TROISIÈME PARTIE
FEXIQUE
La vitalité de nos parlers, si abondamment démontrée dans les chapitres précédents, ne se manifeste pas moins dans le lexique. Toutefois il va de soi qu’il ne se prête pas, comme la phonétique et la morphologie, à un exposé systématique, et qu'il ne peut s'agir ici d’épuiser toutes les questions de détail qu’il soulève. Le seul fait d’un caractère un peu plus général et qui permette une étude d'ensemble est le rôle des parlers alemaniques, qui sera envisagé plus loin ( 153 ; en outre le parler du Vald’Ajol doit à sa situation excentrique et à son contact plus étroit avec les parlers franc-comtois un certain nombre de traits lexicaux, qu'il est intéressant de grouper, comme il sera fait Ç 152. Pour le reste, le classement alphabétique nous a paru le plus pratique.
Si nombreuses que soient les notes lexicologiques qui suivent, elles constituent cependant un choix. L’ignorance des types étymologiques m'a plus d’une fois arrêté. De plus, le mode même de mon enquête donne souvent au vocabulaire une trompeuse apparence de richesse, ainsi qu’on l’a déjà indiqué dans l’Introdution de l’Atlas, p. xv sq. Les réponses des témoins n’ont fréquemment qu'une valeur individuelle et momentanée. En outre, en dehors des termes dont le sens est strictement limité, les témoins ont souvent répondu par des mots de sens voisin ; mais on ne doit pas conclure de labsence de tel terme dans une localité qu’il n’y existe pas. La multiplicité des termes indiqués pour là-bas c. 433 et là-haut c. 435 provient de ce que nos parlers possèdent de nombreux adverbes de lieu appartenant à.
cette catégorie sémantique, et que chaque témoin a dû nécessairement en choisir un pour répondre à :na question: tout au plus ressort-il de ces cartes que les composés avec « avant » sont moins usités que les autres ; cf. aussi les différents mots « gonflée », « enflée », « soufflée » employés en réponse à une vessie gonflée L., ou « ronger », « rogner », « mâcher », « râcler », « cueillir » et d’autres mots qui n’ont pas leur équivalent en français dans ronger un os L. Il faut en outre faire sa part à la suggestion exercée par le mot français ou les commentaires par lesquels je lai parfois expliqué: ainsi pour maladroit c. 467 très peu de témoins ont indiqué /üd et nis et la plupart ont eu recours à « maladroit », pour brasser la bouillie c. 117 #iyé n’a été fourni que dans les localités 6, 8, 12, 18, 21, tandis que les mots les plus usités « broyer » et « écraser » ont été plus ou moins provoqués par mes explications.
SRIST.