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CANTON DE SAINT-JEAN-DE-LUZ

Saint-Jean-de-Luz (1), en basque Donibane Lohitzun (St-Jean le boueux, marécageux). Cette épithète, justifiée par le développement de l'embouchure primitive de la Nivelle et les marécages comblés, il y a à peine encore un demi-siècle, a perdu de sa

(l)VVoir nos Rech. hist., t. I, p. 500.

justesse (Y). Le nom altéré de LoJtilzun en loytz, lut:, a fini par devenir Luz. Le cartulaire de Bayonne, f° 52, appelle cette ville, en 1186, « Sanctus Johannes de Luis », en 1315 « Sanctus Johanues de Luys », et une charte en gascon conservée à la Mairie, lui donne le nom de « S 1 Cent Johan de Lohitz », en 1414.

Bertrand, vicomte Labourd, de 1 137 à 1170 (2), à l'époque de son mariage avec Ataressa, de l'une des familles vicomtales de Baïg*orry ou de la Soûle, croit-on, fît donation au chapitre de la cathédrale de Bayonne de la baronnie de St-Jean-de-Luz avec tous les droits seigneuriaux, entre autres, la justice et le patronage de la cure, libéralités confirmées, en 1194, par une bulle du pape Célestin III. Le chapitre de Bayonne, substitué au vicomte du Labourd, avait dès lors droit de basse, moyenne et haute justice, droits seigneuriaux, droits de péage, de pontage, de chasse, de pèche, droits sur les eaux douces et salées, sur les bois, landes, palus, padouans, etc. Troublé dans l'exercice de ses droits par les soigneurs d'Urtubie, de St-Pée et Boniort, le 15 avril 1414, il obtint leur maintien de Henri, roi d'Angleterre, duc d'Aquitaine (3). Il sut faire reconnaître encore ces prérogatives en 1474 par le roi Louis XI, qui par lettre avait déjà pourvu un certain Martincho Derratzou, delà charge de hayle de la ville de St-Jean-de-Luz.

Les droits utiles de la seigneurie, tels que nous venons de les rappeler, exercés d'abord par des délégués du chapitre, furont ensuite donnés par celui-ci « en afferme » aux « manants » et habitants de St-Jean-de-Luz et gérés par eux-mêmes. L'atfcrme était payée en nature et variait souvent selon les circonstances. Bans le principe, chaque habitant, possesseur d'une maison, devait payer une conque de millet (4), à l'époque de la S u Catherine. L'ensemble de la communauté avait à payer en outre, pour

11) St-Jean-de-Luz est bâti sur une langue de sable formée d'un côté par la rivière de la Nivelle et de l'autre par l'Océan. D'après une Etude sur la Baie de St-Jean-de-Luz, 1876, par M. Bouquet de la Gyre, l'embouchure de la Nivelle, aux premiers siècles, était comme un estuaire embrassant l'espace occupé aujourd'hui par la plage et la

ville. — M. Fargeot, notaire à St

ean-de-Luz, nous a affirmé avoir

péché à la ligno derrière sa maison actuelle distante à peine de quelques mètres de la rue principale de cette ville.

(2) Fortun-Sanz, vicomte de Labourd, et son frère Lop Sanz, favori de Louis le Débonnaire, possédaient tout le temporel des églises de St-Jean-de-Luz et d'Urrugne. (J. Balasque, t. I, p. 60 )

(3) Ibid., t. III, p. 447.

(4) La conque valait 43 litres 75 cent, de notre mesure.

location du quai, doux livres vingt liards par au. Les paiements faits irrégulièrement donnaient lion à do fréquents procès. Los habitants alléguaient, qu'avant la donation de la baronuio, ils ne payaient rion au vicomte et que les chanoines étaient bien impertinents d'être si exigeants, que les possesseurs de maison et terre labourable devaient payer la ferme et non ceux qui n'avaient que maisonnette et jardin.

Les chanoines, voyant que le.s procès ne leur profitaient pas, prirent une délibération, dont, voici le préambule : . << Considérant le dire du sage Sénèque, que par la bonne concorde, les choses petites s'augmentent en bonheur, et par la discorde se dilatent en grand malheur » ils envoyèrent des délégués, le 10 juin 1509, jour de dimanche, pour s'entendre avec ceux de St-Jean-do-Luz, savoir : Mathieu de ilabas, chirurgien-barbier, syndic ou abbé de la ville, Jean d'Ithurbide, vicaire de la paroisse, et le.s jurats de la coinmunaté. I! fut arrêté, que tout propriétaire de maison, jardin, terre culivéo et autre héritage paierait, et chaque année, une conque de millet, ou quatre doubles do Béarn appelés chaufons ; chaque chaulbn évalué dix deniers tournois, et ceux qui n'auraient que maison et jardin seulement, demi-conque de millet ou deux chaufons, le tout payé annuellement et perpétuellement à la Ste-Catherine. Le chapitre tiendrait les habitants quittes des arrérages. Pour le quai, les habitants devaient payer 30 liards, chaque année et à perpétuité.

Les parties jurèrent de remplir exactement les clauses du contrat. Los représentants do la communauté de St-Joau-de-Luz jurèrent : « sur les quatre saints évangiles, Dieu corporellement touché de leurs mains doxtres. » Les chanoines jurèrent : « par l'élévation de leurs mains doxtres haut vers le ciel et à Dieu, à Notre Seigneur. »

La soleunité du serment n'ayant pas garanti la fidélité des paiements, les difficultés et les procès recommencèrent. Le chapitre déjà endetté eut à envoyer au Pape, en 1568, une somme de 280 écus d'or pour sa part d'imposition, Ses membres se réuniront et délibèrent de vendre leur baronnio, attendu, dirent-ils, « qu'ils n'en retirent annuellement que 50 livres tournois de revenu, que la justice qu'ils exercent, à St-Jcan-de-Luz. est plus onéreuse que profitable, à cause des grands frais qu'il convient de faire à la poursuite des criminels et délinquants, d'autant plus que les

habitants contraignent le chapitre à faire exercer la justice par un homme littérè et gradué, résidant sur le lien, suivant plusieurs arrêtés de la Cour du Parlement de Bordeaux, grosse dépense excédant le revenu annuel. »

Les manants et habitants de St-Jcan-de-Luz ayant offert la somme de deux mille livres tournois pour l'achat de la baronnie, les chanoines s'empressèrent de l'accepter. En conséquence, le 22 mai 1570, entre les chanoines du chapitre de l'église cathédrale de Bayonne et Jean d'Ansogorlo, écuyer, bayle, et les représentants des habitants de Saint-Jean-de-Luz, fut arrêtée la convention suivante :

« Les chanoines du Chnpitre pour mettre fin aux procès se sont démis et se démettent en faveur des manants et habitants de St-Jean-de-Luz de tout droit, nom, raison et action que ledit chapitre pourrait avoir aux dits procès, et ont fait aux dits manants et habitants, corps et communauté du dit lien de St-Jean-de-Luz, vente de lad. baronnie consistant en la justice haute, basse et moyenne et tout ce qui en dépend, fiefs, écus, rentes, droits sur rivières tant en eau salée que douce, leurs appartenances et dépendances, et tout ce qui est temporel, tout ainsi que le chapitre avait accoutumé d'en user : laquelle transaction a été faite, moyennant le prix et la somme de 2,000 livres, de laquelle .somme le. s r Ansogorlo a payé et délivré comptant aux chanoines la somme de 700 livres tournois, laquelle a été comptée, nombrée, prise et reçue sur ces présens, en présence d'un notaire et des témoins, tant en écus, pistoles, le tout du coin de France, de laquelle lesdits chanoines se sont tenus pour bien contents et satisfaits et le restant de ladite somme qui est de 1,300 liv. tournois, les députés ont promis payer et bailler et livrer aux chanoines, savoir, 300 1., le jour de St-Michcl de septembre prochain, et le restant, qui est 1000 1., dans deux ans, à compter du jour de ces présentes, en payant l'intérêt de la dite somme de 1,000 1. à sept et demi pour cent par an, etc.. »

Les habitants, chacun payant au prorata de ce qu'il possédait, se libérèrent en payant intégralement la dite somme de 2,000 1. En 1600, des hommes de lois ayant persuadé aux chanoines de Bayonne qu'ils avaient vendu leurs droits sur la baronnie beaucoup trop bon marché, ceux-ci se pourvurent contre cette vente, en restitution, par lettres royales. Les luziens, pour éviter un nouveau procès, consentirent une nouvelle transactian, le 25 juin 1600,

inoyonnant 510 livres. Doux édits <lo 1000 ot 1009 ayant donné le pouvoir et la liberté aux ecclésiastiques de racheter les biens dépendant de leurs bénéfices par eux aliénés, le chapitre de Hayon no. intenta un nouveau procès pour le rachat de la justice et seig-neurie. Ce procès, après avoir passé par le Parlement de Bordeaux, l'ut porté au conseil privé du roi; les bayle et jurats tirent valoir non seulement les titres d'acquisition de la justice et antres droits seigneuriaux du 22 mai 1510, mais encore les privilèges accordés à St-Jean-de-Luz par lettres patentes de plusieurs rois. Il s'en suivit un arrêt contradictoire au conseil privé du roi du 21 avril 1632, par lequel S. M. évoqua à lui et à son conseilles procès et différends des parties pendantes, tant au Parlement de Bordeaux qu'au grand conseil, et faisant droit, débouta les chanoines et maintint le bayle et les jurats de St-Jean-de-Luz dans la jouissance de tout le contenu des transactions des 22 mai 1570, et 25 juillet 1600.

