‹ Les paroisses du pays basque pendant la période révolutionnaireChapitre 5 sur 21 · Chapitre : quatre décimes · texte numérisé non relu

Chapitre : quatre décimes

L'outre plus 65 1 4

Part aux gages 13 4 6

Total.... 542~ 5 10

Curé ou chapelain-majeur de l'égl. cathédr.

Curé de S*-Léon

L'abbé de La Honce.. .

Grangier de Chocole

(Echocolu , à Urt)

L'abbé d'Urdachs 17 11

Hostel Darque(Darquié)

à Anhoue 2 1

Curé de Biarrits 21 10 6

id. de Vidart 32 5 9

id. de Belssussarry

(Bassussarry) 8 4

Curé d'Arcangos 27 13 6

id. d'Ahetze et Ar-

bonne 24 12

CurédeS'-Jehan-de-Luz 32 16 6 Curé d'Urrunghhe (Ur-

rugne) 59 9

Curé d'Ascaintz 16 12 1

id. de S'-Pé d'Harren 45 2

id. de Sare 77 18

id. de Parabis et Gos-

toro (N. Souraide).... 24 12

Curé d'Espelette 24 12

id. d'Issatsou 9 4 6

id. de Cambo et Lar-

ressoro 30 15

Curé d'Halssualde 12 18 3

id. d'Ustarritz 30 15

id. de Maquaie 12 18 3

id. de Mendiondo 17 8 6

id. de Garro (Guere-

ciette) 6 3

Curé de Hasparren .... 41

id. deGuissen(Guiche) 11

id. de Bardos 33

id. de Briscos 23

id. Villafranque et S 1 -

Pe d'Irube 29

Curé de Jatzou 6

Prieur de Subernoa 6 16

id. de S'-Nicolas. .. 17 4 Coramanderie de Bon-

locq ... 1 12 9

Chapelleries de Bayonne et du

Labourd.

1° Chapellenies de l'église cathédrale N.-D. de Bayonne.

Le bénéfice du corps de

Dieu 8 4

La chapellenie de Nay-

mes il 3i

La chapellenie de Cas-

tetjelos 3

Chapellenie de Pin . ...

id. deDarraing id. de Mans (3

fois)

Chapellenie de Durruty id. de Laduch

(3 fois).....

Chapellenie de Bessabat id. de Laduch.

id. deLaSegue id. de Lesbay.

id. de Naymes.

Les six chapellenies de

Liposse

La chapellenie de Dar-

raux

La chapellenie de Gan-

derats-Harispe

La chapellenie de Thosee ou de Lahubiague. Chapellenie de Luc...

id. de Dabiesse

id. de Peré

id. de Dartiga-

osse

Chapellenie de Gaiou..

id. de Heguy

ou Larrandoette

La chapellenie de Guil-

lemard de Pien

Chapelleniede l'Hospital id. de Vereari.

id. de Mondaro.

id. de Barnetou

Barneohe

Chapelenie de Biscaire.

id. de Podio..

id. deSault....

id. de Parcade.

id. deCasalis..

id. de Saraspe.

id. de Gires

id. du Bedeau., id. de Arnault

Remon

Chapellenie de Sans...

id. de Pasquoal

de Thosse

Chapellenie de Dartigue id. LaCassaigne id. Bernard de

S*- Jehan

Chapellenie de Sans (bis) id. deSautis...

id. deHaubeguin id. de Ramond

ib

de Hodi

Chapellenie La Boyrie. .

id. de Dordres.

id. du Pin

id. de Jehan de J usson . ••••* •*•*■« Chapellenie de Bergonits id. de Pelegrin

de la Vielle

Les quatre chapelles. . .

du chapitre

Chapellenie de Lalande id. de la Garde id. deS'-Nicolas id. de Derme. .

Toutes ces 69 chapellenies ou prébendes étaient de l'église cathédrale et étaient taxées pour 21 1.

2° Chapellenies du pays de Labour

Chapelle de Chabiag id. de Bellay

ue .

de la Magde-

Chapelle d'Ustubil leine

Chapelle de Chapitalle id. de Sommella gue ou Vidarelte...

Chapelle de Dargui . . .

Chapelle d'Uberri

— d'Etcheverri.

— de Domingo.

— deBasterrech<

— Bellay

~ Haussegui...

— Ratsou

— Souhy

— Farguenau . .

— Haramborou.

— Ganderats. ..

— deGostoro ..

— deLissarrague

— d'Etchart

— Fargue..

— Belhardi.

— Harriet. .

La cotisation de réveque, des chanoines, abbés prieurs et curés s'élève pour les deux termes de 1562, à la somme totale de 1,838 1. 16 s. 10 d. Celle des chappellenies à 80 1. 3 s. ; total 1.918 1. 19 s. 10 d. Somme totale reçue par Diesse, pourlesdits quatre décimes, l'outre et les six deniers par livre. — La répartition et la recette de l'année 1567 semblables à celles de l'année 1562, n'ajoutant rien pour l'intérêt de nos paroisses, nous nous abstenons de les reproduire. (1)

Revenus, baux à ferme, charges de Vèvêchè de Bayonne d'après le Pouillé général ou état estimatif du revente de tous les bénéfices du diocèse de Bayonne, contribuables aux impositions dudit dio-^ cèse de Vannée 1739. L'évêché de Bayonne avait, année commune, pour revenu fixe, dans les paroisses suivantes : (2)

Anglet : le 1/3 de la dîme des terres anciennes; le 1/3 du 1/4 des novales, rendant (année commune) 433 6 8

(1) Extrait d'un précieux cahier, de 22 pages, des Archives de Bayonne, G G. 137.

(2) Arch. Départ., G. 6.

Ahetze : la 1/2 des fruits décimaux et prémiciaux des terres

tant anciennes que novales, à l'exception deq.q. maisons. 700 Arbonne : la 1/2 des fruits décimaux et prémiciaux des

terres anc. et novales, à l'exception de q.q. maisons... 435

Ainhoa : le 1/3 du 1/4 des fruits décimaux des terres anc.

et novales '. 78 13 4

Ascain et Serres : 1 portion de la dîme possédée, depuis longtemps, par les curés et dont ils donnent la ferme, chaque année, pour 460

Bidart : le 1/3 de tous les fruits décimaux 93 13

Bardos et Guiche : le 1/4 de tous les fruits décimaux... 2.165

Biarritz : le 1/3 des 3/4 de la dime de toutes les maisons

anciennes 225

Briscous : la 1/2 de la dîme 90

Cambo : le 1/3 des fruits décimaux et prémiciaux 900

Hasparren : le 1/3 du 1/4 des fruits décimaux des terres ♦ anc. et novales 686 13 4

Jatsou : Une portion de la dime évaluée 225

Itsassou : les 1/3 des Iruits décimaux et prémiciaux 1.000

Juridiction : Dans la juridiction, le 1/3 des fruits décimaux évaluas 316 13 4

VAdour : Dans les terres de l'Adour, le 1/3 des fruits décimaux, évalués 506 13 4

Larressore : le 1/4 des fruits décimaux et terres anciennes à l'exception de la portion de la Fabrique 180

Mougucrrc : le 1/3 du 1/4 des fruits décimaux 165

Priscée (paroisse de S'-Pierrc d'Irube) : Pour un pied sur le bien de Prisée. 13 4

Péa^e : le 1/3 du péage, évalué 13 13 4

Rente Auck : Pour une rente sur la généralité d'Auch... 13

Rente du clergé : Pour une rente sur le clergé 266 13 4

Ren/e fortification : Rente sur les fortifications 13

Sare : le 1/3 du 1/3 des fruits décimaux des terres anciennes, évalués 400

S'-Pé d'Ibarren : le 1/3 du 1/4 des fruits décimaux 333 68

Urrugne, Ciboure et llcndaye : le 1/3 du 1/4 des fruits décimaux 500

Urt, Pitre, Sabat, Saudan, Ougave : le 1/3 des fruits décimaux 358 6 8

Ustaritz : une portion des fruits décimaux des anciennes maisons 750

Halsou : îe 1/4 des fruits décimaux 54

Souraïde ; le 1/4 des fruits décimaux 400

Bonloc : le 1/4 des fruits décimaux de la Commanderie et du moulin. 466 13 4

Total : 12.770 1. 16 s. 8 d.

Charges de l'évêché

Au curé de Bonloc 100

id d'Urt 16 13

Au bedeau, pour le 1/3 de ses gages 9

Au prédicateur, pour une partie de son honoraire de

l'Avent et du Carême 1.000

A l'orgahiste, pour le 1/3 de ses gages 133 6

A la fabrique, pour une rente foncière 6

Pour le 1/3 des réparations du moulin de la Commanderie

de Bonloc 50

Total : 430 1. 19 s. Portant l'évêché a un revenu net et contribuable aux impositions de 12.340 1. 16 s.

Rôle des baux de l'évêché et chapitre de Bayonne, XVIII' siècle

(Arch. départ. Reg. G. 12)

Produit des dîmes dans les paroisses

Ahetze : l'évêque perçoit la 1/2 des fruits décimaux et prémiciaux des terres anciennes et novales, affermés 700 1. •

Ayherre : l'évêque et le chapitre perçoivent le 1/4 des fruits décimaux, affermés en 1739, 935 1. 4 jambons, 16 chapons : le 1/3 de l'évêque, 3H 1.

Ainhoa : l'évêque et le chapitre perçoivent le 1/4 des fruits décimaux et prémiciaux, affermés, le 1 janvier 1734, 236 1. : le 1/3 de l'évêque, 78 1. 13 s. 4 d.

Anglet : A l'évêque et au chapitre, l'afferme du 1 janvier 1733 rapportait 1.300 1. : le 1/3 de l'évêque 433 I. 6 s. 8 d.

Arbonne : L'évêque perçoit la 1/2 des fruits décimaux et prémiciaux, affermés le 1 janvier 1732, 1.460 1.

Armendaritz : A l'évêque et au chapitre le 1/4 des fruits décimaux des terres anciennes et novales, affermés 460 1. le 1 janvier 1732 : le 1/3 de l'évêque, 153 1. 6 s. 8 d.

Le fermier dime le 1/1 des terres anciennes et novales, sans exception aucune, même pour le domaine d'Armandaritz. — (On dimait le vin à raison de dix un pour le 1 er : item pour le froment, le lin, l'avoine et les agneaux. Quand les agneaux n'étaient pas au nombre de dix, on payait la dime en argent, à raison de deux sols par agneau : autrement on devait payer en nature : les porcs se dimaient de la même façon).

Arnéguy-Undarole : A l'évêque et au chapitre appartenait le 1/4 des fruits décimaux des terres anciennes et novales affermés 181 1. le 1 Janvier 1733 : le 1/3 de l'évêque, 60 1. 6 s. 8 d.

Arsoritz : Commanderie appartenant à l'évêque et affermée, le 1 Janvier 1732, 1.200 1. : le 1/3 de l'évêque, 400 1.

Bidarl : A l'évéque et au chapitre le 1/4 des fruits décimaux des terres anciennes et novales, affermés, le 1 Janvier 1734, 281 1.; le 1/3 de l'évéque, 93 1. 13 s. 4 d.

Bardos et Guiche : A l'évéque seul, les fruits décimaux affermés, le 1 Janvier 1736, 2.065 1., un pot de vin de 270 litres, 90 quintaux de paille rendus à Bayonne, 15 conques du blé d'Inde, rendues aussi à Bayonne.

Guiche seul : A l'évéque le 1/4 des fruits décimaux affermés, le 31 Décembre 1739, 950 1., 20 quintaux de paille. — Le fermier prend le 1/4 de la dime dans le Saudan du seigneur. Il doit dimer le 1/4 de toutes les terres anciennes et novales. La dime se payait, de tout en nature, à raison de dix un, du froment, blé d'Inde, avoine, chevaux, agneaux, porcs; et sur le vin seulement à raison de 15 un au pressoir.

Bidache : A l'évéque et au chapitre, les fruits décimaux affermés, le

14 Mars 1720, 50 I. : le 1/3 de l'évéque 166 1. 13 s. 4 d. Biarritz : A l'évéque et au chapitre, le 1/4 des fruits décimaux et pré-

miciaux des terre» anciennes et novales, affermés le 1 Janvier 1734,

700 1. : le 1/3 de l'évéque 233 1. 6 s. 8 d.

Briscous : A l'évéque seul une portion de la dime affermée, en 1731,

Bidarr&y : A l'évéque et au chapitre les fruits affermés, le H novembre 1734, 634 I. : le 1/3 de l'évéque 2116 1. 8 s. (ancienne commanderie dépendant de Roncevaux). (Voir son terrier Reck. hist. t. I, p. 154.

Bastide-Clairence : A l'évéque seul les fruits décimaux des terres anciennes et novales affermés, le 31 décembre 1738, 2.600 1.

Cambo : A l'évéque seul le 1/3 des fruits décimaux et prémiciaux affermés, le. 12 Juin 1736, 900 1.

Fief de Baïgorry et de Ctse ; A l'évéque seul, avec une portion de la dime de Bascasan, affermé le 1 Janvier 1732, 210 1.

