DIEU ET L'AME
Nisi Dominus œdificaverit doimtm, in vanum laboraverunt qui œdificant eam.
Si le Seigneur ne bâtit la maison, en vain travaillent ceux qui la bâtissent.
(Ps. cxxvi, 1.)
Ces paroles du psaume, mes frères, expriment une des vérités les plus essentielles et les plus oubliées de nos jours. ,
Je viens vous proposer de la méditer aux approches de cette grande et solennelle semaine durant laquelle nous devons préparer et renouveler nos âmes pour la communion pascale.
Dans lés temps ordinaires, on peut à la rigueur se contenter d'une vie qui ne repose pour ainsi dire que sur la superficie des choses. Celles-ci se tiennent, ou à peu près, parce qu'il y a un certain ordre général qui supporte l'ensemble. Ainsi en est-il des maisons de Paris; leurs fondements ne sont pas très-profonds, ni par conséquent très-solides. Elles sont pour ainsi dire tout en apparence. Mais
s'enchevêtrant les unes dans les autres, elles se supportent mutuellement. Si vous les sépariez, elles seraient incapables dé se tenir par leur propre masse, et, exposées aux coups d'une violente tempête, elles ne tarderaient pas à crouler.
Il y a aussi des crises de la vie des peuples (nous en traversons une en ce moment), où cette espèce de garantie que chacun reçoit de tous disparaît. Ce qui demeure encore debout, hommes et choses, est environné de ruines ; c'est Theure de se demander si la maison qu'on habite est bien solide, si on peut s'appuyer avec sécurité sur ses fondements; si, ^n y demeurant, on sera suffisamment protégé contre les assauts furieux de la tempête, en un mot, si on n'y est pas menacé de quelque irréparable écroulement.
Rappelez-vous la comparaison employée par Notre-Seigneur Jésus-Christ au chapitre VP de S. Luc; je ne saurais invoquer un commentaire plus autorisé des paroles du Psalmiste :
« Tout homme qui entend les paroles que je dis « et les accomplit, peut être comparé à un homme « 3age qui a bâti sa maison sur la pierre..
a La pluie est descendue elles fleuves sont venus, « et les vents ont soufflé, et se sont précipités sur « cette maison, et elle n'est point tombée, parce « qu'elle était bâtie sur le rocher.
« Mais tout homme qui entend mes paroles et ne
« les accomplit pas est sembls^Ie à un insensé qui a bâtit sa maison sur le sable. La pluie descend, u les flots se précipitent) les vents soufflent, la « maison tombe et sa ruine est grande (1) ! »
Il n'en faut donc pas douter, mes frères. Dieu connu et sa volonté accomplie, voilà les fondements nécessaires de la vie humaine, considérée tour à tour dans l'individu, dans la famille et dans l'État.
Je consacrerai trois entretiens à cet important sujet.
Aujourd'hui, appliquant à cette demeure intérieure et personnelle de notre âme le texte du psaume et la parabole évangélique, j'essayerai de vous montrer que, si Dieu n'est pas le fondement de notre vie intellectuelle et morale, nous ne sommes qu*un édifice sans solidité et sans consistance^ toujours exposé â tomber en ruine.
Etablissons d'abord que la vie de tout être repose sur un principe fondamental, lequel est tôtfjouFsen rapport exact avec l'origine, la constitution et la fin de cet être.
S'il s'agit du monde inerte des minéraux^ ses
(1) s. Matth. vn, 24-27.
principes constitutifs sont les lois de la cohésion, de l'attraction, des afiBnités chimiques.
Le monde animal obéit aux lois physiques du mouvement, delà sensibilité, de la vie.
Le monde humain, dont nous faisons partie, repose lui aussi sur un principe fondamental, et pour le connaître, il suffit de savoir quelle est la ccmstitution essentielle deThommeet quelle est sa^.
Or, vous le savez, mes frères, l'homme n'est pas seulement une matière brute, obéissant aux lois de l'attraction et de la chimie; ou une force végétative, comme la plante; ou un animal, doué de sensibilité, de mouvement et d'instinct.
L'homme est Phomme, c'est-à-dire cet être formant une catégorie spéciale que les savants les plus considérables de notre temps, à rencontre des anciens naturalistes, ont mis dans un règne à part (1).
