correspondant au fr. leur, mais il n’est pas douteux que les parlers doivent employer « les + y » ; c’est un fait que je puis affirmer pour les parlers de la région du Thillot.
MAUTCE Sing. : après consonne mé 1-10, 12, mé II, 1-22; après voyelle ordinairement w, cf. donne-n.’en c. 284, disle-moic. soi.
2° pers. sing. : après consonne fé I-10, 12, fé 16-22, fi II, 13-16, cf. mêle-toi c. 487; après voyelle {à occupe à peu près la même aire, f{ n’est très usuel que dans Paire 1-8 du reste du domaine.
3° pers. sing. masc.: après consonne lé 1-10, 12, lè 11, 15- 22, 18 11,13, 14 ; après voyelle / est la forme usuelle de Faire 1- 10 ct let. 443.
Il faut enfin noter que, dans le groupe correspondant au fr. le moi, tous nos parlers disent à peu près sans exception « me le », cf. lac. soi.
$ 92. Pronom réfléchi.
Les formes du pronom refléchi atone ne comportent aucune
observation, car elles se superposent sur celles de « me, te » proclitiques.
Quant à la forme tonique, nos parlers l’ont éliminée et remplacée par « lui », rarement par « eux » ; parfois aussi ils empruntent la forme française swë, cf. la carte 715. En outre pour insister sur l’idée pronominale, dans des phrases à sujet impersonnel telles que « il ne faut compter que sur soi même », etc., les parlers de la vallée de la Moselotte emploient une expression qui leur est propre ên jo lé môm 17 b, 18, -jù- 19 c, 22 b, -léy- 20 a, cf. aussi êne ged lé môme, Hingre, Monographie, p. 45. C'est par hasard que je ne l'ai pas relevée au point 21.
$ 93. Pronoms adverbaux ex et y.
Les formes du premier de ces pronoms sont très variées. Outre à de 1-10, à de 12, & de 11, à desautres localités, usitées après le verbe, cf. donne-m'’en c. 284, les parlers de l’aire 1-8” et de 11 emploient 4, ân, 12 et 13 0, Ôn avant le verbe, et ceux de l'aire 19-22 n devant les verbes à initial vocalique, cf. la c. 285, enfin une forme # occupe toute la vallée de la Moselotte et les localités 9, 10 dans nous n’en aurons guère c. 286. i par contre est la forme unique de tout le domaine ; mais il faut noter qu’elle s'emploie fréquemment avec la valeur de « le » ou de « lui » proclitique, et partout dans le groupe « les + y », v. page précédente, dont l'interprétation est toutefois douteuse, v. $ 127, 9°.
6 94. Possessifs.
1° Adjectifs.
mé, té, sb, nôt, vol, vo sont usités partout, #0 l’est également, sauf #ô de 11 a,b, 12, 14.
Les formes du pluriel « mes, tes, ses » se superposent sur celles de l’article.
Les autres adjectifs sont plus compliqués.
Mon, ton, son se disent entre consonnes:ou après voyelle et devant consonne #10, 16, so chez les témoins 11 a, c, 13, 14, ailleurs respectivement mé, 16, sé et m, 1, s; entre voyelles et à
l'initiale devant voyelle 11 a, c, d seuls emploient môn, t-,5-, tandis que partout ailleurs on dit respectivement sn, {n, sn, et mën, t-, s- (rarement dans le second cas mn, t-, s-).
Enfin l'adjectif de la 3° personne présente des formes très ; variées : lat (s.) li (pl.) 1-7, lüt (s.) 1 (pl) 11-13, 16, xüt (s.) zù (pl.) 11, 14-16 et 1 (s. et pl.) 8-10, 16-22, cf. la carte 448.
2° Pronoms.
Mon enquête ne donne les formes de tout le domaine que pour lemien; mais le tien, le sien doivent se superposer, et les autres pronoms avoir des formes peu différentes de celles de l’adjectif, ainsi que cela résulte des faits complémentaires que j'ai recueillis et de la description de Hingre, Monographie, Do:
Tous les témoins 1-18 et 19 a, 22 a disent « le» myèn ou ën, sauf ceux de 12 qui disent myén; quant à l’aire 19-22, elle emploie une forme particulière 6y.