Hasparren avec Ayherre, Isturits et la commanderie de Bonloc : A l'évéque et au chapitre, le 1/4 des fruits décimaux des terres anciennes et novales affermés, le 19 septembre 1729, 4.8001., 18 paires de chapons, 12 jambons : le 1/3 de l'évéque 1.600 1.

Hasparren seul : le 14 Janvier 1739, l'afferme est de 2.060 1., 4 jambons, 12 chapons; le 1/3 de l'évéque 686 1., 13 s., 4 d.; 4 chapons, 1 jambon 1/2.

Commanderie de Bonloc, le 31 décembre 1740, la ferme estimée 1.400 1., 4 jambons, 12 chapons; le 1/3 de l'évéque 686 1., 13 s., 4 d.; 4 chapons, 1 jambon et 1/2 (Voir le terrier dans nos Rech. hist., t. I. p. 152-4.)

Jatsou : A l'évéque seul le 1/4 des fruits décimaux affermés, le 1 Janvier 1729, 225 1.

Iholdy : A l'évéque et au chapitre, le 1/4 des fruits décimaux affermés,

le 1 Janvier 1733, 185 1. ; le 1/3 de l'évéque 61 1. 13 s. 4 d. Irissarry : A l'évéque et au chapitre le 1/4 des fruits décimaux de 16

maisons, affermés en 1731, HO 1. : le 1/3 de l'évéque 36 1. 13 s. 4 d. (I). Isturitz ; A l'évéque et au chapitre le 1/4 des fruits décimaux affermés, le 15 janvier 1757, 505 1., 3 jambons, 8 chapons : le 1/3 de l'évéque 168 1., 6 s., 8 d.

Itsassou : A l'évéque seul les fruits décimaux et autres affermés, le

2 janvier 1736, 1,000 1. Juridiction de Seques et Nice : A l'évéque et au chapitre la dîme des

fruits décimaux affermés, le 1 janvier 1736, 950 1. : le 1/3 de l'évéque,

(1) En 1708, une enquête fut faite sur la commanderie d'Irissarry par Dominique d'Arbicle, avocat au Parlement, à la requête de don Augustin de Vertiz, chevalier de S l -Jean, commandeur de Villefranche et Averin, receveur du trésor commun de la religion au royaume de Navarre. Elle fut faite dans la maison de Berterrechea d'Irissarry : elle était relative aux revenus de l'hôpital de cette commanderie. Dominique Berterreche, l'un des témoins, natif d'Irissarry et âgé de 54 ans, déclara: 1° que ledit hôpital appartenait aux chevaliers de l'ordre de Malte ; 2° qu'il consistait : en une grande maison, à 4 étages, avec grande porte au-dessus de laquelle se voyaient les armes de l'ordre gravées sur la pierre (elles s'y voient encore quoique martelées à la Révolution) — en deux autres bordes avec fournière ; un jardin de 3/4 d'arpent ; une pièce de terre de 7 arpents en vigne, jardin, vergers à pommes connue sous le nom de Sagardoy-handia — un grand domaine consistant en un pré de 10 arpents, un autre pré de 10 arpents, jardin verger appelé Sagardny-Zanarra ; une autre pièce de 5 arpents, du côté de Iiita-Etcheverri. Plus, 15 arpents de terre ouïtes (?) et en friche confrontant à terre Berterreche attachés à la maison curiale (aujourd'hui la maison Dupront) ; — 12 arpents de fou^eraies ; — la 1/2 du bois appelé Erdoize. à la limite d'Irissarry et de buheseun ; l'autre 1/2 appartenant aux seigneurs de la Salle de Suhescun et d'Olce d'Iholdy ; — une autre maison appelée Dormitoire (dormitorium) située au nord, assez près de l'eglisc paroissiale, le grand chemin seulement entre (c'est la maison Dupront/, où habitent les curés de la paroisse, laquelle maison de pierres est entourée de terres, excepté de devant, — enfin deux moulins à farine, savoir : Eyheracharria et Eyherabcrria (Arch. Dép. Rég. H. 196).

D'après un accord passé, le 21 avril 1781, entre Ximenès, chevalier de Jérusalem, commandeur de l'hôpital d'Irissarry et l'abbé Gorostiague, curé de cette paroisse, le fermier de ladite commanderie percevait absolument, en tout droit, la dime de toutes les terres au lieu d'Irissarry, même celle de charnage, sans excepter celles des terres et bordes qui étaient cultivées et situées sus les terroirs appelés Zuharritze et Oyhanhandi. Etait-ce un droit limitatif des droits de l'évéque? (Extrait d'une déclaration de l'abbé Duhalde, curé d'Irissarry, conservée à la Mairie de la commune).

D'après les registres de la paroisse, de temps immémorial, les personnes de la maison Etchaluzborda, bien que habitée, du terroir de Zuharritze, ont été baptisées, mariées et enterrées à Irissarçy. Enfin, depuis des siècles, cette paroisse est dans l'habitude de faire, chaque année, des processions tant à la croix du quartier Zuharrilze qu'à celles placées à Oyhanhandi et au quartier appelé ruisseau ou fontaine de St-Jean et Irapitzi (ibid.).

Lahonce : A l'évéque et au chapitre les fruits décimaux affermés, le 1 janvier 1734, 1,520 1. : le 1/3 de l'évéque 506 1., 13 s., 4 d.

Larressore : A l'évéque seul les fruits décimaux affermés, le 1 janvier 1736, 580 1.

Mèharin : A l'évéque et au chapitre le 1/4 des fruits décimaux des terres anciennes et novales, même du domaine du château, affermés, le 1 janvier 1732, 400 1. : le 1/3 de l'évéque 133 1 , 6 s., 8 d.

Mocosail : Commanderie à Uhart-Cize, appartenant à l'évéque et au chapitre affermée, le 1 janvier 1731, 234 1. : le 1/3 de l'évéque 78 1. (Voir son terrier; Rech. hist. t. i, p. 153).

Mouguerre S*-Jean-le- Vieux : A l'évéque et au chapitre le 1/4 des fruits décimaux affermés, le 1 janvier 1734, 495 1. : le 1/3 de l'évéque 165.

Ferme d'Ossès ( sur une note) « Exabe, 660 1. — Eyharce, 1,365 1. — Galhardu, 630 1. — Ahaîce, 1,036. — Horza, 960 1. — Irissarry, 138 1, — Bidarray-Halzart, 1,120 1. — Bidarray Bayonne, 506 1. — Hiriberri, 660. — Total 7,074 : la 1/2 : 3,537. »

Ossès : A l'évéque seul les fruits décimaux et prémiciaux de la vallée affermés, le t janvier 1730, 6,000 1. plus, 50 1. de sucre par an, 12 jambons rendus à l'évèché.

Orbiague : Commanderie avec ses dépendances appartenant à l'évéque et au chapitre affermée, le 1 janvier 1734, 100 1. : le 1/3 de l'évéque 33 1., 6 s., 8 d.

Prtscé : A l'évéque et au chapitre; doit M. Hauria Beven un primifief de 40 1. par an, comme possesseur du bien,Priscé, appartenant à l'évéque et au chapitre. (Acte du 26 septembre 1721): le 1/3 de l'évéque 13 1. 4 s.

Péage : A l'évéque et au chapitre sont -dus 110 1., suivant arrêt du conseil d'Etat (25 juillet 1608) : le 1/3 de l'évéque 36 1., 13 s., 4 d.

Recalde : Commanderie appartenant à l'évéque et au chapitre affermée, le 17 janvier 1728, 180 1. : le 1/3 de l'évéque 60 1.

Généralité d'Auch : A l'évéque et au chapitre une rente relevée, le 30 janvier 1724, a 109 1. 2 s.

Fortifications de Bayonne : rente annuelle de 13 1. faite à l'évèché.

Saint-Esteben : à l'évéque et au chapitre le 1/4 des fruits décimaux des terres anciennes et novales, affermés, le 1 janvier 1732, 600 1. : le 1/3 de l'évéque 200 1 — M. de S l -Esteben percevait les 3/4 de la dime des maisons anciennes. Le curé, les 3/4 de toutes les novales. A une époque, les habitants se refusèrent à payer la dîme des porcs, des agneaux, chevaux, quand le nombre n'arrivait pas à dix. On y obligeait aussi, quelquefois, ledîmier à retirer trop tôt les agneaux

S x -Michel : Commanderie avec ses dépendances appartenant à l'évéque et au chapitre affermée, le 1 janvier 1731, 1,450 1.: le 1/3 de l'évéque 816 1., 13 s.

S-Martin : A l'évéque et au chapitre le 1/4 des fruits décimaux des terres anciennes et novales, affermés, le 1 janvier 1732, 550 1. : le 1/3 de l'évéque 180 1., 6 s., 8 d.

Sare : A l'évèque et au chapitre le 1/3 des fruits décimaux et prëmi-

ciaux des .terres anciennes et novales affermés le 1 janvier 1729,

1,050 1. : le 1/3 de l'évèque 350 1.

Spelette : A l'évèque seul le 1/4 des fruits décimaux et prémioiaux

affermés, le 1 Janvier 1729, 400 1.

St-Pc d'Ibarren : A l'évèque et au chapitre le 1/4 des fruits décimaux

affermés, le 1 Janvier 1734, 1.000 1. : le 1/3 de l'évèque 333 1. 6 s. , 8 d. St-Pierre d'Irube : A l'évèque et au chapitre le 1/4 des fruits décimaux

des terres anciennes et novales affermés, le 1 Janvier 1732, 24 0 1. :

le 1/3 de l'évèque 80.

Urrugne avec Ciboure et Hendaye : A l'évèque et au chapitre le 1/4

des fruits décimaux des terres anciennes et novales d'Urrugne ,

Ciboure et Hendaye affermés, le 1 Janvier 1736, 1.500 1. : le 1/3

de l'évèque 500 1.

Villefranque : A l'évèque et au chapitre le 1/4 des fruits décimaux des

terres anciennes et novales affermés, le 31 Décembre 1736, 465 1.,

6 jambons : le 1/3 de l'évèque 155 1.

Urt : A l'évèque et au chapitre le 1/4 des fruits décimaux d'Urt, Pitres,

Sabut, du Saudan, de Hourgave, affermés, le 1 Janvier 1731, 1075 1.

12 jambons : le 1/3 de l'évèque 358 1. 6 s. 8 d. Ustarits : A l'évèque seul les fruits décimaux affermés, le 22 Juin 1736,

Uhart : A l'évèque et au chapitre le 1/4 de la dîme affermée en 1734,

348 1. :1e 1/3 de l'évèque 116 1.

Halsou : A l'évèque les fruits décimaux affermés, en 1736, 48 1. Souraïde : A l'évèque les fruits décimaux affermés, le 4 Janvier 1738,

Charges de Vévêchè de Bayonne (1)

Taxe du bureau ecclésiastique de Bayonne en 1776 1.425

Taxe du bureau ecclésiastique du la Basse-Navarre en 1737 58 6 8

Pension à M. le curé d'Ossès 450

Congrue de M. le curé de Behorlegui 47

— de Bonloc 100

— de St-Miohel 66 13 4

— de St-Martin d'Arberoue 25

Pension au curé de Bassussarry 15

— au curé d'Urt, pour le service de Saudan, etc.. 16 13 8

Rente à la Fabrique de la Bastide-Clairence 30

— à la Fabrique de Bayonne, pour une petite maison de la Fabrique détruite, pour l'agrandissement des

écuries de l'évêohé 6

Gages de l'organiste payés par l'évèque et le chapitre : le

1/3 de l'évèque 136 16 8

(1) Ibid.

Frais de la Fête-Dieu pour cierges de la justice, fleurs etc.,

ordin 10

Mgr l'évêque donne aussi à chacun des 13 pauvres, auxquels Sa Grandeur ou le chanoine célébrant lave les pieds, le Jeudi-Saint, 10 à 12 sols.

Au Bedeau 9

Au Prédicateur de l'A vent et du Carême 50

Rente annuelle de 150 1. due par l'évêque aux Dames de la

Charité, pour capital emprunté, par acte du 9 Août 1740. 150

Charges réelles du chapitre de l'Eglise de Rayonne (1).

Au curé de Bonloc, pour les 2/3 de sa congrue 200

Au curé d'Urt, pour les 2/3 d'une pension assignée pour

l'administration de quelques îles 33 6 8

Au curé de Bassussarry pour les 2/3 d'une pension en

supplément des novales 30

Au bedeau pour les 2/3 de ses gages. . . . '. 18

Pour les 2/3 des réparations de la commanderie et moulin

de Bonloc 100

Pour les appointements du principal du collège de Bayonne 500

Pour les frais de sacristie, ornements, chantres et autres. 1 .226 4 6

Total des charges, recettes du chapitre de Bayonne 2.374 1. 4 s. 5 d. portant le dit chapitre à un revenu net et contribuable aux impositions, de. . 12.341 6 8

Etat des revenus de la cure de la cathédrale de Bayonne.

