AL /CR976"IT
Au pluriel, &r des localités 1-7, Ir, 13, 14 represente étymologiquement la 3° pers. du pluriel de la 1"* conjugaison avec la voyelle & d’avoir, être, etc.; la forme plus ancienne sans cette modification analogique subsiste encore au Vald'Ajol, qui dit #. ét des deux premières personnes de l'aire 20-22 est étymologiquement la 2° personne — fr. ates. Quant à ô, dont l’usage et l’extension ont été définis, p. 162, M. ML,., Gr. d. R. Spr., IL, $ 293, en a donné l'explication exacte : sur le modèle de ai, as, a, ont, chanterai, -as, -a, -ont, on a formé à côté de chaniaï -as, -a une 3° pers. du pluriel chaniont attestée dès le Moyen Age. Actuellement elle est surtout usitée dans la partie méridionale des Vosges, cf. Adam, p. 175-$, Haillant, Essai, p. 385, AL. c. 360, päsä, crûmes, point 76, et c. 1154» rwayo, revimes, p. 77.
B. Parfait fort.
On a vu, $ 103, que le Val-d’Ajol a conservé plus que les autres localités des formations fortes : mais il en a cependant simplifié le système, et il n’emploie qu’une seule forme au singulier, et une seule, la 3° personne, au pluriel. En dehors du Vald’Ajol tout notre domaine ne présente des formes fortes que dans les verbes avoir, devoir, pouvoir, savoir et vouloir.
L'aire 1-7 présente les faits les plus simples : sauf quelques reformations dont on parlera plus loin, ces verbes ont tous une seule forme en & au singulier et une seule en &r au pluriel ; on y dit &, fé, p&, 5®, v®, -r.
Les formes du singulier sont assez fréquentes dans le reste du domaine, notamment dans les localités 8-10, 15-22, cf. j’eus c. 72,il put c.610, je sus c. 689, il voulut c. 808, et f& existe en outre aux points 11, 12, 13, 16, 17, 18. L'origine de la voyelle & est incertaine. Diverses explications sont possibles ; on sait que la 1"° pers. des parfaits avoir, savoir, pouvoir, être était au Moyen Age oi, soi, poi, fui, formes qui ont pu aboutir phonétiquement à &, s&, p&, f&. D'autre part e/ä, qui a dû exister anciennement dans les formes eus, eumes, eustes, etc. à pu se développer en &, comme le prouve le traitement du participe passé
d’avoir c. 73 et celui de mûr c. 517 dans les localités 12, 16- :
Quoi qu'il en soit, les parlers des points 8-22 présentent une grande variété d’autres formations analogiques. Notons tout d’abord le singulier en 6, actuellement assez rare : 6, pô, 56, v6, formes uniques de 12 et 18, et usitées au point 19 en concurrence avec des formes en ®; elles existent aussi à La Bresse, d’après Hingre, Monogr., p. $6, et peut-être ailleurs. Elles se rattachent aux formes anciennes bien connues out, o, etc., cf. ML., Gr. d. R. Spr., II, $ 278 sq., Schwan-Bchrens, $$ 349 et 404. Elles ont envahi non seulement le singulier, mais encore le pluriel, cf. dr, nous eûmes c. 74, des points 12 et 13, de, 1° et 2° p. pl., ôste, 3° p. pl. Hingre, Monogr., p. 56, etc. C’est égalcment suraces formes qu'est refait do, je dus, de 18. Enfin on peut noter qu'elles subsistent dans la première syllabe d’or, j'eus, 0r0, eûmes, eurent, etc., de 14, 15.
L’aire 19-22 a, dans tous les verbes, une 3° pers. du pluriel en stè, cf. $ 113 ; mais pour les deux autres personnes du pluriel elle se divise en deux groupes : l’un, comprenant 21 et 22, emploie la 2° pers., cf. la c. 74, etc. ; l’autre, comprenant 19 et 20, a transporté la 3° pers. aux deux autres.
Les localités 8-10, 14-18 tendent à refaire ces parfaits en y ajoutant la flexion des formes faibles ; c'est au pluriel que le fait a le plus d'extension, et c’est de là aussi qu'il aenvahi le singulier, cf. &r0, 8-10, 16-18, 6- 14, eûmes c. 74, etc. Dans le verbe être, il s’est même produit une chute de la voyelle de la première syllabe, d'où la forme fr de 14, 15. Les formes anciennes ont à peu près disparues dans toutes ces localités : je n'ai relevé que vl&r, voulurent, et fr@r, forme croisée avec fr, de 14a. De même au singulier on emploie des formes telles que féré, tré, 8! d, 9, 0r®, s-, v- 14, 15, dér&, p-, s-, v-, 17 a, b, fré, 14, 15, etc., toutes postérieures aux précédentes.
Outre ce procédé de reformation, nos parlers introduisent fréquemment au parfait le radical des autres formes verbales ; c’est ainsi que 14 a dit ëvô, eûmes c. 74, sévû, sûmes, II C, 144, évæ, j'eus c. 72, N.E., sév®, je sus c. 689 ; Hingre donne aussi p. 99 1 saw, je sus, à côté de se ; et l'on peut noter d’autres formes de même origine c. 610 et 808. Parmi ces formes, il en
est plusieurs qui peuvent représenter au contraire un état ancien, sans qu'il soit possible de décider : c’est particulièrement le cas du v. vouloir, où les formes sans / v®, -r, etc., sont évidemment refaites sur avoir, etc., mais où celles qui offrent un /, telles que v/® de 11, 14, etc., admettent plusieurs explications.
En somme, si variées que soient les formes des parfaits, on peut reconnaître dans nos parlers plusieurs traits communs, à savoir la simplification des désinences, la disparition des types en ?, # dans les formations faibles, une tendance vigoureuse à éliminer les formes fortes.
$ 139. Le subjonctif.
La désinence és des localités 1-10, 12, 16-22 correspond à asse du français, mais la voyelle en est irrégulière, car on y attendrait ës, elle provient vraisemblablement de linfluence analogique du parfait. Cette influence est plus évidente encore dans &s de CAL APTE
Les six verbes qui ont conservé dans tout le domaine des parfaits forts ont également des formes de subjonctif propres et partiellement en relation avec ces parfaits. C’est suriout dans la vallée de la Moselotte que ces formes subsistent, cf. &s 17, 19-22, que j'aie c. 77, etc. En outre, d’une façon analogue à ce qui a été noté p. précéd., 19 c a transporté la 3° pers. du plur. à la ire, cf. vésté, etc. Il faut cependant faire une réserve sur p&s 17-22, p@&s 12, qu il puisse c. 611, dont il est impossible de dire s’il correspond au fr. pusse ou au fr. puisse. Au reste ces formes sont en voie de recul; non seulement elles ont totalement disparu de l’aire 1-11, 13-16, mais dans 17-22 elles perdent du terrain. Partout on refait les subjonctifs au moyen du radical des formes où la désinence est le plus nettement distincte, cf. pwëyis 17-22, vls 19 a, 21 a, 22 a; pour le v. savoir, dont Hingre, Monvoraphie, p. 199, note encore sedsse, je n'ai recueilli que des formes refaites, säwés 17-22, etc. Signalons encore quelques formes d'extension limitée ; pwëy®és de 19 b?, croisée avec h&s, p&y de 20 b refait sur dy, pis, pisté de 21 a dus à NS, 515.
