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CHAPITRE PREMIER

Ce que le parti catholique a fait pour ragriculture.

§ 1". — Initiative privée.

La pierre de touche à laquelle on peut reconnaître la valeur d'un parti, ce ne sont pas les déclarations plus ou moins sincères que font ses chefs et ses org-anes, ce ne sont même pas surtout — quoique cela ait une g-rande importance — les mesures administratives ou législatives qu'il prend lorsqu'il détient le pouvoir; ce sont les œuvres que créent et que soutiennent par un labeur continu la grande majorité des dirigeants de ce parti.

Qu'est-ce que donc les hommes d'œuvre du parti catholique ont fait pour les campagnards?

Nous pourrions être suspects de partialité si nous énumérions nous-mêmes. Laissons donc la parole à un adversaire.

m. VanderTelde écrlTait (1) :

» Dès l'instant où la propagande socialiste a menacé 1) Essai sur la question agraire (déjà cité).

les campagnes (1),les conservateurs se sont mis à l'œuvre et, en moins de dix ans, grâce à la puissance que leur d( nne l'activité incessante d'un clergé de combat, ils ont fait sortir de terre plusieurs centaines d'« associations d'intérêt agricole «.

D'après le dernier exposé statistique publié par le Gouvernement, il y avait en Belgique, au 31 décembre 18995 638 unions professionnelles libres de cultivateurs avec un effectif total de 50,475 membres; 623 sociétés ou syndicats, pour l'achat des engrais et autres matières auxiliaires de l'agriculture avec 50, 357 membres; 229 sociétés coo[;ératives de crédit agricole, dites Caisses Raifîeisen, avec 7,817 membres cultivateurs et 1,838 non-cultivateurs, enfin 309 laiteries, avec 34,205 membres et 87,382 vaches.

Soit donc plus de cinquante mille cultivateurs groupés dans les unions professionnelles du parti catholiqueauxquellesserelient,composéesgénéralement des mêmes membres, presque toutes les Caisses Raiffeisen, la plupart des sociélés de vente ou d'achat, la majorité des laiteries coopératives; et pour faire face à cette imposante organisation, qui ne connaît, à côté d'elle, qu'un nombre restreint de comices agricoles ou

(1) Ceci est le préambule obligé; un socialiste ne reconnaîtra jamais qu'une bonne mesure ait pu être prise, au point de vue social, sans son concours direct ou indirect. M. Vandervelde oublie que le Boerenbond et bien d'autres associations d'intérêt agricole existaient avant que la propagande socialiste eût menacé les campagnes.

d'associations ueutres, le parti ouvrier peut, à peine, mettre en ligne une poignée de syndicats socialistes et laiteries coopératives, une société régionale pour l'achat des engrais et quelques sociétés coopératives rurales de consommation. «

Est-il possible de rendre un hommag-e plus complet et plus décisif à des adversaires politiques?

Depuis que M. Vandervelde écrivait ces lignes, le chiffre des associations agricoles s'est encore accru. Toutes ou presque toutes les nouvelles associations ont été fondées par des catholiques.

Au 31 décembre 1902, il y avait 837 syndicats pour achat des eng'rais et autres matières auxiliaires de l'agriculture: ces syndicats comptaient 52,228 membres; 467 laiteries avec 50,890 membres et 130 000 vaches environ; 313 sociétés coopératives de crédit agricole, avec 12,669 membres cultivateurs et 2,679 non-cultivateurs.

Il y avait, en outre, environ 950 sociétés mutualistes locales d'assurance contre la mortalité des bœufs, vaches, chevaux, chèvres ou porcs (1).

A ces associations d'intérêt purement agricole, il faut ajouter aussi les mntualifés de secovrs et les

(1) Ces chiffres sont tirés du recensement officiel des associations d'intérêt agricole. Depuis 1902, ces chiffres se sont accrus dans des proportions considérables. Le Bilan du Gouvernemenl, publié en 1904, évalue à 1,100 le nombre de ces associations.

mutualités de retraite, si répandues dans nos campagnes, et qui déversent leurs bienfaits sur les populations rurales.

Au 31 décembre 1903, il y avait en Belg-ique 2,097 sociétés reconnues de secours mutuels et 4,272 sociétés reconnues de retraite.