Le revenu fixe de la cathédrale de Bayonne consistait 1° dans la portion congrue, pour le curé et les deux vicaires, montant à 600 liv. (les deux tiers étaient payés par le chapitre et l'autre par l'évêque, moyennant l'abandon par lui fait au curé d'une portion du casuel, par transaction passée, par devant M c Dubarbier, notaire royal, en 1G93,'. 2 e dans les fruits décimaux évalués 100 1. — Le revenu du casuel de ladite cure consistait dans les mariages, baptêmes, enterrements, offrandes, oblations, tant en cire et pain, qu'en argent évalué, année commune, 2,300 1.

Charges réelles de la cure de Hayonne.

\ cr et 2 e vicaire, chacun 200 1. ; total 400 1. portant la cure de Bayonne à un revenu net et contribuable aux impositions de 2,600 l.

(1 Arch. dép. série. G. 6.

Eta.1 des revenus de MM. les Prébendiers de la cathédrale de Bayonne.

Le revenu desdits prébendiers consistait : 1° dans une maison située, à Baronne, rue de la Visitation, dont lo loyer était 228 1. — 2° en une prairie située au terroir d'Ourdains, affermée 500 1. — 3° en rentes constituées, tant sur la généralité d'Auch que sur des dîmes particulières de Bayonne, évaluées 542 1. 10 s. Total des revenus des prébendiers ; 1,270 1. 10 s., portant ladite compagnie des prébendiers à un revenu net et contribuable de 1,270 1.

Etat du revenu du Chapitre et Compagnie de l'Eglise cathédrale

de Bayonne.

Le revenu du Chapitre et Compagnie consistait en revenus colloqués tant sur la généralité d'Auch que sur des dîmes particulières de Bayonne s'élevant à 13 1. 75 s. 10 d.

Etat des Prébendes de la Cathédrale.

Revenu net et contribuable du Prieuré du Sabot (prieuré fondé par acte du 4 novembre 1650, retenu par

M c Peyrelongue, notaire royal : dotation de 1,200 1.) 400

Revenu net et contribuable de la prébende d'Etchegaray

fondée, en l'église de Bayonne 120

Revenu net du prieuré de S l -Nicolas de Bayonne 200

Revenu net de la prébende de S l -Léon de l'Hôpital.... 300 Revenu de la prébende de Baradut, fondée dans la

chapelle de S ,e -Catherine de l'église cathédrale 20

Revenu net de la prébende d'Albinorits . 50

— — de Harismendy 60

— — de Sault, fondée par contrat

du 10 novembre 1466 20 15

Revenu net des PP. Jacobins 2.200

— des Augustins 1.200

— . des Cannes 1.800

— des religieuses de la Visitation 2.500

— des religieuses de S««-Claire. 1 .800

— des filles de l'Union chrétienne 250

— des religieuses do S ,e - Ursule de S'-Jean-

de-Luz 1.140

Revenu net de l'Abbaye de La Ilonce.

L'abbaye avait les fruits décimaux et prémiciaux de la paroisse de La Ilonce, évalués 1,735 1. ; une portion des fruits décimaux de Briscous, évaluée 220, etc.

Le revenu de la mense ablatiale était de 4,094 1. et les charges de 450 1. (1).

Curés connus de l'église N.-D. cathédrale et paroissiale de Bayonne. (Arch. de Bayonne, série G. G. passim.)

Nous aurions voulu donner des listes plus anciennes et plus complètes du clergé de nos paroisses. Mais nos registres paroissiaux ne remontent guère au delà de la fin du XVI e siècle. Ce fut François 1 er qui, par un édit de l'année 1539, régla la ternie de ces registres, Jeanne d'Albret adopta les mêmes ordonnances en Béarn. Mais elles ne reçurent leur complète exécution, que depuis le commencement du XVII e siècle. Si parfois nous citons des noms remontant plus haut, c'est grâce à quelques documents particuliers, qui nous les ont fournis. Voici ceux de quelques curés de la cathédrale, l'unique église paroissiale de Bayonne, jusqu'après la Révolution.

1571 Jean de Colombieres, de Bayonne — 1596 Haye t.

— 1616 et vers 1650, Arnaud de Hayet. — 1650 à 1680, Bertrand de Hayet. En 1650, il protesta contre l'interdit lancé contre ses deux vicaires. Les de Hayet étaient de la maison Etchabiague, de St-Jean-de-Luz, appartenant aujourd'hui à M. Lemaire. Ils occupèrent plusieurs postes importantes, à Bayonne, et dans leur pays natal. Un d'entre eux, du nom de Jean, fut d'abord prébendier, puis chanoine de la cathédrale du X\° au XVI e siècle. A ce dernier succéda, Samson, chanoine, député par le chapitre de Bayonne, auprès de la reine de Navarrre pour en obtenir la mainlevée des revenus ecclésiastiques dans le diocèse. (2) — 1681 à 1701 ,

;t) Ibid.

(2) Arch. Départ, t. VI. G. 100. Pour ne point surcharger de renvois et de notes notre travail, nous indiquons ici les principales sources de nos renseignements ; savoir : Le Dictionnaire topogrophiqtie, par

Silvestre de Cliourio. — 1108 à 1*709, Pierre de Chourio, transféré de la cure de St-Jean-dff-Luz. Les Chourio, pareuts de Pierre de Chourio, d'Ascain, célèbre professeur de théologie au collège des Jésuites, à Bordeaux, étaient de Ciboure. — 1710 à 1711, Darralde. — 1712 à 1745, de Lissalde, décédé, le 27 décembre 1745, à l'âge de 88 ans. — 1*745 à 1746, Léon Vinatier, il résigna sa cure et son canonicat en faveur du suivant. — 1746 à 1755, Pierre Duhalde, né à Macayc, vers 1692, transféré de la cure d'Anglet et décédé le 13 septembre 1755, à l'âge de 66 ans. — 1756 à 1773, Martin Dop, docteur en théologie, né à Sare en 1711, transféré dTstaritz, où il avait été nommé en 1756. — 1773 à 1774, Martin Dop et Hiriart « curés » (sic). C'est que Martin Dop avait résigné sa cure en faveur de Bernard Hiriart, son vicaire. — 1774 à 1778, Bernard Hiriart, né à Macaye et décédé à 56 ans, victime de son dévouement, durant une épidémie, qui décima sa paroisse. — 1778 à 1790, Jean Darralde, né à Bayonne, de parents basques : il avait été transféré de la cure de St-Jcan-Pied-de-Port. Voir la suite, depuis la Révolution, t. II, p. 356-359 de nos Recherches historiques sur le Pays basque.

Curés de Saint-André de Bayonne, paroisse n'existant que depuis la circonscription nouvelle faite par Mgr Loyson, à l'ouverture des églises. - 1803 à 1804, Martin Duhalde. — 1804 à 1825, Jean-Louis Duhalde, frère du précédent (voir plus bas, Ustaritz). — 1825 à 1832, Salvat Franchistéguy (voir Iholdy). — 1833 à 1834, Claude-François Marsan (voir plus bas la liste des prêtres bayonnais). — 1835 à 1857, Jean-Baptiste Arbelbide (voir HasparrenJ. — 1858 à 1877, Pierre Lautharet, de St-Palais, décédé chanoine titulaire de la cathédrale, en 1891. — 1877 à 1878, Bernard Larréguy, né à Ciboure et transféré de St-Pée, après avoir été quelques temps directeur de l'Institution de St-Louis-de- Gonzague, à Bayonne. — 1879 à 1887, Henri Labourt, né à Bayonne,

Paul Raymond; l'Inventaire des archives départementales par le même, passim; et particulièrement t. V, série G. G.; tome VI, série II. et G.; les archives de la ville de Bayonne; anciens états du diocèse de Bayonne ; rapports ou états envoyés par les communes aux directoires de divers districts; la loi de la circonscription des paroisses des Basses- Pyrénées, donnée le 12 juil. 1792; les délibérations municipales, les registres paroissiaux plus ou moins inventoriés des communes; actes de notaires; papiers de famille; notes manuscrites du capitaine Duvoisin; notes de divers confrères prises sur place ou

puisées auprès des anciens du pays, etc.

transféré, en 1887, à la cure de la cathédrale. — 1888..., Pierre Pradère, né à Bayonne en 1840, ordonné, en 1866.

Les curés-majeurs de N.-D. do Bayonne étaient aidés ordinairement par deux vicaires et quelquefois par trois et même quatre:

Voici les noms que nous trouvons dans les actes paroissiaux de 1606 à 1790:

Desclaus; de Mantz; de Portiers; de Monho; de Mouloy; de Jean de Monta; Ducros, Etienne Ducros; David, prêtre et régent aux cloîtres de N.-D.; de Labarrière ; Detchamendy; Etienne; Martin Michel; Sorhainde ; Detcheverry; Dassance, d'Ustaritz, décédé et inhumé à la cathédrale le 2 mars 1713; Bnrguerieu; St-Pé; St-Martin: Hiriart; Bernède; Bellocq; Darainitsbehero; Doyarsabal; Gaugot; Lissardy; Diparaguerre ; Habans ; St-Bois; Duhart ; Dop ; Lacroix ; Lissardy; Ilaraneder; Diharce; Duhalde; Eyherabide; Bernard Hiriart; Manesca; Martin Dop; Sorhainde; Etcheverry; Teillary; Romatet; Lahirigoyen; Duhart.

Une enquête faite, par ordre du Parlement de Bordeaux, au sujet d'un projet de construction par la ville contre la cathédrale de Bayonne, nous apprend, qu'à cette époque (1551), il y avait un cimetière et un lieu d'asile aux abords de l'abside de N.-D. de Bayonne (Arch. de cette ville G. G. 136 [10] 1551).

Prêtres hayonnais ordonnés entre les années 1750 et il 90 (1).

On nous pardonnera de donner les noms de confrères, vénérables par leur vocation, leur caractère sacerdotal, leurs travaux évangéliques et par leur âge. Zélés ouvriers apostoliques dans nos paroisses, ils en sont aujourd'hui leurs protecteurs au ciel. Sans la Révolution, ils auraient trouvé une place dans le status animarum, dans les nécrologes de leurs paroisses. Qu'on nous excuse donc de leur dédier ce mémento, et prions les de s'intéresser à notre cher Pays , à l'Eglise de Bayonne. Mortuo non proAiôeas gratiam (Eccl. 7, 37)... Habeam tui memoriam in orationibus meis nocte ac die. [S 1 Paul à Thimothèe, II. 1-5).

Pierre Lacoste, fils de Pierre L. et de Marie Etchevers, élève du collège du Plessis-Sorbonne de Paris, ordonné à Bayonne le 19

il) Nous donnons cette liste, bans suivre l'ordre chronologique, ni alphabétique.

novembre 1739; il devint théologal du Chapitre do Bayonne et mourut on 1785.

Léon Guillaume de Colonr/ue, né on 1715, prêtre le 14 mars 1739 » docteur de l'Université de Toulouse, chanoine de Bayonne, décédé en 1778.

Jacques Cavalier, fils do C. et de Madeleine dOthaee, il fit ses études théologiques à Paris, et reçut la prêtrise à Langros, on avril 1736.

Charles Momatel, présumé de Bayonne; il fit ses études à Paris» avec des dimissoiros datées du 16 janvier 1737 et y reçut le diaconat et le sacerdoce. N'étant encore que sous-diacre en 1736, il fu* nommé chanoine de la collégiale de St-Esprit.

Jacques- Diptiste Li frété, ordonné le 27 janvier 1736.

Bertrand- Joseph Roby, il obtint le 23 juin 1733, les dimissoiros pour le diaconat et la prêtrise, sans désignation de lieu ; il en fut de môme du suivant.

A maud-Frannois Fourcade, fils d'Arnaud F. et de Marie Duhagon.

Louis Empis de Vendin, né à Lille, incorporé au diocèse de Bayonne, prêtre le 22 décembre 1731, devenu curé d'Urt.

Pierre Duptpon, élève de la communauté de St-Coino, a Paris ; y reçut les ordres sacrés (celui du diaconat en 1731).

Jean-Baptiste Clèrisse, né en 1707, fit ses études à Paris , il était encore élève au séminaire des Bons-Enfans quand il fut nommé chanoiue de Bayonne, et y reçut la prêtrise en 1731. Docteur eu théologie de l'Université de Toulouse, il devint vicaire général du diocèse, et mourut en 1782.

Jean Vidon fit ses études, à Bordeaux, et il y fut ordonné, en 1731.

Hilaire Dmville, ordonné, le 3 juin 1730.

Etienne Lirrodè, ordonné le 25 mars 1730.

Jean de Gomian de Souhy, fils de S^-Martin de Souhy et de Catherine de Castera, ordonné le 19 décembre 1739, vicaire d'abord, à Ainhoa, puis à Elizaberry de Mouguerre.

Jean-Pierre Coder, né à Dunkerque, diocésain de Bayonne ; il était fils de Pierre Henri C. et de Cath. Lago, ordonné le 11 juin 1740, et habita quelques temps S'-Jean-Pied-de-Port, puis Bayonne.

Pierre- Maurice de Liforgue, fils d'Etienne de L. et de Marie Dubarbier, prêtre le 11 Juin 1740.

Marc de Marchand, fils de Charles d^ M. et de Marie Larat, prêtre le 11 juin 1740.