En quoi donc l'homme se distingue-t-il des règnes placés au-dessous de lui ?
Il s'en distingue par la raison, par la liberté, et par ce phénomène unique, dont aucun être n'offre la moindre trace, même ceux chez qui l'instinct est
|1) H Pour moi, l'homme dîff&re de Tanimal tout autant et aa i « titre que celni-oi diffère du végétal . A lui seul, il doit former un •« règne, le règne hominal ou règne humain^ et ce règne est caractérisé M tout aussi nettement et par des caractères de même ordre que " ceux qui séparent les uns des autres les groupes primordiaux qu'on M vient d'énumérer. (M. db Qoatrefages. De latinité de Vespèe$ ikn- « moine, dans la R^nte de$ Deux-Mondes du 15 décembre 16G0,p. 8t4.)
le plus développé et fourrait parfois ressembler à des étincelles de raison, ce phénomène qu'un savant contemporain a parfaitement mis en relief comme le caractère spécifique de notre race, à savoir le besoin, ou, si vous voulez, Tinslinct religieux (I).
Oui, l'homme n'est pas seulement un animal intelligent, libre, sociable, politique (comme dit Aristote), c'est un animal religieux.
Ainsi, en dépit des efforts étranges faits par l'école qui s'intitule l'école du progrès (ne croirait-on pas que c'est par antiphrase ou par ironie?), efforts qui ont pour but de ravaler l'homme au niveau des espèces inférieures, la vie humaine, en vertu jnême de sa nature, repose sur les principes suivants :
Conscience et distinction du bien et du mal ;
Pouvoir de choisir entre les deux ;
(1) M. DE QcATREFAOES, de VUnité de la race humaine^ dans la Revue des Devx^Mmàes, du 15 déo. 1860, pp. 827, 828, 831. « On M pourrait définir rbomme, en suivant Linné pas à pas : <« un être «( organisé, vivant, sentant , se mouvant spontanément , doué de « moralité et de religiosité. »
n y a vingt- huit ans, le P. Laoordaire avait dit : ** L'homme est M un animal religieux, parce qu'il a un organisme religieux ou mys- « tique, de même qu'il est un animal rationnel, parce qu'il a un M organisme rationnel, et qu'il est un animal dans toute la réalité u du terme, parce qu'il a un organisme physique. » (Conf. de 1843, 1. 1, p. 362.)
Qui croirait que l'existence de cet instinct religieux universel avait été reconnue et signalée par Êpicure : Quœ gens aut quod genus hominum quod non haheat sine doctrina anticipalionem quamdam deorum^ quam appellat irpoXYUj/iv Epicurvs, id est^ anteceptam animo rei quamdam informationem, sine qua nec intelligi quidquam, nec quceri, nec disputuri pot est. (Cic. de Nat. Deor. 1. I, o. xvi.)
GonvicUon intime que nous dépendons d'une première cause, laquelle se trouve être en. même temps, par la force des choses, notre fin dernière.
Raison, lil)erté, instinct religieux : tels sont, pour employer la comparaison même de nos livres saints, les fondements sur lesquels repose tout Tédiflce de notre âme, de cette demeure intérieure, sanctuaire mystérieux et sacré de notre personnalité, dont ce corps n'est que Tenveloppe à la fois infirme et glorieuse.
Mais il ne peut y avoir de raison sans un premier principe raisonnable, et un instinct aussi universel que cet instinct religieux ne peut se tromper dans son objet. L'idée de Dieu, raison souveraine et premier principe des choses, est donc le fondement métaphysique nécessaire de toute notre vie intellectuelle et morale.
S'il en est autrement, nous sommes dans un désordre effroyable, et, sans emphase, au nom de la science la plus rigoureuse, on peut affirmer de rhomme qui n'appuie pas sur Dieu sa vie intime, qu'il est un monstre, c'est-à-dire un être placé par des circonstances exceptionnelles en dehors des lois constitutives de sa nature, et devenant ainsi un phénomène sans explication, une anomalie qui ne se rapporte à aucune règle. L'âme sans Dieu, c'est un instrument de musique sans cordes, c'est un soleil sans lumière, c'est un fleuve sans eau.
c'est un tableau sans couleurs; en un mot, c'est une énigme incompréhensible et un ensemble confus d'éléments contradictoires.
