ADEL CT
Tandis que toute l'aire 1-11, 14-22 désigne un abri contre la pluie par un substantif tiré du participe féminin du verbe «essuyer», cf. c. 311, les deux localités 12 et 13 emploient respectivement les deux formes ë/d et #5, qu'on retrouve à Uriménil, cf. Haïllant etot ; |’ AL. n’arecueilli ce mot qu’au Val-d’Ajol point s7, alors que le type « essuyée » est assez fréquent dans les parlers vosgiens. Ceci donne à penser qu’éfô est une innovation récente. L'origine en est claire : c’est le substantif « toit » avec uné initial qui est la voyelle de Particle, cf. p. 116, probablement modifiée par un croisement avec le v. « attendre ». Pour ëvré, -& de la carte 6, cf. p. 10, n. 1.
Ainsic. 14:
Cf. pour ce.mot p. 127 et p. 133.
AAMENCT ITS
Quelques localités seulement conservent encore l’ancien substantif dérivé au moyen du suffixe #, cf. À 147, du v. « marcher », usité partout au sens de battre en grange c. 87. Bien que l'aire 16-22 ait créé un nouveau terme issu du v.
« battre », bätÿ, la persistance du verbe « marcher » montre que le recul du substantif n’est pas dû au changement de la technique, qui a substitué le battage au foulage; il provient de ce que nos parlers l'ont employé également au sens de fléau c. 350, et que cette dualité de sens a été gênante. Actuellement ce fait n'apparaît plus clairement, parce que le type fr. « fléau» a repoussé l’ancien terme, qui ne subsiste plus qu'aux points $ et 12; et c’est probablement la même cause qui a contribué à cette substitution.
Apprivoiser c. 36.
Les formes éprejé, -hé, éprihé de l'aire 10-16 sont dues à une modification causée par le participe passé du v. prendre, dont l’i est encore conservé aux points 11 et 15 dans éprihé. Toutefois ce croisement s’est probablement produit non pas avec un représentant d’ « apprivoiser » mais avec celui de lanc. fr. aprisonner, qui est attesté à Uriménil par aiprehnié, ainsi que M. Haillant l'a bien reconnu. Pour épérméjé de 8’, cf. p. 129.
ADDUVÉ.C:37
Le mot le plus répandu est un représentant du fr. accoter : on sait que le français possède deux homonymes, l’un composé de coste, l’autre de cote, ct. D. G. ékdtä de 19-22 parait bien représenter le deuxième ; quant aux formes avec 6, elles sunt issues de ce type avec allongement ou du prerier, sans qu’on puisse se prononcer. Quoi qu'il en soit, dans l'aire 1-8, « accoter » a été modifié en ékô#à par la préposition kôt. Dans les deux vallées, un verbe nouveau tend à s’y substituer, éb&ré, dont l’& est allongé au point 2. Je l'ai en outre recueilli au sens de barrer, enrayer L., mais il ne semble pas exister en dehors de cette aire. C’est un composé parasynthétique du substantif b@r, barre L., qui a donné naissance à d’autres dérivés, comme on peut le voir dans mon Lexique françaïs-patois ; mais l’origine de ce mot et ses rapports avec le fr. barre sont obscurs.
Arc-en-ciel c. 40.
Les parlers orientaux ont pour désigner ce phénomène céleste une très grandes variété de dénominations qui consistent à appeler l’arc-en-ciel couronne, arc, etc., de tel ou tel saint, cf., outre
notre carte et celle de l’AL., Dartois p. 229, Adam p. 298, Haillant Uriménil couronne de Saint-Lua, Hingre La Bresse courôe-San-Nind. Mais les deux parties du composé ont subi de nombreuses corruptions. Dans notre région, le type fondamental de la première partie est « couronne », qui a été remplacé dans plusieurs points par des mots locaux de prononciation et de sens approchants, korôy 1, 2, 3, kü-8, 17, 18, et aussi courde Hingre, cf. courroieL.; 21 a emploie, peut-être par substitution personnelle, kir% qui désigne proprement les sentiers rapides où on fait glisser les arbres, cf. sentier L. Quant au nom du saint, « saint Bernard » n'existe qu’au point 12, partout ailleurs on trouve « saint Linart » (sur ce saint v. Mas-Latrie, Trésor de chronologie, p. 769) sous quatre formes lina, ninà issue de la précédente par assimilation, /än& peut-être d’après «lune » et lüa d’origine obscure. « Couronne du beau temps » de 13 b est une expression sans doute accidentelle.