Le nombre de membres effectifs de ces sociétés est de 600 000.

Si l'on se rappelle qu'il y a en Belg*ique un peu plus de 2,600 communes, on arrive à la moyenne de trois associations d'intérêt social au moins par commune.

De l'aveu de nos adversaires, la quasi totalité \ des associations d'intérêt agricole sont fondées et dirigées par des catholiques, prêtres ou laïques, hommes d'œuvres.

N'est-ce pas là le plus beau tableau que l'on puisse montrer aux électeurs ?

Nous savons ce que nos adversaires répon-J dent à ces constatations écrasantes : toutes ces œuvres sont créées et maintenues dans un intérêt électoral.

Nous ne le croyons pas. Les fondateurs ont été mus avant tout par le sentiment de leur devoir de chrétien et de leur responsabilité de citoyen. Entre l'obligation de charité mutuelle que la religion impose aux catholiques et l'exercice de cette charité par la fondation d'œuvres utiles, il est impossible sans injustice de méconnaître une relation de cause à effet.

Après cela, peut-on leur demander de se désintéresser des avantag-es que leur action apporte à leur parti? C'est impossible ! Il serait immoral de demander à un homme convaincu de ne pas se soucier des résultats que ses efforts peuvent avoir pour le parti dont il suit les principes. Mais peut-on imagfiner propag-ande électorale plus lég*itime et plus utile au pays que celle qui consiste à multiplier, tout le long* de l'année, dans le plus petit villag-e comme dans la ville la plus peuplée, les actes de dévouement et de solidarité?

§ 2. — Encouragements donnés par le Gouvernement à l'initiative privée.

Le Gouvernement ne pouvait se désintéresser des efforts faits par des particuliers dévoués en faveur de l'agriculture. Le pritieipe du gouvernement catholique est d'encourager l'initiative privée, surtout quand elle se manifeste dans le sens de la solidarité.

Il n'a pas manqué à ce principe.

Par les circulaires ministérielles des 8 janvier et 8 octobre 1900, 9 décembre 1901, il a rég-ularisé l'octroi de subsides aux unions professionnelles reconnues en vue de leur faciliter l'acquisition d'instruments aratoires {20 ,000 francs en 1903); l'octroi de subsides pour le service d'inspection des unions professionnelles aêfricoles ; l'octroi de sub-

sides i^onv leservice d'inspection des laiteries coopératives.

Tous ces services d'inspection sont libres et ont pour but de renseig*ner ces sociétés sur leurs oblig-ations légales, de contrôler leur comptabilité et de leur donner des conseils.

£n 1903, /e Gouvernement a distribué 200,000 /Vawc* de subsides aux institutions d'assurance sur la mortalité du bétail.

Inutile de rappeler ici les subsides importants que le Gouvernement accorde, depuis le vote de la loi sur les pensions de vieillesse, aux mutualités de retraite. C'est le ministère de l'industrie et du travail qui porte ces sommes à son budg*et, mais elles sont pour une grande part distribuées aux mutualités rurales. Le chiffre total des subsides accordés en 1903 aux affiliés à des mutualités de retraite est de près de trois millions.

Le chiffre total des subsides attribués aux mutualités autres que les mutualités de retraite est, pour la même année, de 300,000 francs.

§ 3. — Attitude du parti libéral et du parti socialiste à propos de ces encouragements.

Les libéraux et les socialistes veulent bien admettre que les hommes d'œuvres du parti catholique aient le droit de se dévouer aux intérêts de l'agriculture, de créer, de soutenir et de diriger

les associations d'intérêt agricole. Ils sont bien bons!

Mais ils refusent absolument au gouvernement le droit d'encourager et de subsidier ces institutions.

Sous prétexte que le dévouement des catholiques peut accroître la puissance électorale de ceux-ci, ils voudraient priver les nombreux agriculteurs de la protection et des faveurs gouvernementales.

Libéraux et socialistes sont d'accord sur ce point.

