ARRÊTÉE
mo non 1
Nous donnons ici une pièce curieuse de Pinet, aîné, dùe à la bienveillance d'un de nos amis, qui eu garde l'original. Reçue au dernier moment, nous la donnons en note pour ne pas la laisser perdre.
« Au nom du peuple français. — Les représentants du peuple près l'armée des Pyrénés occidentales et les départements environnants.
« Pénétrés d'indignation de l'audace avec laquelle les mauvais citoyens de Bayonne ont affiché leur aristocratie et leur haine pour la Révolution en s'absentant du spectacle, hier 24 de ce mois, absence
qui n'avait d'autre motif que la connaissance qu'ils avoient que ce jour le spectacle se donnoit au profit des braves volontaires. — Considérant que ce jour la la salle du spectacle étoit presque déserte et ne contenoit que quelques militaires, quelques sans-culottes et les représentants du peuple, dans le temps qu'elle avoit accoutumé d'être remplie de ces hommes et de ces femmes connus à Uayonnc autant par leur égoisme. leur goût pour la frivolité que par leur esprit mercantile et leur haine pour les principes de la Révolution. — Considérant que les représentants du peuple ne se sont pas imposé la loy de répondre de pareils êtres, tic changer des espagnols en français, des riches bayonnais en républicains, de faire d'un agitateur, d'un accapareur un homme généreux et désintéressé, d'un fripon un homme probe, enfin d'un aristocate et d'un royaliste un ami des sans-culottes et. un amant de la liberté et de l'égalité, mais qu'ils se sont bien promis, s'ils ne pouvoient pas changer les cœurs de ces hommes méprisables, faisant journellement et en secret des vœux pour le succès des armes de lavro (?), de tenir toujours suspendue sur leur tête la verge de fer qui doit les régir, la frayeur et la terreur devant être sans cesse à l'ordre du jour pour des hommes qui ne pensent être contenus et réprimés que par là. — Considérant qu'il est cependant chez les hommes rongés d'aristocratie, une chose sur laquelle on peut opérer quelques changements, une chose qu'ils aiment mieux que leur patrie, une chose qui est l'objet de toutes leurs affections, c'est leur bourse, que les représentants du peuple ont dans leurs mains les moyens de diminuer son énorme et insultante rondeur, qu'il <»st de leur devoir de faire couler une partie des éléments qui la composent chez les bons et braves sans-culottes, chez les défenseurs de la patrie qui ont beaucoup d'énergie républicaine et peu de moyens pécuniaires. — Considérant qu'il n'y a d'autres moyens de tirer quelque parti de ces hommes gangrènes qu'en tenant sans cesse élevée sur eux la massue révolutionnaire, qu'ils ne veulent marcher que lorsqu'ils sont invités avec lo fouet, il faut bien se résoudre à les traiter à leur guise et renoncer à relever chez eux des sentiments qui n'y furent jamais ou qui ont été étouffés à leur naissance, ceux de la générosité, du désintéressement, de l'humanité envers leurs frères pauvres, malheureux et souffrans, du dévoument à la patrie et de l'amour pour la liberté et l'égalité. — Considérant que l'impudence que ces hommes audacieux ont osé manifester sous les yeux des représentants du peuple mérite un châtiment prompt, qu'il faut sur le champ mettre son prix à ces fanfavonades royalistes et aristocratiques et faire, malgré leur répugnance, contribuer les partisans du tyran espagnol au soulagement de ses vainqueu rs.
« Arrêtent : Art. l*' - . Les citoyens dénoncés dans l'article ci-après déposeront, dans le délai de cinq joins, dans les mains du citoyen Laroche, chef de l'état-major, la somme de dix mille livres.
« Art. 2. Les citoyens, qui seront tenus d'effectuer la somme de dix
mille livres sont : les citoyens Pairard, nég., 1.500 1.; — Hochet, né^., 1 000 1.; — Daguerrc d'Hospital, 1.000 1.; — Lartigue, portugais, nég., 1.500 1.; — Dubroca, frères, 1.000 1.; — Les citoyens, Iribarren, 200: — Lavieille, nég. , 200 1. ; — Marran, rue Salie, 200 1.; — Duruthy et Halsouet, 500 1.; — Lamothc, fabriquant d'Hendaye, I 000 1.; — l'ourcade, américain, 500 1.; — Hiriart, marchand, rue Salie, 1.000 1. ; — Minvielle, de la loterie, 400 1.