$ 95. Démonstratifs.
L’adjectif s'exprime partout au moyen du tour : article + substantif + « ci » ou « la ».
Par contre les formes des pronoms sont si compliquées que l’exposé seul en est difhcile et qu’on ne peut ici donner qu’un aperçu de l’ensemble, dont le détail sera examiné plus loin.
Il faut considérer à part le pronom pris absolument et en groupe avec le relatif. Dans le premier cas on trouve dans toute l’aire 1-15 et sporadiquement dans les autres localités des représentants des deux types « l’autre-ci, l’autre-la », dont or remarquera spécialement qu’elles ne sont usitées qu’au singulier. Outre ces deux types, sési, sélsi(t), séla, séllä(t) sont employées dans la vallée de la Moselotte, en dehors de laquelle je n’ai recueilli sé/lôt qu'au point $. Les formes du pluriel sont partout sosi(t), solsi(#), 56 « la », 561 « la » (F), sauf au point 12 qui dit la stôsi, -lä au masculin et au féminin, cf. les cartes 141 et 142 ERIesN RE
Devant le relatif, l’usage de nos parlers n’est pas moins varié :
sé, sû sôt, sol, employés avec ou sans l’article, sont réservés respectivement, et dans des aires très diverses, au masculin singulier, au masculin pluriel et au féminin pluriel; les autres formes sèl, sh, sût, grâce à la préposition de l’article, servent aux deux genres et aux deux nombres; il faut en outre noter lé sil, celle, du point 9, et lé et l stüt, la sté(t) du point 12, cf. les N.E. des cartes 141 et 142.
Le pronom neutre se dit s partout dans des groupes tels que « ce n’est pas », etc. ; # est peu usuel actuellement, partout il peut être remplacé par « ça ». En outre il présente un traitement particulier devant le relatif, cf. ce que c. 139, d’après laquelle nos parlers possèdent trois formes s k, sù ket sù k, ces deux dernières seulement dans les deux vallées et si À seulement dans celle de la Moselotte, qui emploie très peu s 4; on notera que cette même vallée dit s#/à cela c. 140.
6 96. Relatifs et interrogatifs.
1° Le relatif n’a qu’une seule série de formes pour toutes les fonctions : k devant voyelle, Aë partout sauf kè 11 a-c entre consonnes.
2° Les formes périphrastiques de l'interrogation « qui est-ce que, qu'est-ce que » sont prépondérantes. Je n'ai recueilli & qu’en quelques points, cf. qui veux-tu? c. 932 (ke, ké de 11, 15 représentent que et sont probablement des erreurs des témoins). ki paraît cependant être encore assez usuel dans l'interrogation indirecte; car la plupart des témoins l’ont employé dans la phrase [« On ne sait à qui se fier »]; quelques-uns seulement ont répondu « à qui est-ce ».
këé est la forme la plus répandue de « quoi », cf. priké, pourquoi, indiqué par tous les témoins sauf par 11 a, quia répondu pükwë. Cependant beaucoup de témoins ont employé kuwé, emprunt probable au français, en réponse à [« Nous avons de quoi] ».
« Quel; » se dit partout ké devant consonne, ké/ devant voyelle ; quant à « lequel», il semble, d’après les faits recueillis dans mon enquête, que les parlers préfèrent de beaucoup la
forme avec / final. Pour les faits de syntaxe que ces pronoms présentent, cf. À 129.
En ce qui concerne les pronoms indéfinis, il n’est pas utile d'en réunir les formes dans l’exposé du système flexionnel. Les uns, comme chacun, quelqu'un, intéressent la phonétique, les autres, comme seul, tout, le lexique ou, comme même, quelque chose, rien, les relations du patois et du français; tous ces faits ont été ou seront étudiés ailleurs ; pour la conservation de formes représentant un ancien nominatif dans tout, cf. ( 120.