Le roi ordonna que ces transactions auraient leur plein et entier effet, néanmoins pour certaines considérations, il ordonna que les bayle et jurats de St-.Tean-de-Luz paieraient aux chanoines la somme de 6,000 liv. pour être employées en achat de fonds et rentes au profit du domaine de l'Eglise. La- communauté de St-Jean-de- Luz ne pouvant payer comptant les 6,000 liv., en paya l'intérêt en denier cuivre plus ou moins régulièrement. Enfin en 1713, la communauté- de St-Jean-de-Luz se libéra envers iesdits chanoines en constituant la somme do 6.000 liv. en titres de rente au profit de VKglise.

En vertu des tranctions de 1570 et 1600, le bayle (1) de St-Jeande-Luz devint baron et seigneur de la ville. Eu qualité de noble, il avait place aux Etats de la sénéchaussée des Lannos. Il rendait la justice ordinaire, administrait les deniers communs, convoquait la milice et concentrait à peu près tous les pouvoirs civils et militaires. Quatre jurats nommés, comme lui-même, à la pluralité des suffrages, lui servaient d'assesseurs. Une ordonnance de Louis XII de 1615 autorisa le bayle et les jurats à porter uu chaperon rouge orné des armes royales, en signe de leur dignité.

(I) Le premier magistrat porta le nom iVubbê, jusqu'en 1503. Depuis cette époque, le nom de bnijlc prévalut. Voyez le* droits du bayle de St-Juan-de-Luz dans les Etats de Lannes, à Dax, dans nos Kec/t. kist. t. I. p. 000- 1.

Déjà une simarrc ou robe rouge les «ouvrait aux jours de cérémonie et constituait leur costume officiel (1).

Eglise. Comme toutes les églises du pays basque, celle de St Jean-do-Luz était entourée d'un cimetière, qui comprenait le jardin de la maison Dop, où naguère on a découvert des caveaux et des ossements humains. Les inhumations avaient lieu non seulement dans le cimetière, mais encore dans l'intérieur de l'église. Une ordonnance de l'évèque de Bayonne, de l'année 1786, interdisant ces dernières, enjoignit à la population d'établir un cimetière hors la ville; elle souleva une véritable révolte, que la municipalité ne . réussit à calmer qu'en annonçant qu'elle avait obtenu un sursis à l'exécution de l'ordonnance épiscopalc. En 1793, le général Dubois Crancé, commandant de l'armée des Pyrénées Occidentales et gouverneur de la ville de St-Jean-de-Luz pendant le siège, donna ordre d'enterrer les cadavres à la hauteur de Aize-Frrota. La municipalité redoutant un soulèvement général, comme en 1786, chercha à gagner du temps et l'on se contenta d'inhumer les militaires décédés, au lieu indiqué. Pressée par l'administration préfectorale, la municipalité dut prendre diverses délibérations sur cette affaire, en date du 13 brumaire et du 5 messidor an XIII;. mais elles restèrent lettres mortes. Enfin, en 1825, on inaugura le cimetière actuel, non sans récriminations de la part de la population.

La ville de St-Jean-de-Luz fut envahie et saccagée par les Espagnols en 1419 (2), 1560, et 1636 (3). Plusieurs maisons et notamment l'église furent incendiées. Aussi celle-ci se ressent-elle des diverses reconstructions ou réparations nécessitées par ces malheurs. C'est un assemblage de tous les styles. Cependant à examiner la partie inférieure de son clocher, quelques ouvertures aujourd'hui murées de la façade méridionale, on voit que l'édifice primitif, en style ogival, remontait auxm c ou xiv c s. Elle avait, dit M. Goyetche, une apparence robuste et massive, particulière aux constructions de l'époque » (4). Disons particulière aux églises des deux versants des Pyrénées (5).

( I) Ai eh. do l:i Mario.

(•„'» .1. Kalasquc, t. 111 p. 4 G?.

(:.{( Aï-c i), do la ville.

l'i) Sl-Jcau-de-Luz hi st. ot pittoresque, l rL! éd. p. !7. (5) Ou voit encore de ces églises (des espèces de tour de défense) dans la partie basque ultra-pyrénéenne.

Elargie (1) du côté de la mer, à une époque que nous no saurions préciser, elle a été considérablement agrandie au xvir s. En 1651, le bayle Johannis de Haranader.dit Putil.se chargea de l'agrandissement, moyennant la moitié des droits sur les vins, pendant une année , et la totalité des sommes provenant des donations, aumônes, de la vente de terrain et droits de sépulture dans l'intérieur de l'égrlise. Le devis comprenait la construction de l'abside et des chapelles latérales. On remarque encore la ligne de séparation de l'ancienne et de la nouvelle construction, h côté et au dessus de la porte aujourd'hui murée et dite de Louis XIV. On ne tarda pas à s'apercevoir de l'incapacité et des malversations financières de rentrepreueur. Eu conséquence, il fut destitué et les travaux ne reprirent qu'en 1006. Ils se terminèrent en 1671 (2;. La porte dite de Louis XIV était la porte d'entrée ordinaire de l'édifice. Fermée par suite des travaux de l'agrandissement, elle fut remplacée par celle que l'on voit aujourd'hui.

En 1685, le clocher menaçait ruines, on reconstruisit sa partie supérieure et on lui donna une toiture recouverte en plomb. C'est à cette époque que remonte son style gréco-romain du plus mauvais gout. Espérons qu'un jour on le reconstruira dans son style primitif du XIII 0 ' et XIV* siècle. La foudre en tombant, le samedi 27 novembre 1706, bnih la toiture sans qu'on put y porter secours, parce qu'une pluie de plomb fondu coulait de toutes parts : on sauva l'église et les cloches, dont la plus grande avait été fondue, en 1655. L'escalier extérieur du pied du clocher fut fait, en 1751, avec sa belle balustrade en fer. Les galeries furent reconstruites en 1705. M. l'abbé Doyhambehère les a refaites de nos jours. L'église de St-Jean-de-Luz (49 m. sur 17 m., mesures intérieures) avec ses* trois magnifiques galeries, son avant-chœur, ses chapelles latérales, son abside à pans-coupés, son rétable du maître autel à

|li ("est la raison de ln déviation do la porte d'entrée, de l'axe de l'édifice. Ce fait se retrouve dans plusieurs do nos églises. La partie nord écaillée, effritée par les gelées, nécessita souvent une reconstruction : on en profitait pour élargir l'édifice.

Il'} 11 y a des ouvertures postérieures à cette date. — Dans un registre conservé au presbytère et ouvert , le l«'janv. ITT),*), on trouve les détails de construction des pilliers extérieurs, des arceaux des chapelles, du grand escalier etc. Jusqu'à l'année époque de l'inauguration de l'hôtel- de- ville, les assemblées rapitulaires ou des notables se faisaient dans l'église paroissiale. Cela se pratiquait dans plusieurs de nos paroisses. Dans ces églises, une haute balustrade séparait la nef du sanctuaire.

trois ordres d'architecture, est sinou un modèle d'architecture, du moins un bel édifice et le mieux approprié que nous connaissions, soit pour la commodité des fidèles, soit pour la solennité de nos augustes cérémonies. '

Sans parler des nombreuses visites des plus hauts personnages, tant laïques qu'ecclésiastiques, faites à cette église, des missions données par des prédicateurs de grand renom, tels que le P. Clément d'Ascain, l'abbé Daguerre, fondateur du séminaire de Larressore etc., nous mentionnerons deux événements bien différents, mais d'un haut intérêt pour l'histoire de la paroisse. Nous voulons parler de l'interdit lancé par Mgr d'Echaux sur les habitants de St-Jcan-dc-Luz et du mariage de Louis XIV.