Voici ce qu'ils disaient dans la discussion du budget de TAgriculture en 1901 :

M. Giroul. — « Jetez un coup d'œil sur la carte de !a Belgique indiquant les endroits où Ton a créé des associations libres, des coopératives, etc. Vous verrez que c'est dans les provinces et dans les arrondissements où le clergé a le plus d'influence que ces institutions ont éclos au soleil de la tyrannie cléricale.

Une voix à droite : Au soleil de la liberté !

M. Giroul. — Au soleil de la liberté, dites-vous. Oui, mais la liberté sous l'influence du clergé, et ceux qui habitent les can:ipagnes comme ceux qui viennent des Flandres savent ce qu'est la liberté dans les Flandres et même dans certaines régions de mon arrondissement. Le bourgmestre, le châtelain ou le curé fait la loi et le souvenir de l'enquête scolaire est là pour nous rappeler que, dans certaines régions, on risque de

manquer de pain si on ne pratique pas la religion catholique! {Vive approbation à gauche.)

Voilà la vérité! Eh bien, ce n'est plus la liberté, c'est l'abus de la liberté, c'est le despotisme et la tyrannie!

Nous n'aurions rien à dire, nous n'aurions aucune réclamation à faire et nous serions mal venus à articuler le moindre grief, si ces institutions libres vivaient de leurs propres i^essources et ne s'occupaient que de leurs propres affaires !...

Mais c'est avec l'argent de l'État que ces sociétés vivent, qu'elles marchent, qu'elles agissent et préparent la déchéance des comices agricoles pour se mettre à leur place.

Voilà la vérité et quiconque ne voit pas cela est aveugle. «

M. Bauduîn, autre représentant libéral, a, lui aussi, demandé que les associations libres ne soient pas représentées aux comices et que les subsides de TÉtat n'aillent pas à leurs membres.

Et tout le parti socialiste s'est abstenu au vote du budg-et de 1901, pour les motifs suivants exprimés par un de ses membres, M. Defnet :

« Je me suis abstenu parce que si je suis prêt à voter toutes les mesures favorables à l'agriculture, je ne puis admettre que le gouvernement profite des crédits votés par la Chambre pour les affecter en grande partie à favoriser des œuvres cléricales. »

Messieurs les campag-nards qui faites partie des associations d'intérêt agricole, vous êtes avertis!

Si les libéraux ou les socialistes étaient les maîtres, plus d'encourag-ement à vos associations.

Ce ne serait, d'ailleurs, pour les libéraux^ que la continuation de la politique d'abstention qu'ils ont si complètement pratiquée de 1857 à 1870 et de 1878 à 1884.

§4. — Mesures administratives prises par le gouvernement catholique en faveur de l'agriculture.

Le Ministère de TAgriculture, créé en 1884 par le gouvernement catholique, a compris que, pour mettre les agriculteurs à même de transformer leurs modes de culture et de lutter ainsi contre la concurrence étrangère, le meilleur moyen était de les tenir au courant des découvertes de la science agronomique.

Il a donc organisé des cours d'agronomie pour militaires, pour jeunes gens et pour fermières, des cours publics de culture maraîchère, d'arboriculture fruitière, d'apiculture et d'aviculture.

Les cours d'agronomie, de 4888 à 1903, ont été au nombre de 3,65^, fréquentés par 178,919 auditeurs.

Le Ministère a, d'autre part, établi 258 écoles de l?iiterie qui ont distribué des diplômes à 2922 élèves.

Nous avons vu plus haut, lorsque nous avons parlé du développement des laiteries, les résultats merveilleux de cet enseignement spécial.

De 1884 à 1901, le g'ouvernement a accordé, pour propager Renseignement agricole dans le pays, des subsides s'élevant au total à 16,493, 279francs, dont 2,044,576 ont été distribués de 1901 à 1903.

Une des grandes sources de richesse pour Tagriculture en Belg-ique, surtout depuis l'entrée des céréales étrangères dans notre pays, c'est Télevagre.

Le g'ouvernement a pris des mesures énergiques pour le protéger.

Mesures sanitaires ^ d'abord. Des arrêtés royaux du 6 août 1900, du 20 août 1900, du 31 décembre 1900 et du 29 août 1901 ont pour but d'empêcher Pintroduction dans notre pays ou le développement des maladies contagieuses (1).