Arvileicraz:
Dans la plus grande partie de notre domaine, l’argile est actuellement désignée par des périphrases « rouge terre » 12, « terre grasse » où « g. t. » 1, 4, 6-20; mais dans la partie extrême des deux vallées on trouve d lédil 22, -dyél 1, 2, $, 18, 19, 21, où il m'est impossible de couper le mot, obtenu presque partout avec l’article, cf. cependant dyél 2 c, édyél 21 c aux N.E. Les périphrases semblent être récentes et avoir éliminé des formes du mot qui subsiste aux points 1, 2, 5, 18, 19, 21, 22. M. ML., EW. 64r, signale, avec une référence erronée aux Mélanges d'étymologie française de M. Thomas, une forme ardile qui serait fréquente dans les patois français, et propose d'y voir un croisement d'argile et d’ardoise; on peut l’expliquer aussi par un croisement d'argile avec le mot de même sens et d’origine inconnue derle. ëdil de 22, confirmé par aïdile de Hingre, conserve la forme la plus ancienne et est devenu (#)dyé/ par un développement d’i en ÿé dont nous avons parlé & 67.
Arranger les vaches c. 46.
J'ai indiqué dans l'introduction de mon Atlas, p. xu, que j'ai commis un lotharingisme en employant le fr. arranger au sens
de nettoyer l'écurie, préparer la litière et donner le repas. En effet la plupart de nos parlers se servent en ce sens de formes représentant le fr. arranger, dont elles sont probablement des adaptations assez anciennes. Cependant les deux points 13 et 14 ont un autre terme érivé que Haillant signale aussi à Uriménil ; « airrivé, donner à manger et à boire au bétail » ; il existe égalément à La Bresse, où Hingre a relevé en outre d’autres sens : «airivé, préparer, arranger, orner, faire la toilette, se dit en particulier, comme synon. d’airehé, pour donner au bétail son repas et faire sa litière». On ne peut pas séparer ce verbe du fr. arriver, qui est souvent employé activement dans l’ancienne langue; il est vrai qu’on ne l’y trouve qu'avec le sens de mener, conduire, cf. p. ex., dans un texte du xv° siècle cité par Godefroy, « arriver les gerbes en la grange » ; mais on voit aussi par cet exemple comment ce verbe a pu en venir au sens d’arranger. L'existence d’airivé à La Bresse, loin des points 13, 14, semble même prouver qu’Carriver » a précédé dans notre domaine « arranger » et qu'il a reculé devant lui.
Automne c. 59 et les noms de saisons.
L'automne est désigné par trois types, un premier correspondant au radical du fr. « regain » dans les localités 12-18, un deuxième /4 16, c’est-à-dire « tard temps » dans l’aire 14-22 et un troisième « la saint Martin » dans toute la vallée de la Haute- Moselle et à Remiremont. M. Thomas a établi dans la Romania, XXV, p. 85 sq., que l’a. fr. gain, qui a donné le composé actuel regain, provient d’un étymon *vuadimen et ne doit pas être confondu avec le fr. moderne gain, substantif postverbal de gagner, anciennement gaaingnier. Cette explication qui convient au français ne suffit pas pour nos parlers ; en effet 7 nasal y est toujours représenté par ou ? dénasalisé, cf. 7, vin, 1-22, chemin c. 171. Orregain c. 639 a dans nos parlers & au point 12, dans l'aire 1-10, etla voyelle dénasalisée ë dans le reste du domaine. Il faut donc admettre ou qu’il s’est produitune substitution de suffixe, cf. Ç 148, ou que « (re)gain » s’est croisé avec des formes de « gain, gaaingnier » aujourd’hui disparues (les formes du v. « gagner » ont été toutes reprises récemment au français ; mais
les parlers limitrophes de la Franche-Comté emploient une forme phonétique de « gaaingnier » au sens de semer, véni 23-26 et AL. c. semer). Quoi qu'il en soit, nos parlers ont, par extension de sens, appliqué à l’automne « gaïm », qui au sens propre désigne le regain. Les’ deux sens coexistent encore aux points 16-18 ; mais cette double acception semble avoir causé quelque gène et, pour y échapper, 12-16, tout en conservant « gaïm » pour l’automne, ont formé uñ composé avec re- pour le regain, peut-être sous l'influence du français (qui a de son côté créé regain pour échapper à l’homonymie de gain et gain, substantif verbal de gaaingnier). Mais « gaïm » au sens d'automne à paru peu expressif; c’est pourquoi la plupart des parlers ont conservé « gaïm » au sens de regain et créé de nouvelles expressions plus significatives pour l’automne, dans l'aire 19-22 fatüet dans l’aire 1-11 « la saint Martin », qui tombe le 11 novembre et constitue une des deux dates annuelles pour le paiement des loyers. L’autre date est la saint Georges, qui tombe le 23 avril; mais on remarquera qu'elle ne désigne jamais le printemps, parce qu’évidemment une telle expression est insuffisante pour le renouveau.
La dénomination du printemps c. 616 a donné lieu à une innovation qui couvre tout notre domaine, et qui étymologiquement est formée de l’infinitif du v. « issir » et de l’adv. fé << foris (les parlers de la Franche-Comté ont substitué « partir » à « issir », qu'ils ont perdu ou qui leur manquait). Quelques innovations secondaires ont été créées’ en différents points; le Val-d’Ajol connait, outre le type commun, le participe féminin @£i ; bwô 10, bon temps, est une expression personnelle du seul témoin 4a, mais « fors temps », outre 6, occupe les localités 20 et 22, qui emploient fà 1 pour l’automne.
