LE NÉO-ROYALISME : PROGRAMME
agglomérés et sans mortier (1); et M. G. Valois exprime plus nette- ment encore la même idée «sur les deux plans de la vie sociale, la politique et l'économique, deux organisations jeunes, mais qui sont bien l'expression de l’expérience séculaire de notre peuple, poursuivent une action parallèle inspirée par un même instinct et tendant au même but : la destruction du régime républicain et démocratique. C’est l'Action française et c’est la Confédération générale du travail (2)»
Quel est le programme politique, économique et social du néo-royalisme ?
Dans l’ordre politique, la fonction royale concentrerait tous les droits toutes les libertés tous les pouvoirs et en dispenserait aux sujets la quantité compatible avec les nécessités de l’intérêt général.
Les cultes ne seraient pas égaux devant l'État.
« Les catholiques sont trop modestes quand ils demandent l'égalité politique, ils ont droit à un traitement privilégié étant en France les plus nombreux, les plus anciens. L'Église catholique a, par droit historique et par droit national, un privilège manifeste sur les autres confessions. »
Cependant, « l'État recrutera ses fonctionnaires parmi les Français de toute croyance. »(3) Une aristocratie héréditaire, mais pas rigoureusement fermée ayant surtout des devoirs entourerait et servirait le prince(4). La monarchie reviendrait en premier lieu (5) «réaction d’abord » au point où en était la France en 1789, « pour reprendre la vraie voie du progrès continu et des développements normaux non pour revenir en arrière, ni retourner vers le passé (6). Des assemblées représentatives des droits et des intérêts, non des
(1) Le procès de la démocratie, par M. Guy Grand, cité par M. Delpech, La notion de parti, Revue de droit public, année 1910, t. XXVIT, p.546 et note.
(2) La révolution sociale ou le roi, par G. Valois, p. 4, brochure en vente au siège de L’Action française.
(3) Déclaration de M. André Buffet alors chef du bureau politique de M. le duc d'Orléans, Enquête, p. 41.
(4) Le comie de Lur Saluces, Enquêle, pp. 91 et 215.
(5) Enquête, p. 116.
(6) Déclaration du comlte de Lur Saluces, Enquêle, p. 73.
individus, se borneraient à contrôler le gouvernement. «Le budget (serait) voté pour une période d’années, les délibérations annuelles du Parlement (projet du comte de Chambord) ne porteraient que sur les modifications, les nouveautés à introduire dans ce budget primitif, sur les crédits en un mot». (1) L'initiative des lois appartiendrait à un corps de spécialistes. La décentralisation administrative serait poussée très loin.
« L'Université aurait tout intérêt à reprendre son autonomie et même à laisser se créer à côté d’elle d’autres universités, ayant des droits équivalents aux siens, c'est-à-dire autant d'organismes assurant la responsabilité de l'instruction en France, avec la liberté de choisir leurs programmes et leurs méthodes, et l’autorité voulue pour les imposer et donner les sanctions nécessaires (2). Après une bonne loi sur l'association qui permette à l'Église et aux Universités de se développer librement, rien de plus convenable que la suppression des budgets de l’Université et des Cultes » (3)
« Le roi est le chef des administrations et de tous les grands services nationaux, l'arbitre des conflits sociaux, le chef de guerre ou plutôt « le maître de la paix.(4)
Aucun parti politique n’aurait plus de raison d’être, le règlement de toutes les affaires proprement nationales appartenant au Prince.
« Le roi incarne l'instinct conservateur de la nation ». (5)
« Ainsi le roi gouvernerait. Des assemblées, réelle représentation sociale de la nation, contrôleraient le Gouvernement. Le pays s’administrerait lui-même, grâce au libre exercice des droits d'association, dont naît la décentralisation. (6) »
Dans l’ordre économique, le travail sera protégé contre les perturbateurs, les heures de travail ne seront pas limitées pour l’ouvrier adulte «car elle offense (cette limitation) sa dignité et arrête son activité» (7).
« L'État interviendrait le moins possible et se déchargerait le plus qu'il pourrait de toutes les fonctions de ce genre sur les associations professionnelles ».
Les grands propriétaires fonciers seraient invités à
(1-3-5-6) Enquête, p. 17, 196 en note, 221, 413 et 137.
(2-7) M. Buffet, Enquête, p. 81.
(4) La Révolution sociale ou le roi, G. Valois, p. 45.