Les subjonctifs d’avoir et être sont particulièrement compliqués. L’imparfait y a laissé peu de traces : &s, &sté dans la vallée de la Moselotte, feuste cité par Hingre, cf. aussi 6 104. Mais les formes de présent y sont très variées : dy de I-II, 14-16 correspond régulièrement au fr. aie; éy de 11, 13 en représente le développement phonétique en position atone, de même que la forme & de 12, qui équivaut au fr. ait, probablement conservé aussi dans dé z à 1 ëm, Dieu ait l’âme, formule employée en parlant d’une personne défunte, cf. âme L.; enfin &y de 16 b, 18, 21 est le résultat du croisement de äy et de &s.
Le subjonctif du v. être est à peu près partout analogique au singulier : säy de 1-11, 14-16, sëy de 1-11, 13, 15, sé de 12 sont refaits sur les formes correspondantes d’avoir ; s&y de 17-19 l’est sur &y, sës de 20-22 sur &s (Jeusse cité par Hingre a pu aussi agir) ; s&@ de 16-19 est plus délicat, il est probable que, comme dans ë&, se de 12, nous avons affaire à la 3° pers. — fr. soit, avec une voyelle & provenant de s®s, s&y.
Au pluriel, les faits sont plus simples : les formes de beaucoup les plus répandues sont ?s et 535. 19-22 ont des 3° pers. particulières dsté s®ste, et Hingre donne en outre dele, sdete et inste. Toutes ces formes sont claires : si elles sont nombreuses, c’est la surabondance de celles du singulier qui leur a donné raissance. ?s et sis, qui devraient être dissyllabiques, ont été réduites sur le modêle des formes du singulier ; swëyin que la c. 518 de VAL. cite pour le Val-d’Ajol comme swäyèm du point 48 attestent encore l’état antérieur, et peut-être faut-il en reconnaître un représentant indirect dans éyés de 3 a, c. Au contraire ÉUES II C, 144, Vis 4 à, II C, I4 4, Cf. aussi aiveusse, -insse Haillant, Essai, p. 378, doivent plutôt être considérées comme des formes refaites et récentes.
6 140. Emploi de la 3° personne du pluriel après on.
Ce phénomène se produit à l’indicatif des verbes avoir, être, aller, faire, et au futur et au parfait de tous les verbes, cf. on a PO T ONeSt LD ONNd C2 ONAItEAON Ta Onipartira
L., mais jamais ailleurs : par exemple dans ondit, onsait, on vient L., on glisse c. 391, au conditionnel, cf. on ne peut c. 608, exprimé dans la plupart des parlers par «on ne saurait », on ne rencontre que le singulier. L'origine en est claire ; c’est l’idée de pluralité, contenue dans le pronom, qui a entrainé l'emploi de la 3° personne du pluriel; mais l'extension en est très variée. Tandis que « ont » est usité dans une grande aire 8- 12, 14-22, & sont » ne comprend que 9, IO, 15-22, € vont » a un domaine encore plus restreint 1$, 17-22, enfin « font » est confiné dans laire 17-22. Pour les parfaits, je n’ai pas recueilli de faits, mais Hingre l'indique pour La Bresse dans sa Monographie, p. $4, ex. : d-z-alon.
Il est curieux que, en dehors de notre région, ce phénomène soit rare non seulement dans les parlers de l’Est mais dans toute la France, et non seulement actuellement mais dans le passé, Pour la Lorraine, Adam ne donne des formes de pluriel après on que dans deux villages voisins de notre domaine, Gérardmer, cf. os ont au bas de la p. 392, o n’ont p. 347, 1. 3, et Le Tholy, cf. os éront p. 394, L. 6, mais 0-72 p. 421, dern, L., o fa p. 394, L 5
Les textes réunis par M. Herzog, Neufr. Dialekitexten, ne lattestent, outre à La Bresse, que dans un village voisin du Vald'Ajol, Les Granges-de-Plombières et à Metz, cf. Eïnleitung, $ 600. En dehors de la Lorraine, il est également peu répandu : la carte 90 de VAL. ne le présente qu’au point 57, qui correspond au point 12 de mes cartes dans quelques points de la Franche-Comté, de la Suisse romande et de l'extrême sudouest. L'enquête de VAL. n’a porté que sur on a, mais les renseignements complémentaires fournis par les lexiques et ma propre enquête montrent que les parlers de la Franche-Comté n’emploient pour la plupart la 3° pers. du pluriel que dans on a et parfois au futur ; cf. les faits des localités 23-26, Vauthetin, Chatenois, p. 32, Contejean, Montbéliard, I, p. 244. Cependant M. Grammont, Franche-Montagne, p. 152, indique qu'avec on on emploie toujours la 3° pers. du pluriel, et il cite on a, onest, on lit et des futurs. Au Moyen Age, cet usage a été signalé plus rarement encore ; M. ML., Gr. d. R. Spr., IL, S 92,
mr QI —
ne donne pour la France du Nord qu’un seul exemple extrait de la Guerre de Meix 458, et Hingre, Lexique s. v. 0, on, en cite deux lorrains.
$ 141. L'infinitif.
Les variations de la désinence de linfinitif sont fréquentes, soit qu’il hésite entre les différents types existant dans nos parlers, soit qu'il soit refait sur d’autres formes verbales, particulièrement d’après le participe passé. Il convient de faire observer au préalable qu’il existe un certain nombre de verbes, dont l’infinitif et le participe sont actuellement identiques et pour lesquels il est impossible ou difficile de décider si la substitution de désinence s’est produite d’abord à l’infinitif ou au participe.
1° Les cas de substitution de la désinence & (cf. sur cette désinence 44) sont rares : elle s’est substituée à # = fr. er après palatale dans /édé, faire des éclairs, 2 a, $ a, d << ancien fr. ésluidier d’origine obscure, cf. À 43 *, Elle est également analogique dans « essuyer » et « jouer » de l'aire 1-7, cf. p. 71. Peut-être s’est-elle aussi substituée à ï dans fyètré, caresser c.135 des localités 11, 14, 17, 18, à côté de fyétri de 12, 13, IS, 16, 19-22 ; en effet ces formes correspondent respectivement aux verbes fr. flätrer et flétrir, dont le deuxième paraît être beaucoup plus ancien que le premier, d’après les indications du D. G.s. v. flâtrer et flétrir 2. En tout cas, la substitution dé à j est certaine et s’est produite partout dans le v. qui signifie cracher c. 224 = a. fr. escopir, cf, Kôrting, 3° éd. 3374, ML. IL r19.
2° à se substitue un peu plus fréquemment :
A) A ë: on a déjà vu, p. 75, que la rivalité des deux désinences à et ë == fr. er non précédé d’un phonème palatal amène de nombreux flottements, qui évidemment ne sont pas tous d’origine phonétique ; c'est notamment le cas de faits individuels comme ë/mü allumer c. 26 du témoin 17 a, et dépyémä muer Cesi4N Ex de 1e b.
B) À jé, é— er fr. après palatale dans frévéyà travailler
1. firiè, Hingre, Monographie, p. 72, n’est qu’une faute d’impression pour -ê.
Lire
c. 763 qui s’emploie au Val-d’Ajol, d’après le t. 12 a, tandis que tous les autres parlers ont des formes en #. On trouve le même fait dans hlédä, faire des éclairs, de 16 a.
C) Peut-être à ÿ, dans féträ, caresser, de l'aire 1-9.
D) A la désinence correspondant au fr. or. Gette substitution est certaine dans érdéwä, -éw- de 16 et rdévà de 12 devoir c. 249, comparés à WE, s- 1-15, à- sd- 16-22, avoir, savoir. Dans pwëyà pouvoir c. 606, välä valoir c. 778, vlä vouloir c.806 de 12, à représente régulièrement l’ancienne désinence or, comme vala, valoir, de 18-22, wëlä, id., 8/ et vwela, vouloir, donné par Hingre, Monographie, p. 97, cf. À 52, 1°.