En 1605, Mgr d'Echaux, évèque de Bayonne, vint en tournée pastorale à St-Jean-de-Luz. Sa visite occasionna de grandes dépenses, que la municipalité se refusa à payer comme elle le faisait d'ordinaire. Le prélat, qui n'en était .pas responsable, puisqu'il ne les avait pas commandées, en fut offensé. Quelques mois après, l'évèquc crut pouvoir céder à un de ses partisans de la ville, Adam de Chibau, une sépulture dans l'église de St-Jean-de-Luz. La sépulture appartenait, paraît-il, de temps immémorial à la communauté, pour l'avoir acquise de la maison Beraun d'Acotz. Les bayle et jurats intentèrent un procès au nouveau concessionnaire. Celui-ci eut recours à l'évôque, qui demanda aux magistrats muuicipaux de se désister du procès engagé. Sur le refus de ceux-ci et des propos malveillants de la population, Mgr d'Echaux lança l'interdit sur la communauté, qui en appela à l'archevêque d'Auch. Celui-ci leva la censure. Non contents de ce triomphe, les jurats présentèrent une requête au roi, qui, par un arrêt pris en conseil privé, amena l'évêque à absoudre les habitants de St-Jean-de-Luz. Voici la lettre épiscopale :

« En 1606, Bertrand d'Echaux, parla grâce du St-Siège, évêque de Bayonne, a entrepris d'écrire ces lettres concernant le salut de l'Ame de ses diocésains, étant la chose lapins essentielle et comme la principale fin qu'on se propose... Sur quoi, faisant réflexion et déplorant le sort des habitants de St-Jean-de-Luz qui, depuis si longtemps sjnt emportés à un si grand danger de perdre leurs Ames, à c uise de l'interdit lâché non-seulement contre la ville, mais encore contre les habitants, mettant pourtant le clergé à part, pour les raisons rapportées dans ces mêmes lettres; je crois avoir

fait co qui convient à la piété, afin que mettant fin à vos inquiétudes, vous travailliez au salut de leurs ames. C'est pourquoi, nous délivrons de cet interdit ces mûmes habitans et leur donnons le pouvoir de recevoir les sacrements, en faveur de quoi, Nous-même avons écrit ces lettres. — Donné à Paris, le dernier mars 1G06. »

Nous n'avons pas à discuter ce fait, dont nous ne connaissons pas tous les détails, mais nous savons que les baylc et jurats de. St-Jean-de-Luz, parleur ingérence incessante dans les matières et affaires ecclésiastiques, gênaient souvent les administrations paroissiale et diocésaine (1).

(I) En 1032, Ray. de Montagne, év. de Moyenne, d'accord avec le curé de la paroisse, voulut nommer le prédicateur du Carême ; les jurats et notables s'y opposèrent, disant que ce droit leur appartenait. En \0>99, l'abbé Chourio, curé de St-Jean-do-Luz, voulut aussi nommer son prédicateur d'A vent ; les jurats lui refusèrent ce droit, etc. Nous avons parlé de l'intervention inopportune de J, de L., baylc do cette ville, lors de la mission de 1C>33. (Voir Le /\ Clément d'Ascain, p. li et suiw)

En 17 ?0, Mgr Druillet, év. de Rayonne, d'accord encore avec le curé, supprima la procession, que la paroisse de St-Jean-de-Luz était dans l'habitude de faire depuis longtemps (les mémoires parlont de quatre' siècles) à la chapelle de Si-Esprit, a la montagne de Larrun iLa Rhunc) le lendemain de l'Ascension et la remplaça par une autre à la chapelle de St-Joseph, au quartier d'Accotz. Les magistrats voulant régler celle-ci prirent et notifièrent leur délibération au curé. Celui-ci ayant condamné, le dimanche suivant, l'intervention laïque, en termes 'trop injurieux, au gré de nos délibérants, les bayle et jurats prirent une nouvelle délibération pour obliger le curé «\ exécuter leur arrêté et même à réparer en public l'injure faite. Le quartier d'Aceots — où il y avait beaucoup de vignes — était grêlé depuis six ans. Le 15 avril 1732, Joannès de Lissardi, abbé et député du quartier, se présenta à la maison commune pour demander qu'une procession fut faite à la chapelle de Ste-Barbe. Les magistrats, cette fois après en avoir conféré avec le curé, arrêtent: qu'elle aura lieu chaque année, le mardi, après le dimanche de la Trinité ; qu'après la messe chantée dans ladite chapelle, elle continuera jusqu'à la croix d'Archiloa ; qu'elle rentrera par le grand chemin de Rayonne et que pour « les charités » du célébrant et autres piètres qui assisteront à la procession, il sera reconnu par la communaté, la rétribution d'une procession des Rogations, sauf plus amples chantés de la part des habitants.

La municipalité réglait les enterrements, les sonneries, les charges et obligations des benoites, etc. Rien de plus curieux que de lire ces règlements dans les délibrations municipales.

Les marguilliers étaient de grands dignitaires. Nommés par l'assemblée des notables, de la même manière et pour la même dur ée que les bayles et jurats, ils avaient droit, en vertu d'une délibération du 15 février 1713, aux prérogatives suivantes :

« 1° Le marguillier aura un chaperon avec l'image de S'-Jean-Baptiste, notre patron, et ira s'asseoir à un banc au chœur de l'église, dans un lieu bien séant ;

2° Toutes les fois que MM, les magistrats iront, soit aux fêtes solennelles ou autrement, le marguillier ira immédiatement après eux ;

Quant au mariage de Louis XIV avec Marie-Thérèse d'Autriche, jnfaute d'Espagne, béni, dans l'église de St-Jean-do-Luz , par Mgr d'Olce, évoque de Bayonne, le 9 juin 1660, il est bien connu et nous n'avons pas à eu faire le récit (1). Disons seulement que Je puissant monarque fit à cette occasion << don à cette ég-lise d'un assortiment complet de vases et ornements sacrés d'un beau travail, connu sous le nom de chapelle, que Monsieur et Mademoiselle

3° Lorsqu'il y aura quelques offrandes pour les nécessités de la fabrique, il tiendra le rang aussi immédiatement après les magistrats, il recevra le bassin, qui sera présenté pour recueillir les dites offrandes et en retirera le produit pour en rendre compte ;

4° 11 aura le droit de suffrage conjointement avec le curé et les magistrats pour la nomination des prédicateurs de l'Avent et du Carême. (Une délibération de 1699 porte que le Cure n'a pas voix délibérât! ve pour la nomination des prédicateurs, mais qu'on est dans l'habitude de le faire appeler à cette occasion par honnêteté.)

r. 0 La veille de St-Jean, il assistera au feu qu'on allume devant l'église avec chaperon et flambeau ; il aura le pas immédiatement après les sieurs bayles et jurais.

6° Le jour du Vendredi-Saint, il adorera pareillement la croix après les sieurs magistrats ;

7° Toutes les charités, que les fidèles feront pour la fabrique, seront envoyées directement au marguillier, soit en argent, linge, huile poulies lampes et généralement toutes les charités ;

8° Ses comptes seront reçus et examinés parles magistrats et auditeurs des comptes, de même que les comptes de MM. les magistrats ;

Il portera la croix, à l'accoutumée, comme aussi le dais, aux processions et a la Fête-Dieu, à l'octave et aux fêtes des Uois. » — Le baylc et les jurais étaient les marguilliers nés et primitifs de l'église deSt-Jcan-cie-Luz.

En faut-il davantage pour démontrer l'humeur envahissante do la municipalité Luzienne et l'annihilation du clergé? Cela étonnera plus d'un de nos lecteurs. Telle était cependant la situation des curés sous le régime des patrons d'église. Sans doute, le curé de St-Jean-de-Luz n'était pas à la congrue; mais dans les archives municipales, à la date de I7IHI, on trouve un état de ses revenus de toute sorte, y compris la dîme du quartier d'Accotz len moyenne uf>0 1.), s'élevant à la somme totale de '2,177 1. 5 s., chiffre forcé, puisque, ainsi qu'on le vena plus loin, le lentille général du diocèse, de 1739, ne donne nef que 1,400 I.

(1} Lu registre des baptêmes de l'église, gardé à la mairie, porte sur le verso de son premier feuillet :

« Le neuviesme du mois de juin mil six cent soixante, a été ratifié par paroles de présents, le mariage de très haut et très puissant seineur Louis, quatorzième de nom, roi de France et de Navarre, et de très haute et très puissante princesse dame Marie-Thérèse d'Autriche, infante d'Espagne D. Louis Mender de Haro, premier ministre de S. M. C, ayant, par procuration de S. M. T. C, épousé en son nom, le 3 du même mois, cette princesse. à Fontarabie. La messe chantée de la cérémonie du mariage! a esté célébrée par Monseigneur Dolce, notre évesque, ayant pour diacre. M. de Forcoat, aumônier de Sa Majesté, et pour sous-diacre, M. Ilayct, notre curé. »

Signé ; « de Lissardy, vicaire. »

l'enrichirent, à leur tour, do divers tableaux, dont un seul portant le nom de Restout, subsiste encore dans une des chapelles latérales » (1).