Mais il faut aussi réparer les pertes subies. De 1884 à 1902, le gouvernement a alloué aux cultivateurs, pour pertes subies dans les étables tant en chevaux qu'en bêtes bovines, des indemnités s'élevant à 11,367,840 francs.

(1) Rappelons que la droite avait pris, en 1887, sur l'initiative de députés catholiques, des mesures législatives de protection modérée, qui ont été complétées en 1895 sur l'initiative du gouvernement de Burlet-de Smet de Naeyer.

De 1899 à 1902, ces indemnités se chiffrent par 5,123,674 francs.

Pour la tuberculose porcine, de 1899 à 1902, les indemnités se sont élevées à 62,616 francs.

Il est utile de rappeler que toutes ces indemnités datent du ministère catholique et que les ministères libéraux n^aTaieut pa» songé un Instant à entrer dans cette Toie.

Le gouvernement a accordé aussi,del885àl901, une somme de 4 millions 601,963 francs pour l'exécution des règlements provinciaux relatifs à f amélioration des races ^

Tous ces efforts ont été couronnés de succès : nul ne peut songer à contester un instant les brillants résultats obtenus; les divers discours de M. le Ministre de TAgriculture, à la Chambre, nous en offrent un tableau suggestif.

Voici ce que disait, le 9 juin 1903, le baron van der Bruggen :

» Il y avait en 1 895, au 31 décembre, \ ,420,978 têtes de bétail. Au 31 décembre 1 901 , il y en avait 1 ,646,320 , soit une augmentation déplus de 225,000 ou de 15 p. c. En réalité, cet accroissement est plus considérable encore, puisque le recensement de 1901 n'a relevé que les exploitations de plus d'un hectare. Au lieu de devenir plus rare le bétail devient donc plus abondant. L'augmentation est de 15 p. c. en six ans. D'autre part, en 1901, le chiffre des naissances des veaux a été de 90,000 supérieur à celui de 1895. C'est ce bétail de un

à deux ans qui donne aujourd'hui des bêtes maigres pour les pâturages et les étables. Il n'est donc pas exact que les étables se dépeuplent ».

§ 5. — Voirie d'intérêt agricole.

Le tableau suivant, que nous empruntons au volume intitulé Le Gouvernement catholique (1), indique ce qui a été fait pour la voirie communale agricole :

, Chemins agricoles Montant des

Epoques. améliorés engagements.

Nombre de kilomètres.

En 1896, 115 kil. 253,520

Au 1^1 juin 1897, 427 » 938,847

Au l^r septembre 1897, 548 » 1,208,515

Au l«r ,nars 1898, 620 » 1,913,903

Au 31 décembre 189S, 959 » 2,872,455

Au 1er octobre 1899, ^256 » 3,862,224

Au l^"- mars 1900, 1 , 328 » 4 , 239 , 615

Au 31 décembre 1902, 1,994 » 6,047,883

Ajoutez que de 1895 à 190^ on avait exécuté dans le pays des travaux de voirie pour une somme de 75,630,000 francs et que TÉtat était intervenu dans ces dépenses pour 30,188,198 francs.

§ 6. — Mesures législatives prises par le gouvernement et la majorité catholiques en faveur de Tagriculture.

Nous n'avons pas la prétention d'énumérer toutes

(1) Le Gouvernement catholique. Bilan de son action. Bruxelles, Goemaere, 1904.

les mesures légrales qui ont été prises depuis 1884 dans l'intérêt des agriculteurs. M. Emile Vliebergh a fait paraître en 1900 une brochure très complète à ce sujet (1).

Arrêtons-nous à deux catégories de dispositions prises depnis cette date :

1. — La première catégorie a pour but de protéger les produits agricoles.

Deux lois, l'une du 4 mai 1900, l'autre du 12 août 1903, répriment les fraudes commises au moyen de la margarine.

Une loi du 4 avril 1900 a modifié la loi sur la chasse f de manière à diminuer les dégâts commis par les lapins et à augmenter les indemnités dues aux cultivateurs par les propriétaires de chasses.

11. — Mais ce qu'on ne saurait assez louer dans le gouvernement catholique, c'est la tendance éminemment juste qu'il a montrée de faire participer les oiiTriers agricoles et ion» les calti¥atears aux bénéfices des lois qu^il portait en faveur des ouvriers de l'industrie, des coiuanerçants et des industriels.