3° (y} se substitue :
A) Aë, à : c’est ainsi qu'il faut expliquer les formes de trembler c. 766, trôhyé et trô-, léryé, contrarier, 2 c, $ d, 6 d, 1re,19b, c, térié Hingre, Monographie, p. 72, << “interritare ML., EW. 4497, däsé, danser, 1-7, 11-15, -é, 8-10, 16-12; pour eôfyé, chauffer, 1-8, 11 a, c, £-, 9-11, b, 13-22, à côté de éoja der2, (Cf. p.78:
B) Aï:tousser c. 760 est partout traité comme en français, nulle part on ne trouve de trace de toussir; de même cueillir se dit soit küyé 1-8", soit k®yé 9-22 ; je n’ai recueilli partout que le participe passé d’« ouïr », cf. entendu c. 298; mais sauf dans les localités 11, 13-15, où le participe est en #, il est très probablement identique à linfinitif, ainsi que le prouve la comparaison avec les formes d'infinitif obtenues en quelques points, %é, 1 a, d, 7 a, 8° b, 10 €, 17 f, 8, 22 b, à- 9, Ayi, 4 ©, 0ÿi 144, ü- 13 a, b. On voit que la forme primitive en à ne subsiste plus que dans quelques villages de la vallée de la Haute-Moselle et dans la région de Remiremont. On en rapprochera le représentant de « jouir », employé au sens de réussir c. 655 : à n’y subsiste plus qu’à Remiremont et dans l'aire 1-8, et même dans les localités 1 et $ il est en concurrence avèce; cf. cèlles de hair ee 2 ENS DRE Te 144, —,8' b, d, 9, 17 b, 18, 19 6, hà-, 20 a, 21 a, 224.
(yX s’est en outre régulièrement substitué presque partout à
une ancienne terminaison ?7 dans les verbes tels qu’éclaircir, refroidir, rétrécir L., noircirc. 525 (refait dans la plupart des localités sur l’adjectir).
4° à se substitue :
A) À (y dans le représentant de « flairer » au sens de puer c. 620 aux points 1-8, II, 13, 14 et dans éryérjé, ‘éclairer, 18, 20 a, 21 a, étyairyé Hingre, à côté de’(é)#yéri 1 a, 2 a, 4 a, 5 a, Gas ae b: ;
B) Cette substitution est remarquablement fréquente dans les verbes en oir, cf. (é}rdévi, 2, 4-7 et (ë)rdéwi 20, 21, devoir C. 249, püyi 1, 3, 4, pwéyi S, 8, 13, pouvoir c.606, vëli, 1, 2, 4-8/, vôli, 2, 3, vd- 11, 13, valoir c. 778, v(é)li, 1-3, 5-8, vli, 13, vouloir c. 806, féli s d, f, foli, 2 c, fo- 13 a, falloir.
s° Infinitifs consonantiques :
Dans plusieurs verbes, l’infinitif est refait sur le type consonantique. C’est ainsi que partout s’asseoir c. 47, « choir » employé au sens de tomber, cf. s’évanouir c. 329, wéër partout sauf wär II a, C, 6, 14 a, 1$ €, voir, ont un final qui provient de linfluence analogique des verbes boire, croire, peutêtre aussi de celle du futur. Dans (é}rdrô, devoir c. 249, de 1r- 3, 5, 8, 8’, 11, le radical est refait sur (#}rd, doit c. 250; pieure, pouvoir, ieure, vouloir, que Hingre donne pour La Bresse, contiennent la forme de la 3° pers. sing. de lind. prés. bé, y&, et il faut expliquer ainsi rémy@r, 14 a, labourer c.434 — fr. remouvoir, et ém&r 2 c, ëh- 19 c, 22 a, (é)mouvoir, avec une modification secondaire de la voyelle radicale. Dans pleuvoir c. 587, py&v de l'aire de 8, 18-22 représente régulièrement une forme ancienne *pleuvre <Z *plovere, tandis que dans pyér de 8/-17 r s’est substitué à v sous l'influence du verbe en 7. sr, suivre, est refait soit sur 56, il suit, soit sur /ér, lire. Cf. aussi « ouvrir » plus loin 6°.
Plusieurs verbes anciennement en #7 ont également un infinitif consonantique : « sentir » est refait partout où je lai recueilli, cf. puer c. 620 etsentir L.; pèt, partire. $5s, n'existe que dans l'aire 18-22 ; rép, remplir c. 642, est limité aux villages 19-22; enfin il faut citer éy, entendre, du Val-
D PAIAR
d'Ajol: Dans tous ces verbes, l’infinitif est reformé d’après le radical des formes verbales, où le radical est suivi de désinences syllabiques. Il en est de même de #15], moudre, de 19 a, à côté de mor de tous les autres témoins. :
La reformation contraire d’infinitifs anciennement consonantiques se trouve notamment dans le type « quérir » de 19-22 à côté de « querre » des autres localités, chercher c. 176, dans péeé 1 c, 5 d, 6 d, - 15 a, 19c, paikhé Hingre, donner la béquée, nourrir un jeune enfant, béquée L., cf. aussi rpécé, répaitre,-20;/$1a, 22 19 C) 204,1 17410, 19;4 répaitren qui est une forme refaite de « paître » d’après « paissons », etc., dans « tisser » usité partout et comparable au fr., où tisser a éliminé fître. Cf. aussi pünä, pondre, de r6 a.
6° Infinitif refait sur le participe passé.
Le fait est fréquent dans les verbes en -oir : püyü 4, pwëyü 9, 14, 15,16, pouvoir c. 606, vôln 1, vb- 14, IS, vVÉ- 9, 10, vä- 16, 17, valoir c. 778, vlü 4, 14-17, vü- 14, vouloir c. 806, féli, falloir, 9. C’est de la même façon qu'il faut expliquer 764, réussir c. 655, de 14, 15, #nà, tenir, de 1$ b, vn#, venir, de 15 b, c. dévär, ouvrir c. $47, de 11, 13-15 et dévér de 12 ont une origine analogue ; ils sont refaits sur le participe passé déva 11a,C, € 12 << deopertu, cf. ML., IL, & 128, avec l’r final des verbes en r, cf. aussi rék@vér, couvrir c. 222, du point 12, à côté de kdvé, couvert; de même (é}rsur, recevoir, usité à peu près partout l’est sur rs#, reçu. Il faut encore noter fké, vikë, -à, vivre c. 796, reformés d’après le radical du participe passé
.Vécu c. 799, et poursèvi, raissèvi que Hingre donne, Monogr., p. 90, à côté de sëre, poursère, raissère. ©
Ÿ 142. Le participe passé.
A) Masculin.
Les participes en à, ë, é ne comportent que peu d’observations, en dehors des réserves faites au début du paragraphe précédent, car ils sont à peu près toujours identiques à l’infinitif.
Les cas de substitution à d’autres formations sont très rares :
celle d'à à # ne se présente que dans pänà, pondu, de 17 a. De même fkë, vécu, de 17 a qui dit viv à l’infinitif, est isolé et il est peut-être emprunté. kwëyé, de 21 d, e, rk- de 22 b, participe de « querre », est également exceptionnel et postérieur à la reformation du radical verbal, dont on parlera plus loin Ç 143.