« Art. 3. Si, dans le délai déterminé, la somme n'est pas complette entre les maisons du citoyen La Roche, ceux qui se seront rendus coupables de désobéissance seront, sur le champ, mis en état d arrestation, ainsi que leurs femmes, enfants, pères et mères, frères, sœurs, oncles, tantes, neveux et nièces et de plus leurs biens seront séquestrés par les soins de l'administration du district d'Ustarits.
« Art. 4. Les représentants du peuple, voulant récompenser les comédiens de Bayonne du zèle patriotique, qui les a portés à donner une représentation au profit de nos braves frères d'armes ordonnent que, sur la somme de dix mille livres ci-dessus, le général Laroche en versera deux mille entre les mains du directeur de la comédie, qui sera tenu d'en faire la distribution entre les comédiens.
« Art. 5. (Cet article est rayé). Les huit mille livres restant seront affectés aux parents des braves défenseurs de la patrie, particulièrement aux parents des blessés, qui ont scellé de leur vie la gloire de nos armes dans la mémorable journée du 17 de ce mois. Pour parvenir a cette distribution réclamée par l'humanité et par la reconnaissance de la patrie, les généraux feront passer aux représentants du peuple la liste de ceux de nos frères morts et blessés dans l'affaire du 17.
« Art. 0. L'n indiquant les citoyens, qui doivent contribuer à faire entre (sic) les mains du général Laroche la somme de dix mille livres, les représentants du peuple, n'ont pas entendu leur délivrer des brevets exclusifs d'aristocratie et d'incivisme, ils savent qu'il est une infinité de Bayonne qui n'aiment pas mieux la liberté et l'égalité que ceux qu'ils frappent aujourd'hui, mais ceux-là ne tarderont pas à avoir leur tour.
« Art. 7. Le citoyen Laroche est chargé do l'exécution du présent arrêté; il fera sur le champ passer à chacun des intéressés l'extrait de l'arrêté qui le concerne.
a Art. 8. Le présent arrêté sera publié, affiché, envoyé au département et à l'année.
a Bayonne, le 25 pluviôse l'an il (13 février 1794), de la République française, une et indivisible.
« Pinet, aîné. »
15 février. Un décret de lu Convention ordonne de planter de nouveaux arbres de la liberté. Le Conseil arrête qu'un arbre de la liberté sera planté, avec la solennité requise, devant la porte du couvent ci-devant des Récollcts.
2*2 te v. Un membre fait part à la Société de la bravoure «l'une jeune citoyenne Brunei, de Iiiom (Auvergne), qui a combattu aux avant-postes, depuis le mois d'août de l'année passée, sans que sou sexe fût reconnu et qu'enfin ayant été découverte, elle n'a pas voulu continuer à rester dans l'armée, par une délicatesse que lui inspirait la pudeur. On demande que la Société écrive au général pour l'engager à présenter cette citoyenne aux représentants du peuple et la recommander pour être récompensée selon sa valeur et son mérite. — Une souscription ouverte en faveur de cette guerrière produit 163 1. 14 s.
24 fév. La citoyenne Brunei est conduite à la séance par le général Frégeville. — On lui fait les honneurs : elle s'asseoit à côté du président, qui lui donne l'accolade et lui remet la souscription votée.
27 fév. Le citoyen D... fait hommage à la Société des portraits de Marat et de Lepelietier, martyrs de la Liberté et de l'Egalité.
6 mars. Un membre demande l'insertion du trait de courage suivant, dans le procès-verbal de la séance : « Dans la chaleur de l'action, un de nos frères d'armes, nommé Pouyol, maréchal des logis, ayant reçu dans le combat un coup de carabine, qui lui a traversé le corps, s'est écrié : « Courage, mes camarades, je suis blessé, mais la victoire est à nous » et malgré la blessure dont il est mort 24 heures après, il a eu le courage de poursuivre encore l'ennemi et de faire mordre la poussière à trois autrichiens. Il emporte les regrets de tout l'escadron. »
15 mars. Le jeune Hiribaren, enfant de dix ans, dépose plusieurs balles sur le bureau, disant qu'il lésa gagnées avec ses camarades H qu'il désire que chacune d'elles casse une tôte espagnole. La Société pénétrée des sentiments du jeune citoyen y applaudit et ordonne que mention civique soit faite au procès- verbal. De plus, il arrête qu'il lui sera donné le bonnet de la Liberté, le jour de la décade, en récompense de son républicanisme. — Quelques jours après, le jeune Jlarriet, âgé aussi de dix ans, imite son camarade Hiribarren. — La Société arrête que chacun de ses membres ira travailler, à tour de rôle, à l'atelier de salpêtre pour concourir à l'extermination des ennemis de la République.