Mais on m'arrête par une objection immédiate, et on me dit :
Voyez donc ces hommes en si grand nombre qui ne s'occupent jamais de Dieu, qui n'y pensent pas, ou même qui le nient résolument et l'ont chassé volontairement de leur conscience. Direzvous pour cela que ce ne sont plus des hommes? Ont-ils cessé de jouir de leur intelligence, de leur liberté, en un mot d'avoir tout ce qui constitue l'homme? N'y a-t-il pas eu des hommes, de génie parmi lès athées?
Oui, assurément, quand on a chassé Dieu de sa conscience et de sa raison, on est encore un homme, mais un homme mutilé et incomplet, de même qu'un aveugle, qui serait en même temps muet, sourd et paralytique^ n'aurait pas cessé d*être un homme, au point de vue physiologique, mais un homme atteint et lésé dans plusieurs des fonctions essentielles de la vie. On a beau faire, on ne saurait supprimer ûnpunément de l'homme ce qui fait de lui, suivant les savants les plus autorisés, un être absolument différent des espèces inférieures, je veux dire le sens du divin. Qui supprime ce sens en chassant de la demeure intérieure de Tâme la notion de Dieu, asseoit cette demeure sur un fon-
dcmeDl ruineux, sans consistance et sans solidité. Nisi Domintis œdificaverit domum, in vanum laboraverunt qui œdifiamteam.
Mais avant de montrer que rien au monde ne peut suppléer à ce fondement nécessaire, laissezmoi, pour rendre ma pensée à la fois plue saisissante et plus pratique, appliquer le même procédé d'analyse, non plus seulement à l'homme naturel, mais à l'homme surnaturel, au chrétien.
Quand on raisonne de l'idée de Dieu dans notre temps et dans notre pays, on n'en est pas réduit à fiiire une métaphysique abstraite. Après tout, et malgré nos fautes immenses, nous sommes encore un peuple chrétien, et quand nous parlons de l'idée de Dieu, cela est inséparable pour nous de l'idée, de la présence et de l'action de Jésus-Christ dans les âmes.
Beaucoup malheureusement, je le sais, sont trop insouciants des conséquences de leur baptême. Mais enfin, à part quelques esprits infirmes ou pervers, la masse même de ceux qui ne pratiquent plus n'a pas encore formellement rejeté et renié Jésus-Christ.
Jésus-Christ, voilà donc le fondement de notre vie surnaturelle, c'est-à-dire de cette vie plus
haute, aux horizons plus vastes et plus lumineux, jusqu'où nous élève un appel tout gratuit de la divine miséricorde ; Jésus-Christ, dont la connaissance et Vamour font du chrétien un être aussi supérieur à l'homme naturel que celui-ci l'est au reste du monde ; Jésus-Christ> c'est-à-dire ce Verbe de Dieu fait homme, qui nous a apporté la plus parfaite des révélations, la plus efficace des grâces, et les moyens les plus sârs pour réaliser dans la vie pratique l'idéal de la perfection.
Dans cet ordre, c'est la fol qui sert de fondement et comme de support à notre vie intellectuelle.
C'est la grâce, donnée ou entretenue par la charité et par les sacrements, qui sert de base à toute notre vie morale.
Mais ce fondeau)nt est unique, car la foi comme la grâce et la morale du christianisme reposent sur Notre-Seigneur Jésus-Christ, seul et unique principe de notre vie surnaturelle. Fundamentum cUtud nemo poiest ponere^ prœter id quod posUum est^ quod est Christus Jésus (1).
Veuillez remarquer en même temps (ce point est d'une importance capitale) que pour nous, peuples chrétiens, la notion de la Divinité étant en fait inséparable des dogmes fondamentaux révélés par l'Évangile) c'est la notion révélée de Jésus-Christ qui
<!>/ Cor. in, 11.
est en nous la gardienne la plus sûre de l'idée de Dieu.
D'où il suit que Tidée de Dieu s'atténue, s*efface, disparait, dans la mesure où les croyances fondamentales du christianisme s'oblitèrent et s'iedEEstissent dans les consciences.