Dans vin inventaire consigné dans le registre paroissial, cité plus haut, et fait, le. 9 janvier 1755, on lit à l'article argenterie: « ... Un soleil, un calice avec sa patène, une grande et belle croix, six grands chandeliers, un bassin avec les burettes, une boete pour des hosties, une clochette, une patène pour les offrandes, un bénitier avec son aspersoir, le tout d'argent doré, qui ont esté donné de présent à la présente égiise par Louis XIV, lors de son mariage

solennisé en ce lieu » (2). Do ces ornements sacrés, une chappe,

un antipendium, une chasuble avec ses dalmatiquos, d'une valeur réelle, sont parvenus jusqu'à nos jours.

Nous avons parlé de l'église actuelle de St-Jean-de-Luz. Une question se présente ici naturellement. Est-elle la première église de la lqcalité? Evidemment non, puisqu'elle ne saurait remonter au-delà de la ï e moitié du xnr s. et que le cartulaire de Bayonne mentionne «Sanctus Johannes de Luis», à la datode 1186. Où était cette première église? Il ne parait pas vraisemblable qu'elle fut à l'emplacement de celle d'aujourd'hui. Pourquoi on effet l'aurait-on élevée à l'extrémité de la ville c t pour ainsi dire sur des marécages? L'ancienne route de Bayonne passant par les dunes aboutissait à côté de l'hôpital, là où rétablissement des bains s'élève aujourd'hui. A l'extrémité opposée de la ville, du côté de Ciboure, était N.-D. de la Barre, ou le couvent des Ursulines. La première église était-elle sur ou près cette ligne, qui séparait la ville en deux parties égales ? C'est ce que nous ne saurions affirmer. Etait-elle au quartier d'Accotz? Voici ce qu'écrit l'élégant et regretté auteur de St-Jeande-Luz historique et pittoresque (3): « La tradition raconte, que les premiers colons sédentaires se groupèrent d'abord sur les hauteurs d'Accotz, riches en pAturages, et cette tradition, qui fait d'Accotz le quartier prédécesseur et le berceau d^ la ville, semble se trouver confirmée par les observations citées plus haut, qui montrent la plage maritime, comme inhabitable aux premières époques, et la

(Il Govctchc, 2" édit. p. \ï\.

U>» En 175*1.

\>\) Voyez à la Mairie deux belles cartes représentant l'ancien Saint- Jean-de-Luz.

Nivelle par contre, baignant les collines d'une nappe d'eau large et profonde et formant port à leur port » (1).

Nous avons vu les abbé et jurats d'Accotz figurer dans plusieurs documents officiels. Nous n'en citerons qu'un seul. « C'était en 1593, le parquet de Bayonne rendit une sentence arbitrale, par M e Jean de Crucbette, lieutenant au siège de cette ville, François Dibarsore, prévôt de la ville, etc. L'objet de la sontence était un règlement entre la communauté de St-Jean-de-Luz représentée par Saubat d'Ithurbide, bayle, etc. et le quartier d'Accotz représenté par Joannis de Fagonde, abbé, Joannis de Musturie et Adam Larretchc, jurats. Par cette sentence, la communauté de St-Jeande-Luz fut maintenue dans la possession des quatre parties — les cinq faisant le tour de tous les biens et revenus de cette ville, y comprenant ses bois, ses padouans, etc. — sous la charge de contribuer au prorata à toutes les impositions, corvées et dettes quelconques. Le quartier d'Accotz fut également maintenu dans la cinquième de la totalité des biens sous les mêmes condltious. Par l'arbitrage, il fut ordonné que les abbé et jurats d'Accotz ou l'un d'eux serait appelé à toutes les assemblées, qui se feront par les bayle et jurats de St-Jean-de-Luz, aux fins de pourvoir à leurs biens communs » (2). Mais n'est-ce pas une autonomie propre au quartier? et là où on trouve des abbés et jurats, n'y avait-il pas un prêtre, une église ?

A quelle époque, le quartier, qui fut « le berceau de la ville », devint-il « son annexe »? Nous savons quo la ville de St-Jean-de- Luz, enrichie parles grandes pèches de la baleine au Spitzbcrg, etc. , fière des lettres élogieuscs de Louis XIII, en date du 26 septembre 1627, prix de son concours au siège delà Rochelle, songea dès lors à l'agrandissement de son église. Nous voyons en 1637-39, ses bayle et jurats assigner le chapitre de Bayonne pour en obtenir à cet effet une contribution. Ce projet n'aboutit pas; mais faut-il dire que, dès cette époque, la ville de St-Jean-de-Luz songeait à « annexer » son berceau, en attendant son entière absorption? Nous le croirions volontiers.

(I) 2 e Edit., p. 6.

\iî) Les archives municipales révèlent encore un autre procès entre la communauté de St-Jean-ile-Luz et Accotz, vers Tannée 1578.

Chapelles, établissements religieux et hospitaliers, écoles.

Couvent des Ursulines. Le très obligeant et érudit archiviste de la Gironde, Jean-Auguste Brutails, cite un document relatif à une montre (revue) des compagnies partant, en 1357, pour le service du roi.

Elle eut lieu à < l'hôpital de Sant-Jayme (St-JacqucsJ cerca Fontarrabia como en Sant-Johan de Luz Ce passage, tout en insinuant que les choses se passèrent, à St-Jran-dc-Luz, comme à l'hôpital des environs de Fontarabie, ne nomme pas il est vrai l'hôpital de la ville luzienuc. Mais d'un côté, il ue nous parait pas douteux que cette ville eut pour lors un hôpital pour les pauvres et les pèlerins de Compostelle. De l'autre, dans un ancien manuscrit de cette même ville attribué à l'abbé Larrcguy, ou lit : « En 1630, furent établies les dames ursulines. Dame Françoise de Chibau, veuve du sieur Martin Hirigoyen, accompagnée du sieur D'Auriotz, jurât de St-Jean-de-Luz et représentant cette ville, fut au couvent de Ste-Ursule, au bourg St-Esprit, demander quelques religieuses; ils en obtinrent trois, qui furent les premières établies au couvent de St-Jean-de-Luz. Ce fut dans le vieux hôpital, que la communauté céda pour cet établissement. La même dame Françoise de Chibau en devint fondatrice : elle donna 10,000 livres pour cet objet et elle entra elle môme religieuse dans le nouveau couvent ». Celui-ci s'appela le couvent des Ursulines de la barre. Les anciens documents, un ancien plan du port de St-Jean-de-Luz, vu du quai de Ciboure, par le sieur Oranne, ingénieur de marine, que nous avons sous les yeux, aussi bien que son nom, nous démontrent que cet établissement, par conséquent le vieux hôpital, était à l'extrémité et à l'ouest de la ville, en un mot près du chenal ou de la barre. C'était un édifice carré avec deux ailes, un préau et un cloître au milieu. Dans la nuit du 21 au 22 janvier 1*745 (2) la mer démolit trente huit maisons et engloutit quatorze jardins. La maison des Ursulines fut fortement ébranlée. Au mois de mars 1782, par suite d'une terrible tempête, la mer submergea deux rues et le

(I) Docum. des arch. de la Chambre des comptes de Navarre, Paris, E. Bouillon éd. IS'JO p. fi. Voir aussi, St-Jean-de-Luz hist. par Goyetelie ï< éd. p. 1G8.

{?) A Ciboure, au quartier Pocalette, il y eut 23 maisons abandonnées, 7 emportées et .V.l minées par les fondements. A St-Jean-de-Luz, il y en eut (iU abandonnées, 17 démolies et 15 minées.

couvent dos religieuses devint inhabitable. Elles se réfugièrent à J'hopital, en attendant qu'on construisit, en 1784, un nouveau monastère au haut du quartier d'Ithurbure. Ses vastes bâtiments sont occupés aujourd'hui par Y Hôtel de la Poste. En y faisant naguère des fouilles on y a trouvé des caveaux et des ossements humains. Le couvent des Ursulines fut fermé en 1792. Voici les noms des religieuses, que la Révolution en expulsa.

