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le respect dû aux parents, et à établir leur conduite pratique sur ce principe que, tout homme valant un autre homme, il n'y a d'autres raisons que la force ou l'intérêt pour ne pas disputer Tautorité et se résigner au second rang?
Et vous êtes surpris, après cela, de voir le corps social tomber en dissolution? Tout le monde veuf être la tête qui commande, Tceil qui voit, la langue qui parle; on ne se résigne à être la main qui travaille ou le pied qui supporte la fatigue de la marche que lorsqu'on ne peut pas faire autrement!
Puis vous vous plaignez des révolutions et du mal qu'elles font à vos intérêts ! Mais dans combien de familles la révolution n'est-elle pas en permanence ! Dans combien de familles l'enfant ne prétend-il pas s'appliquer la déclaration des droits de l'homme et du citoyen, à Tâge même où il se prépare à sa première communion !
Qui donc est responsable de cet épouvantable désordre?
Je ne suis pas encore arrivé, mes frères, à la première cause de tout ce mal, et il faut y venir.
J'ai dit : il n'y a plus de discipline dans la socié té parce qu'il n'y a plus de discipline dans la famille. J'ajoute qu'il n'y a plus de discipline dans la famille, parce qu'il n'y en a plus dans les âmes.
Parlons franchement.
Vous, père de famille, qui avez la prétention
d'être un honnête homme et un bon citoyen, mais qui, vous laissant entraîner par le torrent de rincrédulité contemporaine, avez abandonné depuis longtemps tout devoir religieux, dites-moi, croyez-YOus avoir ce qu'il faut pour faire régner autour de vous celte discipline qai n'est autre chose, après tout, que l'amour et l'accomplissement du devoir? Vous en avez la volonté; vous en sentez le besoin; vous comprenez quelles conséquences entraîne, plour cette patrie qui vous est chère, le manque de discipline. Mais commencez- vous par vous ranger vousmême sous son joug? N'avez- vous point de supérieur? ne relevez-vous que de vous-même? N'y a-t-il pas aussi pour vous une hiérarchie qiie vous devez respecter, une autorité à laquelle voifô devez vous soumettre, des devoirs de respect et d'obéissance que vous devez rendre?
S. Augustin a résumé en une formule très-courte toute la science de la discipline.
« Nous ne pouvons commander à ceux qui sont ^ au-dessous de nous que si nous obéissons à celui « qui est au-dessus de nous. Neque enim imper are « inferioribus potest, nisi superiori se ipse stAji- « ciat (1). »
Faites- vous l'application de ce principe si simple.
Vous voulez commander à ceux que la nature ou
(1) Lib. I, de Strm, Vom, in manU, o. netiii. Cf. de TVin. l. X, o. ▼
votre position sociale placent sous votre autorité. C'est bien. Ce n'est pas seulement votre droit; c'est votre devoir.
Mais commencez vous-même par rendre obéissance à votre supérieur.
Or> ce supérieur vous a tracé des règles à suivre, il vous a donné des ordreaprécis qui doivent être exécutés. Dieu n'a pas laissé dans le vague l'expression de ses volontés à notre égard. Il les a trèsnettement formulées. Ce sont bien telles et telles observances qu'il nous est prescrit d'accomplir, telles et telles transgressions qu'il nous est prescrit d'éviter. Relisez le décalogue et les commandements de l'Église, et vous saurez dans le détail ce que Dieu exigé de vous.
Mais voici ce que font beaucoup d'hommes. Vis-à-vis de celte hiérarchie qui s'impose à eux, non pas seulement de par une autorité humaine, mais au nom d'une autorité divine, ils refusent l'obéissance. Non serviam.
Puis, se retournant vers ceux dont la nature ou la société les ont constitués les supérieurs, ils exigent d'eux l'obéissance qu'ils ont déniée à Dieu, le supérieur universel des grands et des petits, des princes et des sujets, des parents et des enfants, des maîtres et des serviteurs.
Est-ce loyal? Est-ce logique?
Devront-ils s'étonner après cela qu'on leur ap-
plique à eux-mêmes le Non serviam, cette formule de désobéissance et de rébellion qui est la seule règle de leurs relations avec Dieu?
Voulez-vous enfin atteindre dans sa dernière racine le mal qui précipite en ce moment la décadence de notre société? Voulez-vous rétablir parmi nous Tordre, la hiérarchie, le respect, la discipline, seules conditions de la vie et du progrès? Le voulezvous sérieusement?
Rappelez-vous que les exemples sont mille fois plus efficaces que les paroles. Commencez par obéir, vous saurez commander. Vous aurez grâce pour commander ; vous commanderez avec logique et avec dignité, par conséquent avec force et avec autorité.
Oui, mes frères, avant toutes choses, rétablissez la discipline dans vos âmes en rendant à Dieu ce que vous lui devez, tout ce que vous lui devez, et en prenant sa volonté pour règle constante de vos actions.
Rétablie dans les âmes, la discipline régnera dans les familles, et de là, dans la société tout entière, pour laquelle, suivant la parole de TEsprit-Saint, elle sera un principe de résurrection et de vie. Tene disciplinam^ ipsa est vita tua.