‹ Les Partis PolitiquesChapitre 14 sur 119 · ÉVOLUTION DES PARTIS A L'ASSEMBLÉE NATIONALE · texte numérisé non relu

ÉVOLUTION DES PARTIS A L'ASSEMBLÉE NATIONALE

les plus dignes et les plus éminents sans se préoccüper

beaucoup, semble-t-il, de leurs convictions politiques. Quelle était alors la situation des partis dans le pays? Cinq grands courants d'opinions traversaient la nation (1)

« Sauf dans les régions de la France où il se confondait avec le : parti clérical le parti légitimiste n’avait plus que dé rares attaches parmi les masses. Des familles illustres ou anciennes ayant gardé de grandes situations territoriales ou vivant dans une honorable pauvreté, des membres du haut clergé, des chefs respectés à la tête de l’armée ou de braves officiers dans les régiments, quelques écrivains, quelques propriétaires, quelques magistrats et hommes de loi prudents et pieux tels étaient les cadres du parti légitimiste… un regret vague de tout ce qui avait été, et une obstination invincible à fermer les yeux sur le présent et sur l'avenir, un pessimisme déclaré qui venait de l'habitude de la désillusion et de la défaite, tels étaient les dispositions et les sentiments qui faisaient la force el la faiblesse du partilégitimiste.. on ne considéra pas comme des hommes de parti les candidats de cette nuance; on vota pour eux, en raison de leur situation personnelle, de leur courage (pendant la guerre), et de leurs déclarations favorables à la paix. » (2) On vota pour leurs personnes bien plus que pour leurs idées.

Le parti orléaniste :

« Essentiellement parlementaires et libéraux, les orléanistes se tenaient quelque peu à l'écart du clergé. » Ce parti trouvait surtout des sympathies dans la bourgeoisie éclairée mais prudente, voltairienne sans être antireligieuse, désireuse de concilier, à l’abri des crises et des aventures, les nécessités de la vie moderne avec le respect des traditions d'un passé encore peu éloigné, les exigences de l’ordre avec les bienfaits d’une sage liberté. Leur idéal politique n'avait rien d’absolu (3). « Beaucoup d’entre eux... n'étaient pas éloignés de se rallier à une République conservatrice et modérée... à une sorte de Stathoudérat /4). Leurs chefs étaient le comte de Paris, prétendant éventuel et ses oncles, le prince de Joinville, les ducs d’Aumale et de Chartres ».

Le parti impérialiste :

(1) Tous les renseignements qui suivent sont extraits du beau livre de M. Hanotaux : Histoire de la France contemporaine, 3 volumes.

(2) Histoire de la France contemporaine, G. Hanotaux, T: I, p. 35.

(3) Hanotaux, cité, p. 32. « Une monarchie constitutionnelle, parlementaire, libérale dirigée par la bourgeoisie et favorable au clergé».Seignobos, cité, :p:"1179;

(4) Hanotaux, cité, p. 33,

Le parti bonapartiste devait être le plus nombreux dans le corps électoral à ne considérer du moins que le plébiscite du 8 mai 1870. Ses chefs occupaient dans les campagnes la plupart des situations officielles {maires, conseillers généraux). Mais la disparition de l'administration impériale qui, d'ordinaire, leur servait de guide, lui porta atteinte. Les fidélités, les regrets, les espérances ne se manifestérent pas;le parti bonapartiste se déroba pour ainsi dire et n’affronta pas le scrutin.

Le parti républicain :

« Les événements semblaient justifier la campagne d'opposition que le parti républicain avait menée contre l’Empire. Ce parti, dont les idées enthousiasmaient la jeunesse des écoles, dominail dans les grandes villes, dans une partie de l'Est et du Midi. Il était illustré par de grands noms : V. Hugo, les historiens Michelet, Quinet, H. Martin, le polémiste Fochefort, les politiques J. Favre, J. Simon, E. Picard, Gambetta, Freveinet. « Mais ces tendances osaient à peine se manifester.» (1)

Le parti révolutionnaire :

Il existait surtout à Paris un parti révolutionnaire au premier rang duquel figurait le blanquisme, le parti traditionnel de l’émeute.

« Il était républicain intégral, égalilaire, adversaire de l’ordre social, mais ni communiste, ni Séparatiste, ni socialiste, au fond anarchiste. La révolution traditionnelle, le jacobinisme était représenté par un groupe au moins aussi nombreux et qui se subdivisait en jacobins d’action qui suivaient Delescluze et en jacobins romantiques qui écoutaient Félix Pyat, partisans de la République une et indivisible, d’un gouvernement énergique, ennemis de la bourgeoisie, amis du peuple maïs surtout violent et autoritaire: il était d’autres éléments qui s’essayaient au rôle considérable qu’ils devaient jouer par la suite, les socialistes. adeptes de (diverses) doctrines : saint simonisme, fourriérisme, communisme... collectivisme (ayant) pour programme la constitution d’une société nouvelle. la plupart d’entre eux étaient des ouvriers... ce parti ouvrier se rattachait par mille liens à une vaste organisation cosmopolite : l’Internationale. Tous ces éléments jusqu'alors isolés se groupèrent (2) » et déchaînèrent le mouvement que l’on appela la Commune (18 mars mai 1871).

Les divisions religieuses :

(1) Histoire de la France contemporaine. Hanotaux, T. I, cité, p. 140. (2) Hanotaux, cité, p. 154 ets.

Page 1