L’été est désigné dans la plupart des localités par « année » : cette spécialisation de sens est fréquente dans de nombreux parlers, non seulement dans les parlers romans, cf. AL. c. été, ML., EW. 487, mais dans beaucoup de parlers indo-européens, comme M. Meillet a eu l’obligeance de me l'indiquer, cf. les mots arméniens am, année, et amarn, été, de la même racine que l’all. sommer, etc. C'est qu’en effet l'été est pour l’agriculteur la saison
la plus importante et qu’il en vient ainsi à l'identifier à l’année. Une nouvelle innovation «chaud temps » s’est produite dans la région qui désigne le printemps et l'automne par fy& {ù et 1a 1ù. Je l’ai recueillie aux points 19, 21 et en outre au point 12, et Hingre donne pour La Bresse chau-t0. :
Quant à l'hiver, non seulement la désignation de cette saison n’a donné naissance à aucun terme nouveau, mais 1-17 Ont même repris le mot au français, cf. ivér 1-17, évyä 18-21, -yé
Avec I.
À côté du type « (d) avec » usité partout, le témoin 22 aa employé la locution d ét d, qui représente l’anc. fr. atout précédé et suivi de de, au sens instrumental dans la phrase [« marquer avec de la craie »] et au sens d'accompagnement dans la phrase [« vous êtes venu sans rien »]|, qu’il a traduite... d #16 d rù; de même le témoin 17 c l’a donnée avec ce deuxième sens dans d 616 + sé eàrût, avec sa charrette, Texte 32, c, p. 173 L. Cette locution d’origine ancienne a dû être connue de tous nos parlers, et c’est à la concurrence d’« avec » qu’il faut en attribuer le recul, tel qu’aujourd’hui elle paraît être inconnue des parlers Jorrains autres que ceux de la vallée de la Moselotte, cf. Adam, p. 190, et AL. cc. 345 et 864. M. Behrens, Baträge, p. 29, est disposé à croire qu’elle n’a plus que le sens instrumental, et déclare qu’il n’a pas trouvé d'exemples où elle marque l'accompagnement: les faits indiqués plus haut montrent que les deux sens existent encore.
Averse c. 62.
Malgré la pénétration du mot français, on voit que nos parlers possèdent encore de nombreux termes locaux pour désigner ce phénomène atmosphérique. wëf 9, -€ 12, wäf 20, 22 représentent sans doute un substantif verbal de « verser ». Un mot plus répandu est rüe de 2, 8, -£ de 9, 14-17, 19, 21, 22 ; c'est le substantif verbal du v. rôfé, pleuvoir à verse, que j'ai recueilli aux points 9, 15, 16, et que Hingre. donne également avec des sens plus complets : « Rôkké, v. n., ruisseler *. Tomber à verse,
1. Hingre paraît avoir donné ce sens en premier lieu, sous l'influence du
comme la grêle. Frapper de grands coups. » De ce verbe sont également dérivés à La Bresse rükhé et rékhesse, indiqués par Hingre qui, par contre, paraît ne pas connaître rô. C’est ce même verbe qu’il faut reconnaître dans rokhé, rosser, d’Uriménil et rohhi, frapper fortement, tousser beaucoup, du Tholy, Adam, p. 283. Il existe également dans les parlers francs-comtois, cf. Vautherin, Chdtenois, « roiechte, rosser, frapper à tour de bras. Se dit aussi de la pluie qui fouette sur une habitation.» De ce verbe est dérivé le substantif rodechie, identique à rôeï de notre aire 24- 26, et l’on trouve les mêmes indications dans Contejean, s. v° rôchie, verbe et substantif. Vautherin dit avec raison à propos du verbe que ce mot... ne provient pas du français, et cite Pallemand rauschen, bruire; mais il se contente de faire un rapprochement sémantique, tandis qu'i faut y voir l’étymon même du verbe. Comme Martin, Il, 286, ne donne que le sens de bruire, il faut admettre que l’extension des sens s’est produite dans nos parlers. Les autres mots de la carte ont moins d’importance : râpès de 19, donné par 6 a au sens d'orage L., est sans doute récemment issu du fr. emprunté réper, avec un développement sémantique, qui n'offre pas de difficultés (dans le français populaire du Thillot, jai souvent entendu rôpé (f.) au sens de rossée). Quant à gs de 13 a, on voudrait pouvoir le rattacher à l'allemand giessen, cf. Martin, [, 238 ; mais mon enquête et les lexiques régionaux ne donnent le verbe dont il serait dérivé qu'au sens de glisser, cf. la carte 391, guissié Hingre, guissé Haillant, qui sont issusdutr. «glisser». Il est donc difficile de décider si gisés est une création individuelle ou la dernière trace d’une série de mots issus de l’all. giessen et aujourd’hui disparus.