1G mars! On arrête qu'à l'ouverture et à la clôture de chaque, séance, dans le chant des hymnes patriotiques, le président changerait de strophe et ferait chanter, tantôt Tune, tantôt l'autre....
Convenu, en outre, que quand on chantera l'hymne : « Français, laisserions-nous », etc., les citoyens chanteroient la 1™ strophe et les citoyennes la 2 e .
17 mars. Un membre demande que « les petits linges » (les purificatoires), qui, à Chauvin-Dragon, servaient aux prêtres pour nettoyer le calice, soient réclamés à la municipalité pour être délivrés aux citoyennes, qui font de la charpie.
21 mars. Le citoyen P..., chirurgien et membre du tribunal militaire, fait la lecture d'un arrêté du Département de Paris relatif au duel. On y fait voir la honte et l'horreur de ces combats... entre amis, frères, surtout entre hommes libres. On y invite chaque soldat, ami de la République, à savoir apprécier le sang d'un français, qui appartient à la République... chacun doit savoir conserver son sang pour le verser noblement à la défense de la patrie.
23 mars. Un citoyen demande que les balcons et la croix de fer de la ville de Chauvin-Dragon soient enlevés pour faire de la mitraille.
26 mars. Il est arrêté que chaque décadi, on dansera autour de l'arbre de la Liberté, de 4 à 6 h. du soir, et qu'on y chantera la chanson composée par le citoyen Ranette (*?), sergent au 7 e bataillon de Bordeaux, 148* 1/2 brigade. Une société, sous le nom do société montagnarde, et correspondant avec la société révolutionnaire de Chauvin-Dragon, s'est formée à Urrugne.
29 mars. Un citoyen demande qu'on proscrive de la société les expressions de B... et F... Il appuie son opinion sur ce que Hébert, ce traître d'autant plus coupable que, de tout temps, il avait été honoré de la confiance du comité, s'en était servi. (Applaudissements). Le président est chargé de rappeler à l'ordre tout membre qui se servirait de ces expressions.
l fir avril. On donne lecture d'une proclamation de la Convention au peuple français, en date du 9 germinal (29 mars), sur un projet et plan de contre-révolution royaliste proposé à l'étranger par les royalistes restés à Paris. — On se plaint de ce que des croisées de la maison de réclusion, située à Ciboure, les détenus se permettent d'insulter les citoyens, en jetant sur eux des malpropretés. La société, indignée d'une conduite si infâme, demande qu'on en référé à qui de droit. (Cette maison, ancienne jnairie de Ciboure aujourd'hui disparue, était située près du couvent des récollcts et donnait
sur le, pont — qui. alors au nord du dit couvent, reliait les deux villes.)
2 avril. Un membre annonce que 600 genevois, emportés par l'ardeur du patriotisme, ont quitté leurs foyers pour venir renforcer nos armées : ils sont dans la vallée d'Ascain.
3 avril. On se plaint de la malpropreté des rues, des écuries remplies de boue, fumier et de cadavres d'animaux.
4 avril. On annonce qu'un officier de Lot-et-Garonne, convaincu de désertion et de relations avec les espagnols, a été condamné à mort.
6 avril. La Société arrête que les membres du conseil de l'hôpital de Chauvin-Dragon seront invités à faire délivrer aux malades indig-ens les bouillon et viande cuite, qui resteront après la distribution faite à ceux de l'hôpital. — Cette distribution ne pourra être fuite qu'aux indigents patriotes inscrits sur le tableau arrêté par la municipalité.
1 avril. La société demande que l'instruction publique soit répandue pour 1'atfermissement de la République et la destruction du fanatisme, qui ne vit qu'aux dépens des sots. Un membre, N... apprend à la société, que ces mémos basques, qui jadis auraient cru être engloutis sous les flots, s'ils avaient péché pendant la journée du ci-devant dimanche, sont entièrement revenus de leurs erreurs et qu'ils avouent eux-mêmes toute leur sottise. (Applaudissements.)
