III. Guerre h la liberté d^associatlon
On cache cette g-uerre sous de gros prétextes. On crie à la mainmorte, à la fraude. En vérité, on cherche à frapper les congrégations religieuses.
Les libéraux sont gênés par l'activité que déploient les catholiques; ils trouvent qu'ils ont tort d'user de la liberté d'association et ils voudraient les priver de cette liberté par des mesures de confiscation jacobine.
A la Chambre, on s'exprime à mots couverts quand il s'agit de préciser les mesures que Ton compte prendre. On se garde de trop dévoiler ses plans pour, ne pas exciter de justes alarmes.
De-ci de-là apparaissent cependant quelques phrases révélatrices des projets qui se préparent.
Ainsi M. Goblet d'Alviella, le sénateur libéral de Bruxelles, un des grands chefs des loges, écrivait dans.la Démocratie du 3 janvier 1904 :
«• il y aurait à prendre une série de mesures pour faire rentrer dans la circulation les énormes richesses, possédées par les corporations religieuses en fraude de la loi. »
Et M. Janson annonce la même guerre dans Le Ralliement du 24 février 1904 :
» Il est légitime, dit-il, nécessaire et constitutionnel de supprimer la liberté de la mainmorte qui accumule des richesses au profit de la liberté de l'enseignement. ••
Faut-il le répéter, par mainmorte les libéraux entendent aujourd'hui tout ce que les associés possèdent en commun et à Tabri de leurs droits individuels.
Or, il n'y a pas pour les Belges qui veulent s'associer et faire vivre leurs associations, deux régimes légaux différents, Tun suivi par les religieux dans leurs associations religieuses, l'autre par les non- religieux dans leurs associations philosophiques, d'agrément ou maçonniques. Le droit est le même pour tous et tous possèdent de même manière et suivant les mêmes lois.
Mai? MM. Goblet, Janson et le parti libéral veulent une législation d'exception à propos d'un groupe de citoyens et d'un groupe d'associations.
Les religieux doivent être dépouillés de leurs droits; les associations religieuses doivent être considérées comme des associations frauduleuses ou de mainmorte.
En réalité, 11 n'y a aucune différence entre les modes d'agir et de posséder.
N'importe !
Les religieux usent de la liberté contrairement
aux vœux des partis d'opposition. Cela suffit pour dire qu'ils ont tort.
Et ce sont ces sentiments d'intolérance qui inspirent aujourd'hui les chefs des partis doctrinaire et progressiste. Ce sont eux qui nous annoncent une g*uerre lég'ale, une persécution, une méconnaissance du droit et de l'égalité.