Dames de chœur Converses

Sœur S le -Louise, née Lucas, 86 a Madeleine Bessonart 73 a

— Nativité, née Gorritz 63 Alexis Miscandv 74

— Cœur de Jésus, née Dor- Madeleine Diturralde 66

•raudeguy .83 * T

— S l -Joseph, née Barnetche. 38 LKri sonates

— S le - Ursule, née Goyetche. 31 Josepha don Esteban .50

— S le -Croix, néeCaulougue. r'6 Dominica Larralde (1) 72

Hospice. L'hospice, qui, scion nous, remplaça celui qu'on céda aux religieuses ursulines, fut bâti en 1623, c'est-à-dire quelques années avant leur installation à St-Jean-de-Luz. La ville doit cet établissement à la générosité de Joannis de Haraneder et de Gracie de Chibau, son épouse (2), au temps de l'administration de Miquelon Dametzague, bayle, et de Chibau, curé delà ville. Destiné à servir d'hôtellerie aux pèlerins de Compostelle, on y recevait les marins pauvres et les nécessiteux de la ville. Agrandi à plusieurs reprises, il fut administré par un clavier ou directeur pris parmi les notables et nommé pour deux ans. Le service de l'intérieur était confié à une dame nommée aussi par les notables, pour un temps indéterminé. Le 1 er Juillet 1808, demoiselle Jeanneton Courtade fut nommée hospitalière, au traitement de 1 .200 1., plus le produit des quêtes évaluées 200 1., à la charge : 1° de l'entretien des gages des filles de service; 2° de la fourniture des bois h brûler et du luminaire; 3° de la fourniture des boissons nécessaires; 4° du blanchissage; 5° de la décoration de la chapelle et de la fourniture de l'huile de la lampe. Ces charges turent calculées sur l'admission ou existence de six pauvres dans l'établissement. Si le nombre était dépassé on devait en tenir compte à l'hospitalière. — L'abbé Berho, aumônier, recevait un traitement fixe de 200 1. par au.

Il) Arch. des Bas. -Pyrénées, Rév. III Q 71. La pension de chaque sœur choriste fut fixée à 300 1. et celle des autres ù i50 pour chacune, q m

(•!) Voyez leur testament, Goyetche, ,c éd. p. ?0'J.

ed by Googl

M N. Ducos médecin, Teillary, Salaberry et Poey-Kourade, Hiirurg-ieus, faisaient gratuitement le .service des malades.

Le 20 Janvier 18-20, ou adjoignit à l'hospitalièro deux servantes payées, la l ro 200 1., la 2° 100 1. Le traitement de l'aumônier fut réduit à 100 1., et celui de Salaberry, chirurgien, fixé à 200 1. — Lo 15 Avril 1841, Mlle Sophie Junca fut nommée déléguée pour remplir les fonctions d'hospitalière sous les ordres de Mlle Jeanne Courtade. Le 14 Janvier 1862, Mlle Courtade ayant démissionné, l'administration confia 'la direction de l'hospice aux religieuses, Filles de la croix; elles firent le service jusqu'au mois de mars 1810, année où elles furent remplacées par les sœurs de St-Vincent-de- Paul : celles-ci expulsées, en 1885, ont fait place à une directrice laïque.

Chapelles de Ste-Barbe, de SI- Joseph, d'Ostape H écoles. — La première pourrait avoir été élevée par la dévotion des marins, comme tant d'autres bâties sur le littoral. Au porche de l'église paroissiale, on voit une statue de Notre-Dame des Douleurs portant sur ses genoux le corps de son Fils avec une inscription gothique aux pieds. Viendrait-elle de cette chapelle, ou bien la véritable auraitelle été détruite? Nous l'ignorons. Comme la chapelle de St-Joseph, à Accotz, celle de S 10 - Barbe servit longtemps de but de procession: détruite en partie par la foudre en 1731, elle fut démolie en 1747 pour y placer une batterie. Quant à celle d'Ostape, les archives départementales uous apprennent qu'elle fut fondée par Jean Haraneder, vers 1650 (1}. Au quartier d'Accotz, il y avait encore une ou (Jeux chapelles particulières, aujourd'hui disparues.

Ecoles. — Le 1 er Mars 1676, le sieur Miraude, régent venu de Ste-Marie d'Oloron, en vertu d'un traité intervenu entre lui et le bayle de la ville, se chargea de l'instruction de la jeunesse « tant en lecture, écriture qu'en arithmétique, » moyennant la somme annuelle de 50 1., plus ce qu'il aurait reçu des élèves. Longtemps, il n'y eut que cette école. En 1748, Mlle d'Etcheto fut chargée de l'instruction de filles avec une rétribution annuelle de 60 1. à ajouter aux dons faits par les familles des enfants. Les religieuses ursulines instruisaient les enfants pauvres.

En 1750, le sieur Duprat fut nommé professeur d'hydrographie aux appointements de 100 1. par an et les rétributions de ses élèves.

(1) Invent. Série G.

Le 29 Mai H94, il fut remplacé par le citoyen Garra-Sala^oity. (Voir Hélette.) Plusieurs marins, dont quelques-uns devenus célèbres, leur doivent leur éducation. Le 14 octobre 1794, la citoyenne Duprat succéda à M lie d ' Etch eto : le 2oj u i n 1 796 , Jea n Derratzou , log-é avec le professeur d'hydrographie à l'ancien couvent des récollets, était nommé instituteur pour, en 1805, faire place à Joseph Moucade.

A la Révolution et môme après, le couvent des Récollets fut vendu à vil prix. Il est regrettable qu'on n'en ait pas profité pour en faire une belle maison d'éducation sinon paroissiale, du moins à esprit paroissial, avec une école d'hydrographie à côté.

La voie paraissait toute indiquée. Nous disons une école à esprit paroissial. C'est que, avant la Révolution, l'école était paroissiale, témoins les escolanies et les fondations d'instruction religieuse, que nous avons signalées, soit dans nos Recherches historiques sur le Pays basque, soit dans notre travail sur les Paroisses. Elles ne le furent pas moins après l'ouverture des églises, témoin ces écoles de catéchistes, et pour notre diocèse, le « Mandement et ordonnance » de Mgr d'Astros portant, malgré quelque changement dans l'ordre civil, « le règlement pour la tenue des écoles primaires » (1). ' De nos jours, si nous ne nous trompons — sans parler de l'école dite neutre — deux choses essentielles font défaut à l'enfant. La famille et la paroisse. On a la nourrice, l'asile, la petite ou grande pension, le collège, voire même le patronage et la chapelle. Y trouve-t-on suffisamment l'amour du foyer domestique et de la paroisse, le respect de ses pères et mères, le respect du pasteur, dont la voix doit être écoutée et suivie môme après que celle de la pension, et de la chapelle, aura cessé de se faire entendre ? Nous en doutons, du moins pour certaines localités malheureusement trop nombreuses. Pour notre pays, nous nous permettrons d'ajouter que dans nos écoles, l'enfant ne trouve aucune connaissance, par conséquent aucun amour de nos traditions basques. C'est avec un regret suprême que, assistant dans des maisons, et des écoles d'instruction primaire, à des séances, soirées amusantes, et distribution dej)rix, etc., échos de l'enseignement donné à nos enfants, . nous avons constaté l'absence totale de tout chant, de tout souvenir historique et de tradition basques.

Ce qu'il y a de pire, c'est que nous constatons chez quelques-uns de nos maîtres et maîtresses d'écoles, entretenus par l'argent de nos bous basques, une indifférence, sinon un dédain marqué de

(1) Statuts synodaux de Mgr d'Astros, N» 10.

cette belle lang ue, qui nous a fait et nous fait ce que nous sommes. Avec un pareil régime tout patriotisme, toute tradition basque disparaissent. Car enfin, comme a dit un auteur (1 j, « le peuple met dans sa langue sa vie toute entière : - - Talis kominibics oralio qualis tita

— elle est comme son œuvre de prédilection, l'expression de son g'ëaie, un autre lui môme, elle retièto fidèlement ses croyances, m aspirations, ses coutumes, son organisation, le ciel qui brille au dessus de sa tète et la terre qu'il foule sous les pieds avec ses traits physiques, ses montagnes et ses mers d'eau, ses productions et ses richesses ».

A Dieu ne plaise que nous voulions dire que nos enfants doivent être étrangers à la langue française, dont nous sommes, les premiers à déclarer la nécessité! mais faut-il leur enlever celle de leurs pères jusqu'à ne savoir pas môme la lire? Mais n'est-ce point là le moyen d'étouffer dans le cœur de l'enfant tout sentiment de patriotisme, ou ce qui est la même chose, tout amour des traditions de ses pères? N'est-ce point là, une des causes de ce déclassement d'enfants, dont on se plaint avec raison? Un savant, aussi patriote qu'érudit, un homme que son amour pour son pays a fait appeler le Père des Basques, M. Antoine d'Abbadie, de l'Institut, déplorant cette rage de f ranciser nos enfants, veut bien

— sans parler des concours annuels de poésie basque — donner des prix, des récompenses aux enfants qui parlent le mieux la langue de leurs aïeux. Bien plus — imitant l'exemple donné par un diocèse ultra-pyrénéen — pour faire apprendre la langue basque dans toute sa pureté à ceux qui, un jour, sont appelés à la parler en public, t il a offert — uous le savons — de fonder, de ses deniers, une chaire de langue basque dans notre pays : jusqu'à ce jour, sa libéralité n'a point été encore acceptée (2).

;i) Vigouroux, Manuel biblique. 1881. p. 12-3.