Baratte c. 82.
Des différents mots qui désignent la baratte, b@té de l'aire 1-6 correspond au v. fr. boistel, dérivé de buxida, cf. ML., EW. 6892, ainsi que le montrent plus clairement hestéye, baratte, de Gérard-
mot rokhè, ruisseau, avec lequel le v. r6khé n’a cependant aucun rapport étvmologique. Tout au plus peut-on admettre que le verbe a pu modifier la voyelle de la syllabe initiale de « ruisseau ».
mer, Adam, p. 302, et beukhtè boisseau, cuveau rond, élevé et étroit, de La Bresse, Hingre. Quant à b®s de 7-11, 13-22, il provient de butlia, cf. ML., EW. 1425 ; quelques parlers de la Moselotte en précisent le sens en ajoutant l'adjectif béfras : c’est le cas de 18, 19, et Hingre donne également beusse baitrasse. Enfin le Val-d’Ajol a une forme particulière bétés, qui se trouve également aux points 25 et 26, et dont la terminaison est difficile à expliquer. Il semble que nous ayons affaire à un dérivé tel que « battoire », dont la consonne finale à été remplacée par croisement par celle de b@s. D’après le sens actuel de beukhtè à La Bresse, b&té de 1-6 au sens de baratte paraît être une innovation récente. Quoi qu’il en soit de ce point, on notera que b&s est usuel dans les parlers francs-comtois pour désigner la ruche, cf. b®s 23-26 ruche L., bés Grammont, beusse Poulet, etc. C’est certainement une autre forme du même mot qu'il faut reconnaître dans bôs qui a le sens de ruche dans toute l'aire 1- 22, cf. aussi bosse Haïllant, et dans les formes bus Grammont, bosse Poulet, bôsse Vautherin, etc., qui signifient tonneau, panier. Il est remarquable que tous ces parlers aient utilisé sémantiquement ces deux séries de formes qui se sont développées phonequement du mème type buttia : on peut en effet considérer b&s comme issu de bôs << büttia en position entravée, cf. Grammont, p. 77.
Battoir à linge c. 86.
Cet objet est désigné par des termes très variés. Le type dérivé de battre « battoir » ou « battoire » n'existe qu'aux points 1, 2 et 8, et, sauf en ce dernier point, il est en rivalité avec d’autres mots. Le dérivé de « pelle », «palette » et ceux de « taper » ont une plus grande extension. Cette grande variété vient sans doute de ce que l’objet date d’une époque assez récente, où les parlers sont moins cohérents. De plus ce n’est pas un objet très usuel, de sorte que les sujets parlants gardent une plus grande liberté ; c’est pourquoi deux formes et même davantage coexistent dans plusieurs localités. La date récente de la création des mots se reconnaît à leur forme souvent à demi française, p. ex. dans le radical de #äp®r aux points 2, $, 7 et dans pälôt de la vallée de
la Haute-Moselle, qui est un compromis entre le français et le patois. L'emploi de fp&@r par les témoins ‘11 a et c au sens de battoir à fumier donne à penser que la désignation de cet objet a pu jouer un rôle dans les variations de celle du battoir à linge; mais mon enquête insufhsante sur ce point ne permet que de poser la question.
Bavard c. 88 et bavarder id. N. E.
Ces deux mots sont de ceux qui se renouvellent aisément. Outre le type correspondant au fr. « bavard » et qui en est peutêtre une adaptation, nos parlers en possèdent plusieurs plus ou moins répandus. #rola, träla, recueillis en différents points de deux vallées ét le fém. #rôl sont issus du v.#rdlà, qui se déduit des formes d’ind. présent que j'ai recueillies, et se rattachent peutêtre au v. fr. #rôler, bien que le sens fasse quelque difficulté. bwädlé de 17-22 et bédlô de 12 proviennent de leur côté d’un verbe qui correspond à l’anc. fr. bredeler, bredouiller, cf. à la Franche-Montagne bége, -él. C’est par une extension de sens semblable que bwérbüya, dérivé de « barbouiller », qui signifie bégayer, cf. plus loin, est pris au sens de bavard par 10 c, et que le Val-d’Ajol emploie un v. bräklä, dérivé de bräkä, broyer, dont le substantif verbal bräk à été indiqué par 12 a pour bavardage L., par une extension de sens facile à suivre : on a pris par plaisanterie une expression telle que broyer la bouillie au sens. de bredouiller, d’où bavarder. prakela, jaser, babiller, de La Bresse, Hingre, et dont il faut rapprocher prôklä, bavarder, de 24, représente ce même type avec le p initial de « parler » ou de « prêcher », qui a le sens de parler dans plusieurs localités. Quelques témoins emploient même des adjectifs signifiant menteur, par ex. büdü 5 a, 7 a, büji 12 a, etc. Quant aux verbes märläkè de 14 et jäblà de $ (quise déduit de la forme jäbel) et d’où dérivent les adj. féminins jäblér ou jäbél, l’origine en est obscure : peut-être le deuxième est-il une forme croisée des deux types de Jäzlé indiqué par 11 f et du fr. « gaber ».