Jean- Baptiste Geuestet, fils de Vidal G. et de Mario Barrière. Il étudia, à Paris, où il rocut les ordres sacrés et le bonnet de docteur, ordonné au mois de mars 1741, il devint aumônier des Visitandines à Bayonne, et mourut en 1769.

François Dubroca, fils de Pierre D. et de Josephe-Laurence de Bruit, fut ordonné, à Dax, en septembre 1742. D'après une version il aurait prêté le serment à la constitution civile du clergé et serait passé dans les Landes.

Pierre Cougrct, ordonné à Dax, en décembre 1742, bénéficier.

François La frété, ordonné à Dax, en septembre 4 1744.

Jean-Léon Delane, ordonné à Oloron, en décembre 1744.

Etienne Isirtigue. appelé aussi Ducassou-Lartigue, fils de Bertrand L. et de Françoise Nogucz ; il fit ses études, h Paris, où il reçut tous les ordres : celui du sacerdoce en mai 1746.

François-Pascal de Lape, fils d'Antoine de L., huissier de l'amirauté, et de Jeanne Chantaco, ordonné le 4 juin 1746. Janséniste opiniâtre, il quitta de bonne heure le diocèse.

Jean-André Latie, fils de Bertrand L. et de Catherine Lacoste, ordonné le 4 juin 1746, bénéficier, Jean-Bertrand Pommiez, fils d'Antoine P. et de Catherine Dumas, prêtre le 4 juin 1746.

Pierre- Antoine L,a Salle, né à Chambery, *de François L. et de Marie Blanchette, incorporé au diocèse de Bayonne, où il fut ordonné le 18 mars 1747. Il enseigna, pendant vingt ans, la théologie à Bayonne. Il était professeur émérite quand survint la Révolution. Il refusa le serment civique.

Philippe Maur de Lespès de Hureaux (voir plus bas : chapitre de Bayonne).

Etienne Lifont, fils d'Etienno L. et de Jeanne Lacroix, ordonné le 8 juin 1748.

Jean-François d'Iùics/g, fils de Jean d'I. et de Marie Elisabeth Casaubon : il fit ses études à Paris, où il reçut les ordres, avec la prêtrise en décembre 1748.

Bernard Beven, fils de Maurice B. et d'Anne-Antoinette Du Petit, prémontré, prêtre le 31 décembre 1750. »

Pierre Ricarrere, fils de Gabriel R. et de Catherine Richard, ordonné le 31 mai 1740, bénéficier.

Jean-Baptiste Darralde, fils de Dominique D. et de Jeanne Mourgiart, né le 28 octobre 1727. Il étudia et prit ses grades thèi.logiquesà Toulouse, et fut ordonné le 26 février 1752. Curé d'abord

à S l -Jean-Piod-dc-Port, puis à la cathédrale, en 1778 : il refusa le serment civique et émigra on Espagne. A son retour, il accepta la cure de Navarronx, où il mourut en 1811 (voir plus bas, au § n, Période révolutionnaire.)

Jean D irretche. fils de Jean D. et de Marie Lafarguetto, ordonné le 7 mai 1752.

Pierre d'/paraguerre, fils de Jean d'I. et de Marie d'Ithurbide, ordonné le 7 mai 1752, sous titre de bénéfice.

Pierre-François Fauvef, fils de Paul F. et de Marie d'Etchevers, ordonné le 7 mai 1752.

Jean-Joseph Lamy, fils de Jean-François L. et de Marie Dubroca, prêtre le 17 mai 1753, il fut secrétaire de l'évèché de 1766 à 1774, puis bénéficier (voir plus bas).

Pierre Lanne, fils de Jean L. et de Catherine Doyharçabal, prêtre le 9 mars 1754.

François Marsan, dit tantôt de Bayonne, ttontôt de S l -Pierred'Irube , fils de Jean M. et* de Jeanne d'Irimeudy, ordonné le 8 juin 1754.

Joseph- Emmanuel Lartigue, né à Malte,, de Georges L. et de Marguerite N., ordonné à Bayonne le 21 septembre 1754.

Jean Labat, fils d'Etienne L. et de Marie Laborde : il fit ses études, à Paris, où il reçut les ordres, avec le sacerdoce, le 22 février 1755, sous titre de bénéfice (voir plus bas).

Pierre Lespès, fils de Dominique L. et de Marie Charence, ordonné le 12 juin 1756.

Pierre Claverie, fils de Jean C. et de Marie Vinatier, ordonné à Oloron en 1757.

Louis de Pinkever, fils de Jacques de P. et de Jeanne de Roll, prêtre le 10 mars 1759, docteur en théologie, professeur à Larressore, puis prébendier à Bayonne.

Joachim-Bcrnardin-Nicolas de Rivière, fils de François de R. et de Marie Haristéguy, né à Bergara (Espagne), ordonné à Bayonne le 1 mars 1760, bénéficier dans le diocèse.

François Fossecaoe, fils de Bernard F. et de Jeanne de Ville, ordonné le 1 mars 1760, docteur en théologie, professeur à Larressoro, puis prébendier à Bayonne, décédé en 1784.

Léon Claverie, fils de Joau C. et de Jeanne-Marie Vinatier, ordonné à Oloron, en décembre 1760.

Joseph- Léon- Jean Dubrocq, né à Bilbao, de Joseph D. et d'Aune-

Marie do Grant ; il étudia la théologie à Toulouse où il fut ordonné on 1762.

Jean-Baptiste Dtibertrand, fils de Benoit D. et de Marie Perjean, ordonné le 5 juin 1762, bénéficier à Bayonne.

André Desbarbès, fils de Benoit I). et de Marie Daulouet, ordonné le 15 juin 1764.

Jean Cistenem: fils de Bertraud C. et de Marie d'Etehcvcrs, ordonné le 1764, curé de Guiche (voir cette paroisse plus bas;.

Jean Fourcide, fils de Pierre F. et de Gratianne d'Arguibel, prêtre le 15 juin 1764.

Jean Lavie, fils de Jean L. et de Marie Lacouture, prêtre le 13 juin 1767, bénéficier.

Jean Sallen-ive, fils de Martin S. et de Gratianne d'Espelette, ordouué le 28 mai 1768.

Fabkn Fayet, fils de Jean F. et de Jeanne Darrès : il étudia à Paris et il y reçut les ordres, y comprise la prêtrise en février 1770.

Daniel Arnaud: il étudia la théologie, d'abord à Toulouse, puis à Troyes, où il fut ordonné en février 1772.

Augier Dcstouet, fils de Jean D. et de Marie Labadie, ordonné à Dax, en juin 1770 (voir plus bas). Nous croyons qu'il faut le distinguer d'un autre prêtre de même nom, qui, chanoine de la collégiale de S l -Esprit, prêta le serment civique. Un collègue de ce dernier, du nom de Ducasse — peut-être de Bayonne — imita son exemple.

Raymond Dolhaberriague, fils de Michel D. et de Marie Lataillade, ordonné, à Oloron, en juin 1781 : il était syndic des prébendiers à Bayonne, en janvier 1791, quand l'autorité civile exigea le serment civique. Il le prêta sans difficulté et ne marchanda pas son concours à la municipalité contre le curé Darralde, qu'il remplaça. A la formation du district, il accepta d'entrer dans le conseil des notables de la ville. Ccpertdant, il se montra toujours modéré. Est-ce le même personnage que nous trouvons dans la liste des prêtres assermentés de Dax, avec la qualité de vicaire de S l -Esprit (1)? (voir plus bas).

Jean-François Cluverie : il fit ses études à Toulouse, où il fut ordonné en février 1772.

Michel Lmussc, fils de Pierre L. et de Marie- Aune Monta uer,

(Il l/abbé Légé, t, I, p. 187.

-réordonné, à Dax, en octobre 17*74, bénéficier : il vicaria, à Gniche, d'où il alla curé à LaBabastide-Clairenceen 1806 on 7; il y mourut en 1822.

Jean- Pierre- Emmanuel Ducasse, né en 1752, de Bernard D. ot de Marthe Rigal, prêtre à Oloron, en mars 1779. Docteur en théologie, il fut grand- vicaire à Lescar. En 1785, il occupa d'abord la place de chanoine théologal, puis colle de vicaire-général à Bayonne. En 1791, il refusa le serinent civique et émigra. A son retour, il reprit sa stalle au chapitre de Bayonne, où il mourut en 1824 (voir plus bas)

Jean-Thimothèe Médian, fils de Jean M. et de Sauvade Capdoville : il étudia, à Toulouse et y reçut les ordres, excepté la tonsure et la prêtrise, il reçut celle-ci, à Bayonne le 19 février 1780 (voir plus bas).

Pierre Darancette, fils de Pierre D. et de Gratianne de Hayet, ordonné le 30 mai 1780, curé de Biarritz.

Pierre- François Balanguè, fils d'Antoine B. et d'Eticrinette Sarsarry, ordonné, à Oloron, en avril 1783.

J.-B* Rouy, fils de Pierre R. et d'Agnès Darraidou, ordonné à Bazas, en décembre 1785 : Présumé curé constitutionnel de Tarnos (Landes).

Claude-François Marsan, fils de François M. et de Marie Guillot, ordonné à Toulouse en mai 1783, avant la Révolution, vicaire d'tlrt, décédé chanoine honoraire à Bayonne, en 1838.

François-B^ Lestage, ordonné à Dax, en décembre 1783.

Dominique Ritière, ordonné, à Oloron, en septembre 1788.

Dominique Viviez (voir plus bas, Chapitre de Bayonne). % Quelques prêtres de Saint-Esprit : On sait que la paroisse de S'-Esprit distraite, avec S'-Etionne et le Boncau, du diocèse d'Aire- Dax, a été unie à celui de Bayonne, vers 1860. Parmi les prêtres assermentés du diocèse de Dax, on cite trois chanoines de la collégiale de S l -Esprit, sans compter les suivants :

Vincent Tachoires, natif de Heugas, chanoine de S'-Esprit et professeur de logique au séminaire de Dax, prêta le serment civique, et exerça les fonctions ecclésiastiques, à Heugas et à Biscarosse jusqu'à l'année 1808. Désireux de se rapprocher de Dax, il fit sa rétractation, eu due forme, entre les mains de l'abbé Vignau, curé de Dax.

Michel Vignau, né à Orègue, le 7 avril 1751, fut curé de Peyre-

horade. Il était chanoine, à Dax, au moment do la Révolution. Il resta fidèle à sa conscience et se réfugia en Espagne. En 180$, il fut nommé curé de Dax, où il mourut en 1826.

Vincent Dirricirère, né à S^-Marie de Bonnut, fut vicaire à Tartas. Homme de talent, dit-on, il n'en eut pas assez pour rester fidèle à l'Eglise. Grâce au serment qu'il prêta, il devint curé de S l -Esprit et do S l -Etienne. Ces deux églises furent pillées et dévastées par une bande de juifs soudoyés par Monestier fdu Puy-de- Dôme). Les catholiques irrités coururent, de leur côté, à la principale des trois synagogues des juifs et y usèrent de représailles. Darricarère tenta fortune ailleurs. L'orage s'étant calmé, il reparut et fut nommé curé de S^Esprit en 1803 : il garda cette cure jusqu'à sa mort.

Dcstouet, chanoine de la cathédrale, prêta le serment civiquo; un de ses collègues du nom de Ducasse en fit autant. Nous en avons déjà parlé.

Bcrretot, les deux frères. Autre fut l'exemple de ces deux ecclésiastiques, nés à S'-Esprit. François, né le 6 juillet 1761, refusa le serment civique et émigra en Espagne. Secrétaire de Mgr de Laneuville, évèque de Dax, il revint de l'exil avec ce prélat, au mois d'avril 1802. Son frère, curé de Gaujac (Landes), ne fut pas moins fidèle à l'Eglise et il passa aussi en Espagne.

Bern'ird Xoguès, né à S l -Esprit, en 1759, prieur de Gourby, fut j tireur pour garder sa plaça : il répara sa faute et fut nommé curé de Magescq.

Dolhaberri iguc , vicaire de S'-Esprit, compte également parmi les prêtres assermentés.

Jeau-B le Dussau, natif de S l -Etienne d'Arribe, prieur des dominicains de Bayonne, assermenté aussi, occupa successivement les cures d'Angresse, Benesse, de Saubusse et de Sort, dans les Landes. En 1803, on le voyait à S'-Esprit en état de démence. Au nombre des assermentés des Landes, on compte encore deux autres fameux jureurs Etchebarne et Larre, tous les deux prémontrés : ils n'étaient pas du monastère de Lahonce.

Religieux basques ordonnés, à Bayonne, entre les années 1757

et 1790.

Fr. -Pierre de Castenoles, des Frères-Mineurs, tonsuré le 2 mars 1732 : il peut être étranger au diocèse, mais comme il y avait, à Ossès, une famille noble de nom, ayant tenu la vicomté de Macaye, nous le portons ici.

Dominique d'Etchart, prémontré présumé de Lahonce, ordonné le 27 mai 1747.

Pierre-Théodore d'Appâté, carme, sous-diacre le 1 er mars 1747 :

11 était né, croit-on, à Bordeaux de parents labourdins.