16 avril. Les citoyennes patriotes et montagnardes de Ch.-D. se sont épurées sévèrement entre elles, pour n'admettre désormais au nombre de leurs amies que celles qui véritablement peuvent mériter le nom glorieux de montagnards. Ces braves citoyennes, assidues tous les jours à la Société, où, pendant les séances, travaillent à faire de la charpie, et présentent aujourd'hui une lettre exprimant leur entier dévouement à la république. Empressées de donner de nouveaux témoignages de leur zèle et de leur civisme, elles déposent sur le bureau une somme de 700 1., don accompagné de cris de joie de : « Vive la République ! Vive la montagne ! » L'accolade est donnée par le président à la citoyenne chargée de remettre ladite somme, qui servira pour équiper un dragon avec les sommes déjà reçues.
18 avril. Un membre se plaint, qu'au quartier de Ciboure, on se soûle continuellement et qu'à la suite de ces excès, il s'y commet
des meurtres. La Société en frémit d'horreur. Différentes motions sont faites pour rémédier à ces abus indignes de bons républicains.
20 avril. Le citoyen P... demande que les généraux, ferment les cabarets do Ciboure, comme étant nuisibles au bien du service et à l'intérêt du soldat. On écrira à la municipalité à cet effet. On nomme quatre commissaires chargés de faire une collecte pour l'armement et l'équipement d'une frégate, en construction h Bayonne.
23 avril. La collecte pour les indigents se monte à 412 1. — On demande que les citoyens, non munis d'un certificat de civisme, soient exclus de la garde nationale.
24 avril. On se plaint des dénonciations du citoyen B.; il devrait les peser avant de les formuler. Le règne des intrigants est passé. B... comme notable a signé des certificats de civisme à des citoyens, qu'aujourd'hui il dénonce. Il est rayé de la société pour six mois.
27 avril. On Ht une lettre de la veille écrite de Nive-franche (St-Jean P. P.) par le général en chef de l'armée des Pyrén. occ, annonçant une victoire contre les espagnols. On a tué 80 émigrés, pris 14 prisonniers, dont deux sont morts de leurs blessures, 12 conduits à Bayonne, 6 guillotinés. La guillotine ayant été dérangée, les 6 autres ont été détruits par la poudre nationale (c'est-à-dire fusillés).
2 mai. Un capitaine de navire, du nom de Convention, fait prisonnier avec son équipage sur la côte de Guinée par un corsaire anglais, raconte l'horrible et affreux traitement que lui ont fait subir les barbares satellites de l'infâme Pitt. La Société écoute son récit avec intérêt. — Des prisonniers de guerre rentrés d'Espagne sont accueillis avec enthousiasme. On chante : « Périssent les tyrans et vive la république!... » On demande que les personnes, qui veulent venir au secours de ces frères, en souliers, linge, argent, etc., soient invités à porter tout à la municipalité.
5 mai. On lit une lettre du général en chef de l'armée des Pyrén. occid. relative à une grande victoire, qu'il a remportée sur les espagnols. (Applaud.)
13 mai. On fait lecture d'une nouvelle lettre de Nive-Franche annonçant victoire sur victoire (applaudissements). On annonce la prise de L
17 mai. Entre autres nouvelles, on raconte le trait historique do huit basques auxquels la Convention décerne des récompenses.
2*3 mai. On lit le décret de la Convention reconnaissant l'Etre Suprême et l'immortalité de 'l'Ame. — Les citoyennes G. et D. déposent sur le bureau 1,528 1. provenant de la collecte faite entre les citoyennes patriotes et montagnardes, pour la construction d'une frégate. Mention honorable au procès- verbal.
20 mai. Installation du citoyen Garra-Salagoity , professeur d'hydrographie.
13 juin. — On serre dans les magasins militaires tous les froments et seigles, qui se trouvent chez les particuliers. — Décret du 1"3 prairial, portant qu'il sera envoyé, de chaque district de la République, six jeunes citoyens, sous le nom d'élèves de l'école de Mars, depuis 16 à 17 ans, pour y recevoir une éducation révolutionnaire, afin d'acquérir les connaissances et < les manœuvres » de soldats républicains.
"23 juin. Le président N. rond compte à la société, dos victoires remportées sur les satellites du tyran espagnol et des « actions héroïques » dans l'affaire de ce matin. (Applaudissements.)
*24 juin. Un membre ayant fumé dans la salle des séances est rappelé à l'ordre par le président, sur la proposition d'un autre membre.