Bégayer c. 92 et bègue id. N. E.
La richesse de ces mots est comparable à celle des précédents. bôgyé des points 13-15 correspond au fr. bégayer, et béoué 2
bwägnè de !: vallée de la Moselotte contiennent le même radical avec un autre sufhxe. Outre ce type, quelques témoins ont employé « barbouiller », d’où procède sans doute avec un autre suffixe brbôdà de $ ; hëkyé que je n’ai recueilli qu’à Remiremont, me parait dérivé du verbe dont j'ai relevé en quelques points les formes hékä, häkä < all. hacken piocher L., avec une extension de sens analogue à celle de « broyer » au sens de bavarder. Quant à (h}érgèué de la vallée de la Haute-Moselle, il est peut-être issu du type « barguigner », cf. tisonner plus loin, dont la consonne initiale aura été modifiée par le v. précédent. C’est peut-être la recherche de mots nouveaux et expressifs qui a amené en outre l’emprunt du fr. bégayer, que nos parlers renouvellent encore par des modifications phonétiques dans bézéyé. Mais il est possible aussi que lPemprunt du mot ir. soit causé par la concurrence des différents mots patois.
Berceau: c. 94.
On a déjà vu p. 81 que l'absence de diphtongaison y est due à une influence analogique de formes verbales atones. D’autre part l’ancien groupe final de l’étymon bers n’est conservé que dans l’aire 1-8"; ailleurs ce mot a été refait sur lit c. 458. Si bwé de 9-11 ne s'accorde pas tout à fait avec LE de 9, 10, léy de 11, cette différence provient d’une action récente de « bercer ».
Berger cf. vacher.
Bergeronnete c. 97.
Le type « hoche-queue » a fait reculer une désignation plus ancienne « bergerette » qui ne subsiste qu'aux points $ et 19- 22, c'est-à-dire dans les parties extrêmes des deux vallées. « Hoche-queue » lui-même à été postérieurement modifié en « hoche-cul» qui couvre presque tout le domaine, cf. aussi houchecul à Uriménil. Seuls 2 et 12 conservent le type antérieur, mais 12, d'accord avec les parlers francs-comtois (sauf la substitution postérieure de « cul » au point 23) a créé un nouveau terme « lave-queue », qui a évidemment été précédé par « lèvequeue ». C'est à tort que rüe hù de 21 a est considéré dans les N. E. comme une déformation individuelle ; ce mot existe réellement et sert à désigner un autre oiseau, le rougequeue, ainsi que Hingre l'indique s. v° rôge-cu.
Beugler c. 98.
Le mot actuellement le plus répandu pour exprimer le beuglement ordinaire des bestiaux correspond à l’a. fr. rejaner, composé qui se rattache, avec changement de la terminaison de Pinfinitif, au latin ganuire, cf. ML., EW. 3676. buël(à) ou -(à) des deux vallées et éwal(àä) du Val-d’Ajol ont la même origine que le fr. béler, et Hingre donne à bwélé, comme premier sens, celui de bêler ; mais comme. ce verbe signifie aussi pleurer, cf. plus loin, il est actuellement impossible de reconnaître si l’extension de sens s’est faite directement de bêler à beugler ou par l'intermédiaire de pleurer. Quant à P@I(®), c’est vraisemblablement une adaptation récente du fr. beugler avec une modification causée par « bêler », et cet emprunt paraît avoir été fait par recherche d’un mot nouveau, comme on l’a vu à propos de bégayer.
Bousièr c-+114:
Tout notre domaine emploie un composé formé, comme le français fouille-merde, d’un verbe signifiant fouiller et d’«étron », et peut-être sur ce modèle. Le traitement même d’« étron», qui ne présente plus de trace du s précédant anciennement #, même dans les parlers de la Moselotte, cf. © 43, semble indiquer que ce composé a pénétré dans les vallées en venant de la région de Remiremont. L'élément verbal présente de sérieuses dificultés : le type le plus répandu se rattache au v. fôlyé, que j'ai recueilli dans plusieurs localités au sens de fouiller Z., cf. aussi feulgné Haiïllant, foleené Hingre ; mais l’origine de ce verbe est obscure, et s’il est tentant de le rattacher à /@né, fœué, fouiller, fureter, fréquents dans notre domaine et eux-mêmes issus d’un représentant du fr. fouine <Z fuscina, cf. feune, fouine, Haillant, les rapports de ces différents mots et en particulier l’explication du / de /@lyé ne peuvent pas être établis d’une façon satisfaisante. De toute façon fn ôtro, fŒ&u- de 14, 15 paraissent des reformaiions récentes ; le fait n'est pas douteux pour füj ätrô du Val-d’Ajol, dont lélément verbal correspond au fr. fouger, type dont fristro de 11 a et b&j étro de 8’ a sont des corruptions assez obscures, la deuxième peut-être par blé fti, et
toutes deux probablement individuelles ; de même le dérivé foluÿ de 11 a semble être une création personnelle. Enfin quelques parlers de la Haute-Moselle emploient un autre terme blé ft, qui équivaut au fr. « bleu vêtu », dont on ne peut actuellement dire si c’est une innovation récente où un mot antérieur au composé « fouille étron ».