La substitution d’é à # a une extension assez grande dans « ouir », cf. entendu c. 298. # et i sont fréquemment en rivalité soit dans des verbes à infinitif en , soit dans d’autres verbes. Sentir, tenir, venir sont en # dans l'aire 1-15, en à dans l'aire 18-22, les localités 16 et 17 emploient les deux désinences; on notera ausi héy#, haï, de 14 a. Le participe d’« ouïr » est compliqué par la substitution de la désinence # dans la plus grande partie des deux vallées : #y? subsiste dans les localités 1, 3-6, mais l’aire 11, 13-15 emploie des formes en %; il en est de même pour « jouir», cf. réussir L., dont j'ai recueilli jüyà chez les témoins 1x a, 15 b.
Un flottement analogue entre à et # existe dans les participes de « querre » et de suivre : Xér 8 b, kwérÿ 8! b, 9,10 a, b, 11 e, 13 b, 14 a, 16 a, b, 17 b, kwéyr 13 a, mais kwëri 17 a, qwéri Hingre, et les c. 731 et 732. Il est probable que dans la plupart de ces verbes 1 provient d’une substitution à un stade antérieur #, sous l'influence de linfinitif. Cependant sévi, suivi, de 18-20, sévi Hingre, Monographie, p. 90, qui n'a pas d'infinitif parallèle est refait sur le modèle des autres participes en 7.
Les participes anciennement en ew offrent des faits complexes, dont on a déjà eu l’occasion de parler © 28. Si kréyü, cru, 1-10, 13-16, krd- 11, 16, évi, eu, 1-10, 13-15, sévÿ, su, id., pwéyh et püyä, pu, 1-11, 13-15, duù, dû, 1, 3, 6, 8", rdévÿ 1 c, S c, d, 6 a, cf. les c. 234, 73, 688, 612, 251, sont refaits d’après le radical d’autres formes verbales à désinence syllabique, et si &, dé, p&, s@ de 17-22, ®&y, p&y, s@y de 12, comparés au traitement de mûr c. s17 dans les mêmes localités, doivent être considérés . comme dus à un développement régulier, il en résulte que bx, bu, 75%, recu, vä, vu, 1ù, été, usités partout, k#nÿ, connu c. 206, 12 et 18-22, krÿ, cru, 12, 13, 16-22, krü, crû, 19 c, cru id. Hingre, dü, dû, 2-1$ sont tous analogiques. Il est même assez
probable que, parmi ces formes participiales, plusieurs sont empruntées au français, mais si le fait est évident pour #, eu, pi, pu, usités seulement à Remiremont, il est ordinairement impossible de se prononcer. |
Il faut considérer à part les participes d’asseoir, « choir » : à cÔté d’éen 1, 2, 4-7, -üj 1-8, E£Ü 17, 19-22, -üs 19-22, assis, -€ c. SO etSI, éù 19-22, eù 17,tombé c. 754, asseoir a un participe en æ dans Paire 8-18, et l’on dit é® 1-8, €- 10, II, 13-16, <®y 123 mais la base des formes en æ est probablement autre que celle des participes d’avoir, etc., et M. ML. IL, (343, les explique d’une façon plausible par des formes anciennes cheoit, assèoit analogiques d’après colloit < collectu. De toute façon, les formes en ä sont récentes, c’est ce que montrent dans l'aire 17-22 l'emploi de é&, e- après le verbe être, pour marquer l’état, et dans l'aire d’ééüs, assise, celui d’éfæt, au sens d’assiette, donné par 20 a, b, 22 b, cf. aussi aikheñte Hingre, qui indique en outre le sens d’assise (subst.).
Si « connu » dans l'aire 1-11, 13-17 est refait d’après le radical des autres formes verbales à désinence syllabique, nôeù de 1-8", 11, -6- de r1, 13-17 le sont spécialement d’après l’infinitif, comme krdeù 2 a,4 c, S ©, -dU 11 c, krägn 17 b, crû et les formes ä, citées plus haut. L’ancien participe sex du v. suivre, cf. Schwan-Behrens, ( 361, a dû exister dans notre
de « querre » en
région comme en ancien français, mais il a été refait en svt, avec un radical sév qui se retrouve dans le reste de la flexion ; pour sé, voir plus loin.
Plusieurs anciens participes forts sont en voie de recul ou ont disparu. deopertu, ouvert, ne subsiste plus que dans la région de Remiremont, cf. déva 11 a, c, dva 13 b, fém. dévét 12 à, ailleurs il est refait sur l’infinitif; de même dans couvrir, seul le point 12 conserve kœvë, cf. c. 222. Mourir présente des faits particuliers : il a conservé partout le participe fort quand on veut désigner l’état accompli ; mais, en combinaison avec avoir, le.participe est refait sur linfinitif : «il a» m&ri 2 a, 3 a, 4 a, 6a, f, 7a, 8a. Le participe de plaindre a été ramené au type en # avec le radical de
Pinfinitif: pyâdü + a, 4 c, Sa, 8 b, 8 b, 9, piandu Hingre.
Le recul contraire des formations faibles est plus rare : on peut noter éy, entendu, jèy, jouï, de 12, py&, participe de pleuvoir, 1-11 b, 12 d, 13a-22, -&y11 a,c, 13 b, pid, part. deplaire, Hingre.
D’autres participes sont plus difficiles à interpréter. 5, suivi, est certainement analogique et refait sur l’infinitif sér; mais 4, lu, qui est presque partout usité, et léy de 12 b, c, léjü n'ayant été employé que par 7 a, 8 a, /éhù par 9, 14 a, lü par 1 c, 11 a, b, représentent-ils le latin lectu, comme l’admet M. ML. IL & 342, ousont-ils refaitssur /ér, lire ? La même question se poseà propos de ké, participe de « querre », de 1 a-c, 4, b, c, Sa, c,6f, 7a, qui peut représenter phonétiquement quesitu ; cependant érkij qui est employé au sens de rechute de maladie par 2 c, $ d, 8/bet érkig 15 a, cf. accès et rechute L., prouvent que ké est récent, cf. plus haut d’autres formes secondaires de ce verbe.
Quant à ma, mis; 1914, c, 20 a, mûs fém. 17 f, 21 d, 22 b, ils proviennent directement de missu, -a.
Il faut enfin noter le participe de vouloir : à côté de vi 4 a, Stard, f, 64,70, 8 don, 11:b, 161b; lestémoins 18,194, c, 214, 22 a emploient v#fà qui rappelle les formes anciennes du parfait 2° p. s. volsis, 1'° p. p. volsimes, v. Schwan-Behrens, $ 349 ad finem.
B) Le féminin.
La désinence s a eu dans nos parlers un succès remarquable : büs, tyôs ont été employés par presque tous les témoins, dis et träs sont beaucoup plus usités que dit, trät, éfüs, assise c. 51 l’est dans les localités 17-22, sés, suivie c. 732 aux points 1, 6, 19, 21, 22, kes, cherchée, m'a été fourni par les témoins : c, DCE MINS DA 0, *$ aNE) b.DPTO CES 19 020 4, 2T a, LPS bus iparo Custom; T7 Dei parc, sf 7 c, cf. aussi crusse, du v. croître, donné par Hingre. M. ML. IL, $ 346, adéjà étudié cette désinence ; il admet que le point de départ de toutes ces formes est missa; et en effet, dans les localités où Le verbe mät existe encore, le féminin du participe est mäs, v. plus haut. Il existe cependant un autre participe qui a un féminin avec s étymologique, c’est celui du v. «secourre », dont Hingre donne le fém. hkcousse, s. v° hkcoûre.