(2> De nos jouis, il y a quelques auteurs basques, qui parlent et écrivent la langue basque, peut-être mieux qu'à toule autre époque : l'excellent journal français-basque YKshualdunn publie de très bons articles 1 1 bien écrits. Mais à quoi bon écrire, si on n'apprend point à l'enfance, à la jeuiuesse à lire? si à bref délai, il n'y a point de lecteurs basques ? Pourquoi dans nos écoles libres — pour ne point parler des autres — ne consacrerait-on pas au moins quelque moments à apprendre la lecture et Vorthographe basques? Pourquoi enfin n'aurait-on pas une chaire de langue basque ? Nous livrons ces réflexions à nos compatriotes et surtout à nos confrères, seuls peut-être en état de saisir leur importunée et de remédier au mal que nous signalons. Nous savons que la plupart d'entre eux pensent comme nous. Ët, ce que nous nous plaisons à dire, l'autorité diocésaine est avec son clergé. Pourquoi les enfants de parents basques n'apprendraient-ils pas la religion de leurs pères, dans la langue de leurs pères? Nous voulons dire dans et avec le catéchisme basque ?

Population, armoiries, curés, prë/res originaires de St-Jenn-(h'-Ln:

Population : En 1650, 800 foyers; en 1718, 4,800 hab. ; en 1730, 10,000 environ; en 1749, 6,367 et en 1820, 2,442. — Armoiries de la ville: « De gueules au navire d'or en ebefet trois coquilles d'argent en pointe: » jusqu'à 1570, dans un troisième panneau, on voyait une crosse d'évôque, indice de l'ancienne suzeraineté de l'évôché et du chapitre de Bayonne. En 1774, le cachet de St-Jcan-dc-Luz ne portait qu'un navire (trois-inàts) avec le nom de la ville sur la bordure. Le drapeau de St-Jean-de-Luz était rouge et noir (1).

Aujourd'hui, elle porte: « Coupé au 1 er ondé djirgentà un navire équipé de sable, les mâts et les cordages de môme, voguant à pleines voiles qui sont d'argent, le pavillon et les guidons de même, le corps du navire enrichi d'or; et au 2° parti, de gueules et d'azur, les gueules chargés d'un lion d'or couronné d'une couronne do vicomte du môme, et l'azur chargé d'une crosse en pal d'argent» (2;. Ce sont là les armes de Jean de Haraneder-Putil, bayle de St-Jeande-Luz, en 1698 (3). Nous ne saurions dire comment la ville do St-Jean-de-Luz les a fait siennes.

La cure de St-Jean-de-Luz. — Malgré l'acquisition de la baronnic et les droits de patronage par la communauté de cette ville, la cure resta, par le fait, à la nomination du chapitre de Bayonne, co-décimateur de la paroisse. Le curé était aidé de deux à quatre vicaires, sans compter plusieurs prêtres bénéficiers ou habitués. Ses revenus, d'après le Pouillé général du diocèse de l'année 1737, consistaient dans le 1/3 des fruits décimaux évalués 900 1. et le casucl 900 1., avec charge de deux vicaires, net 1,400 1. — D'après « un état des fonds et revenus de l'église de S 4 t-Jean-de-Luz, signé par Harismendy, curé non assermenté, en date du 10 septembre 1790 », le curé, qui n'avait point d'autre bénéfice, était co-déciuiateur avec le chapitre de Bayonne. Celui-ci avait les 2/3 de la diine tant des novales que des terres nouvelles affermées 1740 1. Le tiers du curé à raison de certaines conventions atteignait 870 1. — Jean-

(!) Rech. hist. t. I, p. 281, 285.

(2) d'Hozier.

(3) Registre L. N° 85 de la Mairie de St-Jean-de-Luz.

Baptiste Caseuave, prêtre habitué, possédait les deux petites prébendes .de Marrenea et de Jaibcrria, à la collation laïque et au capital de 3,094 1. à intérêts réduits, avec charge de 17 messes. — Pierre Etchevcrs, vicaire, avait la chapellenie de Si- Joseph y à un 1/4 d'heure delà ville, fondée sur une pièce déterre de quatre arpents et un capital de 3,094 1. à la collation laïque, avec charge de 34 inesses à la volonté du patron et 20 dans la dite chapelle dans les jours « affectés » quelque temps qu'il fit. — Jean-Baptiste Jauffroy, prêtre habitué, possédait la prébende Berasteguy, à la collation laïque, sur un capital de 1,500, au denier 20, avec charge de 14 messes. — Jean Robin, avait la prébende, à la collation laïque, de Ilaramboure sur un capital de 3,800, revenu, 1 19 1. avec charge de 29 messe. Les dites chapellenies et prébendes servaient de titre clérical.

Il y avait un corps obituaire composé de 16 prêtres, y compris le curé : onze pour matines et douze pour obits ; mais cinq prêtres incorporés à la ville étaient employés comme vicaires dans différentes paroisses. Les autres habitaient la ville. Les fonds réels de ce corps s'élevaient à 40,000 1., intérêts 1,800 1. — La fabrique, le sacristain qui était laïque, le sonneur, les deux benoites étaient parties prenantes. Ce corps obituaire était chargé encore de la fondation « d'une oraison de quarante-huit heures » pour les trois derniers jours du carnaval, au capital de 1,800 1., au denier 28.

L'abbé Harismendy, « pour ne rien omettre », ajoute que dans la paroisse, il y avait différentes confréries, dont les frais étaient couverts, chaque année, par des particuliers ; et qu'il y avait d'autres prêtres originaires de la ville, les curés d'Ayherre, d'Urrugne et le vicaire de Hélette, qui auront fait ailleurs la déclaration des prébendes, dont ils étaient titulaires. La fabrique n'avait guère au-delà de 300 1. de rente fixe, mais elle avait 8 s. par messe chantée et 3 sols par messe basse pour l'entretien des ornements (1).

D'après le Pouillé de l'année 1737, la fabrique avait des rentes sur trois maisons et une rente constituée, ensemble 174 1. 15 s. Il y avait 52 obits et 18 matines d'un rapport annuel de 1600 1. — Les prébendes étaient celles de Cassa vielle, aliàs Chabatchenea, de Bonurenea, de Monsegurene'a, de Petricorenea, dePascoal, tombées en désuétude, de Fagonda (1712) 70 1., de Lohobiague, 45 1. 5 s., de Berasteguy (1728] 60 1.

[\\ Arch. dép. Rév. III, Q 71, Q 2113.

il. 27

Curés connus de St-Joan-de-Luz : Août 1397, do Morabilus, vicaire (1). — 14*79-1504, Bertrand de Lahet, chanoine de Bayonne, nommé à la cure de St-Joan-de-Luz par ses collègues, qui, en 1404, l'élurent évéque de Bayonne (2). Ce fut le dernier évôquc de cette ville, élu par le chapitre, par suite du concordat de 1515, qui conféra ce droit aux rois de France. De Lahet résigna la cure de St-Jean-de-Luz entre les mains du cardinal Georges d'Ain boise, légat du Saint-Siège, qui, le 14 décembre 1504, lui donna aussitôt un successeur. — 1504, Michel Larrenteria, ou de la Renteria (3 . — En 1526, on trouve Jean Dalsegaldo en procès avec le syndic du chapitre de Bayonne, au sujet des fruits décimaux de son église. — 1562-1595, Jean d'Ansogarlo, qui résigna sa cure en faveur du suivant. — 1595-1600, Joan Dupuy. — 1601-1608, Menaud d'Etchegaby. — 1608-162", Jean de Chibau. Chose assez curieuse, en 1608, dans les registres des baptêmes, il signe « rector de las villas St-Juan-de-Luz Ahatso y Ancilla » et en 1610 « Jehan de Chibau, rector de ladite ville et du lieu de hantsa en Basse- Navarre. » — 1627-1643, Pierre de Lamasse; il pouvait être de la maison Lamassanea, de Ciboure. Sous le clocher, en face de la porte de l'église, sur une pierre encastrée au mur, on lit : Ci-gist Marlaloa de Lamassa qui deceda ce XXVI d'août 1575 RequiescaC ! (Marioto de Lamassa'?) — 1643-1648, de Hayet, qui résigna sa euro on faveur du suivant. — 1648-1652, Pierre de Urtubie, docteur en théologie. — 1652-1655, Saubat de la La Sègue à qui Charles de Poudenx contesta la cure. — 1656-1697, Bertrand de Hayet (4), « conseiller et aumônier du Roy ». Pendant sa cure, eut lieu le mariage de Louis XIV avec l'Infante d'Espagne. Sous le môme, le 24 décembre 1693, fut inhumé dans la sépulture d'Etchebiague, « maistre Saubat do Hayet, prêtre, docteur en théologie et ancien chanoine de l'église cathédrale de Bayonne, décédé avant hier... et

(1) Balasque, t. III, p. 424.

(2) Voir la maison Lahet dans nos rech. hist. t. I., p. 484.