Bouvreuil cf. Pinson.
Bruiner/c.124
Les parlers manifestent une grande activité créatrice pour ce phénomène atmosphérique. À côté des formes verbales py@vot du point 2, pydvèn id., refait aux points 2, 4, 6, 10, 15, 16 sur py&j, -j, pluie, rüxèn de 8', de même famille que « rosée », cf. rôsegnc, Hingre, les témoins ont employé plus fréquemment des Jocutions dont le substantif porte l’idée essentielle, « il fait de la petite, de la fine pluie » en quelques points, « il fait, il tombe de la poussière », cf. la c. 603, aux points 7, 8, 9, 21, 22, et surtout une expression recueillie dans la plupart des localités et formée avec un substantif masculin rôge 1-8/, -ë 11, 13, 17-22 et-à 12. C’est vraisemblablement un dérivé du radical de «rosée » au moyen du suffixe qui est ain en fr. <[ amen, de même que pieuvin, petite pluie fine, d’Uriménil, pieuvi, longues pluies, de La Bresse sont dérivés du radical de pleuvoir avec un suffixe correspondant au fr. in <Z imen. On pourrait aussi proposer d'y voir des dérivés des types verbaux « rosiner, rosigner, pleuviner »; mais la première explication est plus probable, en raison de la forme même.des substantifs. Au contraire rosenesse de Vagney, Adam, p. 358, est manifestement postérieur au verbe.
Cache-cache c. 131.
Le terme le plus répandu pour désigner ce jeu d'enfant est «à la cachette », qui tend à faire disparaître les autres, ainsi que l’ont formellement indiqué 12 c et 22 b. ÿ réétà, quin’existe plus qu’à La Bresse, contient le v. « racheter » ; Hingre s’en est bien rendu compte et explique d’une façon satisfaisante le développement du sens : « Raïkketa, s. m., jeu de cache-cache, où lon crie Raïkkta — racheté! quand on a découvert l’un de ceux qu'on cherchait ». C’est également l’usage du français popu-
eos ne laire du Thillot, où les enfants crient à cette occasion : « Racheté un tel ». « Au trente » et kôfér et -&r, dérivés du v. « compter », l’un avec le sufhixe ér — fr. ière, l'autre avec le sutfixe @r = fr. oire viennent de ce que les enfants se comptent pour désigner celui qui devra rechercher les autres. L’article masculin ? de l'aire 9, 16-19 devant kôtér peut être dû au genre du mot « jeu » ; par conséquent on ne peut pas en inférer que cette expression soit postérieure à « au trente », à laquelle elle devrait son article. Par contre, dans ÿ kwééot de 1 a que ce témoin a indiqué immédiatement après /rôt, 1, du reste accidentel, provient évidemment de ÿ frôt.
Casserole c. 137, Écuelle c. 278, Marmite c. 480, Soupie rec 72220.