La formation en # n’appelle pas d'observations : dans ée&t, ., assise, é&t, e-, tombée, le { est régulier, si l’on adopte l’explication donnée plus haut, et M. ML. paraît inconséquent, quand, après ce qu’il a dit © 343, il considère, © 346, ehüt, assise, comme un féminin analogique. rl
Dans éeñj, assise, de l’aire-1-8, la consonne finale provient du participe de prendre, pri 1-8’.
On a vu $ 49 que le traitement de la terminaison « ée » est remarquablement varié dans nos parlers et qu’il en résulte en différents points des phénomènes analogiques, notamment l’extension d’ay dans la vallée de la Haute-Moselle : ces phénomènes analogiques sont particulièrement fréquents dans les participes féminins, ainsi que le montrent les formes de « gonflée, souffée » s. v°gonfler L. Il faut en outre noter que, dans tous les verbes en ÿ£, quand le participe féminin est en-i(y),un y à été rétabli sous l’influence du masculin, cf. p. ex. à côté de vdi, vidé;-vÆdy{ y), vidée’ 2€, 31a; 41/5124; 61a/ ma, 6, 8te 174;
$ 143. Le radical verbal.
À. — Verbes en -er.
On sait que ces verbes tendent partout à simplifier leur radical, soit que la voyelle tonique passe dans les syllabes atones, soit que le fait contraire se produise. Ces deux types de modifications analogiques ont donné lieu, dans nos parlers, à des faits remarquablement variés.
scier, nier, noyer, ainsi qu'on l’a vu p. 97, ont transporté leur voyelle tonique dans les syllabes atones dans Paire 1-8/.Il en est de même de faner c.335, mener c. 490, mais le premier dans les localités 1-11, 13-17, le deuxième dans les localités 1-16, 22. Dans les représentants de « râcler » que nos parlers emploient au sens de ramoner c. 637, rakyé de 11, -t- de 11,14, räké de 15, -à de 21 ont également la voyelle des formes toniques, et probablement aussi räkà de 2, 3. Il est plus difhcile d'expliquer les rapports de brôkä, bräkà, brékà des cartes brasser, broyer 117 et 123, sans avoir au préalable établi l’étymon de ces formes : brechen que M. ML., EW. 1299, propose n’est pas suffisamment clair.
Sur 1yèn, -ên, il tonne, tous les parlers sont d’accord pour refaire tout le verbe. De même herser c. 408 a partout, sauf au point 12, une voyelle longue é&, qui vient des formes toniques. On a vu,S 34,qu'# < w protonique a été éliminé sous l'influence des formes toniques dans plusieurs verbes.
Il existe toute une série de verbes qui laissent fréquemment tomber la voyelle atone. En syllabe initiale, elle tombe partout jeter c. 419, mais sud, sonner c. 717, ne comprend que 8, 8’, 12, 16-22, fnà, faner c. 33$ que 12, 18-22, levez c. 450 que 11-15, et mener c. 490, peler c. 563 échappent partout à cet accident. Quand la voyelle était intérieure, la chute s’est produite. plus souvent, cf. acheter c. 8, allumer c. 26, cuisiner c. 237, moissonner c. 504, etc.; cependant les formes toniques ont réagi et amené le maintien de la voyelle, p. ex. dans aiguiser GMH2; arranger c-46,'Tenverser.c:6$0.
Le transfert de la voyelle de la syllabe atone dans la syllabe tonique n’est pas moins fréquent. On peut citer wëd de l'aire 1- 10, 15, 16, wäd de 17, wët avec allongement postérieur de 11, 13, 14, il garde c. 375, püt, il porte, de 7 a, 8 c, 8° d, 9, 16 b, fn, il tonne, de 12 a, prét, il prête, de 19 a, 204,21 a, e, 22 b, nëj, il neige, de 20 a, cf. p. 100, krév, il crève, de 19 b, 20 a, (s)ôv, il se lève, de 8°e, 17 f, 21 d, 22 b, l&v de 12 b, cf. aussi je melève c. 449.
Des formes bé, 6- et eayé, €-, issues d’exiliare ML., EW. 3075, les premières contiennent la voyelle développée en syllabe atone, les secondes la voyelle développée en syllabe tonique ; mais il est surtout remarquable que la plupart des témoins, qui les ont indiquées, aient d’un commun accord employé éëyé, £- au sens général de gaspiller, et <ayé, 6- dans un sens restreint, en parlant du bétail qui laisse dans la crèche le foin le moins bon, cf. gaspil- IérE,
Les faits sont souvent compliqués par des réactions réciproques. C’est ainsi que si syën, il sonne, de 17-22, est régulier, sin, qui s'emploie partout où l’on dit sinë, sonner, est refait sur cet infinitif, qui est lui-même la réduction d’une forme *syéné aujourd’hui disparue, cf. de même /inär, tonnerre, de 11 b. Ce phénomène
Sn LORS
de réactions réciproques se remarque notamment dans l’allongement de la voyelle, par exemple dans wét, tün, l@f cités plus baut.
L'action analogique s’exerce souvent d’un verbe sur un autre. L’ü de münà, mener, de l’aire 17-22 n’est explicable que par pülä, porter; l’é de broyer, plier c. 123 et 588 vient des formes toniques de nier, scier. y, il loue, de 4 a, $ c, 72, là de 11 b sont refaits sur n#y, il noue, de 2 c, 4 a, 18, 20 a, à cause de l'identité de la voyelle des formes atones, et c’est à deux verbes que, à côté de l’infinitif hu, 6, crier L., dont la voyelle est due à un développement régulier, cf. Ç 34, les formes toniques hüy, ha doivent leur #. De même été, chier c. 188, de l'aire 1- 7 a un # qui ne me parait explicable que par l'influence d’essuyer, jouer c. 311 et 424. Parfois il est difficile de se prononcer : c'est par exemple le cas des formes de « joue », cf. Ç 59, ou des formes toniques des verbes dont la voyelle intérieure est syncopée dans les formes atones, cf. Ç 22.
Les formes toniques des verbes dont le radical est terminé par une occlusive + 7 ont subi des modifications analogiques particulières. D’après montre c. $08 on voit que tous nos parlers intercalent entre l’occlusive etr une voyelle ë, qui est devenue & au Val-d’Ajol et é à Remiremont. Or on a vu, p. 39, que nos parlers, tout en amuiïssant fréquemment le r du groupe final, s’accommodent également de son maintien. Le traitement de montre n’est donc pas phonétique, et on doit Pattribuer à l’influence analogique des futurs étudiés p. 49.
Il convient d'examiner également à part les verbes qui contenaient étymologiquement a + y dans la syllabe radicale, à savoir édyé usité partout, sauf £ 13 a, 4- 11 a, c, d, 14, 15, aider, les représentants de l’ancien verbe « laiier » d’origine incertaine, cf. ML., EW. 4955, laisser c. 436, ceux de « flairer » < flagrare au sens de puer c. 620, ceux de « re + guetter » au sens de regarder c. 640, pyêtyé 2 c,S d, 8h, 12 a, 16 a, 19 c, -4- 15a, plaider, tratyé 2c, $ d, 8 b, 14 b, 19 c, — fr. traiter, au sens de festiner. Sauf dans le dernier verbe, à n’est le traitement normal que des localités 11, 14, 15 ; toutefoisle témoin 11 bn’emploie que
re F2) En)
des formes avec é ëdyé, réwètyé, léyé, et on trouve des formes avec à dans /ayé aux points 8, 8, 16, 17. eest évidemment le développement régulier d’ay en position atone, qui a dû donner ä en position tonique; quant à l'allongement qu’e présente partout, sauf dans léyé, il s'est produit postérieurement dans la syllabe tonique ; et de même la fermeture de cet e au point 13 est un fait secondaire.