Alexis de Laxague, prémontré, ordonné diacre le 27 mai 1731.

Antoine d" Iparaguerre , prémontré, diacre le 27 mai 1747.

Pierre Laster, prémontré, fils de Dominique L. et de Jeanne de Biscay, ordonné le 4 juin 1757, prébendier d'Etchecolu (Urt) et probablement curé de Mouguerre, décédé vers 1781.

Fr. Barthélémy, capucin, prêtre le 5 mars 1748 : il est dit de Maiiléon ; mais nous ignorons de quel Mauléon. (Soûle ou BarousseJ.

Bernard Beven, prémontré, ordonné prêtre le 31 décembre 1750 (voir plus haut).

Charles Valcarcel, bénédictin, minoré le 5 juin 1751 : il est présumé de S'-Jean-dc-Luz, où on trouve ce même nom, porté d'abord par un prêtre, puis par Marie de Valcarcel, troisième supérieure de la maison de retraite de llasparren, en 1751.

Jean Darrigol, né à Lahonce, de Martin Darrigol et de Marie Duhalde, prémontré, ordonné le 17 mars 1764.

Simon Darraspe, récollet, en religion F. Bertrand, né, àS'-Jeande-Luz, de François D. et de Jeanne Derrecart, prêtre le 22 septembre 1764.

Jean de Mendiboure, capucin, en religion F. Antoine, prêtre le

12 juin 1756.

Gratian Urruty, capucin, en religion F. Yves, minoré et sousdiacre, le 26 février 1763.

Dominique Goity, né à Hasparren, le 6 janvier 1735, de Jean G. et de Jeanne Dartayet, prémontré, diacre le 24 mai 1766, ordonné prêtre hors du diocèse. L'abbé de Lahonce le porta à la cure de Mouguerre et à la prébende d'Etchecolu. En 1792, fidèle à sa

conscience, il fît place à un prêtre assermenté Martin Daguerrezar, vicaire d'Alietze. Il mourut prêtre habitué, à Hasparren, en 18*23.

Jacques David, fils de Louis D. et de Jeanne Noguez, de Bayonne, tonsuré et minoré le 28 mai 1768. En 1790, il était carme, à Dax, il refusa le serment civique et passa en Espagne.

Pierre fstiart, né, à Halsou, de Martin I. et de Catherine d'EIissalde : il se fit prémontré, et fut ordonné prêtre, le 22 février 1777.

Martin SaiiU-Gème , né à Suhescun, de Antoine S l -G. et de Gratianne d'Amestoy, ordonné diacre le 14 mars 1778. Il se fit prémontré et fut curé de Béhaune-Lantabat de 1781 à 91. Il refusa le serment civique et émigra en Espagne. En 1799, il était de retour et administrait les sacrements dans sa paroisse.

Laurent Barbine, prémontré de Lahonce, né à Gabat, le 28 décembre 1762, il fut ordonné prêtre le 7 mars 1789. Il prêta le serment civique, fut juge de paix à Bayonne. Après le Concordat, à l'ouverture des églises, après avoir reconnu et déploré sa faute, il fut nommé curé d'Urcuit où il mourut en 1850.

Ordres religieux de la Paroisse de Bayonne. — Ordres d'kom?nes.

Les Archives départementales possèdent les cartulaires et une collection de trente-deux volumes in-folio et in-quarto, sur les ordres religieux d'hommes et de femmes de la ville de Bayonne. Elles nous fourniront, un jour, des documents intéressants tant sur ces établissements que sur l'histoire du diocèse. En attendant, nous en donnons ici un léger aperçu :

1° Les Frères-Prêcheurs ou Jacobins: ils s'établirent à Baycnne en 1215. Le cardinal Gaudin, bayonnais et un de leurs religieux, devint leur grand bienfaiteur. Leur couvent bâti, d'abord au Bourg-neuf, au lieu où est aujourd'hui Le Réduit: puis, plus en amont sur la rive gauche de l'Adour, il fut rebâti, en 1545, et devint un des plus beaux de Bayonne. En 1660 il comptait seize religieux, et en avril 1791, onze.

2° Les Cordeliers. Ils s'établirent, en 1388, dans un couvent bâti sur un terrain cédé par Edouard I, roi d'Angleterre. Devenus très riches, à la réforme, sous François I, ils rentrèrent dans la règle de la pauvreté. Leur nombre ne dépassa guère 20 à 22 jusqu'à la Révolution, où nous trouvons (avril 1791) treize religieux. Le

fameux Bigle de Bayonne (Bertrand Bellas) provincial de son ordre , dans la province d'Aquitaine, fut d'abord un de leurs élèves, puis leur bienfaiteur insigne.

3° Les Carmes. Etablis à Bayonne en 1264, dans le faubourg- de Lachepaillet, ils transportèrent leur couvent successivement au port du Verger ; au bas de la rue du Gouvernement, vers l'Adour (1511), entre les rues Port-Neuf et des Tanneries, sur l'emplacement occupé aujourd'hui entre la maison Poylo et l'hôtel de Commerce. Plusieurs familles de la ville y avaient leurs sépultures, soit dans l'église, soit dans le cloître. La Révolution expulsa nos religieux de leur couvent, dont les derniers vertiges môme ont disparu en 1830. En 1660, il y avait 20 religieux et en avril 1791, onze.

4° Les Augustins. Ils s'installèrent, à la même époque que les précédents, au faubourg St-Léon, à côté de l'hôpital St Nicolas, non loin des Carmes. En 1525, ils transportèrent leur couvent dans la rue Lagréou. Leur église fut détruite à la Révolution. Le couvent et le cloître existent encore : ils servent de résidence à V Institution St-Louis-de-Gonzague. Les Augustins se disaient d'institution royale. En 1660, ils étaient au nombre de vingt, et en avril 1791, neuf.

5° Les Capucins : Ils devaient leur établissement, à Bayonne, à la princesse Elisabeth de France, fille de Henri IV. De passage, à Bayonne, pour épouser l'Infant d'Espagne (Philippe IV) en 1615, elle manifesta son désir de fonder, dans cette ville, un couvent de l'ordre de St-François. La princesse planta elle-même , le 3 novembre de la même année, la croix au lieu destiné à l'emplacement du nouveau couvent. En 1660, il y avait vingt-deux religieux.

0° Les Jésuites : Ces religieux firent un commencement d'établissement à Bayonne, en 1656. Chassés, par l'influence, croit-on, de certaines grandes familles gagnées à la cause et à la doctrine Janséniste du trop fameux abbé de St-Cyran, ils firent de nouvelles tentatives d'installation, on 1683 et 1748. Mais la municipalité de Bayonne les repoussa toujours.

7° L'ordre hospitalier ou Collégiale de St-Esprit. L'ordre hospitalier fut établi probablement au commencement du xn e siècle, sur la rive droite de l'Adour. Quelque temps après, l'ordre de St-Jcan-de-Jérusalem y établit un hospice, dont les derniers vesti-

g"cs ont disparu, il y a peu d'années. En 1830, on voyait encore la nef de son église transformée en écurie! L'Hôpital du St-Esprit fut transformé, par Louis XI, en une riche et puissante collégiale . souvent en lutte, pour le temporel, avec l'évêque, le chapitre et le corps de la ville de Bayonne. En 1770, le personnel se composait de MM. Dartaguiette, doyen ; Romatet, chantre ; Léon Sallenave, syndic du chapitre, de Dolhaberriague, Abbadic et Lespès.

Ordres de Femmes.

1° Les Bénédictines ou Sœurs de Saint Bernard. Etablies, dans le principe, sur la rive gauche de l'Adour au quartier de la Mufale ou de Balichon, au quartier dit Montori, elles se transportèrent sur la rive opposée et passèrent ainsi sous l'obédience de l'évêque de Dax. Le couvent de St-Bernard sut acquérir une grande faveur auprès des plus opulentes familles de Bayonne, qui y envoyèrent leurs filles. La faveur continua quelque temps même après la révolution et l'on se souvient encore de la foule qui s'y rendait en pèlerinage le jour de St-Bernard. Ajoutons que ces pèlerinages n'ont pas cessi encore.

2° Les Dames de S l *-Claire ou les Clarisses. Elles vinrent à Bayonne, vers le milieu du xn e siècle. Etablies d'abord à Mousseroles, elles passèrent, en 1521, dans un couvent bâti sur un terrain, au pied du Château-Neuf, non loin des Cordeliers. En 1680, elles s'installèrent dans la maison du chanoine de Niert, à Tarrides, et un an après, dans celle de Michel Duvergier de Joannis, avocat, située à Lachepaillot, et enfin dans un nouveau couvent dans la ville, entre la rue du Luc et la rue Sabaterie, le long de la rue Montaut. — Au schisme d'Occident, quelques-unes de ces religieuses se séparèrent de leurs compagnes et allèrent s'établir dans la maison Sorhouette-Faldaracon, à Jatsu. Elles y restèrent jusqu'en 1686. On sait que les archevêques d'Auch, Jean Handrion, Jean d'Armagnac, Berangor Gillot fomentaient le schisme , à Bayonn^, en reconnaissant eux-mômos l'antipape. Dans ce dernier diocèse, il y avait deux évêques, l'un à Bayonne et l'autre à St-Jean-Pied-de-Port avec quatre ou cinq chanoines. En 1660, les Clarisses de Bayonne étaient au nombre de quatorze.

3° Les Dames Ursulines, de l'Ordre de S l -Augustin. Elles vinrent

de Toulouse, au nombre de quatre, le 18 novembre 1681. Reçues au lieu dit Pontriques , elles furent renvoyées par le corps de ville, huit jours après leur installation, dans la maison que leur avait bâtie la dame veuve de Louis de Lalande. Leur protectrice les plaça alors dans une de ses fermes appelée S*-Croix. Après deux mois de séjour, ne pouvant obtenir de la ville l'autorisation de rentrer en ville, elles se réfugièrent au bourg- S'-Esprit, au lieu appelée Bcauregard, mis à leur disposition par Jean-Jacques du Sault, évôque de Dax. C'est là qu'elles fondèrent leur couvent, en 1724, près l'hôpital royal et militaire. Se consacrant à l'éducation chrétienne des jeunes filles, elles recevaient des pensionnaires, que leur réputation de grande vertu leur attira en grand nombre des premières familles du pays. Elles fondèrent de nouveaux couvents, à Oloron (1633), à S'-Jean-de-Luz (1635), à Dax (1651). Leur couvent de S'-Esprit a disparu pour faire place à la gare du chemin de fer.

4° Les Dames de la Visitation. Elles vinrent à Bayonne au nombre de sept, en 1640, sur la demande de François Fouquet, évêque de cette ville. Peu d'années après, on en comptait trente-cinq. Elles se logèrent d'abord dans la maison Dagourrette (où plus tard fut transféré l'Hôpital S l -Léon) au bord de la Nive), puis à S l -Esprit dans la maison Castetnau. En 1642, elles s'installèrent sur la place des Lisses où la Révolution vint les surprendre. En 1660, elles étaient au nombre de trente-cinq. — Les Dames de la Visitation furent soutenues par la haute influence de la famille Harriague, qui prétendait être alliée à celle de M ,ne de Chantai. Il pouvait y avoir peut-être des relations intimes entre ces deux familles. En effet Massein nous apprend dans une note, que " vers l'année 1751 , il fut chargé de faire passer aux Dames de la Visitation de Bayonne, le portrait original de M me Chantai, trouvé dans les tableaux de famille de la succession de M. et M me Harriague, trésorier Régent. " Mais nous ne croyons pas qu'il y eut de parenté ni d'alliance. (Voir nos Reck. hist., t. I, p. 474.)

5° Les Dames de l'Union chrétienne ou de la Foi. Elles se vouaient à l'éducation gratuite des jeunes filles pauvres. La ville de Bayonne s'opposa d'abord à leur ouvrir ses portes; elle finit par les accepter sur l'invitation du roi, en 1683. Elles n'acquirent, qu'avec peine et assez tard, la maison d'où la Révolution vint les expulser. Jamais au-delà de sept à huit religieuses ; leur établissement prospéra peu.

Toutefois, elles avaient une maison à S l -Jean-Pied-de-Port. La ville de Bayonne refusa encore d'admettre les Sœurs grises en 1707.

Malgré ces quelques oppositions , vu *le nombre des maison» religieuses de Rayonne, nous ne dirons pas, comme nous l'avons lu quelque part, que cette ville fut hostile aux corps religieux. Le grand nombre de ces établissements , d'ordinaire assez considérables est un encombrement dans les petites villes resserrées par des remparts. On comprend donc ces difficultés d'admission de la part de la municipalité de la ville de Bayonne. Mais ce qui n'est pas si facile à comprendre, c'est la rareté de sujets basques dans ces maisons religieuses obligées, le plus souvent, de se recruter, hors du diocèse; il en fut de même dans l'abbaye de Lahonce, le couvent de Ciboure et la maison de retraite de Hasparreu, les seuls établissements qu'il y eut au pays basque. Dans la maison de Hasparren, il est vrai, l'influence de son saint fondateur et celle de ses collègues, missionnaires, parcourant nos paroisses, se fit sentir et lui valut des vocations; mais le nombre de religieuses ne dépassa guère la douzaine. Le monastère de Lahonce, dont la règle n'était pas incompatible avec le ministère paroissial, et dont l'abbé présentait à quelques cures, recueillit quelques vocations basques. Mais pour les autres maisons religieuses, les ordinations de trois diocèses de Bayonne, de Dax et d'Oloron, révèlent peu de sujets basques.