Il est nécessaire d'étudier ensemble les termes qui ont été donnés pour les différents mots français désignant les récipients de cuisine, casserole, marmite, poêle, pot, soupière et même écuelle, jatte, car beaucoup de témoins les ont mal distingués : heureusement j'ai obtenu d’eux des explications assez abondantes et précises pour qu'on puisse interpréter leurs réponses. Au reste les principales innovations consistent à emprunter, en les adaptant plus ou moins, des mots français : «casserole, daubière, gamelle, marmite, soupière, terrine, tourtière » sont des emprunts tout récents, « écuelle » est un peu mieux adapté; de « pot » et même de « poêle » on ne peut rien dire en s'appuyant sur la forme. Nos parlers semblent donc avoir été assez pauvres ; et cette pauvreté du vocabulaire vient sans doute d’une pauvreté de la vie sociale. On se serait attendu à trouver du moins quelques termes anciens pour désigner les ustensiles en bois ; mais, bien que j'aie spécifiéen demandant jatte qu'il s'agissait d’une écuelle en bois, je n’ai pas obtenu de mot particulier, sauf rüd1ô de 2 à. L’examen des lexiques confirme les données que j'ai recueillies : Haillant, tout en indiquant efieule, écuelle, traduit caissotte également par écuelle. Hingre de son côté traduit caïssate par
carlin, soupière, terrine. Et cependant, à côté des mots que nos parlers ont empruntés au français, évidemment avec des objets
nouveaux, on trouve quelques termes locaux, qui montrent que nos parlers n’en ont pas été uniquement tributaires. À côté de « cassette », dérivé de « casse », cf. D. G. casse 1, de nombreux témoins ont indiqué, en réponse à casserole et marmite, diflérentes formes dérivées d’un mot emprünté aux parlers alémaniques Æachel, cf. Martin, I, 419, kôklôt 2, 8", -ôt 14, 15, -ät 16, 17, -rût 12, “dt IA b, casserole-c 137, kôklôb xr, käklät 18, 22, marmite c. 480. (Lé fr. cocolle n'a aucun rapport étymologique avec ces mots.) Le simple ne paraît plus exister dans nos parlers, mais ceux de la Franche-Comté le possèdent encore, cf. cocél « grandes jattes » La Franche-Montagne, caquelle, vaisselle grossière de cuisine, Montbéliard, câquelle, ustensile en poterie, Châtenois, etc., et aussi kokor, poêle à frire, 26 a, poële L. Dans les parlers lorrains voisins de notre domaine il ne semble pas avoir une grande vitalité : Haïllant s. v° coguotlé ne donne que cauquelatte communiqué par Thiriat, c’est-à-dire pour la région de Saint-Amé, et cauquelotte du Tholy, et Hingre, ordinairement si riche, ne donne rien. Outre ce mot, La Bresse en emploie un autre bülät, diminutif de « boule», donné en réponse à casserole et marmite, avec des explications contradictoires des deux témoins a et b; celle de b, cf. N. E. de la c. 131, doit être exacte, car elle concorde avec celle de Hingre : « boulale, bouillotte, bouilloire, petite marmite à trois pattes et une queue ». Soupière c. 722 présente également un mot local d’origine incertaine kärli 13, 14, 15, kérl (m.) 5, 21, 22. Les notes de Hingre: «kairle, s. m., carlin, soupière. — Caissate, carlin, soupière, terrine » montrent que carlin est du français régional. Le mot atteint à peine Uriméuil, car Haillant dit : « carlin, indiqué par quelques personnes pour désigner un plat de soupe ». L'Atlas linguistique c. soupière Va recueilli dans quelques localités avec un s initial qu’Adam p. 373 donne aussi pu Le Tholy, scarlin. Carlin de Leintrey (canton de Blamont, Meurthe -et-Moselle) étend le domaine du mot jusqu’au nord de la Lorraine. Haïllant ajoute à propos de carlin : « Patois alsacien kerle et cherle, jatte à large ouverture (Haute-Alsace, Suisse)», mais je n'ai pastrouvé ce mot dans Martin. Tou-
tefois il n’est pas douteux que kärli soit dérivé du simple Aërl. Or, je remarque dans Martin s. vo hérl — all. Kerl que les parlers alsaciens emploient ce mot pour désigner tout être et même tout objet gros. Un autre fait notable, c’est le genre masculin de kér!, d'autant plus qu'à peu près tous les autres mots sout féminins. Pour ces raisons il est très vraisemblable que notre mot represente l’alsacien kërl, appliqué par plaisanterie à de grosses casseroles. Les fofmes avec s initial s’expliqueraient par un croisement avec « écuelle ». Il est vrai que ce mot ne paraît plus avoir actuellement de s initial, mais il a pu le perdre sous l'influence du français : c’est ainsi qu’à Gérardmer on dit actuellement kwel, écuelle, et que cependant skflé, soupière, à une syllabe initiale qui suppose une tout autre forme d’« écuelle ».
Enfin, bien que po soit usuel dans toutes les localités, non seulement un diminutif en ef propre à nos parlers a été créé, cf. pot L., mais un mot de formation ancienne subsiste encore en plusieurs points, à savoir un dérivé en à de « broc » au sens de pot de grès, de terre, etc. : brééd 2 c, $ d, 19 c, 21 a, 22 a, -<- 8", 9, 12 a, 14 b, 16 a, 18, cf. aussi Hingre’breuchon, petit pot, pot en grès.
Chaise L.
Tout notre domaine emploie le type « selle » : c’est une innovation, qui n’a laissé subsister que de faibles traces du mot antérieur issu de cathedra, ééy@r 14 a (15 a ne la donné que comme usité dans la montagne), et khayére à La Bresse, d’après Hingre. Mais ces formes ne sont pas des représentants réguliers du type étymologique, et il en est de même de khayeur d'Uriménil et de nombreuses formes lorraines, cf. Adam p. 309, Horning p. 112. M. H. s’est bien rendu compte, & 23, que yeyær ne peut pas provenir de cathedra, mais il n’a pas proposé d'explication. L'origine du trouble causé dans le développement phonétique de cathedra est pourtant simple : il y a eu d’une part un croisement avec le verbe « asseoir », qui a modifié la consonne initiale, comme par ex. khayére de La Bresse, et d'autre part une substitution de sufhxe. éey@r, donné par 2 c au sens de siège, est même si complètement refait-sur «asseoir»,
qu'il paraît en être dérivé avec le sufhixe &r; mais, tout comme les autres formes, c’est une transformation par étymologie populaire d’un représentant de cathedra.