Cependant les considérations précédentes ne suffisent pas à expliquer le traitement d’« aider » et de « traiter ». L'a d’adyé ne peut pas être phonétique, puisqu’ay est atone dans toutes les formes de ce verbe, cf. pour les formes de l'indicatif présent j’aide c.11et édüy << adjutas, -t avec un d analogique 2 a, 3 c, 4a, 8 b, 194,21 a, 22 a. 4 y provient des autres verbes en ay; quant à #rätyé, peut-être faut-il y voir en outre l'influence de trär. Notons aussi ädï, j'aide, de 15, que doit la terminaison 7 aux nombreux verbes, dont il sera question plus loin.
Dans les verbes qui contiennent un y issu de l'après consonne le développement phonétique des formes toniques devait amener la chute de y conformément au Ç 29, 2° cf. par ex. sôf, il souffle, DT ONIIIANel OAI) 21/4 22/4 etc. 50 6st MeMeisnt ces formes sans y qu'est refait, dans de nombreuses localités, linfinitif de « racler » au sens de ramoner c. 637. Mais le plus souvent, sur le modèle des verbes en %, tels que marier, etc., où le y de linfinitif est la réduction d’un ; qui se maintient normalement au singulier de l'indicatif présent, une terminaison (y) est ajoutée au radical sans y de ces verbes à infinitif en ye, ya, cf. p. ex. enfle c. 293. Elle tend même à pénétrer dans tous les verbes à infinitif en 3, quelle que soit lorigine de ce y : c’est ainsi que, à côté de l’infinitif de « plaider » cité plus haut, 2 c, 5 d, 8! b, 19 c disent pyëfi, 15 a pyà-.
L'emploi fréquent d’yé comme suffixe d’infinitif amène à sa suite celui dy; par ex. s d, qui hésite entre réträsé et -sÿ6, rétrécir, dit également réträs et -y, cf. aussi les formes du v. pêcher supra p.79.
Les futurs de la plupart des verbes étudiés précédemment appellent des observations. Dans les verbes dont l'infinitif est
Me
syncopé, le futur est naturellement refait sur les formes toniques. De là, dans les verbes en ye, ya, qui ont des formes toniques en i(y), des futurs en -#-, cf. p. ex. enfler a c. 293, et les futurs de pêcher, trembler L. C’est de la même façon que les futurs d'aider, jouer ont été refaits et qu’on dit édüyrg, -4rà, &- dans les localités où l’on dit ëdyé, é-, jayra 2 c, 3 b,7a.
Le futur de trouver 2 été, dans la région de Remiremont, l’objet de plusieurs reformations : d’après les futurs d'entrer, rentrer, montrer qui déplacent lr du radical, cf. plus haut, 11 a, 14 disent frévérré 2° p.s., 11 a dit aussi #réväré 3° p.s. d’après le futur d'ouvrir c. 548, et enfin frévérd 1'° p. p. de 11 a, ré 3° p. s. de 11 c sont sans doute dus au croisement de ces deux formations.
B. — Autres verbes.
C’est un fait connu que l’absence de formes inchoatives en ÿs dans les parlers lorrains, cf. ML., Gr. d. R. Spr., IL, K 200 ; les rares formes en is, telles que dans finir c. 348 et 349, ont été récemment empruntées au français. Mais, ce qu’à ma connaissance on n’a pas signalé, c’est que, dans beaucoup de ces verbes, le radical atone, tel qu’il existe par exemple à linfinitif, est transporté aux formes toniques, et que souvent aussi un allongement postérieur pénètre à son tour de ces formes toniques dans le reste de la flexion, cf. kr@vi, couvrir c. 222, kr®&u 2, dr&mi, dormir, usité partout, dr&m, id. sauf dr&m 12, péri, poutrir,-2 €, 4 4" h@r 1:10, 13-22/ partir ce 656, Dé 2 C, su, IL CUT a DLL A NI SAMU TO CITANT Er Pa ete:
M. Horning explique inexactement la voyelle æ de quelques formes de « nourrir » et « pourrir » par motrio, potrio; il est clair que cette voyelle s’est développée régulièrement dans la syllabe atone, puis s’est allongée postérieurement dans la tonique, cf. ( 24. Au reste l’extension du radical des formes atones ne s’est pas produite dans tous les verbes : courir, haïr ne la présentent pas ; si 14 a dit sét, il sent, $ d, 9 disent se, 11 b, c së ; my&, il meurt, existe encore dans la région de Remiremont, d’après le témoignage de 11 b, 12 b, 14 a, 15 b, tandis que les autres localités disent mr ou mr d’après l’infinitif; 12 a-c
emploient encore 6, il entend = a. fr. ot << audit. D'autres formes sont plus compliquées : pat, il part, de 12 b, est refait sur le radical des formes atones avec la voyelle d’une ancienne forme régulière *bä, aujourd’hui disparue. La voyelle 6 des formes atones d’« ouïr », cf. la c. 298, dans l'aire 11, 13-15 provient sans doute de la forme 6, encore attestée au point 12 ; quant à & de ce dernier point, il s’est au contraire développé en position atone. « jouir », employé au sens de réussir c. 655, a les mêmes voyelles 6 et & dans ces localités 11-15. C’est aussi en position atone que s’est formé l’#& de j&yé de 16-18, mais juyé de 19-22 ne me parait explicable que par l'influence analogique de jy, il joue. Dans répi, rép, remplir c. 642, le y<< lest tombé en position finalé aux formes toniques et le radical rép a été ensuite transporté dans le reste de la flexion. Enfin dans la région de Remiremont, les formes toniques de *douvrir ont été refaites sur le participe, cf. dua 13 b, déva 11 a, c, d,e, 14 a, € 12a, et de même rk®v, il couvre, 12 c ; dans les localités 13 et 15, le radical du v. “douvrir a été refait aux formes atones sur celui de faire, cf. dévéyd ind. pr. rep. p., 13 b, déuyd id, 3° p. p., 15 b, dévy®, parf. 3° p. s., 15 b, dévyéy, imp iT0. "5, 4d,
Le futur de ces verbes est formé avec le radical de linfinitif sans l’? flexionnel, cf. p. ex. la c. 503 qui donne la 3° p. p. du futur de « moisir » et de « pourrir ». Plusieurs verbes présentent quelques particularités ; dans la plupart des localités le utur de couvrir et d'ouvrir sont formés comme les précédents, cf. j’ouvrirai c. 548, mais kr&uërré, 3° p. s., de 17 a, œvèrra de 18, drévèrra de 11, 16, 17, dévèrra de 14, dévérràä de 11,13, 14, 15 sont refaits sur les futurs d’entrer, etc., cf. p.( 32, 3° ; dévarà de 11, 13, 14 est deson côté refait sur l’infinitif dévar ; enfin dévèra de 12, 14, dé- de 13 le sont sur le futur de venir, cf, plus loin, fin du paragraphe. On traitera au mème endroit de quelques formes analogiques du futur de hair.
Dans le verbe aller, la 1° pers. du pluriel de Pindicatif présent est à peu près partout formée d’après la 3° pers. du pluriel, cf. la c. 22, sans qu'on puisse reconnaître si les formes du
type « allons » sont récentes ou anciennes, et le futur a partout un v initial (réserve faite de quelques formes refaites sur le français au point 11), probablement dû à l’action analogique de venif.