On sait que la loi de 1900 sur les pensions de vieillesse a répandu dans les campagnes les bienfaisantes allocations de soixante-cinq francs. Cette allocation, le coût de la vie étant moindre dans les villages que dans les villes et la durée de la vie y

(1) Une Causette avec nos amis les paysans, Goemaere, Bruxelles.

étant en moyenne plus long'ue, a favorisé les campag'nards plus que les habitants des villes.

Aujourd'hui, plu» de 200,000 Tieillardii de

65 ans touchent en Belg"ique, sans avoir versé un centime, un revenu de 65 francs. C'est pour le Trésor une dépense de pins de 13 millions. Les

campag*nards profitent largement de cette dépense.

De même, la loi de d903 relative à la réparation des accidents du travail a admis le principe de l'égalité de l'ouvrier agricole et de l'ouvrier industriel. A la suite du vote de cette loi, une grande partie des ouvriers agricoles seront indemnisés en cas d'accident tout comme les travailleurs de la ville.

Mais ridéal pour les catholiques, ce serait de reconstituer une petite propriété rurale; c'est le moyen de retenir dans les villages cette population agricole saine de corps et d'âme qui est la force et la réserve de la nation. Tous les congrès agricoles, toutes les associations compétentes se sont prononcées en faveur de cette reconstitution.

Aussi, le 11 mai 1900, le gouvernement faisait voter une loi ayant pour but d'éviter, dans certains cas, le partage des petits héritages.

Et le gouvernement s' efforce , au moment où nous écrivons ces lignes, de faire voter, malgré certaines résistances de V opposition, un projet de loi en faveur de V acquisition de la petite propriété.

Voici ce que M. le représentant Tibbaut ui^ a a sujet de ce projet à la pag"e 24 de son remarquable rapport :

« La première disposition, relative à l'acquisition de petites propriétés, transforme, fusionne et étend, au profit de tous les citoyens, sans distinction, les régimes de faveurs fiscales créés successivement, pour les habitations ouvrières, par la loi du 9 avril 1889, et pour les petites propriétés rurales, parla loi du 21 mai 1892.

Désormais, ce n'est plus l'habitation ouvrière ni la petite propriété rurale comme telles qui sont visées; ce n'est plus ni la qualité de l'occupant, ni la nature, ni la destination du bien qui sont prises en considération, le régime de faveur s'unifie, se simplifie et s'élargit.

Il s'applique à toute acquisition immobilière faite par des particuliers, lorsque la valeur vénale en pleine propriété de l'immeuble acquis, jointe éventuellement à la valeur d'immeubles déjà possédés en propriété ou en usufruit par l'acquéreur, son conjoint ou ses coacquéreurs, ne dépasse pas 10,000 francs.

Il s'applique aussi à tous emprunts et ouvertures de crédit souscrits par les particuliers, soit en vue de semblables acquisitions, soit en vue de l'érection d'une construction, pourvu, dans ce dernier cas, qu'ils ne dépassent pas 10,000 francs.

Si le régime du projet primitif avait été mis en vigueur en 1902, il aurait, suivant le calcul du gouvernement, entraîné une diminution de recette de 1,850,000 francs au moins. »

Enun, lors du renouvellement du privilège de la Banque Nationale, la loi a permis a la Banque d'intervenir en faveur des cultivateurs en réputant opérations de commerce les achats et ventes, faits par les agfriculteurs ou à ceux-ci, de bétail, matériel ag'ricole, engrais, semences, récoltes et g"énéralement de marchandises et denrées se rapportant à Texercice de leur industrie.

Nous ne song-eons pas à dire que le prog-ramme du g*ouvernement est épuisé et qu'il n'y a plus de lois à voter pour l'ag'riculture.

Certaines lois, comme celle qui est relative à la réparation des accidents du travail, doivent être complétées au point de vue ag'ricole.

D'autres sont à faire.

Mais- l'actif peut être présenté avec fierté au corps électoral. Il devient particulièrement honorable pour le parti catholique quand on le compare a l'actif des partis socialiste et libéral.

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