26 juin. Le citoyen L., chirurgien à l'hôpital, invite les bonnes patriotes à faire avec une gnze légère à demie-usée et étendue sur un demi-cercle de bois léger une paramouche pour les blessés de l'hôpital. — Le citoyen E. fait part à la Société, qu'une de nos canonières a pris un vaisseau anglais chargé de 1,400 quintaux de morue et est entré au port de Socoa.
4 juillet. Un membre se plaint qu'on trouve du sable et du gravier dans le pain destiné aux soldats.. On écrira à ce sujet aux représentants du peuple.
9 juillet. Un atelier de salpêtre est installé à l'ancien couvent des Ursulines; les cendres sont mises en réquisition.
22 octobre. Ouverture d'une école primaire, sous la direction de la citoyenne D. — Le conseil municipal est supprimé par le représentant du peuple, Monestier (de la Lozère).
24 décembre. La municipalité est requise de faire publier un ban, afin d'inviter le peuple à continuer son travail manuel et habituel, les ci-devant jours de fêtes et dimanches, et d'empêcher toute espèce de rassemblement sous le nom de jeu de paume. « Que
tous les jours consacrés au fanatisme, à l'inaction et à la débauche soient utilisés aux travaux.... des républicains. »
1 er janvier. L'armée française, ayant envahi l'Espagne, s'est emparée de ses grains. Elle adresse à Chauvin -Dragon 4.000 quintaux de blé d'inde et 500 quintaux de morue, il y en avait besoin (sic).
21 janv. L'anniversaire, à jamais mémorable de la chute de la tyrannie royale, est célébré.
3 mars. Nouvelle épuration de la municipalité par arrêté du 13 ventôse an III (3 Mars) de Monestier (de la Lozère). La nouvelle municipalité se compose de 11 membres, N.. N...; item la justice de paix : le titulaire et 4 assesseurs et un greffier, N.. N T ... lesquels, ayant juré de remplir leurs fonctions et en particulier de maintenir la Liberté, l'Egalité et l'unité de la république, se sont décorés des écharpes déposées par les municipaux sortants.
Retour des choses humaines. . .leçons de l'histoire. .. Séance mémorable du 2<4 avril
Par décret du 10 avril 1795 de la Convention nationale et arrêté du représentant du peuple, Isoard, en date du 28 germinal, an III (17 avril 1795) relatif au désarmement de ceux qui ont participé aux horreurs commises sous la tyrannie, qui a précédé le 9 Thermidor, les citoyens ci-après ont été désarmés.
1° Par le représentant Chaudron-Rousseau.
N...., ex-off. m., terroriste et l'un des commissaires, qui ont fait interner et dépouiller les basques, immoral et imprudent.
N ex-membre du comité révolutionnaire et du conseil général
terroriste effréné, féroce, l'un de ceux qui ont le plus déterminé les mesures rigoureuses prises contre les habitants du pays.
N.... , ex-membre du comité révolutionnaire et du conseil général, inhumain, chef des terroristes, auteur des maux occasionnés aux habitants du pays, provocateur d'adresses et enfin qui a désolé et ruiné le pays, commissaire principal de l'internat et du dépouillement des basques.
N , ex-membre du comité etc., banqueroutier, agent des chefs
de la Terreur.
N , terroriste, immoral et sans mœurs, étranger, qui depuis
son arrivée, a cherché à troubler la tranquillité publique.
N , ex-membre du conseil, terroriste.
N x ex-membre du conseil, zélé agent du terrorisme et de la
tyrannie.
N , ex-membre du comité et du conseil général, terroriste
effréné, l'un de ceux qui ont le plus contribué à la persécution faite aux détenus de St -Jean-de-Luz.
N , ex-membre du comité, terroriste prématuré, un des agents
de la tyrannie et juge de la commission sauguinaire.
N ex-membre du comité, terroriste effréné, persécuteur des
détenus.
N ex-membre du comité, ot agent de N chef des terroristes, l'un des commissaires pour l'internat et dépouillement des basques, immoral, sans pudeur.
N ex-membre du comité, agent des terroristes et dénonciateur.
N ex-conseiller, terroriste factieux, faisant des motions
incendiaires dans les sociétés populaires.
N...., ex-membre du comité de Bayonne, terroriste.
N...., ex-membre du comité de St-Jean-de-Luz, terroriste.
N...., médecin, terroriste prématuré, vil calomniateur.
2° Par la municipalité de Sl-Jean-de-Luz
N...., ex-membre, négociant, terroriste haineux, vindicatif: ■ — six mois après la mort du tyran Robespierre, il affirma aux particuliers, qui réclamaient des armes, que par ses pétitions, il demandait la guerre civile. Ce citoyen est membre du directoire du district.