Nous ne nous en plaindrons pas trop. Le relâchement avait pénétré dans le cloître. L'Eglise, durant les mauvais jours de la Révolution, tira peut-être moins de gloire de l'attitude du clergé régulier tjuc de celle du clergé séculier. Les religieux, du moins pour les diocèses de Bayonne et de Dax, prêtèrent en foule le serment civique; ils coururent à la curée des belles positions, que l'on enlevait aux prêtres sécuMers fidèles. Ceux des établissements religieux du pays, étrangers à notre langue, n'eurent guère rien à faire parmi nos populations basques, qui du reste les auraient ignominieusement repoussés. Ils disparurent donc, dès que la Révolution les dispersa de leurs monastères. Cependant un capucin assermenté, Charles Helbron, parvint à se faire mettre à la tête de la paroisse d'Anglet, où notre langue était point ou peu en usage, bien que ses curés fussent ordinairement basques. C'est là que Dieu l'attendait. Voici comment un officier du bataillon bayonnais, qui combattait à la frontière, M. Reynon, de Bayonne,

raconte la fin du malheureux moine. « Son crime fuit, le jour qu'il reçut l'ordre de Monestier Piuet et Cavaignac, représentants du ■peuple, de fermer l'église, les habitants lui témoignèrent, de la manière la plus affectueuse, les regrets de son départ. Ses adieux furent brefs et finirent par ces paroles : L'obéissance est le premier devoir du citoyen. Soyez soumis aux lois : aujourd'hui, c'est le premier jour de la République et le dernier de l'Evangile. » Elles le firent conduire, le lendemain, à l'échaffaud. Ces paroles du moine, si elles sont vraies, ne nous paraissent pas de nature à devoir exciter la colère des révolutionnaires et à le conduire h l'échaffaud. Reconnut-il sa faute et rétracta-t-il ces paroles blasphématoires ? Nous aimons à le croire. Quoi qu'il en soit, l'Evangile, la parole de Notre-Seigneur Jésus-Christ est immortelle : Veritas Domini manet in œternum.

SI. — Coup d'œil sur la Révolution au Pays basque, les êvêques de la province ecclésiastique d'Audi, les députés aux Etats généraux. — L'évèque de Bayonuo, sa conduite ; mandement, lettres et ordonnances épiscopales, exil et décès. Membres de la curie épiscopalo et chapitre de Bayonne.

A considérer les églises du Pays basque, avec leurs beaux rétables des XVII W et XVIII e siècles, restés à peu près intacts, quelques anciennes croix, encore debout dans nos cimetières, ou le long de la voie publique , le silence des délibérations municipales de quelques-unes de nos communes, on serait tenté de croire que la période révolutionnaire a été assez douce dans le Pays basque. Il n'en est pas cependant ainsi. Si elle n'a pas été aussi désastreuse que dans les grands centres de l'intérieur de la France, elle n'a pas laissé que d'être chez nous tyrannique, cruelle et sanguinaire. Dans nos montagnes, comme ailleurs, elle avait ses assemblées, ses comités, ses lois, ses agents, en un mot, elle y a multiplié ses victimes dans toutes les classes de la société et surtout dans les rangs du sacerdoce. Au point de vue politique, l'hydre révolutionnaire, après avoir aboli tous les droits, fors et privilèges, respectés par le gouvernement précédent, supprima l'autonomie et la nationalité du pays, pour en faire une fraction du département des

Basses-Pyrénées, l'a peuple, que ni les ttomaius ni les Barbares ne luirent soumettre, vit la ^ruillotino profaner sa terre de liberté. Au point de vue religieux, il vit les biens de l'Eglise confisqués, ses autels souillés par la déesse liaison, ses ministres expulsés ou traqués, comme des bêtes fauves. Si les rétables de nos églises et nos anciennes croix ont été respectés , cela tient à la foi des habitants. Quant au silence des registres municipaux de quelques-unes de nos communes, il est l'effet de la prudence ou de la lâcheté des agents révolutionnaires qui, après l'ouragan, ont détruit ou caché les titres de leur félonie sanguinaire.

Le peuple basque, à quelques rares exceptions près, se montra respectueux de sa religion, de ses églises et de ses ministres. Plusieurs de ses enfants surent exposer leur vie pour protéger ses prêtres fidèles et les objets du culte. Le peuple fit preuve de constance dans la foi de ses ancêtres , parce que sos prêtres en masse lui eu donnèrent l'exemple. Ceux-ci, à leur tour, s'inspirèrent auprès de leurs évèques, qui luttèrent jusqu'à la dernière heure contre l'intrusion des constitutionnels et ne lâchèrent prise que quand toute résistance était inutile. Rien n'est beau comme l'exemple donné par les évôques de la province ecclésiastique d'Auch.

Nous avons à nous occuper particulièrement des évêques de Bayonne, d'Oloron et de Dax, qui se partageaient, alors, le Pays basque; nous en parlerons en traitant de la partie du pays soumis à leur juridiction. Mais il nous faut dire un mot de quelquesuns de leurs confrères dans l'épiscopat. Commençons par le métropolitain d'Auch (1).

Ce siège était occupé par Mgr Louis Appollinaire de la Tour du Pin, un des prélats, les plus éclairés de son temps. Trois mois avant que les évêques députés à la Constituante eussent rédigé et signé, le 30 octobre 1790, la célèbre Exposition des principes sur la constitution civile du clergé, l'archevêque d'Auch traita avec netteté et précision les mêmes questions dans un mémoire adressé au pape. Il luttait avec énergie contre les nouvelles doctrines, quand un arrêté du 18 mars 1791 vint lui interdire les fonctions épiscopales. Malgré toutes les menaces, il resta encore à son poste, qu'il ne quitta que vers le 15 avril. Le cœur brisé de douleur, il resta en

(1) Actuellement le R. P. Delbrel, S. J., publie dans la Ravue de Gascogne une série d'articles pleins d'intérêt sur ce prélat.

Espagne et se retira dans l'abbaye de Monserrat, où il passa à, pou près tout le temps de sou émigration. François Gain de Montag*nac, évoque de Tarbes, un des meilleurs écrivains de son époque ; de Lastic, évèque de Iiieux; do Castellanno, évèque de Lavaur, l'y suivirent, mais ils le quittèrent deux mois après, pour errer en Portugal, en Italie et Angleterre.

Menant une vie cénobitique, l'archevêque d'Auch, non content de diriger et d'encourager du fond de son exil les fidèles de son archidiocèse, réunissait à Saragossc les prêtres émigrés de son diocèse, ceux do Tarbes et d'Agen, dans des retraites ecclésiastiques qu'il prêchait lui-même. Avec l'abbé Emery, conseiller officieux du clergé de France pendant la Révolution, il ne contribua pas pou à faire admettre, au temps du Consulat, la licité du sermont do fidélité à la constitution, rejeté par plusieurs ecclésiastiques.

Marc- Antoine de Koê, évèque de Lescar, prélat lettré et érndit, ne so montra pas moins énergique que son métropolitain. Son mandement du 10 mai 1791, contre lo faux pontife Samidon.cn est une dos preuves (1). Rager de Cahuzac de Caujc, évèque d'Aire, par une lettre pastorale du 1 er janvier 1791, frappa de nullité tous les actes de l'Assemblée nationale contraires aux droits de l'Eglise et de ses ministres, Chassé de son palais épiscopal, il ne cessa de tenir tête au directoire du département; vers la fin du mois de mars, il fit en secret une ordiuation au séminaire du Mas. Dénoncé à l'accusateur public, il fut forcé de quitter son diocèse, le 30 avril : ce qu'il fit, mais non sans lancer l'interdit contre l'intrus Saurine. II vint à Bayonne où le rejoignit bientôt Charles-Auguste de la Neuf -cille, évêque de Dax. Nous parlerons de ce dernier, ainsi que de l'évêque d'Oloron, en tête des articles consacrés aux parties du pays basque soumises à leur juridiction. Interdit de ses fonctions, comme son collègue d'Aire, aussi zélé et vigilant que lui sur son troupeau, il ne déserta son poste que quand la situation était devenue intenable. Les trois évèques de Lescar, d'Aire et de Dax, passèrent en Espagne. Les deux premiers n'y firent qu'un court séjour. Le premier se retira -ensuite on Angleterre, et le second en Allemagne. L'évêque de Bayonne devait les suivre de près en Espagne.

(Il Nous espérons le donner un jour dans les Etudes.

Ce siège était occupé par Etienne-Joseph de Datée de ViUetieUe. Né au château do. Vielle, (diocèse do Nîmes) le 31 décembre 1739, il était grand vicaire d'AIbi, quand il fut appelé au siège épiscopal de Bayonnc. Sacré, le ja-nvior 1784, il prit jiossession de sou poste, le > 15 novembre de la mémo année, peu de mois après son arrivée, il fit la visite de son diocèse: vigilant administrateur, il entra avec soin dans tous les détails des besoins de chaque paroisse. Plein de zèle, et un peu absolu, dit-on, dans ses volontés, il voulut rapprocher le séminaire de Larressore de sa ville épiscopale. Le saint fondateur de cet établissement venait de descendre dans la tombe, le 25 février 1785; Mgr de Villevielle l'avait à peine entrevu , à sa première ordination, faite bientôt après sou arrivée, dans la chapelle de son palais épiscopal. Il fallut que le nouveau supérieur, l'abbé Duhalde, entrât dans les vues de son Evêquo et acceptât la translation du séminaire et de la communauté des prêtres, qui le dirigeaient.

Mgr Villevielle acheta donc le palais de Marrac, (1) pour maison de campagne, et le domaine de St-Michel pour y placer son séminaire. Ces deux domaines contigus furent payés avec un capital appartenant, soit au séminaire de Larressoro, soit h M. l'abbé Duhalde et à divers particuliers. L'affaire suscita des difficultés tant de la part des bienfaiteurs de la maison de Larressore que de la part du chapitre deBayonne. Les premiers réclamaient impérieusement que leurs donations faites en vue de procurer des missions ou d'élever des jeunes gens pour le sacerdoce, fussent remplacés par des revenus équivalents. Le chapitre, de son coté, prétendait que l'évûque, en unissant la cure d'Anglet au futur séminaire, lésait ses droits de patronage. L'infortuné prélat eut à peine le temps de régulariser sa position au sujet des emprunts faits pour l'acquisition de ces domaines ; pour cela, il hypothéqua tous ces mûmes biens, les siens propres, et jusqu'aux droits qui lui étaient échus du chef de sa mère, évalués 50,000 1., et ce, afin de « pourvoir, autant qu'il était en lui, à la tranquillité et à la sûreté des créanciers, qui lui avaient prêté indirectement en la personne des directeurs du séminaire de Larressore ». Le contrat fut passé à Anglet, le 17 octobre 1790. (1)

(I) Manacq semble avoir <Ué un nom de personne. Aussi (rouve-t-on ca 1503 (Arcli. lî.-P. G 50 f. ;!7 r°) Catherine de Marrac, dite de Gaillac, au quartier Lachepaillet.

(Ij Voir la Vie de M. Daguerrc, par Duvoisin, p. \ il».

L'évèque de Bayonne aimait les communautés religieuses et notamment le couvent des PP. Récollets, de Ciboure, dont il admirait la vie édifiante, et auprès desquels il passait une grande partie . de son temps. Ce ne fut qu'avec le plus grand regret qu'il s'éloigria du milieu de son troupeau pour aller siéger aux Etats généraux.

Nommé député du clergé de la Navarre, son séjour à Versailles ne fut pas de longue durée.

Les trois parties du Pays basque, comme le reste de la Franco, avaient été invitées, par lettres du roi, en date du 27 avril 1781), à envoyer leurs députés aux Etats généraux. Les Etats de Béarn et ceux de Navarre s'excusèrent d'abord, alléguant qu'ils n'avaient point consenti à l'union de leurs pays h la couronne de France ; que l'incorporation faite, sous Louis XIII, avait respecté et maintenu tous les droits, us et coutumes, soit de la souveraineté de Bcnrn, soit du royaume de Navarre, droits jurés par tous les souverains et dernièrement encore par Lois XVI ; que cette incorporation avait établi, tout au plus, une union personnelle, dont Louis XVI, comme descendant des rois de France, était le lien; enfin, que ce prince lui-même avait reconnu leurs droits en leur laissant la faculté d'envoyer ou de ne pas envoyer leurs députés à l'assemblée des Etats généraux. La Soûle et le Labourd, comme la Navarre et le Béarn, ne voulurent pas se faire représenter aux Etats généraux.