Dans le verbe avoir, la première et la: deuxième personne du pluriel de l'indicatif présent ont perdu partout le radical « av- » sur le modèle des autres formes, cf. les c. 68 et 69. En outre dans ce verbe et aussi dans devoir, savoir un w s’est substitué à v dans les localités 8-10, 16-22 sous l’influence de linfinitif où il est régulier (dans celui de devoir, les modifications récentes sont fort nombreuses, mais avoir, savoir conservent partout le traitement ancien, cf. ëwé, s- I-IS, d-, sù- 16-22, et la c. 249). De même, dans perdre, d’après les formes où p en contact avec d interne est devenu b, prex. be; je perds cs 568 des localités sur 22, perdu c. 570, des localités 3, $, 17-22, on trouve non seulement bédü dans les points 18-22, mais bédra, je perdrai c. 569, dans Paire $, 18-22.
Les verbes asseoir, choir, croire, voir présentent aux formes atones, et aussi au participe comme on l’a vu ( r42,un radical refait d’une façon analogue à ce qui s’est passé en français proprement dit, cf. ML., Gr. d. R. Spr., IL, $ 189 ; en outre la consonne € (f €) dans « asseoir » ne peut provenir que des formes toniques de l'indicatif présent, où le s est devenu € devant ie. Mais d’autres réactions analogiques se sont produites postérieurement : sur krä, croit c.232, 20-22 ont refait kräyé, je crois, etc., et sur krÔ II a refait krüy6, je croyais c. 233, krôyü, cru c. 234 (cette dernière forme a été également employée par 16 a, qui l’a sans doute empruntée) ; ces formes ont entraîné à leur suite #fäyi, asseyez-vous c. 49, des points 20 et 21, éebyé id. du point 11, éäyé, je tombe, de 20-22, ed, ils tombent, de II a, wäyé, je vois c. 801, de 20, 21. C’est vraisemblablement d’après ces formes, spécialement d’après celle de voir, qu’il faut expliquer le radical de pouvoir pwëy- dans la plupart des localités de laire 1-19, pwäy- dans les points 20-22, cf. les c. 606 sq. Par contre, M. ML. à tort de voir dans
le lorrain pië, peut, une formation analogique d’après 16, veut, Gr. d. R. Spr., IX, À 189, car le développement est également régulier dans ces deux formes, cf. { 9.
Les modifications analogiques de devoir sont nombreuses, en dehors de l'extension du w, traité plus haut. (r)d6, doit, est, comme on l’a vu p. 91, probablement refait sur f6, v6, il faut, il vaut, et a amené l'infinitif (r)dôr. (r)däy doit c. 250, de Paire 9, 10, 16-18 est embarfassant : il ne suffit pas d’invoquer l’ancienne forme doient NAL. 2530, 47, etc., qui n’explique pas la voyelle %, cf. aussi ML., Gr. d. R. Spr., IL, À 246 ; mais les présents en #y sont peu nombreux, en dehors d’&y, j'entends c. 299, et l’on ne voit pas comment l’action de ce verbe a pu s'exercer sur devoir. Le futur et le conditionnel sont encore plus compliqués : à côté de formes régulières telles que rdévra 1'° p.s. fut. 11 a, on a des formes avec %y, (r)däyra 9, 11 b, 18, des formes refaites sur l’infinitif (r)dor, (r)dôra $ d, 6 c, 8 d, <#, 3° p.s.id., 1c, Sa, f, 6 b, 7 c, 8'd, et même des formes refaites sur les temps correspondants de pouvoir, vouloir, (r)därä 14 a, 170b, 204,419 4; 21 a, dur0, 1'°ip.'s. cond., 19-22,:-4 3° p. 5. MES Ne, 44, €, O0, 72,4, Ad: #E8.19; 2;
Dans le verbe recevoir, par une extension remarquable du participe passé rs%, on dit non seulement à peu près partout linfiniuf (é)rsur maïs rsu, 1-3 pers. du sing. de l’ind. présent ; rsüylé, reçoivent, de 19 s'explique par les formes étudiées p. 178, quant à rsaslé de 21 a, le s vient sans doute des 3° pers. du pluriel du subjonctif et du parfait, cf. p. 177 sq. L’infinitif (ë)rsur a naturellement entraîné des formes de futur et de conditionnel, mais des formes plus anciennes telles que rsévrä 9, 11, 14 a, 15 b, 16 b, etc. subsistent encore. Enfin les parlers de la vallée de la Moselotte emploient des formes telles que rs38, je recois, 18, rsyé, il reçut, 22 b, etc., dont le radical rsy paraît formé d’après celui du v. faire, cf. plus loin.
Le verbe vivre est refait dans la plupart des localités sur le radical du participe passé, cf. les c. 797, 798 ; mais li étymologique est souvent conservé.
Les parlers des Vosges méridionales. IS
Dans le verbe suivre, lé de 56, il suit, usité partout, paraît être régulier, cf. Ç 2, C, 5°; cet é a été ensuite transporté dans les formes atones, cf. p. ex. les c. 731, 732; pour l’infinitif sér, cf. À 141. Le fait est également fréquent dans lire. D’après /er, lire, lé, lit, usités partout, les formes atones ont une voyelle é, brève ou longue, p. ex. /éjè, je lis, 1 a, 2a, b, 4 c, léhé 18-22, léjä,, vous lisez, 8’ b, etc. Ce verbe a pris en outre dans beaucoup de localités, comme cela s’est passé en français, la consonne j, h de dire devant les désinences accentuées.
Le verbe « querre », partout usité au sens de chercher, a subi de nombreuses modifications analogiques: dans l’aire 1-7 son radical a été refait d’après celui de dire, lire, d’où kéjé, je cherche, €. 177 ; dans les localités 12, 13, 20-22 il l’a été sur les verbes à radical terminé avec y, cf. plus haut, et ce radical nouveau a pénétré des formes atones telles que (7 }kwéyë, je cherche, 20-22, aux formes toniques, kwéy, il cherche, 20 a, 21 a, kwëy, 12 b, c, kwéy, je cherche, 13, et l’on a noté, 142, que ces formes avaient amené le parlicipe (r)kwéyé de l'aire 20-22. Enfin le futur de ces verbes, d’après la c. 178, ne'présente dans l'aire 1-7 qu'un r, d’après celui de lire, suivre.
Le verbe clore, cf. fermez c. 342, a pris dans la plupart des localités la consonne de dire. Quant au 7 de 18, 20-22, il vient, comme en français proprement dit, du participe.
On avuS 33 que brär, far, trar ont été refaits sur les formes toniques bra, fa, tra. Faire a subi de plus dans tout notre domaine une modification importante : son radical, dans les formes accentuées étymologiquement sur la désinence, est partout /(e)y, cf. font c. 332, /(é)yô, nous faisons, 17-22, qui provient de verbes à radical terminé par y, cf. plus haut. Ce radical est même devenu tonique dans /ëy, 1-3 p. sing. du subj., 22 b. On a déjà indiqué 98 que faire et dire ont perdu partout la formation forte de la 2° pers. du pluriel de l'indicatif présent et de l'impératif.
Le participe de pondre, pünñ :20-22, et celui de tordre, tdi 8-10, 16-22, doivent leur voyelle à aux formes toniques.
Enfin dans le v. pware, paraître, donné par Hingre, linfinitif.
est refait sur la forme tonique pwa, dont la voyelle paraît à son tour reprise aux formes atones.
