LE NÉO-ROYALISME : DOCTRINE
heureux effets dans l’ordre politique (dynastie et aristocratie) économique (métiers et professions) social (accroissement de l’autorité des chefs de famille).
« Il ne s’agit point d'assurer physiologiquement au service de l'Etat de générations en générations un ensemble d'individus plus distingués que le commun des citoyens, il s’agit d'utiliser les aptitudes particulières spéciales et techniques qui sont fixées à quelque degré par le sang, mais surtout par la tradition orale et par l’éducation (1); le long exercice de la fonction royale dans une famille adapte les rejetons de cette famille à cette fonction... le prince. est une variété sociale du type humain (2)».
La Monarchie sera antidémocratique, antiparlementaire, et autoritaire.
« De toutes les libertés à sauver la plus précieuse est la liberté du gouvernement en d’autres mots l'autorité, sauvegarde de l'indépendance de la nation... L'État c’est lui (le roi de France), aucun système n’est plus dictatorial, plus ramassé, plus fort. La discipline et l’unité sont ainsi à leur place, la discussion étant à la sienne. Nous voilà loin de ce parlement électif qui ne cesse de gaspiller les paroles en matière militaire ou maritime, dans lesquelles il ne s'agirait que d'agir, et qui réserve lâchement les actes d'énergie pour ces pauvres petites affaires intérieures » (3).
Ainsi, le roi régnerait et gouvernerait; son pouvoir n’aurait d'autre limite que celle que lui dicterait le sentiment de la responsabilité personnelle qu’il encourt.
Enfin la monarchie serait décentralisée au point de vue territorial, administratif, professionnel, moral et religieux.
« En arrachant au Parlement les pouvoirs qu’il a usurpés, la Restauration monarchique les rendra à la couronne qui en est la légitime dépositaire » (4).
D'ailleurs et ceci est à noter :
« La monarchie parlementaire nous ramènerait à la République (5).
«Les services de la justice, de l’enseignement, de la religion seront assurés, les intérêts particuliers des groupements économiques, les intérêts collectifs des circonscriptions territoriales nouvellement créées, seront gérés par de grandes associations autonomes souveraines en leur domaine particulier, aptes à posséder des patrimoines propres et simplement surveillées par le pouvoir central. »
(1-2-3-4-5) Enqueéle, p. 369 et 369 note, p. 355-321-412,
« L'État serait maître des affaires de l’État, les associations locales, professionnelles ou confessionnelles maîtresses de leurs affaires particulières (1).
Ainsi un départ rigoureux serait fait entre les intérêts locaux et régionaux, corporatifs et professionnels, l’administration des patrimoines individuels ou collectifs, l’action des familles, des communautés et des corps professionnels (forces historiques et naturelles) d’une part, les intérêts nationaux, les cas royaux, le bien public d’autre part.
Ce qui domine dans cette conception nouvelle, ou plutôt traditionnelle mais rajeunie, c’est le mélange d’autorité du prince et de franchises individuelles, d’unité et de décentra-
lisation.
« Les partis et les opinions qui tendent à fortifier l'État, sont implicitement royalistes. Mais, il en est de même de ceux qui veulent au contraire diminuer les pouvoirs de l’État. Sans être ennemie de l'État, la royauté peut tendre à décharger l’État de tout ce qui n’est point son affaire (2), une combinaison toute naturelle et toute sage de fédéralisme professionnel et de fédéralisme local permettra à chaque variété (de cas) de se faire représenter auprès du pouvoir en ce qui dépend du pouvoir. Pour le reste, l'État laissera à nos BRépubliques intéressées et compétentes, innombrables et variées, le soin de régler les problèmes. L'État royal ne retiendra que les cas royaux ceux qui touchent au cœur de l'unité française (3) »
Dans sa tendance nettement antidémocratique, le néo-
royalisme croit rencontrer le syndicalisme révolutionnaire.
« Par delà le chaos démocratique, il faut considérer les groupes sociaux seuls vivants et l'Action française (4) tend la main au mouvement socialiste, parce que à droite et à gauche de la- démocratie on reconnaît enfin ce que masque vainement le mensonge juridique : l'existence des classes. Malgré quelques divergences passagères, traditionnalistes royalistes, positivistes purs, syndicalistes révolutionnaires semblent jusqu’à présent monter, en se serrant les coudes, à l’assaut de la laide bastille démocratique, temple informe ou plutôt pyramide croulante faile de moellons
(1) Enquêle sur la Monarchie, citée p. 20
(2-3) Revue hebdomadaire, citée p. 55-56-57.
(4) L’Action française est une ligue politique qui tend à la restauration
monarChique. Elle peut être considérée comme l’organisation de parti du néo-royalisme.