Champ c. 152.
Le champ communal n’est plus désigné par « essart » que dans l’aire 1-7 et à La Bresse, et cependant « essart » est attesté dans de nombreux noms de lieux de notre domaine, cf. p. 137. Un mot nouveau s’y est substitué dans l’aire 8-22 (les localités situées autour de Remiremont paraissent l'avoir perdu, ou du moins mes témoins ne le connaissent plus ; toutefois les témoins de Bellefontaine ont indiqué que l’essart n’y existe pas), et apparaît même dans les localités 5-7 : sous ses formes diverses, il représente un type « brisoir », attesté par la forme briseux d’un texte de 1696, qui est une reconnaissance par plusieurs habitants de la paroisse de Ramonchamp de droits dus au curé : Inventaire sommaire, WI, p. 8, col. 1, c’est-à-dire champ où on brise la terre, cf. aux notes explicatives de la carte 434 l'expression kasä ? l&, labourer un champ communal qui n’a pas encore été cultivé. Il existe en outre une autre innovation moins répandue, feà $ a, c, d, fé ou véfä 19 a : c’est le participe pris substantivement du v. « verser », cf. la c. 650, et dont la terminaison a été remplacée dans le parler du témoin 19 a par le suffixe à — fr. ard. |
Chevreauc. 183:
On à déjà eu l’occasion de parler de ce mot À 148. « Chevrette » que plusieurs témoins ont indiqué n’est probablement pas un équivalent exact du fr. chevreau. Par contre gédé de 2, s, 6, -i de 6, 8°-ô de 19, 22 ont bien la mème valeur sémantique. Il est vrai que d’après Hingre guédon serait féminin et signifierait chévre. Quoi qu'il en soit, toutes ces formes sont dérivées d’un simple aujourd’hui disparu et provenant d’une forme ancienne de lallemand Geiss, cf. ML., EW. 3639, et Kôrting, 3° éd., 4167. L’emprunt est nécessairement ancien, car les parlers alémaniques disent actuellement käys ou.des formes analogues, cf. Martin, I, p. 236. Mais, même si l’on remonte à un type ancien gait, le d de nos parlers est surprenant. Peut-être la sonorisa-
tion du t vient-elle du parler enfantin; 6 b a formellement indique que gédi est un mot d’enfant. Les suffixes appellent en outre quelques observations : gédé est probablement formé d’après éëvré, et gédi d’après le type « chevrit », aujourd’hui disparu des localités qui emploient gëdi. Quant à guédèle, que Hingre donne comme synonyme de guédon, le suffixe éfe montre que c’est une forme du français populaire de la région.
Éimeceror. ù
La plupart des localités emploient un dérivé en & de «cime ». À ce mot, qui a dû couvrir tout le domaine, se substituent des termes nouveaux, non seulement « haut » ou « pointe » comme en français, mais des termes locaux #ik 11, 12, 13, &ik 8, également usité dans les parlers franc-comtois de 23, 25, 26, €- 8, d'où dérivent kiklät de 16 et éiklôt de 2, 4, éikôt de 24. Adam donne également quique, pointe, Dompaire (canton de Mirecourt, Vosges), et Haillant cette même forme et le dérivé kikatte, cime d’un arbre, d’un clocher, Savigny (canton de Charmes, id.) s. vo kicrote, petite crête, crête du jeune coq. Des dérivés des deux types ik et ik s'emploient également pour désigner la mèche d’un bonnet, cf. mèche L.: kiklôt 8° c, -àt 17 c,--krôt 14 b 15 a, cf. aussi kicrote, flot de bonnet de laine, Uriménil, Æikré, flot de ruban au sommet d’un chapeau, Dounoux (canton de Xertigny, Vosges) d’après Haillant, /. c., et d'autre part éÿklôt $ d et, avec nasalisation, éiklé 2 c. Ce dernier dérivé a pris en outre le sens de bouquet de fleurs ou de fruits groupes sur une même tige : étkle $ d,6f, 19c,e-8'f, 15 a, tandis que 12 a dit ciklé et 24 êïke, cf. Bouquet L.,et 2 c l’a en outre indiqué au sens de tas fait de 4 fruits ou 4 billes dans un jeu d'enfant, cf. Tas L. Enfin, 21 a indiqué éïkät au sens de mèche de cheveux c. 483.
Il est presque inutile de réfuter l’explication de M. Haillant qui croit que Æicrote est un diminutif à redoublement de crote, crête. (Quant à kkël 11 c, verge du petit garçon, français populaire, Uriménil, à propos duquel M. H. dit : « On peut voir dans ce môt une espèce de redoublement initial analogue à celui de kikrotte », c’est une adaptation du fr. populaire quéquette