Cependant tous ne pensaient pas ainsi : il y en avait qui gagnés par le courant général et jugeant que toute résistance était inutile, voire même funeste aux intérêts du pays, voulurent consulter l'opinion publique. Les Etats envoyèrent des commissaires dans les communes pour les convoquer en assemblées primaires. Si la majorité était favorable à l'envoi des députés, on devait immédiatement procéder au choix des électeurs. Ceux-ci réunis aux Etats de chaque province, devaient élire les députés, au chef-lieu de chaque bailliage ou province. Enfin, après bien des différends qui ne firent que retarder les opérations des comices électoraux, on se décida h nommer des députés. Le Béarn se réunit à- Pau, la Navarre à S'-Jean-Pied-de-Port, le Labourd à Ustaritz et la Soûle à Mauléon. (1) Les Etats de Béarn votèrent l'envoi des

(1) Voici les noms des députés : Bkahn : Clergé, Mgr de Noé, évéque de Lescar, l'abbé S 1 Julien, curé d'Arrosés; Noblesse, le duc de (îramont, le marquis d'Esquille; Ticvs-l'M, Mourot, avocat à Pau, d'Ar-

députés, à la condition que les élus no se présenteraient à l'Assemblée des Etats généraux qu'autant qu'elle agréerait les réserves de la députation béarnaise, au sujet de la réunion de leur pays à la France. En Navarre, où on était plus récalcitrant et plus contraire à l'envoi d'une députation, les Etats commencèrent par adresser des remontrances à Louis XVI, sur l'atteinte portée à la constitution du royaume par la forme même de la convocation. Le nom de province les avait humiliés et ils ne se décidèrent à élire leurs mandataires, qu'après avoir arrêté un mandat impératif des plus accentués. Les députés ne devaient se présenter aux Etats généraux qu'ils n'en eussent obtenu toutes les garanties nécessaires au maintien de tous les droits, libertés, privilèges, us et coutumes du pays, ou qu'ils n'eussent au moins vu et constaté les bonnes dispositions de l'Assemblée en faveur des intérêts du royaume de Navarre. On établit une commission spéciale, que les députés avaient ordre de tenir au courant des affaires.

C'est dans de telles circonstances et avec un pareil mandat que Mgr de Villcvielle arriva, avec ses collègues, à Paris, vers la mijuillet 1789. Son habitation devint le rendez-vous ordinaire des réunions de nos députés basques. 11 y fut décidé de ne paraître à l'Assemblée qu'après avoir présenté le cahier des doléances au roi en personne, et d'en avoir obtenu, par serment, le maintien de leurs droits et libertés, avec le redressement de certains griefs bien spécifiés dans leur cahier. M. do S 1 Priest fut chargé de présenter ce long mémoire. Louis XVI parut disposé à prêter le serment, non dans les ternies du mémoire navarrais , mais dans les termes dont il s'était servi en face de la France entière, le jour de son sacre.

Nos députés ne furent pas satisfaits de la réponse. Necker leur rit observer qu'un serment, prêté dans les termes de leur cahier, serait considéré comme la condamnation des vœux d'union géné-

naudat, d'Orthoz, Noussitou, avocat à Pau, Pémartin, avocat à Oloron. — Souli: : Clergé, Mgr de Fayc, éveque d'Oloron, l'abbé Saurirte (futur éveque constitutionnel des Landes); Noblesse, le marquis d'Uhart; Tiers-Etat, d'Arraing, maire de Mauléon* Escutarot-Laborde, notaire à Mauléon. — Navahke : Clergé, Mgr de Villevielle, évèque de Bayonne, l'abbé Gozo, curé de Gaas ; Sableuse, le marquis de Logras ; Tiers- Etat, Franehistéguy, notaire à lholdy, puis avocat à Pau, Vivier, propriétaire. — LaiiouÙd : Clergé, Saint-Estève, curé de Ciboure, Lanusse, curé de S" Etienne ; Noblesse, le vicomte de Macaye ; Tiers-Etat, Garât et Lamarque.

raie manifestés par l'Assemblée nationale, et il les engagea à. se réunir aux autres députés de la France. Les délégués navarrais étaient plus qu'embarrassés. Pour les tirer de leurs hésitations, Neeker voulut leur persuader qu'il importait peu que le serine» ut réclamé de S. M. fût prêté un peu plus tût ou un peu plus tard. Si la Navarre se décide, leur disait-il, à adhérer aux décrets de l'Assemblée nationale, le serment du roi deviendra inutile ; si au contraire, elle veut garder son indépendance, il sera toujours loisible à S. M. de prêter le serment. Les députés basques n'osèrent pas assumer cette responsabilité. M- de Logras, député do la noblesse de Navarre, fut chargé d'en référer à la commission nommée par les Etats du pays.

Mais des difficultés d'un caractère plus général avaient surgi au sein de l'Assemblée nationale et les événements les plus graves se précipitaient. Quelques-uns de nos députés, témoins de la complication des affaires, prirent le parti de quitter Versailles. De ce nombre furent l'évoque de Lescar et le marquis d'Esquille. « Laissons la France, avaient-ils dit, et soyons le Béarn! » Le duc de Gramont et les députés du Tiers-Etat, leurs collègues, attendirent les instructions de leurs commettants, qui, après une délibération prise en séance extraordinaire, les autorisèrent à déclarer que, conformément aux décrets de l'Assemblée constituante, ils renonçaient à tous les droits, privilèges et exemptions, tant communs qu'individuels; les députés de la Navarre écrivirent, de leur côté, au pays, qu'il y avait vingt probabilités contre une que l'Assemblée constituante ferait une mauvaise constitution, ou du moins, telle que la Navarre ne pût l'accepter, sans regretter la sienne. Sur des avis reçus, ils désertèrent aussi la ville de Versailles, laissant un long mémoire, en quarante articles, à l'adresse du Roi. Ce document, après avoir fait l'historique du royaume de Navarre, établissait les principes de sa constitution, rappelait le serment prêté par tous ses princes et souverains, contestait la validité de la réunion faite sous Louis XIII, mentionnait les infractions faftes à ses droits et privilèges, surtout dans les derniers temps; enfin il sollicitait leijr redressement, suppliant S. M. d'ordonner la pleine réintégration de leurs anciens fors : « Les peuples de la Navarre, y était-il dit, vous supplient de ne pas oublier leurs

droits et franchises Votre royaume de Navarre est distinct et

indépendant de votre royaume de France, il doit donc conserver

tous les signes et tous les honneurs. » Au sujet des impôts, le mémoire priait le roi de déclarer, par une loi solennelle, comme l'avaient fait ses prédécesseurs, qu'il n'avait aucun droit de prélever et de prendre, dans la Navarre, aucun impôt, ni direct, ni indirect, de vouloir aussi maintenir les Etats dans le droit, franchise et liberté de faire, chaque année, h leur roi, des dons volontaires, d'en régler librement la qualité, la forme et les conditions (1).

Dans le Labourd, quelques membres de la noblesse firent circuler une lettre en langue basque. Elle était signée par MM. de Caupène, de Macaye, de Larralde-d'Iustéguy, de Ilaïtze, de Roll- Montpellier, de l'abbé de Salha, de Colomotz, de Gramont, de Castera, du chevalier de Haïtze et d'Arcangues, frères, de Dibarrat- Ilirigoyen, d'Uhalde, de Sorhouet et de Saint-Martin. Elle demandait l'abolition des privilèges et invitait le peuple à l'union (1). Aussi les députés de cette partie du Pays Basque siégèrent-ils dans la Constituante. Nous avons dit ailleurs un mot sur le rôle des deux Garât, frères, au sein de cette assemblée (2).

Mais revenons à Mgr de Villevielle. Bientôt après son retour de Versailles, pendant que l'Assemblée constituante supprimait les ordres monastiques et les vœux des religieux, mettant les biens de l'Eglise à la disposition de la nation, le saint prélat, par un brau mandement, en date du 23 mars 1790, annonçait la visite de son diocèse. Avant de la commencer, il fit une ordination, le 29 mai, dans la chapelle de Marrac. La visite était annoncée pour le samedi fin juin. En effet, le 22 avril, nous trouvons le zélé et vigilant pasteur en pleine Basse-Navarre, dans la paroisse d'Irissarry. Le lecteur nous saura gré de donner ici le Mandement de Mgr de Villevielle. Ce précieux document, aujourd'hui introuvable, mérite d'être publié dans son intégrité (3).

Mandement de Monseigneur l'évêque de Bayonne, pour la visite générale de son diocèse.

« Etienne- Joseph de Pavée de Villevielle, par la grâce de Dieu et du Saint-Siège Apostolique, évèque de Bayonne, conseiller du Roi

(I) Arch. dép. Papiers de l'Intendance.

\ï) Bayonne, impr. Paul Kauvet, 178!».

(S) Voir non Reck. fiist. t. u, p. 200.

en ses conseils, au Clergé Séculier et Régulier, et à tous les fidèles de notre diocèse, salut et bénédiction.

Quelles sont belles, Mes Très Chors Frères, les démarches d'un Pasteur bienfaisant qui parcourt les domaines de son apostolat, annonçant l'Evangile de la paix, et disant à sou peuple : Sion, ton Dieu règne, et c'est l'empire de sa bonté que je viens exercer dans sa famille.

Nous allons remplir cette sublime et touchante fonction ; notre premier mouvement est d'aller vous porter nous-mème l'hommage de notre tendresse et de notre dévouement, et nous désirons vivement que rien ne puisse désormais contrarier notre consécration entière et sans partage aux fonctions que la Providence nous a confiées. Si cette Providence permet que les Ministres de la Religion soient exposés à des épreuves affligeantes, elle leur ménage aussi des consolations. Je pourrais encore parcourir, du moins une fois, les différentes parties de mon diocèse, pour y remplir les devoirs les plus intéressans de mon ministère; je voudrais pouvoir vivifier par ma présence tous les lieux où je porterai mes pas.

Non, mes Frères, ne craignez pas que le changement de mon sort personnel puisse changer mes dispositisns ; le bonheur de vivre avec vous me tiendra lien de tout. Si je puis vous inspirer les mômes sentimens, ma récompense sera dans vos cœurs, et c'est la seule qui puisse me satisfaire. Si l'idiome qui nous est absolument étranger ne formoit un obstacle, la parole de Dieu coulerait de nos lèvres comme d'une source intarissable; cette grâce d'état ne nous serait pas refusée. Les consciences altérées de ces peuples éloignés des villes, s'en abbreuveroient avidement; elles seroient fertilisées par son abondance, comme des rivages longtemps desséchés dans les déserts se chargent de verdure et de fruit, lorsque l'onde salutaire dont un ciel brûlant avoit tari le cours, revient sous un ciel plus propice les emplir de ses flots, et leur verser la vie. Avant d'imposer les mains aux enfans, et quelquefois aux adultes qui ont vieilli dans l'enfance de la Foi, nous les éclairerions, et nous les toucherions par des discours proportionnés à leur intelligence, par des oracles graves et doux, simples et paternels ; l'heureuse illusion d'une piété naïve et sensible leur persuaderoit presque qu'ils entendent le Dieu-Homme descendu des Cieux pour les bénir, et leur donner son esprit. Nous les embrasserons du moins tous à son exemple ; nous dirons aux

ministres qui nous accompagneront et nous verront peut-être surchargé de cette foule, qui se précipitera pour recueillir chacun une bénédiction personnelle et des sociales caresses, (nous l'augurons de leur piété qui nous est connue), nous leur dirons : Laissez les petits venir à moi; Sini/c parvulos, etc.. ce sont les bieu-aimés du Père céleste, leur ingénuité ine touche, leur innocence m'attendrit ; il faut leur ressembler pour entrer dans le Ciel; et les yeux mouillés, les bras étendus, nous les accueillerons, les presserons sur notre cœur, et leur laisserons, avec le sentiment surnaturel de la grâce de Jesus-Christ et de l'onction de l'Esprit- Saint, un long souvenir de notre affectueuse tendresse.

Plût à Dieu, mes Frères, que nous pussions parcourir, seul, les villages de notre Diocèse, aller voir les laboureurs, nous presser de gagner leur confiance, écouter leurs longues plaintes, les consoler ; nous ne nous lasserions pas de les entendre encore ; nous entrerions avec eux dans le détail de leurs besoins, de leurs familles, de leurs querelles particulières ; nous leur parlerions avec cette douceur, cette onction, cette paternité qui est si naturelle à un Pasteur qui visite ses ouailles ; nous partagerions avec eux ce que nous aurions ; et aprcS les avoir consolés, secourus, réconciliés, nous reprendrions avec une joie pure et douce nos courses apostoliques. Nous sommes forcé de laisser cette satisfaction à des Pontifes plus heureux et plus respectables que nous ; nous en avons connu plusieurs de ces Prélats dont il nous est permis d'envier le bonheur; a leur nom seul, tout le inonde quittoit l'ouvrage; hommes, femmes, enfans couroientà la porte du Temple attendre leur Pasteur; dès qu'il paroissoit, on l'environnoit, on le pressoit ; tous demandoient avec sanglots des nouvelles de leur bon Evèque ; on multiplioit les questions sur sa santé, sur son bonheur, quoique sa présence pût rassurer ; les vieillards s'interrompoient les uns les autres, pour se vanter de l'avoir déjà vu, de l'avoir possédé dans leurs chaumières, d'avoir reçu ses bienfaits ; les enfans se pressoient de prouver qu'ils avoient appris de leurs mères à bénir son nom chéri. Ces traits si touchans, ces bienfaits si nombreux de quelques Prélats, ont fait peu de bruit sans doute, parce que l'homme simple et bon craint la louange et cache ses plaisirs; la bonne action qu'il vient de faire est un secret entre Dieu et son cœur ; l'un la sçait, l'autre en a joui ; il en est plus que récompensé. Malgré le voile épais et religieux du silence et de la

modestie qui couvre le bien que ces vertueux Prélats ont fait dans leurs Visites Pastorales, j'en pourrois attester tous ceux qui ont habité dans les lieux où on les pleure, qui ont été les témoins des larmes dont le pauvre a baigne leur tombe, du désespoir de tant de familles dont ils étoient le soutien.