N...., ex- membre municipal, architecte, terroriste. N...., ex-tonnelier, terroriste, agent de N.... N...., ex-capitaine de navire, terroriste, menaçant toujours de la guillotine.
N...., ex-agent national, terroriste outré, provocateur d'adresses incendiaires, proposant les mesures les plus rigoureuse, vil
calomniateur, qui a proposé des ? sur la vie politique du chtoyen
N...., affirmant que ce dernier avait été à Sare avec le général N.... pour faire un repas avec un autre général espagnol, et qui six
mois après la mort du tyran do Robespierre, a traité de contrerévolutionnaire un citoyen, aujourd'hui membre du directoire du dictrict.
N...., ex-membre du Conseil général, il a prêté successivement son ministère à toutes les mesures rigoureuses.
N...., ex-directeur des Postes et lettres et du ConseiV général, terroriste effréné, rédacteur de la réponse aux détenus, tissus de calomnies, d'infamies et d'horreurs et qui, après thermidor, a fait des reproches au gardien de la prison de ce qu'il laissait les détenus parler à leurs parents et amis.
N...., ex-membre du Conseil général, partisan des terroristes.
N...., ex-membre du Conseil général, agent des chefs de la terreur et dénonciateur.
N...., ex-membre du conseil, zélé agent du terrorisme et de la tyrannie.
N...., ex-membre du conseil, agent des terroristes par crainte. N...., ex-membre du comité, zélé agent du terrorisme et de la tyrannie..
N...., receveur de l'enregistrement, étranger, terroriste outré, so plaisant à faire le mal, et faisant, après thermidor, des reproches au gardien de la prison, etc.
N...., ci-devant gardien de la maison de réclusion, terroriste outré, insolent à martyriser les détenus par ses propos, vexations, menaces et qui a fait coucher une femme de 70 ans dans une tour pour avoir parlé par une fenêtre à sa servante.
N..., ex-membre du Comité révolutionnaire de Biarritz, instigateur perpétuel des mesures cruelles, se tenant volontiers derrière le rideau.
N...., ex-membre du Comité révolutionnaire de Bayonne, terroriste fanatique et factieux.
N..., ex-juge de de paix, agent des terroristes.
N..., ex-membre du Comité, un des premiers chefs duPinétisme et qui a le plus contribué aux malheurs des citoyens internés.
2 juin 1799. Sur la demande de M. le sous-préfet de Bayonne, St-Jean-de-Luz envoie trente citoyens de la garde nationale pour former une colonne mobile destinée à purger le pays des malfaiteurs.
17 nov. 1800. St-Jean-de-Luz est inondé par les grandes marées et les pluies. Le nouveau pont est à moitié enlevé.
12 juin 1804. Plébiscite 1 sur la dignité impériale dans la famille Bonaparte : 102 pour l'affirmative ; aucune pour la négative.
25 février 1805. On demande le comblement des marais derrière la mairie actuelle (les petites allées actuelles). Une partie était comblée par la grand'route, mais le reste était un cloaque.
4 mars 1805. M. Leremboure, maire, est désigné pour représenter la ville au couronnement de l'empereur. Déjà M. Bertrand Jacquemin avait été choisi pour assister à la même fête, comme garde national.
23 mai 1805. Fête et cérémonies, à l'occasion du couronnement de l'empereur. La veille au soir, toutes les oloches de la ville sont mises en branle de 1 à 8 heures pour annoncer la fête ; à 9 heures feu de joie à la grande place du marché. Les maire et adjoints précédés d'un détachement de la garde nationale et de la musique partent de la maison de ville pour allumer le feu. Le lendemain, jour de l'Ascension et du couronnement, les cloches de la ville sont mises en branle vers 6 heures du matin et la musique parcourt la ville. A 5 heures de relevée, une belle partie de paume à la place môme ; à 8 heures illumination de la mairie et des maisons des fonctionnaires, etc. ; à 9 heures, bal à la maison de ville.
Le Te Deum , que la municipalité avait demandé, n'est pas chanté, Mgr l'évêque de Bayonne n'ayant pas voulu l'autoriser avant son ordonnance, que d'accord avec M. le Préfet, il entendait porter dans le même but.
Sommaire de quelques événements, travaux et dépenses de la ville
de St-Jean-de-Luz