Voyez du reste comment les choses se passent dans la plupart des âmes chez lesquelles, sous prétexte de progrès, on rénssit à détruire la fol. Que deviennent pour elles, en pratique, la pensée de Dieu, Tadoration de Dieu, le souvenir et la conscience des devoirs dus à Dieu î
N*en doutez pas, la plupart du temps, lorsqu'on enlève à une âme la foi en Jésus-Christ^ on ébranle immédiatement en elle la croyance en Dieu. On s'imagine ne faire qu'un libre penseur ; le plus souvent, et du moins en pratique, sinon en théorie, on fait un athée.
Oui, je le répète avec S. Paul, « P^FSonne ne peut « mettre un au^ fondement que celui qui a été « posé, à savoir Notçe-Seigneur Jésus-Ghrist. »
G*est ridée de Dieu qui est le fondement nécessaire en chaque ftme du bon usage de la raison et de la liberté.
C'est la foi en Jésus-Christ qui est dans le monde, depuis Tavénement du christianisme, la base vraiment solide de la croyance en Dieu .Je le répète donc avec le psalmiste, si ce n'est pas cette foi en Jésus-
Christ qui soutient et supporte en nous la vie intérieure de Tâme, qui là soutiendra ? Nisi Dominus œdificaverit domum, in vanum laboravervnt qui œdificant eam.
Oui, qui la soutiendra?
Je sais ce que Ton a essayé pour se passer de Jésus-Christ, et combien de systèmes ont été inventés pour rendre l'homme plus raisonnable, plus libre, plus heureux, en supprimant Taction de sa parole et de sa vie iwr les âmes.
Mais quVt-on feit, et à quoi a-t-on abouti?
Vous avez vu sur les bords de la mer ces montagnes de sable qui s'amoncellent sur les dunes. Le vent les forme, mais le vent aussi les emporte ; parce qu'il n'y a point de fondement pour les appuyer et les «Dutenir : ainsi en est-il de tous les efforts faits dans tous les ordres de la pensée et de la vie sociale pour organiser le progrés et la justice en dehors de Jésus-Christ.
Laissez-moi vous citer ici une page éloquente due à la plume trop tôt brisée d'un prêtre qui fut pour moi comme un frère.
« Plaise à Dieu, disait.en s'adressant à notre jeunesse l'abbé Henri Penreyve, plaise à Dieu que « vous ayez compris que les fondements des so- « clétés humaines sont choses sacrées, et que « c'est trop peu pour la solide grandeur des génépi rations qui doivent y vivre que d'y jeter de Tor,
« de la puissance, du pn^ès, de la gloire même « et du génie. :
« Il y en a un qui est la pierre angulaire ! Bicest « lapis. Quiconque a voulu bâtir sans cette pierre « n'a rien élevé que le premier vent n*ait dispersé, « que le premier torrent n'ait détruit. Celui*là, « rien ne.le remplace.
« Voyes} ri 'histoire de vos pères.
« Quiconque a fait sans lui de la gloire n'a réussi « qu'à déchaîner sur la terre le monstre sanglant « des batailles sans fin; quiconquea fait sans lui de » l'industrie n'a réussi qu'à abrutir les hommes^ à « tranafonnef le monde en diaudières et lésâmes • imcaortelles en rouages souSiNmts et (rrités, qu « tournent, blasphèment et se brisait dans la nuit; « quiconque a fait sans lui de la science s'est enfoui « dans les sables de la raison pure et de l'allière « Clique; quiconque a fait sans lui de l'autorité a « glissé dans le sang des victoires révolutionnaires; « et quiconque a fait sans lui de la liberté s'est ré* « veillé partout j^rré à la gorge par un soldat qpi « lui a dit en le chargeant de fers : Je suis la « liberté! (!)•'
Qui ; toutes ces choses, raison; liberté, progrès, éducation, nK>rale, civilisation, sont les plus chi-
(I) L*abbé H. Perreyve. LMtrt* du P.lçicordairt à 4is Jeunes ^tnt, Préface, p. 54. Voir aussi la 53« conférence du P. Lacordnirc (IS40), tillI,p,2lM.
mériques et les plus creuses des Uiéories, les plus impuissantes* à former des âmes, lorsqu'elles ne s*appuient pas sur la foi en Jésus-Christ, seule sau- Y^arde sérieuse, seul fondement solide des rap*» ports de rhomme avec Dieu.