Puisque nous ne pouvons pas, mes Frères, compter sur un pareil bonheur, nous nous bornerons à calmer, autant qu'il nous sera possible, les différends entre les Pasteurs et les Peuples ; nous honorerons avec un respect plein d'amour ces féconds chefs du ministère Apostolique dont nous soutiendrons les droits vénérables; ce sont nos coopérateurs et nos frères ; nous ne serons que l'aîné dans la famille pastorale. Nous témoignerons toujours une juste défiance des imputations qu'on osera leur faire, et une désapprobation chagrine à leurs accusateurs. Tout ce qui pourra être interprété favorablement dans leur conduite sera pour notre justice matière d'apologie ; tout ce qui peut être excusé, doit être pour la bonté, objet d'indulgence. Les reproches mérités se feront en secret ; des réprimandes amicales peuvent opérer des prodiges de changement, de concorde et d'édification. Si des haines trop enracinées, des scandales trop certains exigeoient que des prêtres fussent ôtés à la paroisse dans laquelle ils travaillent, ce sera par des moyens doux, des translations sans éclat, des échanges par lesquels les moius propres au gouvernement des Ames cesseront d'en avoir la charge, et pourront s'occuper efficacement de leur sanctification personnelle, sans être privés des douceurs nécessaires de l'existence. Ceux dont l'esprit moins docile se roidirait contre l'autorité légitime de la bonté, nous trouveroient alors ferme et sévère ; les formes canoniques seroient employées, selon les rigueurs de la justice, si les circonstances le permettoient ; mais à peine condamnés, ils seroient absous; la tendresse d'un père reviendroit pour eux ; nous enlèverions leur cœur par nos bienfaits, si telle est et doit être notre charité tendre pour les transfuges de notre puissance paternelle, pour des coupables, pour des contempteurs et des ingrats, si nous n'attendons pas que dans leur détresse ils nous disent humiliés: 0 mon Père, nous avons péché contre le Ciel et vous ! si le premier nous les recherchons, et leur crions : 0 mes enfans , vc^is m'êtes plus chers qu'avant vos offenses, vous avez provoqué les lois, elles vous ont trahi , mon cœur vous reste !

Quelle no doit donc pas être notre bienfaisante sollicitude pour los ministres tidelles, pour les vieillards du presbitèro, pour ces bons et saints Prêtres que l'activité même de leur zèle réduit à des infirmités précocos ! Après vous avoir exprimé avec toute la sensibilité, d'un cœur vivement ému mes vues et mes vœux, sur l'objet de ma Visite pastorale, souffrez, mes chers coopérateurs, que je réclame tous les inotifs que la Religion présente, et que l'humanité inspire, pour vous inviter à éloigner toutes los pensées qui vous mêieroicnt dans les discordes civiles, quoique votre conduite antérieure doive en général nous tranquilliser à cet égard ; il est digne de vous de défendre la foi do vos pères par toutes les précautions que pont suggérer une piété éclairée, et qui peuvent le concilier avec la sage circonspection des Loix. Mais vous trahiriez nue cause et si noble et si pure, si jamais elle étoit troublée par dos violences contraires à l'esprit du Christianisme, et attentatoires à l'ordre public ; en plaignant ceux de vos Frères que des préjugés, qui tiennent à des circonstances que nous n'approfondissons pas, éloignent peut-être dans ce moment de la Religion et surtout do ses ministres, pensez aux vertus, aux talons qui distinguent un si grand nombre d'entr'eux, et qui doivent leur concilier votre bienvoi' lance et votre estime ; pensez que vous leur appartenez peut-être par les liens du sang, par une origine commune, par un commerce habituel ; que vos pères et les leurs ont professé la même foi, qu'ils habitent los mêmes lieux, sacrifient sur le même Autel, participent aux mêmes Sacremens, et que leurs cendres reposent dans le mêmes tombeaux.

D'ailleurs vous no l'ignorez pas, mes chers coopérateurs, ces conquêtes de l'Eglise s'étendoient chaque jour par le seul empire do la vérité, par le progrès du temps, par la douce influence d'un Gouvernement qui avoit abjuré la violence et la persécution; toutes les annales récentes en offrent la preuve certaine. Contentez-vous d'opposer à ceux qui se plaisent à exagérer les suites funestes de la superstition et dos abus religieux, contentez-vous de leur opposer l'exemple de vos montagnes où la contagion n'a pas pénétré; demandez-leur si la grandeur et la puissance de l'Empire François, si la population, le commerce et l'agriculture sont éclipsés depuis que la Religion Catholique jouit seule des honneurs et des privilèges du culte public. Cette apologie simple et raisonnable doit être votre seule réponse à tant de vaines décla-

mations que l'ignorance adopte, ot propage sans examen et sans critique. Vous ménagerez la juste sensibilité d'un Roi malheureux: vous n'ajouterez pas à toutes les peines et à toutes les amertumes qu'il a éprouvées, la pensée déchirante de nouvelles dissensions. Quelle redoutable activité n'offriroient-clles pas à tant de passions orageuses qui ont soulevé à la fois toutes les parties de son Empire ! Quelle gloire pour vous, quelle consolation pour lui, si la ville de Bayonne, le Labourt, et la Navarre, heureux et paisibles au milieu de l'agitation générale, ne montroient au reste de la France que des sujets fidèles au Roi, des citoyens dévoués à la Nation et soumis aux Lois ! Cette soumission me conduit naturellement à quelques réflexions, dont je dois vous faire part, sur la nécessité dans laquelle vous êtes de publier, dans la forme prescrite, les différents Décrets sanctionnés par le Roi.

Quelle que soit, mes chers Coopérateurs, la différence des opinions et des principes sur les événemens actuels, il est cependant un principe incontestable que tous les hommes raisonnables doivent professer : c'est celui de soumettre ses actions extérieures à l'ordre établi, lorsque les dispositions qui en émanent portent la sanction du Roi. Nulle société ne pourrait exister sans cette soumission provisoire qui ne commande point à la conscience, mais qui détermine uniquement nos rapports dans l'ordre social.

Il est facile, ou plutôt il serait impossible de calculer tous les inconvénients qui résulteroient de l'indépendance que chaque citoyen pourroit s'arroger dans l'exécution des devoirs qui lui sont imposés, ou dans l'exercice des fonctions qui lui sont confiées. Ce seroit la dissolution de toute société, et la plus funeste anarchie. Ce principe reçoit une application plus spéciale, lorsqu'il s'agit uniquement des Décrets qui ont pour objet d'assurer et de régler la perception et la mesure des impôts nécessaires au maintien de la société, ou de faire connaître à tous les citoyens les principes et les sentimens des membres du Corps Législatif. Dans le premier cas, vous êtes obligés de faire connaître à vos Paroissiens la nature et l'étendue des contributions qu'ils doivent acquitter ; dans le second cas, votre ministère se borne à leur exposer les principes et les considérations que l'Assemblée Nationale croit devoir publier pour justifier l'usage des pouvoirs qu'elle exerce. Vous n'êtes obligés d'en faire, ni l'apologie, ni la critique. Les principes sont-ils vrais, les conséquences sont-elles justes,

doit-il en résulter plus «l'avantages que d'ineonvénions» ou plus d'ineonvéniens que d'avantages 1 Potivoit-on créer un meilleur ordre do choses? Toutes eos questions, si intéressantes pour lo bonliour d'un grand Einpiro, sont du ressort do l'opinion. Chaque citoyen ost libre dans le jugement qu'il pout on porter, et indépendant dans l'exercice do la pensée ; vous no pouvez pas commander à colle des autres, et on no pout pas commander à la vôtre.

11 ne me reste qu'une observation à vous faire sur lo motif qui pourroit servir de fondement au refus do ceux d'entre nos Coopérateurs que blesse l'ombre seule do l'atteinte la plus légère portée à la juridiction ecclésiastique; nous attendons, diroient-ils peutêtre, les ordres do nos Supérieurs Ecclésiastiques. Ce motif si respectable et si légitime pour tout ce qui appartient à l'ordre de la Religion, à l'enseignement de la Foi, aux régies de la discipline canonique, no trouve aucune application à des Lois civiles ou politiques. Lorsque vous êtes appelés à publier de pareilles Lois, ce n'est plus un ministère spirituel que vous exercez; c'est une espèce de magistrature que l'autorité publique vous confie, pour donner nue plus grande notoriété à ses Décrets. Ces différentes considérations fixeront les doutes et les incertitudes qui auroient pû vous rester, et no vous permettent pas do vous refuser à publier les Décrets sanctionnés par loRoi, qui vous seroient adressés. Je crois inutile d'y joindre l'intérêt de votre tranquillité qui seroit compromise par dos résistances que rien ne pourroit justifier. Je seais qu'aucun d'entre vous no s'est exposé à cet égard; mais j'ai voulu tout prévenir, et poser à tout événement les vrais principes sur cet objet.

Nous appuyons en finissant, mes chers coopératours, sur le vœu déjà formé au commencement de cette instruction; nous vous le répétons, nous voudrions faire revivre, et vous retracer par notre présence un de ces vertueux Prélats déjà cités, autour duquel le peuple se prosternoit en criant : Vive notre Père! ce vertueux Prélat qui disoit souvent que ses confrères ne sentoiont pas assez quel degré do considération et d'autorité ils pourroient tirer de leur état; que ce n'étoit ni par lo faste, ni par une dévotion minutieuse, ni par les grimaces et les intrigues do l'hipocrisie, qu'ils pouvoient se rendre chors à la Religion et à l'humanité, et redoutables à ceux qui l'oppriment, mais par ces vertus dont le cœur du peuple est le juge, et qui dans un ministre do la vraie Religion, retracent

à tous les yeux l'Être juste et bienfaisant dont il est l'imag*e.

Vous pardonnerez, mes chers coopérateurs , mes Frères de tous les états, à un Pasteur rempli du seul intérêt de ses ouailles, de présenter en tant de manières, les vérités dont il veut vous convaincre. Il ne se livre à tous les détails qui se présentent, que par la crainte qu'il a de ne pas les graver assez fortemement dans vos âmes. Non-seulement vous excuserez nos douces et tendres redites, mais, nous osons nous en flatter, vous nous saurez gré du motif touchant qui les multiplie, et vous sentirez qu'elles partent d'un cœur qui éprouve le plaisir d'aimer ses diocésains, et dont la sensibilité vive et profonde a besoin de se répandre.

A CES CAUSES, désirant connaître par nous-même l'état du troupeau confié à nos soins, nous avons réglé et arrêté, réglons et arrêtons les articles suivants :

1° Nous fixons l'ouverture de la visite générale de notre diocèse à la fin du mois de juin de la présente année mil sept cent quatrevingt-dix ; l'indication précise du jour où nous nous rendrons dans chaque lieu, sera faite par une Ordonnance particulière qui sera publiée quelque temps avant notre arrivée.

2° Voulons que tous ceux qui se présenteront pour recevoir le Sacrement de Confirmation . soient porteurs, suivant l'usage, d'un billet contenant leurs noms de Baptême. Nous n'admettrons pas à la participation de ce Sacrement, les enfans qui n'auront pas fait la première communion.

3° Nous nous ferons représenter , dans chaque paroisse , les registres de baptêmes, mariages et sépultures, les lettres d'approbation des sages-femmes, maîtres et maîtresses d'école, les comptes des margnilliers et autres chargés de percevoir les deniers des œuvres pies, le rôle des personnes consacrées à Dieu, même des aspirants à l'état clérical, l'inventaire des vases sacrés, linges, livres et ornements, les dernières ordonnances de visite, et généralement tous les renseignements propres à manifester l'ordre qui préside au gouvernement des choses saintes. Et sera notre présent Mandement publié aux Prônes des messes paroissiales, et affiché partout où besoin sera.

Donné à Bayonne, dans notre palais épiscopal, le 23 mai 1790.

f E. J. évèquc de Bayonne.

Par Monseigneur, Baratciart, Secrétaire. »

Mgr do Villoviollo n'avait pas terminé sa tournée pastorale que l'Assemblée nationalo votait sa trop fameuse Constitution civile du clergé le 12 juillet 1790. Nous on donnons ici lo texte d'après l'édition officielle sortie dos presses do l'Imprimerie royale. Elle fut hélas ! approuvée par le roi, le 24 août suivant (1).

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