(3) Voir l'Inv. des arch. dép. G. 87. — lbid, t. VI, g, H et passim. Les arch. de la mairie de St-Jean-de-Luz. Reg. 1 à 46, c'est-à-dire de 1590 à 1792. — Une « copie du répertoire des registres de l'église de St-Jean-de-Luz, fait par M. de Hayet, p. 97 » donne une liste des curés de cette paroisse, contredite, en divers points, par les documents cités et autres.

(4) Un autre Bertrand de Hayet fut curé de N.-D. de Bayonne de 16ô0 à 1680. Il eut de graves démêlés avec Mgr d'Olce. Voir Henri Poydenot, Récits et légendes, 2 e partie, p. 709. — Veillet appelle son successeur à la cathédrale Jean au lieu de Sylvestre Chourio (ibid).

ont assisté au convoi : maistrc Sylvestre de Chourio, curé de Bayonne et son frère, bourgeois » (reg. 24 de la mairie do St-Joaude-lAiz;. Los de Ilayet sortaient de la maison d'Etchebiague. — 1697-1701, Pierre Chourio, nommé à la cure de Bayonne, il résigna celle do St-Joan-do-Luz on faveur do son frère. — 1701-1718, Michel Chourio de la maison d'Almenea de Ciboure, qui subsiste encore. Il est le traducteur do l'Imitation de Jésus-Christ ; lj. — 1718-1739. Auger ou Ogier do Ilaristoguy, était de Sare, d'après Fauteur de la vie do M. Daguerro, et d'après le manuscrit de Ilayet, de la maison Matchardenca, de Ciboure : décédé, le 4 avril 1"339, il fut inhumé au chœur de l'église. — 1739-1746, Jean Péruertogfuy, d'Aiuhoa; M. l'abl»é Duvoisin nous apprend qu'il fut un des curés les plus instruits et les plus vertueux qu'ait eus la ville de St-Jean-de-Luz. 11 était allié à la famille de Mgr de Labartette, mort évêque do Véren et vicaire apostolique de la Cochinchine. Il mourut, le 29 juin 1746, à 1 âge de 58 ans environ et fut enterré au chœur de l'église. Pierre Bidogaray, nommé pour lui succéder ne figure point les actes paroissiaux. Les archives départementales (2J, donnent dans sa nomination et sa démission sous l'année 1746. — 1746-1773, Michel de Larralde, do la maison Franchebaita, de Ciboure. Sans parler do ses difficultés avec le chapitre de Bayonne, il eut un procès avec le marguillier de son église, auquel s'était jointe la municipalité, au sujet de remplacement du banc réservé, ft l'église, audit marguillior. L'affaire portée au siège du baillage de Labourt ' finit par s'arranger par voie d'arbitrage. Ceci se passait dans l'année do sa démission, c'est-à-dire deux ans avant sa mort, arrivée le 2 avril 1775, à l'Age de 77 ans. Il fut enterré comme ses prédécesseurs au chœur de l'église. — 1773-1804, Michel de Harismendy. De vicaire il devint curé, comme Pierre de Lamasse. Depuis le 4 février 1791 jusqu'au mois do juin il signa : « Curé fonctionnaire ». Le 23 avril 1792, il s'installa à Ciboure, après avoir fait sa déclaration devant la municipalité de cette ville, moins révolutionnaire que celle de sa paroisse. Pour lors, il était remplacé par

(1) Voir M. Vinson, Bibliogr. n° 49 et suiv.

(2) Inventaire t. VI, g. 183'.

Le manuscrit de M. Ilayet mentionne la perte de l'offrande quotidienne à l'église, sous l'abbé Haristeguy. — Nous ajouterons que les curés Jean d'Asogarlo, de Chibau, de Larralde eurent plusieurs procès relatifs à la perception des dîmes de la paroisse avec le chapitre de Bayonne. (Inv. des arch. dép. t. VI, g. 97, 110).

le curé constitutionnel, le misérable Fonrouge, dont le dernier acte est daté du 15 novembre 1792. Ilurismendy mourut à l'âgée de 82 ans. (Voir plus bas, môme article). — 1804-1827, Pierre Etchevers, né à St-Jean-de-Luz, le 13 août 1755, et y décédé le 11 février 1826. C'est le premier curé inhumé hors l'église, c'est-à-dire au nouveau cimetière. — 1827-1855. Jean Goïty, né à Uhart-Cize le 8 septembre 1790, décédé le 15 août 1855. Ainsi que le curé de Ciboure, l'abbé Elissondo, il mourut victime de son dévouement pendant le choléra, qui décima leurs paroisses. Ces deux curés s'inspirant de la môme charité, s'aimèrent tendrement, se cédèrent les honneurs de leurs églises, surtout les jours de l'Epiphanie et de Bichincho (St-Vincent; (1), s'entendirent, et unirent leurs efforts communs, pour secourir leurs ouailles, dont les besoins étaient et seront les mêmes. Aussi le souvenir de leur intimité et de leurs bienfaits est-il encore vivace dans le pays, qui confond les deux dignes pasteurs dans le sentiment d'une même vénération. (Quomod6 in vitâ suâ dilexerunt se, ita in morte non sunt separati... — Quos, in vitA verre fraternitatis spiritus sociavit, indivisa post obitum populorum veneratio prosecuta est...). — 1856-1889, Jean Doyhambchère, né à Ascain eu 1809, y fut inhumé le 27 janvier 1889. — 1889..., Jean-Pierre Elissague, né à Ayherre en 1847, transféré de la cure d'Anglet.

Prêtres originaires de la paroisse. — St-Jean-de-Luz a produit des prêtres nombreux et distingués. Aussi, nous regrettons d'avoir à commencer notre liste par un ministre protestant, Pierre d'Urte, Urte ou Ourte, vers le milieu du 17° s. « ministre du saint Evangile, natif de Saint-Jean-de-Luz », « prêtre converti, assisté à Londres. . . . 1706 », auteur de trois manuscrits : 1° l'un contenant la traduction en basque de la Genèse et des 22 premiers chapitres de l'Exode, publié à Oxford, en 1894; 2° la « Grammaire cantabrique » (538 pages); 3° Dictionarium Latino-Cantabricum, cinq volumes [Diccionario Latignescara vel Latignescarazca Dicçionarioa, etc.) (2); — Auger Haristeguy, né à St-Jean-de-Luz vers

(t| Cet usage remontait jusqu'à l'année 1012, époque de l'apaisement des grandes divisions entre les deux villes sœurs.

(2) Voyez M. Vinson, Bibliom'., p. 23 et suiv. — Anecdota Oxoniensa. The old Testament into the basque Language, introduction 1894. — Pierre d'Urte ne figure pas dans les insinuations du diocèse ; s'il fut prêtre catholique, il dut être ordonné hors du diocèse.

1683, ordonné vers 1708. Il fut employé à la paroisse, jusqu'à la mort du curé Haristeguy, dont il était sans doute parent; — Jean Etchepare, né en 1667, curé dTstaritz, le 5 mai 1705; — Etienne Harriague, né en 1685, vicaire ; — Ferréol Robin, né en 1703, prêtre en décembre 1728, curé à Villefranque, le 11 août 1738. Etait-il aussi amateur de livres et de choses basques que Jean Robin, dont nous parlerons plus bas? Nous ne saurions l'affirmer; — Jean Lohobiague, né vers 1654 ; — Jean d'Etcheverry, né vers 1667; — Pierre d'Etcheverry, né vers 1663; — Jean d'Olhabarats, né vers la même année; — Laurent Argentier, né vers 1667; — Jean de Haraneder, né vers 1669 (1 }. Il est auteur d'une nouvelle traduction en basque : 1° de Philotea (Philotée de S' François de Sales} 1747; 2° Du Gudu izpirituala (Combat spirituel) 1750 (2j. Le même laissa une traduction en basque des quatre évangiles, publiée par M. l'abbé Harriet, en 1855; — Jean d'Assance, né vers 1669; — Jean d'Andoain, né vers 1678; — Dominique Donhandy, né vers 1688; — Pierre d'Oiharçabal, né vers 1695, vicaire à Bayonne en 1732, secrétaire de l'évêché de 1733 à 1738; — Auger Larralde, né vers 1698; — Jean Ferrandou, né en 1699; — François Haristeguy, né en 1699; — Philibert Laborde, né en 1702; — Pierre Saint-Martin, né vers 1678, demeurant à Bordeaux ; — Dominique Argentier, né en 1702, prêtre en décembre 1728 ; — Martin Gastambide, curé de Souraide avant 1730; — Jean d'Hiribarren, né vers 1700, prêtre en décembre 1728; — Martin Larramendy, né en 1701, vicaire; — Autre Martin Larramendy, ordonné le 3 juin 1730; — Jean d'IIiriberry, fils de Jean d'il, et de Dominique Harambillague, né en 1709, prêtre le 19 septembre 1733; — Joseph-Noël Duvergier, prêtre en avril 1734 : — Jean Valcarceî, fils de Martin V. et de Jeanne d'Etchegoyen, né en 1708, prêtre en juin 1734; — Jean Daguerre, né eu 1710. prêtre en mars 1736; — Martin Férier, fils de Daniel F. et de Marie de Haraneder, prêtre en mars 1736 ; — Pierre de Haraneder, fils de Dominique de H. et de Graeieuse

11) M. le capitaine Duvoisin mentionne un autre Jean de Haraneder, né vers 1070.