Assurément , vous pourrez me citer telle ou telle personne qui, en cessant d'être qhrétienne, n'a pas cessé d'être bonne, juste, cliacitable, dé- Ycmée à son devoir, et même, si vous le voulez» sdigieuse.
J'admets autant d'exceptions individuelles que vous voudrez. Mais je (^s que ces exceptions ne ^valent pas eontre le fait général dont ces tristes iemps nous donnent chaque jour la surabondante ^temonstratkn.
Prenez la moyrane des hommes : enlevez-leur la foi dirétlenne,0t dites-moi, en ccmscience, si leiv SH»ralité grandit ou û elle baille ; s'il y a plu3 de sobriété, plus de chasteté chez ceux qui ne Vibtit ^his à Béghse prier le Dteu de leiur en&nee ; enfin fliv eu se séparant ée Jéwfr-Oïrist, Thuûiamté de* -^nt meilleiire.
Quelle doit ^e, mes fràces, la conclusion pra-*. tique de ces considérations ? Car nous ne somiMa pas dans un temps pfii on puiaae avoir le lotoir de selivrei? à des, théories purement spéculativea; e( iien^ je voua taseate, n'est plus im(iiédiat«neiit c^ l^icable bsA bdscÂns et mx p^ril» #e Theure piér
sente que les pensées sur lesquelles nous venons de méditer.
La foi chrétienne et Fidée même de Dieu sont menaeées par les doctrines les plus subversives.
Qui sait même si, tandis que je vous parle, ces doctrines ne se vantent pas de toucher à l'heure de leur triomphe, et si elles ne se disposent pas à pousser énergiquement la société dans cette grande négation de Dieu qui parait être à beaucoup d'es* . prits mutilés le couronnement nécessaire de Tédifice social t
L'heure est donc solennelle pour tous, mes ftrères, et vous n'avez qu'à vous rappeler rcnchalnement logique des faits pour ne plus vous faire d'illusion. Oui, en vérité, qui touche à Jésus-Christ touche à Dieu, et qui touche à Dieu ébranle dans les âmes les principes nécessaires de la raison et de la vie morale.
Demandez-vous donc à vous-mêmes si c*est vraiment l'idée de Dieu qui esi^.Tétoile directrice de votre vie, si vous marchez dans sa lumière vers* le terme suprême assigné à ht dei^née humaine.
Et puisque, 6nc(»re un coup, pour nora chré* i&ïB, la croyance en Dieu est inséparable de la foi en Jésus-Christ, laissèz-moi vcras demander si votre vie tout entière repose sur cette foi, comme
gur un roc que ni les tentations ni les efforts de Tadversité ne peuvent ébranler.
Si votre vie ne s'appuie pas sur Jésus-Christ, écoutez l'Esprit-Saint qui vous dit : Vous perdez votre temps, vous vous fatiguez en vain, In vanum laboraverunt ; et quel que soit le mobile humain qui vous fait agir, vous bâtissez sur le sable, vous ne préparez que des ruines.
Oh \ quel bonheur et quelle sécurité en même temps, si, à mesure que je vous adresse ces questions, votre conscience répond :
Oui, vraiment, c'est pour Jésus-Christ que nous vivons. 11 est le principe de nos pensées ; il est l'inspirateur de nos résolutions; il est le guide de nos démarches, il est l'appui et le soutien de nos fatigues (l).Nous faisons tout pour lui,nous rapportons tout à lui. Il est pour nous l'alpha et l'oméga, le principe et la fin. Nous lui devons tout et nous voulons tout lui rendre, omnia et in omnibus Christus,
S'il en est ainsi, mes frères, ne craignons rien.
Ne craignons rien des vicissitudes des choses.
Ne craignons rien de la malice des hommes.
Je dirai plus, ne craignons rien des jugements de Dieu; c'est la bienheureuse assurance qui nous
(1) Dux itineris (/*«. lxxix, 10). Quia factus es fortitudo pauperi, fortitudo egeno in tribulatione sua, spes a turbine, umbraculum ab <estu. (Jsaï. xxY, 4.)
est donnée à la fin de ce psaume 126% où 3 est dit que Yème solidement assise sur le fondement de la foi et de la vie divine, ne sera point confondue par ses ennemis, lorsqu'elle arrivera par la mort au seuil de Tétemité. Non confundetur cum loquetur inimicis suis in porta.