Quelques futurs appellent en dernier lieu des observations : sur les futurs d’asseoir, croire, voir, cf. p. 94, on a refait ceux de « braire », de traire et mème dehaïr : de là brôra, je pleurer#8c;:8%d;9, 16b; 17 b, 18; 19 €: 26 4, 21 a, 22 a, trora id., hôra 18 (hôyra d’un témoin de Basse-sur-le-Rupt est un mélange de cette forme ét de héyra, très répandu). Le futur de prendre est partout, sauf à Remiremont, refait sur ceux de tenir, venir: cf., à côté de féré, il tiendra, 1-10, 12-16, -8 11 b, täré 17-22, péra, je prendrai, 1-11 €, 12-16, pà- 17-22. À Remiremont le fait inverse s’est produit : sur pärà 11 a-c,ona refait fâré 11 a, c, v- id. Sur dévéra, étudié plus haut, le Vald’Ajol a refait péjéra, je perdrai c. 569.
$ 144. Genre des substantifs.
Plusieurs substantifs étymologiquement masculins, mais qui, en raison de letr voyelle initiale, ont un genre mal distingué après l’article défini, tendent, dans un nombre variable de localités, à devenir féminins, cf. acier c. 10 chez de nombreux témoins, éfd, étang, 11 b, 13 4, 164, 17 a, 21 a, &là 20 a, 22 a, b, ékadük, aqueduc, 6 a, 8 a, ézéy, rûcherc. 671, 11 c, 13 a, 14 a, cf. sur ce mot plus loiu, À 151 etc.
La cause du chargement de genre de bur, beurre Z., masculin dans l’aire 1-18 mais féminin dans laire 19-22, est différente. Cette innovation me parait provenir de la terminaison wr, d’après les nombreux substantifs féminins pourvus du suffixe wr, cf. entre autres couture c. 220. À La Bresse, d’après une précieuse indication de Hingre, le mot, tout en étant féminin, reste encore masculin dans l’expression fra büre, du beurre frais, où le genre ancien a été évidemment protégé par la préposition de l’adjectit ; mais déjà on dit aussi frakhe büre. Il semble de même que le masculin de perdrix c. 571 et le féminin de lièvre c. 454 dans beaucoup de localités soient dus à l'influence de leur termipaisOn ; nos parlers n’ont pas de noms féminins en ?, car on a vu, Ç 121 que fourmi y est masculin chez la plupart des témoins;
quant à lièvre, c’est le féminin qui a dû autrefois entrainer le changement de genre ; de plus tous les noms dont la terminaison est homophone, tels que fièvre, chèvre, sont féminins.
Enfin, dans quelques substantifs, la modification du genre provient de l'influence analogique de noms de sens: voisin. é, jardin c. 414, est devenu masculin chez beaucoup de témoins, malgré son étymon area, évidemment d’après mwd << masu ; dal, paroi c. 554, doit l’être devenu d’après mur; quant au masculin remarquable et très répandu d'herbe c. 406, il ne me paraît explicable que par linfluence de foin.
Ç 145. Adjectif.
Dans plusieurs adjectifs, l’analogie a causé l’élimination de la forme du masculin ou du féminin au profit d’une seule forme : le masculin a cédé la place au féminin partout dans veu f c. 788 (la forme de 11-15 avec f final ne laisse plus reconnaître le phénomène, mais il probable qu’elle provient d’une forme plus ancienne vôv, avec assourdissement conformé au $ 31), sûr L. et aux points 1-8',11, 12 dans vieux c. 790. Ce dernier mot appelle quelques explications : personne ne conteste que le masculin vyé représente vetu, cf. Horning, $ 34, ML., Gr. d. R. Spr., I, $ 178, etc. Par contre M. Horning considère que le féminin vey équivaut au fr. vieille << *vecla. Mais il n’explique pas comment un masculin et un féminin de formation si différente peuvent coexister et comment ce fait surprenant se produit partout où l’on trouve le masculin wtu. Cette difficulté est résolue, si l’on dérive vey de *veta, par un développement conforme aux faits exposés À 2, C, 5°; il faut cependant faire quelques réserves pour le Val-d’Ajol, dont la forme véy peut, comme véy de 23-26 et viy de 26, qui ne connaissent pas le développement de y entre voyelles, cf. p. 41, représenter weil, vieille.
Le féminin de vert c. 787 est refait sur le masculin dans l'aire 9-11, 13-22, cf. Ô 37, et #r, toutes, sur fi, tous, cf. S ss, dans de nombreuses localités. Dans grât de beaucoup de témoins, le 4 vient soit de l’ancien accusatif masculin grant, soit de fémi-
nins tels que ht, haute, etc. ; quant à mèéàd de 4 a, C'est une forme isolée d’après grd. A La Bresse, un féminin en îne a été formé dans les adjectifs dont le masculin est en 5, cf. aimi, aimine, ami, Hingre, sur le modèle de vhi, -in, voisin, -ine, etc., où un ancien ? a été dénasalisé. Enfin, d’après les nombreux participes féminins terminés pars, cf. Ç 142, l'adjectif #éry®, creux, a son féminin en &s, cf. la c. 617, et cette même terminaison se retrouve dans quelques adjectifs en &, &s, v. plus loin,
Ÿ 146. Syntaxe des particules.
1° Particules négatives.
Quelques témoins, peu nombreux du reste, suppriment plus ou moins souvent la particule « ne », comme fait le français populaire, donnant à « pas » toute la fonction négative; au contraire 2 b dit pké n mi, pourquoi pas, où # s’est développé conformément à l’usage des deux particules, tandis qu’en français pas s’est simplement substitué à non. D’autre part, dans les localités 1-17, 20, 21, « il y a » se dité y « a » d’après la carte 66 c'est-à-dire que le groupe # y + « a » — fr. il n’y a a passé des phrases négatives dans les affirmatives. Enfin il faut noter que la particule « pas » est toujours placée après « encore », cf. c. 291 N.E., qui conserve sa place immédiate après le verbe sur le modèle des phrases affirmatives.
2° Particules conjonctives.
La particule « et » a été développée dans tous nos parlers dans « vingt et huit » sur le modèle de « vingt et un »; beaucoup l'ajoutent devant « où », cf. les cartes 539-541; enfin beaucoup la renforcent par « encore » ou « puis », quand elle relie deux mots ou deux groupes de mots.
De même « ou » est souvent renforcé par « bien », rarement par « donc», cf. la c. 542. Enfin « comment », renforcé par « (ce) que » ‘au sens interrogatif, se substitue très fréquemment à « comme », cf. comme J.
3° Prépositions.
L'usage des prépositions appelle aussi quelques observations : on a déjà vu p. 185 le développement de date ancienne d'à entre faire et un verbe suivant; on peut noter-en outre la rivalité de de et à des cartes 2 et 3, le développement d’à dans [« je vais quelque part »] c. 628 amené par le sens du verbe, celui de de devant besoin, moins, plus, etc., d’après l’usage ancien de de dans des phrases négatives devant les mots non définis, cf. p.185, le redoublement de « de » dans dé + fr& dehors c. 240, dé d véyé, en automne, c. 59 N.E., devant « plus », la suppression d’à dans « donner à téter un enfant » au sens d’allaiter chez de nombreux témoins d’après « nourrir un enfant », celle de de après « douter » au sens d’avoir peur, cf. peur L. et supra p: 185, l'emploide sur”c.753 tussenside/chez dans Pere: on trouvera encore quelques autres menues particularités concernant les prépositions à, de, etc., d’origine analogique, sous ces mots dans le Lexique.
CHAPTORES VI