(2) Ces deux livres avaient été traduits en basque, en 1664 et 1G65, par Silvain Pouvreau, prêtre du diocèse de Bourges venu à Bayonne avec Mgr François Fouquet, frère aîné du célèbre surintendant de Louis XIV. Voir M. Vinson, Bibliographie. N os 28, 29, 77, 78, 2*ï8. « Les petites œuvres basques » de Sylvain Pouvreau ont été publiées, pour la première fois, à 75 exempl. seulement, nar M. Vinson, en 1892, chez M. Marceau, imprimeur, à Châlon-sur Saône.

Gastambide, prêtre en septembre 1736; — Martin de Hody, fils de Jean de IL, lieutenant-général au bailliage de Labourd, et de Marie-Martine de Lasson, prêtre le 20 décembre 1738; il possédait une prébende dans l'église de Hasparren ; il fut, avec M. Daguerre, l'un des fondateurs du séminaire de Larressore, où il professa pendant cinq ans. Après, il fut chargé de la direction du grand séminaire d'Arles. De là, il passa au séminaire des Missions étrangères, dont il fut élu supérieur. La Révolution l'en chassa et alla mourir, autant de chagrin que de vieillesse, à Amiens en 1793; — Jean Dupérier, fils de François 1). et de Marie Dithurbide, prêtre le 8 juin 1743; — Bernard Larreguy, fils de Joachim L. et de Marie de Harancder, prêtre des plus distingués, ordonné le 4 juin 1746, aumônier des Ursulines de sa paroisse natale, curé d'Ustaritz, de Bassussarry, d'Ayherre, auteur : 1° de la traduction en basque de Y Histoire du Vieux et du Nouveau Testament, par de Royaumont, avec la vie de quelques saints, en 2 volumes, publiés en 1765 et 1767 (1); 2° de plusieurs cantiques basques sur l'Eucharistie de la , collection intitulée Cantica-Caharrali ; 3° du « Recueil de quelques éclaircissements relatifs au pays et peuple basque, par un patriote » (voir article Ayherre); — Bernard d'Iharce, fils de François d'I. et de Catherine Haristeguy, prêtre le 4 juin 1746; — Joachim de Haraneder, fils de Jean de IL et de Gratianne de Gastambide, prêtre le 9 mars 1748; — Alexandre de Mihura, fils de Pierre de M. et de Catherine de Hirigoity, prêtre le 9 mars 1748. Il est auteur de la traduction en basque de Y Imitation de la S 1 * Vierge (2) ; — Michel de S'-Martin, fils de Salvat de S l -M. et de Catherine de Berau, prêtre le 9 mars 1748; — Jean-Michel de Harismendy, fils de Marsans de IL et de Madeleine d'Etchemendy, prêtre le l 01 mars 1749 ; — Jean de Guicharnaud, fils de Salvat de CL et de Marie de Berhouet, prêtre le 16 juin 1753; — Pierre Dolhabarats, fils de Jean D. et de Catherine d'Espiaulc, prêtre le 8 juin 1754 ; — Arnaud Pagès, fils de P. et de Placide d'Estiet, prêtre le 12 juin 1756; — Joseph-Vincent Teillary, fils de Joachim T. et de Marie Mora, né le 7 septembre 1737, prêtre le 6 mars 1762, professeur à Larressore, curé de Sare, décédé le 24 décembre 1816 ; — Martin Teillary, frère du précédent, né le 2 décembre 1743, prêtre en juin 1770, curé d'Urrugne, décédé le 10 décembre 1812 (voir Urrugnej ; — Bertrand

(1) M. Vinson. Bibliographie N° 11 î.

(2) Ibid. N« 117.

Darraspe, frère Bertrand, religieux récollet, fils de François D. et de Jeanne Derrecart, né le 5 septembre 1740, ordonné le 22 septembre 1*764, décédé prêtre habitué, à St-Jean-de-Luz, le 20 octobre 1815 ; — Joan-Baptiste Hospital, né le 28 octobre 1748, successivement curé d'Ossc (canton d'Accous) et d'Escos, décédé en septembre 1828 ; — Martin Eyheraldc, né le 11 décembre 1758, prêtre habitué, instituteur dans sa paroisse natale et y décédé le 13 octobre 1821 ; — Léonard Grangent d'Iharce, né en 1756, de Jean G. et de Jeanne Lesso ; il fit ses études théologiques à Toulouse, où il reçut les ordres sacrés, sauf la prêtrise qui lui fut conférée à Bayonne, le 16 mars 1782; il mourut prêtre habitué, à St-Jean-de-Luz, le 23 février 1837; — Les deux frères Jean-Baptiste et Marsans ou Martin Casenave, fils de Pierre C. et de Marie d'Aciotz, ordonnés à Oloron en septembre 1777 ; —

Jean Robin, fils d'Alexandre H. et de Gratianne Camino, né en 1738, prêtre le 23 mars 1765, décédé prêtre habitué à St-Jcan-de- Luz le 23 décembre 1821. Il est auteur de la traduction en basque des exercices pour le Jubilé de 1805. C'est à lui que nous attribuons la note à un article du Journal de Trévoux, dont parle M. Vinson (2). On nous a assuré qu'il existe un manuscrit de la Vie des Saints par le môme. Nous-môme nous possédons quelques manuscrits de l'abbé Robin sur la pèche, les découvertes etc., de nos anciens marins; — Pierre Detchevers, fils de Martin D. et de Gratianne Guclariteguy, né le 13 août 1755, curé de St-Jean-de-Luz et chanoine honoraire, décédé le 11 février 1827; — Augustin Salaberry, né le l ,r mars 1763, vicaire à St-André de Bayonne, décédé le 17 août 1818; — Michel Berho, né le 27 juin 1766, curé de Ciboure le 1 er février 1809, décédé le 25 octobre 1819; — François Jauretche, fils de Martin J. et de Marie-Dominica Robin, prêtre le 12 juin 1783 (voir plus bas); — Jean Jeoffroi, fils de Jean J. et de Marie Dargaignarats,* prêtre le 19 février 1785; — Michel Larronde, fils de Christophe L. et de Marie Berocher. Après avoir fait ses études théologiques, à Toulouse, il fut ordonné à Lescar, en décembre 1785, sous titre de bénéfice et de patrimoine; — Augustin Salaberry, fils de Jean S. et de Marguerite Certain, ordonné le 11 mars 1786, dans l'église des Récollets à Ciboure; — Martin d'Iharalde, fils de Pierre d'f. et de Catherine Amestoy, élève des

Ibid. No 3, p.

Jésuites de Bordeaux, prêtre le 10 juin 1786; — Bernard Suhare, fils de François 8. et de Catherine Grangcnt, prêtre le 10 juin 1*786 ; — Bernard Detcheto, fils de Martin D. et de Catherine Guclariteguy, prêtre le 23 décembre 1*786, décédé curé d'Ayherre en 1806.

En 1789 et 1790, il y eut dans la chapelle de Marrac, à Bayonne, trois ordinations le 7 mars, le 6 juin 1789 et le 29 mai 1790. On pressentait l'avenir et on se hâtait. De ces ordinations, profitèrent Pierre St-Jean, fils de Piorre St-J. et d'Ursule Dupreuil, et Michel Berho, fils de Bernard B. et de Marie Daguerre, pour recevoir le premier le diaconat et le deuxième la prêtrise. De celle du 29 mai, profitèrent Jean Dasconaguerre, Àugcr Etcheverry, qui reçurent les quatre ordres mineurs et le sous-diaconat. Enfin terminons cette longue liste par Iris noms de Jean Beheran, né le 16 janvier 1790, vicaire à Hasparren, puis à St-André de Bayonne, décédé le 17 janvier 1818; de Laurent Mendiondo, né le4 juillet 1793, vicaire de St-Jean-de-Luz et y décédé.

St-Jean-de-Luz et Ciboure ont de tout temps fourni un nombreux clergé non point au diocèse, mais h leurs deux villes natales. Rarement quelque prêtre de ces deux localités consentait-il à servir ailleurs que dans leurs paroisses. Il faut reconnaître aussi qu'il en est sorti d'excellents écrivains, qui ont conservé et répandu leur belle langue. Les paroisses voisines ont fourni aussi leur coutingent d'auteurs basques.

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