LE- ROYALISME : LES DIVERSES CONCEPTIONS
ne préjugera en rien de la valeur réelle, de l’influence en tant que Ie facteur politique des éléments auxquels il est appliqué. Certains d’entre eux, l'Action libérale populaire et l'Alliance démocratique notamment, pèsent infiniment plus dans la balance électorale que certains autres classés parmi les grands partis tels le parti monarchiste ou le parti républicain modéré. C’est une étude juridique de textes et d’idées qui est faite ici, non pas un relevé de forces pratiques en présence. En troisième lieu, nous étudierons rapidement les organisations auxiliaires qui prêtent plus où moins directement leur concours aux divers partis ct nous comparerons l’importance numérique de ceux-ci.
Nous commencerons par les grands partis, historiques ou classiques. Le premier en date c’est le parti monarchiste.
Le rovalisme
Le Monarchisme estime que, parmi les divers modes de gouvernements, celui de tous par un seul est le meilleur et qu’il est de l'intérêt bien compris d’une nation d’être dirigée par un chef unique. Deux systèmes politiques très différents sont nés de cette conception, le royalisme et l'impérialisme.
Il y eut en France plusieurs théories du pouvoir royal et, malgré son attachement instinctif aux forces conservatrices et aux usages traditionnels, la Royauté dut, souvent contre son gré, se modifier pour s'adapter aux conditions nouvelles et aux ambiances particulières que l’évolution générale introduisait dans la vie politique, économique et sociale de la France.
Les absolutistes et les modérés (les tempérés), les ultra-
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montains et les gallicans donnèrent des devoirs et des droits, de l'autorité du prince en ses divers domaines, des définitions différentes et variables. La Monarchie capétienne lutta quelquefois contre les empiètements de la Papauté, quand ils étaient opposés à ses intérêts propres, et c’est dans ce sens qu'on a pu dire qu’elle était « religieuse mais anticléricale». De 1789 à 1792, la royauté tenta, en donnant le droit de veto au roi, de concilier la souveraineté de la nation avec la prérogative du monarque. Au xix® siècle, la Monarchie restaurée dut s’accomoder de l’état social et moral, des institutions administratives et politiques créées par la Révolution, le Consulat et l'Empire. Bien que se considérant encore comme le souverain légitime, héréditaire et traditionnel, Louis XVIII promit d’observer la charte octroyée à ses sujets et introduisit le parlementarisme dans nos mœurs politiques. Louis-Philippe au contraire rompit avec le clergé, s’intitula «roi par la grâce de Dieu et la volonté nationale », adopta le drapeau tricolore, rechercha l’appui de la bourgeoisie, accepta et jura la Constitution que lui présentaient les mandataires du pays.
Nous avons vu combien, de 1871 à 1876, différaient les deux doctrines, l’une défendue par le comte de Chambord, l’autre discrètement rappelée et préconisée par les princes d'Orléans et par le duc de Broglie. Ce fut cette divergence fondamentale sur le symbole de la nouvelle royauté, c’està-dire au fond sur son caractère essentiel (autoritaire ou libérale, absolutiste ou constitutionnelle) et sur l’origine de ses traditions (avant 1789 ou après 1830), qui fit échouer la suprême tentative de fusion entre les deux branches de la famille royale (octobre 1873).
En 1888, le comte de Paris alors prétendant, parut inchiner vers la tactique de « l’appel au peuple» et reconnaître au moins implicitement la souveraineté nationale,